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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 09:44

La campagne "Free your skin" imaginée par Y&R New Zealand (en 2014, certes, mais il n'est jamais trop tard !)

Du poil de la bête
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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 14:59
Regarbre
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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 17:30

"Les idiots du village qui pensent que le bois doit respirer se trompent. Si vous voulez que le bois respire, fallait pas couper l'arbre."

Gilles PASQUI, charpentier.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 11:09
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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:57
Petites coupures à Shioguni*

Il aurait dû fermer un peu plus tôt ce soir-là, Kenji, au lieu de faire griller des maquereaux. Ça lui aurait évité un bronzage "comme au restaurant" et bon nombre d'autres déconvenues : les mauvaises rencontres, une virée nocturne un peu trop inoubliable, de la tôle froissée et un tête à tête avec un hippopotame.

Comment ça "une vie décousue et un peu déjantée" ? Mais il n'a pas demandé grand chose, ce petit restaurateur. Juste de la tranquillité. Faut croire que la petite ville de Shioguni n'est pas si tranquille que ça, finalement.

Pourtant, les forces de l'ordre veillent de toutes leurs... forces, justement. Le commissaire (appelons-le commissaire) coordonne au mieux ses maigres troupes sur le terrain, dont la jeune et jolie MB350 et l'attentionné MB349 - à la fine moustache soignée. Parions que cette étrange nuit du 26 octobre restera longtemps dans leurs mémoires : une agression dans un restaurant, une rixe devant un tabac, un vol de camion - et de blouson ! - , des courses poursuites... Longue liste pour une courte nuit ! Sans parler du tigre en liberté, comme si un hippopotame ne suffisait pas...

Mais qu'est-ce qui les fait tous courir, au juste, ces gars en lunettes noires ou au blouson aux abonnés absents ?

Une petite brune. Tout à la fois avenante et étrange, dont la carte de visite en intrigue plus d'un : c'est pas commun d'associer son nom à un... hameçon.

De quoi accrocher le chaland et, convenons-en, le lecteur.

Car une fois mis le doigt dans l'engrenage de cette nuit à Shioguni, difficile d'en sortir : les scènes, brèves et dynamiques, s'enchaînent et nous entraînent de surprise en surprise, de rebondissement en prise de conscience, jusqu'au point final qui permet de mettre un terme à toutes les histoires croisées au cours de l'histoire.

Un coup de maître pour Florent CHAVOUET, que l'on connaissait surtout pour ses carnets de voyage du Japon. Avec Petites coupures à Shioguni, il met son incroyable talent et sa force graphique au service d'une fiction qu'il déroule de main de maître.

Son maître mot ? Brouiller les pistes, ce qui devrait être la moindre des choses lorsqu'on écrit un polar. L'auteur s'en donne à cœur joie en la matière, jouant sur la totale subjectivité de ce que peut être la réalité à partir du moment où elle n'est que relatée. Quoi de moins objectif qu'une œuvre ? D'autant moins si elles prend la forme d'un vaste recueil de témoignages ?

En effet, Petites coupures... raconte une enquête au long cours, rythmée par des extraits du carnets de l'investigateur, des notes éparses tentant de relier tous les fils, tous les personnages (et ils sont nombreux : un chauffeur de taxi, un technicien des réseaux téléphonique, un homme d'affaire dont la carte de visite traînait au mauvais endroit, une vendeuse de konbi, un jeune photographe noctambule...) et surtout de mettre de l'ordre dans une chronologie chaotique qui n'arrange pas les affaires du lecteur.

Véritable jeu de piste malmené par la subjectivité et la variété des versions, cette histoire est une vaste collection de faux-semblants.

Brillant.

Graphiquement, Florent CHAVOUET nous livre le meilleur de son art, alternant quelques intérieurs éclatés en mode "fish eye", des scènes de rue rappelant son amour pour le Japon et une galerie de portraits drôle et attachante.

Tous les personnes sont traités avec un soin égal et assortis de dialogues percutants tracés au pinceau avec l'élégance d'une calligraphie.

Certaines pages relèvent d'un savant assemblage et donnent à voir notes éparses, photos volées, cartes de visite ou étiquettes diverses, donnant à l'ensemble l'aspect d'un carnet de collecte des plus réalistes.

Les couleurs, tantôt crayon tantôt aquarelle, nimbent l'ensemble de la lumière tremblotante des néons de la nuit nippone.

Les mises en pages, très variées, réussissent à ne pas donner dans la surenchère mais dans le dynamisme et surtout l'ingéniosité, à l'aide de recadrages réguliers permis par les miroirs, fenêtres ou regards.

Du plaisir pour les yeux de bout en bout.

Qu'ajouter ?

Son prix du polar reçu lors du Festival d'Angoulême de 2015 est plus qu'amplement mérité et permettra, espérons-le, à un large public de découvrir le talent hors-norme de cet auteur dont les prochaines créations seront attendues avec attention.

Mention spéciale aux Editions Philippe Picquier qui suivent Florent CHAVOUET depuis ses débuts et qui n'ont pas hésité à se lancer dans la bande dessinée, portées par leur attachement à l'Asie.

Véritable enchantement foisonnant pour les yeux, Petites coupures à Shioguni est une réussite sur tous les plans, un polar drôle, étrange et prenant qui nous immerge dans un Japon crédible et attachant où rien ne se donne vraiment à voir du premier coup d'oeil. Plusieurs lectures sont nécessaires pour en apprécier toutes l'ampleur, ce qui nous conforte dans le fait que c'est un des albums de 2014-2015 à retenir absolument.

Une belle manière de commencer l'été sur k.bd.

Champimages plein les yeux.

Petites coupures à Shioguni*
Petites coupures à Shioguni*
Petites coupures à Shioguni*
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 13:28
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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 14:52
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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 07:56
L'ours Barnabé

Teddy, Petit Brun, Bouba... Longue est la liste des ursidés qui peuplent le monde des images enfantines. A cette brune galerie s'ajoute, depuis quelques années, le blanc immaculé de son septentrional cousin, figure emblématique du tragique réchauffement climatique, comme on dit.

Dans un monde où la peau de l'ours se vend beaucoup plus qu'elle ne se chasse, Barnabé fait figure d'exception : il ne met sa force brute qu'au service de l'aide à autrui et sa curiosité légendaire à celui de la poésie. Il réussit même le tour de force (sic) de faire de sa puissante musculature un incroyable levier inventif lui permettant de réinventer son environnement avec ingéniosité.

Ainsi, l'hiver approchant, il déracine chaque arbre rencontré pour le replanter à l'envers, les racines devenant branches dénudées et les frondaisons feuillues gagnant l'abri du sous-sol.

Il fallait y penser.

Bien qu'attiré par la tranquillité, l'isolement et le repos, Barnabé demeure un ours très sociable et fréquente bon nombre de ses contemporains : des oursons dont il semble avoir parfois la garde, un lapin qui l'accompagne dès la couverture de cette Intégrale n°1, une araignée dont le sens architectural lui est d'un grand secours, et bien sûr les poissons dont il est friand, comme éléments décoratifs ou gustatifs.

Au rythme régulier d'un gag par planche, Barnabé explore prés, forêts, montagnes et cours d'eau pour en tirer la poétique moelle : les éléments (vent, pluie, neige souvent), les paysages (y compris les mers de nuages), la faune ou la flore (avec une préférence marquée pour les fleurs jaunes et les pommes) sont autant d'assistants pour ce rêveur pragmatique qui repense le monde en quelques cases.

Outre son imagination, Barnabé dispose, pour se faire, d'un ingénieux sens du détournement, d'un sens de l'observation poussé et d'une propension à l'absurde qui le place à l'abri de bien des contingences rationnelles.

Cet art du décalage en fait d'ailleurs un fin critique des idées reçues bien humaines et des certitudes de nos contemporains : plus qu'un simple rêveur à poils et à griffes, Barnabé est bel est bien, entre les mains de Philippe COUDRAY, un philosophe.

Attentif aux images et aux mots, aux doubles sens et aux raccourcis, cette bête loin de l'être nous démontre surtout la relativité des choses que le vont, des propos que l'on tient. Ses points de vue décalés nous offrent une distance salutaire au monde en nous le donnant à voir sous un autre angle. Reflets, ombres, caché/montré, retournements... La panoplie démonstrative mais jamais pontifiante est riche de tout ce que la nature lui met sous la patte.

Petit bijou d'humour tendre et terriblement malin, L'ours Barnabé est servi par un dessin tout en simplicité qui découragera peut-être ceux qui le jugeraient trop enfantin. Ils passeraient alors à côté d'une brillante création qui n'a pas souffert des outrages du temps malgré son grand âge - Barnabé ayant fait ses premières apparitions dans les années 1980 !

Certes, les histoires ne présentent pas toutes le même intérêt, mais c'est sans doute le prix à payer pour une oeuvre d'une telle densité (compilée en trois intégrales !).

En ce mois de Boîte à Bulles sur k.bd, voici une belle occasion de découvrir ou redécouvrir cette perle poilue d'intelligence et de poésie amusée qui, sans en avoir l'air, nous invite à ne pas nous contenter d'appréhender le monde tel qu'on le voit et qu'on le nomme.

Vaste chantier.

Champimages à contrepied

L'ours Barnabé
L'ours Barnabé
L'ours Barnabé
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:41
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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 09:13
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