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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 09:22
L'encre du passé

Le mois spirituel qui s'ouvre bientôt sur k.bd va nous entraîner sur des voies suspendues et des chemins de traverse, entre réflexion et contemplation.

Point d'ancrage et de départ de ces errances en images, L'encre du passé nous entraîne entre ville et campagne dans le Japon classique.

Môhitsu, calligraphe voyageur, fait une halte bien méritée dans un petit village. Ses geta (ah, lointaines références dofusienne !) sont bien usées, son vieux et fidèle chapeau, lui, peut encore servir et son hakama mérite un rafraîchissement des couleurs. Qu'à cela ne tienne, la jeune Atsuko, employée chez les teinturières, va s'en charger. Avec un talent à la hauteur de son art de tracer motifs animaux et végétaux dont elle a paré "la moindre surface vierge" de la boutique.

Ces lapins, poissons, oiseaux, impressionnent le calligraphe qui y décèle un grand potentiel. Il invite la fillette à le suivre dans son voyage jusqu'à Edo, la capitale au développement incessant.

Une route émaillée de rencontres artistiques et humaines : un duel évité par la grâce d'un mot, un haiku murmuré sur un pont, une cabane dévolue aux voyageurs attendant la fin de l'orage et enfin l'atelier du peintre Nishimura.

Une route marquée par les accidents du passé, deux pierres silencieuses gardées par l'ombre et les fleurs d'un cerisier.

L'art au-delà du temps, des futilités humaines, l'art comme chemin, guide et aboutissement à la fois.

Antoine BAUZA, bien connu des amateurs de jeu de plateau (7 Wonders, c'est lui !) met ici en récit le Japon qu'il a déjà fait vivre à travers nombre de ses titres ludiques (Takenoko, Ghost Stories, Samurai Spirit, Tokaido...). Paysages, philosophie, contemplation, recherche d'une perfection dans le geste (idéogrammes, peintures) ou dans le mot (haiku), rien ne manque.

On sent un attachement fort envers ces pratiques et un profond respect envers leurs praticiens mais le tout dégage, de fait, un petit air d'enchaînement de lieux communs : honneur exacerbé de deux combattants, deuil reclus d'une veuve, non-dits qui gâchent une vie, enseignement comme alternative à la paternité... Autant d'éléments traités avec une grande sensibilité mais qui manquent d'originalité.

Au dessin, MAEL - que nous avons déjà croisé ici entre les pages de Notre mère la guerre - use d'une ligne toujours légèrement chancelante, parfaite pour rendre les vibrations du monde et les émotions et tourments des personnages. Leurs visages sont malheureusement assez instables et de la face au profil on a parfois bien du mal à reconnaître certains protagonistes - Atsuko notamment.

Les couleurs à l'aquarelle rendent à merveille un monde essentiellement rural et sauvage pris entre pluie et poussière, mais elles baignent le tout d'un voile sombre qui laisse peu de place à la lumière.

L'encre du passé s'est diluée dans bien des larmes...

Oeuvre poétique et sensible, cette bande dessinée souffre donc à mes yeux d'un respect trop exhaustif des conventions en matière de Japon médiéval et d'un trait parfois trop inégal.

Récompensée par le Prix oeucuménique de la BD en 2010 à Angoulême, L'encre du passé appuie un peu trop ses effets et manque de la subtilité qu'elle veut mettre en valeur.

Belle errance artistique dans un lieu et une époque qui aujourd'hui relèvent presque du mythe, elle nous invite à découvrir ou redécouvrir les oeuvres d'HOKUSAI ou de KEISAI.

De beaux horizons en perspective.

Champimages un peu convenue.

L'encre du passé
L'encre du passé

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