Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:16

L'âme du Kuydo - CouvertureSi l'on en croit les informations éditoriales contenues dans L'âme du Kyudo, Hiroshi HIRATA, son auteur, serait un des fondateurs du genre gekiga - donc un gekigaka !

 

Loin de moi l'envie de me lancer dans une stérile exploration de l'histoire des mangas pour rechercher une quelconque paternité - j'apprécie l'exercice, cela m'a même permis d'animer quelques conférences, mais jouer à "c'est lui le premier qui" ne m'a jamais vraiment amusé... - à ce genre d'ailleurs difficilement définissable, regroupant des histoires "plus dramatiques", "plus réalistes" que ce que le manga "grand public" tend à proposer. Considérons donc que L'âme du Kyudo, publié entre 1969 et 1970, fait sans doute partie des oeuvres pionnières du genre.

 

L'auteur nous plonge, avec un style précis et minutieux - afin de coller au plus près à la réalité historique - entre le XVI° et le XVII°siècle, à Kyoto.

Un samouraï, Heibê-Shigemasa ASAOKA, découvre l'étrange temple de Sanjûsangen-Dô, longé par une longue coursive couverte. De 120 mètres de long exactement. Mis au défi par un homme l'accompagnant, le bushi se saisit de son arc, et passe plusieurs heures à essayer de faire parvenir un maximum de flèches à l'autre extrémité du passage couvert, sans toucher ni le toit ni le sol.

 

De ce jour naquit l'épreuve du Tôshiya, affrontement indirect des seigneurs des différentes provinces : fournir le kyudoka - tireur à l'arc - à même de battre le record précédemment établi en faisant franchir l'allée couverte, en 24 heures, à un maximum de flèches.

Une véritable course à l'excellence s'engagea : entraînement des hommes, perfectionnement du matériel, recherche des conditions météorologiques optimales pour fixer un nouveau record...

ASAOKA avait fait franchir cinquante-et-une flèche. Ses successeurs dépassèrent son record de plusieurs milliers de flèches ...

 

Comme souvent dans les mangas, et HIRATA ne déroge pas à la règle, le lecteur est invité à suivre l'histoire d'un jeune homme KANZA. Mû par la vengeance, cet archer de basse extraction se retrouve recruté par un des seigneurs concourant, et entame un entraînement particulièrement éprouvant...

Tensions, découragement, épreuves insupportables, méditation... Tous les ingrédients du manga de ce genre (en l'occurrence une sorte de quête initiatique physique et mentale) se retrouvent ici, mettant en lumière - plus qu'à l'honneur - l'escalade aveugle et stupide à laquelle se livrèrent les seigneurs et leurs hommes. Car derrière le vernis de la recherche de la beauté de l'exploit, HIRATA et ses deux assistants laissent sourdre un discours critique, montrant combien cette épreuve, par les coûts faramineux qu'elle engendrait, ruinait les plus basses couches de la population...

 

Sous les dehors de la fiction historique, L'âme du Kyudo offre donc également un regard objectif sur une époque d'exagérations, de rivalités meurtrières - combien de bushi firent seppuku, pour ne pas vivre avec le poids de l'échec ! - et fait également découvrir avec une précision presque fascinée une pratique guerrière oscillant entre l'art, le sport et la médiation.

Comme un concentré de culture et de spiritualité extrême-orientale.

 

Au fil de plus de quatre cents pages, le récit prend le temps de se développer, et malgré quelques longueurs ou quelques répétitions, il reste suffisamment intéressant, prenant, et, pour son époque, novateur, pour ne pas lasser le lecteur.

 

A vous de juger.

 

Champyudo

 

L'âme du Kuydo - Extrait

Partager cet article

Repost0

commentaires