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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:02

Haddon Hall - CouvertureHaddon Hall... Vaste et vieille demeure de la banlieue londonienne (on peut voir d'impressionnantes images ici, mais je ne pense pas qu'il s'agisse du même lieu, malgré l'homonymie). Des coins, des recoins, des toits à perte de vue, perdus au milieu des bois, et suffisamment de pièces pour accueillir une grouillante communauté ou des hordes d'amateurs de musique et de soirées décalées.

 

La pluie et la grisaille automnale presque permanentes qui règnent sur l'uni Royaume devraient faire de ce lieu un sinistres manoir aux malsains relents (néo)gothiques. Mais qu'à cela ne tienne, le tout est balayé en quelques cases - et dès la couverture, même - par les tonalités acidulées des bleus, rouges, jaunes, roses, verts qui dominent l'album.

Pouvait-il en être autrement en cette année 1969 (ça ne s'invente pas !), dans le monde du rock ?

 

C'est dans cet improbable décor que David Jones (car il n'a pas encore inventé le "Bowie" qui ne tardera pas à lui coller au prénom), cheveux longs et talent en germe, s'installe, dans l'espoir de se rencontrer enfin.

Avec sa compagne et d'autres amis musiciens, il envahit cette grande friche culturelle qui les couve d'un oeil bienveillant et ne perd aucune miette de leur histoire - c'est elle qui la raconte, d'ailleurs !

 

Concerts, alcool, rock stars (John Lennon, Les Stooges...), disquaire improbable ("celui qui a tout et rien d'autre"), abattement, élans créatifs... Tout cela se combine, au son des guitares et des couleurs fulgurantes, pour dessiner la complexité de ces quelques mois qui changèrent la face d'un certain rock.

David (se) cherche, David expérimente, David convie, David renvoie, Davie se désespère, David s'assoit au piano, David est un génie... Oui, derrière Haddon Hall, c'est bel et bien David bientôt Bowie qui occupe tout l'espace. Et qui l'occupe aussi avec ses moments intimes, les meilleurs (bientôt papa !) comme les plus douloureux (ses relations avec son frère Terry, schyzophrène).

 

Au bout des errances et des doutes, le glam rock d'abord, puis les cheveux courts, la chemise ouverte, et le regard multicolore prêt à embras(s)er le monde.

Haddon Hall semble avoir été la belle jardinière dans laquelle la future rock star a pu finir de germer pour fleurir avec éclat.

 

De l'éclat, les planches de NEJIB n'en manquent pas : peu de cases - uniquement dans les Intermezzo qui font sourire -, des aplats colorés qui rythment décors et personnages presque musicalement (le terne n'a sa place que pour deux ou trois flashbacks), et un dessin dépouillé et efficace sous influence directe de certains grands noms du cartoon, à commencer par Saul STEINBERG, que l'auteur remercie à la fin.

En mélomane graphique averti, NEJIB s'amuse à restituer la musique de mille et un entrelacs : avec ou sans paroles, avec ou sans notes, mais toujours en circonvolutions plus ou moins chaotiques ou géométriques qui envahissent l'espace et font vibrer le papier comme les mélodies feraient vibrer l'air ambiant.

Sans aucun doute amoureux de Bowie et de cette époque foisonnante où s'écrivit une riche page de l'histoire du rock, NEJIB plonge dans les arcanes de la création et de la transformation, sanas éviter certains passages obligés (l'abus de drogue des uns, les coups "en traitre" des autres) peut-être trop récurrents pour être évitables, mais quand même. Il nous livre un récit dynamique susceptible de séduire à la fois l'amateur d'images que celui de sons. Ou en tout cas les néophytes - dont je suis - car je ne sais si Haddon Hall n'est parfois pas trop évident dans ses références.

 

NEJIB a su ranimer la flamme graphique et musicale d'une époque explosive. Et de même qu'on sort de certains albums avec l'eau à la bouche, Haddon Hall fait partie de ceux dont on sort en battant la mesure, avec pour seule envie de (re)découvrir les titres et les artistes qui émaillent l'album.

 

Victoire (de la musique).

 

Champimages qui chantent.

 

Haddon Hall - Extrait 2

 

Haddon Hall - Extrait 1 

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