Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 16:17
30 jours de nuit

« De : Expéditeur non spécifié

Le : vendredi 16 novembre 2001 , 04:04

A : Marlow Roderick

Objet : Aucun

MARLOW -

Reçu vos derniers courriers, mais j'ai été absent, dans l'impossibilité de consulter mes mails. Je n'approuve pas ces traces électroniques, mais vos idées ont piqué ma curiosité.

De ma vie, je n'ai entendu parler de Barrow. Si ce que vous dites est vrai, cela pourrait valoir le coup de se rassembler pour une action.

Salutations,

-V »

Barrow ?

« Barrow, Alaska...

Le 17 novembre 2001.

C'est la commune située la plus au nord des Etats-Unis, à 15 km au sud de Point Barrow, dont elle tire son nom.

[…]

Entre le 10 mai et le 2 août, le soleil ne se couche pas, et du 18 novembre au 17 décembre, il ne se lève pas. »

30 jours de nuit s'annoncent donc pour les habitants de Barrow. De rudes gaillards habitués au froid et à l'obscurité.

Pourtant, à l'aube de ce nouveau millénaire (si, si !), le crépuscule s'annonce dangereux. Sauvage. Mortel.

Les téléphones portables de la plupart des villageois ont été volés puis retrouvés brûlés au milieu des glaces.

Le centre de communications reçoit une visite nocturne des plus inhabituelles et des plus inquiétantes.

Cette année, la nuit ne s'abat pas seule sur Barrow.

Le silence aussi.

Qui précède de peu l'horreur et ses hordes de hurlements.

Une sombre procession a été aperçue s'approchant du village. Des silhouettes un peu lentes, un peu bancales, mais terriblement déterminées, et très bien organisées.

Marlow a bien prévu son coup.

Eben et Stella, le couple d'agents en charge de la sécurité de ce point septentrional de l'intouchable empire étasunien, n'auront sans doute pas assez de tout leur professionnalisme et de tout leur amour pour venir à bout de la menace qui le guette et qui va, peu à peu, décimer la population locale.

Pendant ce temps, bien plus au Sud, quelque part à la Nouvelle-Orléans, une femme et son fils veillent. Mais ils semblent bien loin, bien seuls et surtout bien faibles face aux monstres sanguinaires qui sont en marche pour le Grand Nord.

Tout porte à croire que, pour les habitants de Barrow, le jour est compté.

Notre mois des monstres suit son cours sur K-BD. 30 jours de nuit permet d'en aborder une nouvelle facette : après les monstres gentils de Zombillénium et les monstres étranges de Aberzen (et en attendant les monstres atypiques de Kitaro le Repoussant), voici les monstres les plus bestiaux et les plus sanguinaires de notre sélection : les vampires (rassurez-vous, je ne déflore pas le sujet en vous l'annonçant).

Steve NILES a décidé de dépoussiérer les vampires gominés de la grande tradition en les plongeant dans le grand froid et surtout la grande nuit polaire. Quel meilleur endroit pour ces prédateurs que cette partie du monde où le soleil disparaît chaque année pendant plusieurs semaines ? Il fallait y penser, et c'est que ce Marlow a fait, offrant ainsi à une vingtaine de ses congénères un terrain de jeu et surtout de chasse de toute beauté.

Les vampires de NILES sont sans état d'âme, cruels et joueurs, mus par leur faim dévorante et rongés par leur malédiction.

De la même veine (ah ah) que les vampires d'Anne RICE, John CARPENTER ou du World of Darkness (pour les amateurs de jeux de rôle), ces prédateurs sont inquiétants, sans pitié, sanguinaires et particulièrement difformes.

Ils ne marchent toutefois pas tous du même pas et les plus anciens, les plus prudents (sinon comment auraient-ils pu survivre aussi longtemps?) regardent Barrow avec une curiosité distante. Une meute, même d'anciens humains, n'en reste pas moins un groupe de bêtes sauvages obéissant seulement à la loi du plus fort.

Qui mieux que Ben TEMPLESMITH (que je ne présente plus ici, vous connaissez ma grande admiration pour ses travaux) pouvait mettre en scène une telle histoire et de telles créatures ?

La nuit polaire est vibrante et étouffante à souhait, les vampires, aux yeux rougeoyants et aux dents ruisselantes, sont terriblement effrayants, tout en gardant une touche d'humanité, et les visages apeurés des proies et des fugitifs oscillent en permanence entre la peur et la folie.

Avec son inimitable technique mêlant sans aucun doute photographie, acrylique, numérique, encre (un éclectisme qui n'est pas sans rappeler le génial Dave McKEAN), TEMPLESMITH pose décors et ambiances avec une force évidente, et anime sa galerie avec maestria. Les poses sont dynamiques, les visages criants de réalisme, l'horreur prend corps à chaque coin de case.

Si, depuis plusieurs décennies maintenant, le mythe du vampire a pris un coup de jeune sur de multiples supports et à de multiples époques, 30 jours de nuit fait partie des plus grandes réussites : l'histoire est dense, courte, très rythmée, les personnages sont attachants, et même si la « morale » est un peu trop évidente, la force des prédateurs et la faiblesse désespérée de leurs proie sont incroyablement restituées.

Je n'ai pas lu les tomes qui ont suivi, je n'ai pas non plus vu le film qui a été tiré de cet album, mais face à une telle qualité, à une telle maîtrise scénaristique et graphique, on ne peut que redouter d'être déçu par tout le reste.

Autant relire ce tome-là, qui n'avait sans doute pas vocation, au départ, à être décliné.

Champimages affamées.

30 jours de nuit
30 jours de nuit

Partager cet article

Repost 0

commentaires