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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 16:57

Vaches noiresJe vous avais fait profiter d'un extrait de Vaches Noires il y a déjà quelques temps : une nouvelle très courte et très percutante comme TOPOR savait en écrire.

 

Vaches noires en est plein, de ces textes brefs et forts (à vos souhaits) qui s'aventurent sur les terrains de l'étrange, du grinçant, du morbide. Trente-trois textes en tout, écrits par TOPOR peu de temps avant sa mort, qui ont, comme la plupart de ses dessins, l'art de provoquer de violentes images mentales se tapissent dans un coin sombre de notre mémoire.

 

Deux ou trois pages suffisent, la plupart du temps, à brosser les cadres désespérément quotidiens de ses histoires : un train, un tunnel, une famille, une cuisine, un téléphone.

Avec TOPOR, c'est toujours le plus proche, le plus anodin, le plus habituel qui bascule, et qui oscille entre l'humour (souvent) et l'horreur (parfois en mots, souvent en images). La vie n'est alors qu'un grand spectacle et un éclat de rire suffisamment tranchant pour blesser à gorge déployée.

 

TOPOR aime écorner les faux artistes, les vrais menteurs, les beaux parleurs, les hypocrites, et tous ceux qui se prennent trop au sérieux.

Le théâtre s'habille de fantômes, les prix littéraires incitent à l'inertie, l'enfance est le terrain de jeu de l'horreur, et nos contemporains nous regardent toujours avec méchanceté ou envie.

 

Lucide jusqu'à l'ivresse, TOPOR masquait parfois ses plumes et ses crayons dans de lourds sabots, mais dégainait le mot juste à tout bout de page : "Seuls les faux-monnayeurs méritent d'être réhabilités : ils n'ont jamais fabriqué une monnaie plus fausse que l'originale."

 

Enfin (surtout ?) c'est dans son rapport à la chair que TOPOR était le plus fort, le plus radical, et sans doute le plus dérangeant : qu'il la fusionne ou la mutile, il ne la laisse jamais tranquille, en images ou en mots. Les nouvelles de Vaches Noires n'y coupent pas - elles -, notamment Le goût salé de la vie, qui clôt presque l'ouvrage. Rideau moqueur et désabusé tiré sur le pire de nous.

 

TOPOR devrait être mis entre les mains de tous ceux qui ont un sourire un peu trop béat, histoire de. Il en tomberait, forcément, mais ça lui permettrait de voir sous davantage de jupes. On se console comme on peu.

 

Résolument, TOPOR n'est pas mort. La preuve : il mord encore.

 

Champittéraire.

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