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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 07:37
Souvenirs de lecture - Ibicus

Mois de la Russie oblige, k.bd nous entraîne sur les pas de Siméon Nevzorof raconté par Alexis TOLSTOÏ repris par Pascal RABATE.

Ouf.

N'ayant pas trouvé le temps - étonnant, non ? - de me replonger dans l'ouvrage, je prends celui de me replonger dans mes souvenirs de lecture.

Il y a 17 ans. Presque un bain de jouvence.

Ibicus. Rouge dehors, blanc dedans, presque une métaphore de la vie et de l'idéologie mouvementées du romancier Alexis TOLSTOÏ - pas Léon, donc, l'autre - qui a vécu et subi les affres du début du XX° siècle dans son pays avec la rudesse de son personnage.

Alors que le chaos de 1917 se dessine en terres gelées, Siméon Nevzorof, comptable à la petite semaine, croise la route d'une diseuse de bonne aventure qui lui prédit que la fin qui s'annonce - et le renouveau qui s'ensuivra - feront sa fortune, au prix d'innombrables aventures.

Une vision on ne peut plus prophétique tant l'insignifiant Siméon va connaître d'incarnations, de réincarnations même : soudain habile polymorphe, il s'adapte, profite, dévore un monde qui s'écroule pour vivre en sybarite opportuniste (oh la belle formule un peu pédante que voilà !).

Bien sûr les événements ne sont pas tendres avec lui, il croise bien plus roublard que lui mais, au final - et si ma mémoire et bonne - il ne s'en tire pas si mal (dans la première partie de son histoire en tout cas).

Au-delà du récit nerveux et sans temps morts, c'est le dessin qui m'avait à l'époque impressionné, subjugué, transporté - et j'en passe. Un noir et gris et blanc impeccable de froid et de cendres et des lignes tourmentées à l'extrême. Ajoutez à cela un visage et une allure méphistophéliques et le médiocre Siméon prend soudain des allures d'immortel tentateur, de profiteur protéiforme en permanente résurrection - Le Maître et la Marguerite, de BOUGAKOV, que RABATE cite dans ses influences, n'est sans doute pas loin.

L'élégance et la souplesse du trait, la disproportion de certaines perspectives nous plongent dans un Expressionnisme dont l'auteur se dit l'héritier : Siméon plie le monde et le dessin lui-même à ses aspirations - ses desseins.

Une histoire captivante et improbable - le combat pour la survie, coûte que coûte, alors qu'un monde s'écroule - servie par un dessin élégant, somptueux et vivant à en contaminer tout l'espace : Ibicus, malgré le temps qui passe, fait partie de ces oeuvres dont l'empreinte est si forte que l'expression chef-d'oeuvre prend soudain tout son sens.

Le livre n'est pas forcément facilement trouvable mais s'il croise votre route laissez-vous faire et conquérir : vous ne vendrez pas une petite parcelle de votre âme pour rien.

Champimages magistrales.

Souvenirs de lecture - Ibicus
Souvenirs de lecture - Ibicus

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