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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 23:08

Je mourrai pas gibier - Couverture"A la base, ça devait être une fête, vu que c'était le mariage de mon frère. Mais une fête à Mortagne, on ne sait jamais bien ce que ça veut dire."

 

"Mortagne, c'est mille deux cent dix-neuf habitants. Du bois et de la vigne."

 

Entre la scierie Listrac et le château Clément, Mortagne est un village qui sent mauvais les rivalités alimentées par des siècles de rancoeur, la violence sourde et rentrée, la haine qui peut éclater à chaque instant, pour un regard, un rire, un rien.

 

Des fêtes de village qui finissent mal, il y en a eu des tas. L'une d'entre elles a envoyé Frédo, "une petite teigne, un vrai pitbull", derrière les barreaux. A son retour, il en veut à Arnaud, son pote qui s'était fait coffrer avec lui, mais qui s'en est sorti. A Sonia, qui naviguait entre les deux. Et déjà qu'il en voulait à la terre entière, ça ne s'est pas arrangé.

 

Au milieu de tout cela, le "petit dernier". Qui avait décidé de se tenir à l'écart de la vigne, et plus ou moins du bois, en tout cas de celui qu'on débite à longueur de journée. Luthier, ça semblait un chouette métier. Mais dans un village comme Mortagne, avec des gens comme Frédo, luthier, ça fait tâche. La mécanique, c'est très bien aussi. "Histoire de bien faire chier tout le monde sans faire dans la dentelle".

Comme dans la chanson de BREL, il y a aussi le père, qui crache ses années de scierie en flaques de sang. Mais on n'y peut rien, "ce sont les statistiques". Il y a la mère, qui ne dit rien. La soeur, qui ricane.

 

Et en marge de ce monde qui n'en finit pas de se onger de l'intérieur, il y a Terence, simple d'esprit, compagnon de route, chaque vendredi soir, de l'apprenti mécano au sortir du bus. "Huit cent mètres pendant lesquels (ils ont) fini par faire connaissance."

 

Ce fragile équilibre aurait pu durer encore un peu.

Mais il y a eu la fête, la bagarre, la taule, et le retour de Frédo qui n'en finit pas de ruminer.

Jusqu'à ce que ça casse...

 

Je mourrai pas gibier est d'abord un roman de Guillaume GUERAUD qu' ALFRED a décidé d'adapter après l'avoir pris "en pleine gueule".

Lourde de tensions qui s'accumulent jusqu'à l'explosion, cette chronique rurale plonge au coeur d'un sordide fait divers et en démonte peu à peu les mécanismes. L'horreur a éclaté, implacable. Plongeons à la recherche de ses racines. Au coeur des non-dits, des brimades, et de la violence à fleur de ces visages d'hommes qui se détestent et ne se retrouvent que dans la chasse.

 

Pour servir cette sanglante tranche de vie, ALFRED, épaulé par  Henri MEUNIER pour la couleur, a opté pour un dessin encore plus tourmenté que d'ordinaire : les visages se brouillent facilement d'ombres et de traits chaotiques, les décors alternent entre détails à la facture malsaine et aplats déserts dont le vide nous aspire, les personnages ont des yeux tantôt réalistes, écarquillés sur l'horreur, tantôt totalement noirs ou blancs pour montrer les sursauts de leur âme.

 

Peu de repos et de douceur dans cet ouvrage.

Des corps, des coups, et quand le silence se fait, il annonce plus souvent la tempête que l'accalmie.

 

Brutal, sans concession, terriblement ancré dans le réel, Je mourrai pas gibier est à lire d'une traite, comme une course perdue d'avance mais à laquelle on ne peut échapper. La mort et la folie à nos trousses.

 

"Je suis né chasseur. Je mourrai pas gibier."

 

Mais on est forcément le gibier de quelqu'un.

Forcément.

 

Champimages qui crient, qui souffrent, qui claquent.

 

Je mourrai pas gibier - Extrait 2

 

Je mourrai pas gibier - Extrait 1

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