
Je poursuis la tournée des auteurs que j'apprécie à la fois pour
leur oeuvre et pour eux-mêmes.
Après
Joe G. PINELLI et
Tony
SANDOVAL, voici venu
Mathieu LAUFFRAY.
Dessinateur prolofique et protéiforme,
Mathieu LAUFFRAY est un auteur insatiable, dévoreur d'images touchant à la fois au cinéma (
Nemo), au jeu vidéo (
Orpheus), à
l'illustration et, donc, à la bande dessinée.
J'ai eu la chance de faire sa connaissance lors d'un
Festival de BD à Solliès-Ville (forcément !) il y a déjà quelques années. L'occasion de découvrir un homme simple, d'une extrême
gentillesse, très ouvert sur le monde, et d'un immense talent.
A ce sujet d'ailleurs, autant entrer dans le vif du sujet (enfin ! pourriez-vous dire ...), à savoir son actuelle collaboration avec
Xavier DORISON (avec lequel il a déjà travaillé sur
Prophet) :
Long John Silver.
En marge de la mode actuelle qui adapte à tout va, et avec un bonheur très aléatoire, les oeuvres plus ou moins classiques de la littérature,
Long John Silver reprend le mystérieux
et imposant personnage créé par
Robert Louis STEVENSON (et là, honte sur moi, j'avoue n'avoir jamais lu autre chose que des bribes de
l'Ile au trésor... Promis, je me rattrape
bientôt).
Le temps et les vagues ont déferlé sur le passé des boucaniers du roman, et pourtant... L'histoire et l'aventure n'abandonnent que rarement ceux qui les ont affrontées et façonnées.
Et, sous les traits de la divine - et vénéneuse ... - Lady Vivian Hastings, le destin vient frapper à la porte du plus célèbre des unijambistes...
Il fallait bien le trait envoûtant et vigoureux de
Mathieur LAUFFRAY pour donner corps et vie à cette nouvelle aventure.
Eléments déchaînés, regards diaboliques en fond de cale, flammes de l'enfer baignant les recoins isolés des auberges... Avec un expressionnisme toujours élégant, parfois effrayant, l'auteur
entraîne personnages et décors dans une tourmente permanente que seuls la neige ou le fleuve Amazone apaisent... en apparence tout au moins, et jamais pour longtemps.
L'éclat qui semble animer chaque protagoniste, chaque meuble, chaque bateau, chaque image, ne peut avoir qu'un nom : le souffle de l'aventure. Tel un
Gulf Stream romanesque, ce courant
circulant entre Amériques et vieille Europe soulève l'inconsciente
Lady Hastings, le désemparé
Docteur Livesey - en plus ici chargé de la lourde fonction de narrateur - et
l'incontrôlable
Long John Silver pour les porter au-delà des océans...
Si l'aventure ne devait avoir qu'un visage, il serait taillé par ces traits tempêtueux qui unissent les hommes et la mer en un irrésistible élan...
J'ai attrapé le tome 1 avec un peu de retard, je m'en vais de ce pas embarquer à bord du tome 2.
Le souffle épique n'attend pas.
Champimage déferlantes