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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 22:38

Vieilles canailles - CouvertureDans les années 90, les éditions Vents d'Ouest eurent la bonne de publier deux oeuvres phares mais à l'époque méconnues de la bande dessinée hispophone : Cybersix, de Carlos TRILLO et Carlos MEGLIA, et Spaghetti Brothers, du même TRILLO mais avec Domingo MANDRAFINA aux pinceaux.

 

La première série, servie à merveille par le graphisme expressionniste de MEGLIA, narrait les aventures d'une cyborg aux prises avec son géniteur dans une ville tentaculaire au coeur de l'Amérique du Sud. Et en profitait pour s'interroger sur l'essence de l'humanité. Rien que ça !

 

La seconde, portée par la finesse du dessin réaliste de MANDRAFINA, suivait les pas d'une famille de cinq frères et soeurs italiens émigrés à New-York : Amerigo, l'aîné, violent, mafieux; Caterina, belle, actrice; Frank, le curé, parfois virulent, surtout envers son grand frère; Carmela, la terne femme au foyer; et Tony, le petit dernier, le flic. La famille Centobucchi au grand complet.

Humours, rancoeurs, secrets de famille... TRILLO avait saupoudré avec talent tous les ingrédients de la grande saga new-yorkaise.

Dix ans plus tard, Vents d'Ouest décida de rééditer la série en tronçonnant les quatre tomes originels (pour en faire... seize !!! Bonjour les épiciers !) et en barbouillant de couleurs criardes le beau noir et blanc de MANDRAFINA (comme ils l'avaient fait quelques années avant pour Bloodline, massacrant le noir et blanc d'Alberto VARANDA...).

 

Avant cette opération-destruction était parue Vieilles canailles, deux tomes permettant au duo d'enfer d'accorder un dernier sursaut à cette intenable famille.

Nouvelle réédition en cette année 2011, mais sans les affres du découpage et du coloriage : Vents d'Ouest, qui s'est peut-être rendu compte de son erreur passée, a opté pour une belle intégrale en noir et blanc.

Le rêve.

Le rêve américain, même.

Enfin presque...

 

Trente bonnes années se sont écoulées depuis la première tétralogie (mais si, Spaghetti Brothers, suivez un peu !). James, le fils de Carmela, est scénariste pour la télévision. Il rend de temps en temps visite à son oncle Amerigo, qui perd peu à peu la boule dans un hospice. Et il ne perd aucune miette des récits qu'il récolte contre glaces et sandwiches et qui lui permettent de peu à peu reconstituer l'histoire familiale : de nouveaux secrets, de nouvelles révélations, et la surprise de retrouver, tant d'années après, les membres de famille Centobucchi.

Que sont-ils donc devenus ?

Vous avez 183 pages pour le découvrir.

183 pages de pur plaisir, entre éclats de rire et grincements de dents - et quelques coups de feu, tout de même, on ne se refait pas ! -, à travers des histoires que l'on croirait avoir déjà vues mille fois au cinéma mais qui sont toujours fraîches et surprenantes.

Le temps a-t-il apaisé les tensions au sein de la famille.

Pas vraiment.

Au contraire, même.

Les cinq frères et soeurs sont-ils plus tendres avec leurs descendants qu'entre eux ?

Pas plus.

 

Carlos TRILLO tricotait et détricotait déjà la trame chronologique dans Spaghetti Brothers. Il continue de se livrer avec brio à cet exercice, enchaînant présent et passés avec fluidité. Ses personnages, toujours aussi forts, toujours aussi impressionnants, ont magnifiquement vieillis, et continuent de donner matière à des histoires toujours plus complexes. Pour la plus grande joie mais aussi au grand dam de James.

 

Domingo MANDRAFINA s'en donne lui aussi à coeur joie, multiplant les gros plans sur les visages marqués et marquants de ses héros. Son trait, digne héritier du classicisme réaliste, ne se fige jamais, et palpite d'une vie qui déborde de chaque geste, chaque mimique, chaque poche sous les yeux fatigués de cette incroyable fratrie. Si les décors sont rares, ils sont toujours justes et soignés.

 

Cerise sur la gâteau graphique, TRILLO se permet une petite mise en abyme à travers son personnage-scénariste qui s'interroge sur la possibilité d'écrire l'histoire de sa famille. Quoi qu'il puisse en penser, la suite lui prouvera que oui !!

 

Digne équivalent des grandes sagas fondatrices cinématographiques, Vieilles Canailles, que l'on peut lire indépendamment des Spaghetti Brothers - en en attendant une réédition correcte ! - offre un excellent moment de lecture, à la fois drôle et pertinent en matière d'observation des moeurs familiales. D'une famille particulière, certes, mais quand même. Vous aurez toujours moyen de retrouver un petit air de famille dans l'un ou l'autre des personnages.

Rien qu'un tout petit, rassurez-vous.

Sinon, courez...

 

Champimages au long fleuve agité.

 

Vieilles canailles - Extrait 2

 


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