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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:19

Je François Villon

"Frères humains, qui après nous vivez,

N'ayez les coeurs contre nous endurcis,

Car, si pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

 

Ainsi commence la ballade des corps qui se balancent au vent du gibet, la célèbre Ballade des pendus qui, entre autres, fit le succès de son auteur, François VILLON, dans le coeur de ses contemporains déjà.

 

Margot, tavernes, amis, filles d'un soir, monseigneurs, amours profonds... Ils sont nombreux à avoir eu les honneurs des vers les plus inattendus de ce XV°siècle parisien baignant dans la fange, la misère, la violence, la famine, et un alcool trop fort pour laisser indemne.

Face à la religion et ses chantres souvent implacables, face à une justice du poing d'acier, face à une féodalité où rares sont ceux à pouvoir s'écarter de leur chemin de naissance, comment résister sinon par les mots et l'excès ?

Excès d'humour, excès d'humeurs, excès d'amour, et la recherche d'un toujours plus forcément inaccessible et forcément destructeur...

 

Autant d'excès qui portent maître François depuis sa naissance, marquée au fer rouge : "Jeanne a été brûlée. Dans la salle Saint-Louis de l'Hôtel-Dieu, tout le monde était stupéfait. Moi-même, j'en suis tombé de la vulve de ma mère !"

 

Dans ce siècle encore trop jeune, les repères ont déjà volé en éclat : la pucelle-symbole d'un pays en résistance n'est plus, et le plus brillant poète des siècles passés et à venir affûte ses vers dévastateurs.

Il a matière à aiguiser, le bougre, entre le corps pendant et oscillant de son père et la silhouette de sa mère qui, poussée par la nécessité, connaît le sort malheureux des voleurs...

Elle a toutefois eu la présence d'esprit - et on l'en a traitée de faible ! - de confier son fils unique et chéri à Guillaume de Villon, généreux homme d'Eglise qui n'aura de cesse d'éduquer le jeune François, et de subir les conséquences de ses actes...

 

Une fois lettré, bien sur pieds, et la langue bien pendue, le jeune prodige s'adonne à tout, sans limite, cherchant la destruction mais ne trouvant que le génie.

Rejetant ses amours, reniant ses amis, il s'enfonce dans le pire à la recherche peut-être d'un absolu qui n'existe que dans ses mots.

Les premiers vers qu'il disperse au vent s'arrachent comme des petits pains à cette époque où on en manque, et les dents noircies du peuple de l'entre-deux, à défaut de victuailles, mâchent les mots qu'on se répète de taverne en taverne, quitte à froisser les puissants, ou les amuser. Un temps.

 

Etrange et fascinant destin que celui de François VILLON, poète maudit et romantique avant l'heure.

Terriblement et profondément marqué par une vie à qui il le rend bien, il met en actes et en mots sa colère, ses regrets, ses surprises, ses dégoûts, ses maigres espoirs, son désenchantement...

 

Portée par le verbe éclatant de Jean TEULE, cette biographie romancée nous plonge dans ce monde sale et cruel qui fut notre passé pas si lointain, dont on ne retient souvent que les images d'Epinal de la Jeanne aux yeux dans le ciel ou de Charles le roi fou.

Mais cette époque était aussi celle de la boue qui colle aux vies, de l'injustice héréditaire, de l'impossible rébellion, et des inévitables et incontrôlables éclats, soupapes d'une colère populaire toujours plus forte.

Le quartier de la Sorbonne bouillonne, il a trouvé son hérault, mais ce dernier, poursuivi par les foudres des hommes, de Dieu, et de son insatisfaction, ne sait trouver le repos.

La route l'appelle, la prison le détourne un temps, et quand son corps, son coeur et son esprit pensent avoir tout enduré, il part, sans se retourner, vers le seul objectif qui soit à sa hauteur : l'horizon.

 

Merveilleuse et poignante occasion de découvrir la vie et l'oeuvre du premier des poètes ce chair et de chancre, Je, François Villon, est à lire une chope à la main, le nez dérangé par les ferments de la grouillante vie citadine, et les cheveux agités par le vent du génie révolté.

 

"Dites-moi où, en quel pays..."

 

Une vie à jamais rythmée par le balancement hypnotique des corps le long des gibets...

 

Champillon

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commentaires

ANDRAPH 11/07/2011 20:13



Voilà qui a l'air intéressant !!!



globule 27/09/2014 15:42

et dérangeant et... génial!!

Champi 14/07/2011 16:39



Intéressant, rafraîchissant, troublant...


La totale...