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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 08:39
Doggy Bags vol.1

"Depuis tout petit déjà, j'étais fasciné par les bandes dessinées d'adultes. Ces épais bouquins de poche que je croisais à la maison de la presse, dont l'encre tachait le bout des doigts. Il m'arrivait d'en feuilleter à la volée, et ça avait un sacré goût d'interdit : on pouvait y voir du sang, un peu de cervelle... et des nanas à poil ! [...]

Bien plus tard, j'ai redécouvert la bande dessinée pour adultes à travers l'arrivée d'internet. Je suis tombé sur les couvertures des comics américains des années cinquante édités par EC. Ces comics n'étaient jamais arrivés chez nous, en tout cas, pas dans ma maison de la presse. Teaser avant l'heure, la couverture interpelle le lecteur et les punchlines défient notre imagination. [...]

Avec Doggy Bags, nous ne prétendons pas ressusciter cette période bénie (maudite ?) de la bande dessinée d'adultes. Nous avons juste essayé, avec nos modestes moyens, de rendre ses lettres de noblesse au genre, avec du respect et beaucoup d'admiration."

La maison d'édition Ankama est bien connue pour ses idées, presque toujours bonnes et/ou originales. Le Label 619, à l'honneur ce mois-ci sur K-BD, ne fait pas exception à la règle, comme vous avez déjà pu le voir ici.

RUN, dont vous avez pu lire la prose en introduction et qui est le chef d'orchestre de ce joyeux chaos éditorial, est donc un homme à suivre de près : Mutafukaz, carnet de monstres, vidéos, l'auteur ne manque pas de ressources, d'idées et de talent.

La sortie de Doggy Bags avait donc tout pour séduire et, un fois l'objet en main, bien des indices confirmaient mes intuitions : format comics, couverture mate légèrement texturées, bandeaux riches en logos un peu partout et, à l'intérieur, du beau dessin, de la bonne couleur, du bon papier. Avec, en prime, de petits interludes publicitaires (oui, je veux la bague Label 619 !!) ou documentaires (vous saurez tout sur le One Percenter, les couteaux de jet ou les vautours) qui fleuraient bon les illustrés de mon enfance (replongez-vous dans les Mickey Poche d'antan pour savoir de quoi je parle).

Seule ombre au tableau : le fétichisme que les trois auteurs semblent éprouver pour les armes à feu et qu'ils exposent à travers quelques photos (seul MAUDOUX semble y échapper). Mouais. Pas sûr que ce soit le meilleur moyen d'afficher son "respect" et son "admiration" pour le genre, mais bon...

Passées les premières bonnes ou mauvaises impressions visuelles, les récits devaient faire leur preuve. Là encore tout avait été fait pour allécher le lecteur, la quatrième de couverture présentant des unes de journaux évocatrices : "Tueur en cavale", "Guerre des gangs ! ", "Bal tragique à Paxton ! "

Rien à redire : pas de tromperie sur la marchandise. On nous annonçait du sang, de la cervelle et des nanas à poil, et nous étions servis.

SINGELIN est sans doute celui qui en montre le moins, malgré la mise en scène d'un massacre pendant un bal populaire perpétré par un gang de motards un peu atypique. Ca boit, ça roule, ça cogne, ça hurle, il y a bien une nana à poils, mais au final c'est un peu léger. Oui le dessin est soigné, le découpage rythmé, servi par des cases panoramiques la plupart du temps (car les auteurs du Label 619 ne sont pas seulement influencés par les BD de la grande époque, mais aussi par le grand écran), mais l'histoire nous laisse sur notre faim. Dommage.

MAUDOUX respecte à la perfection le tiercé annoncé : trois belles paires récurrentes (seins, hanches, fesses), des morts sanglantes à la pelle (et surtout au couteau), un petit clin d'oeil pour les paléo-geek à travers un masque d'X-Or ou consort et des combats finaux remettant au goût du jour le catch féminin dans la boue. Mouais. La tueuse en série-mère au foyer ne m'a pas convaincu.

RUN est celui qui, à mes yeux, s'en tire le mieux (le fait qu'il soit à l'origine du projet n'y est sans doute pas étranger) : même si le parti-pris graphique adopté pour les personnages est assez étrange (j'apprécie pourtant d'ordinaire les traits anguleux), le tout baigne à la perfection dans une ambiance lourde, moite, épaisse comme la sueur et le sang qui ponctuent la fuite de son braqueur-tueur. Les cadrages sont impeccables, le rythme haletant et la chute en est vraiment une.

Bilan mitigé au final, donc : la promise était séduisante, mais sous la robe laissant entrevoir des formes généreuses se cachait un corps peut-être en devenir mais pas à la hauteur de nos attentes.

Dommage.

Je n'ai pas laissé à Doggy Bags une chance de se rattraper, malgré les 5 tomes que le titre compte en tout, volume 0 compris.

Bien sûr tout annonçait des histoires avant tout portées sur le rythme et l'action. Bien sûr le titre laissait penser à des récits plus marginaux, peut-être moins aboutis. Mais les EC comics ou Twilight Zone cités en introduction avaient comme marque de fabrique des petites surprises scénaristiques trop rares dans les trois récits réunis dans ce premier volume.

Je prendrai peut-être un jour la peine de lire les autres opus, et qui sait s'ils ne me feront pas changer d'avis.

Mais pour l'heure il y a suffisamment d'autres titres prometteurs sur les étals surchargés des librairies pour ne pas simplement céder aux sirènes de la nostalgie et à une imagerie sans doute second degré mais quand même un peu douteuse (oui, je repense aux photos des auteurs).

A suivre.

Champimages dommage...

Doggy Bags vol.1
Doggy Bags vol.1
Doggy Bags vol.1

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