Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 22:58

"Scandaliser est un droit, être scandalisé un plaisir".

Pier Paolo PASOLINI

Ô, scandale...
Repost 0
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 09:00
Raging Bulles à Toulon - 22 janvier 2015

Nouvelle année et nouvelle édition pour notre Raging Bulles mensuel.

Rendez-vous est pris

Jeudi 22 janvier

A partir de 19h30

Chez Jositha

3 bis rue de Chabannes

A TOULON

Faites-moi signe si vous comptez venir.

Au programme ce mois-ci :

WRIGHTSON Bernie, Eerie & Creepy présentent..., ed. Delirium.

ALTARRIBA Antonio & KEKO, Moi, assassin, ed. Denoël Graphic.

CHAVOUET Florent, Petites coupures à Shioguni, ed. Philippe Picquier.

WITKO Nikola, Rustin, ed. Aaarg !

SELIKTAR Gilad, Tsav 8, ed. Cà et Là.

LUPANO Wilfrid & PANACCIONE Gregory, Un océan d'amour, ed. Delcourt.

Bonne(s) lecture(s) !

Raging Bulles à Toulon - 22 janvier 2015
Repost 0
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 22:30
Hommes à la mer*

Mois de la nouvelle oblige, sur k.bd, après Insomnie et Goggles, je vous invite à un petit tour en mer. Inutile de vous dire qu'à bord des histoires proposées par RIFF REB'S, le voyage ne sera pas de tout repos.

Ne me dites pas que vous avez déjà oublié les tourments de son Loup des mers, entre tempêtes intérieures et flots démontés ? Ses Hommes à la mer sont ballot(t)és à l'identique, entre la plume cruelle des auteurs qui les ont fait jaillir de l'e/a-ncre et le pinceau incisif du magnifique dessinateur des flots.

Une nouvelle fois en effet RIFF REB'S n'est pas seul sur le pont : après Pierre Mac ORLAN (A bord de l'Etoile Matutine) et Jack LONDON (Le Loup des mers), il a fait appel aux plus grands pour nous entraîner sur les mers déchaînées. Joseph CONRAD, William Hope HODGSON, Mac ORLAN de nouveau, Edgar Allan POE, Marcel Schwob et Robert Louis STEVENSON voient ainsi certains de leurs textes mis en cases, tandis que HOMERE, Eugène SUE, Emile CONDROYER, B. TRAVEN, Jack LONDON, Victor HUGO et Jules VERNE voient un extrait de leur prose accompagné d'une grande illustration en noir et blanc.

La composition en alternance des bandes dessinées et des textes illustrés donne à l'ensemble du recueil un rythme, une respiration (visible dès les couleurs de la tranche, d'ailleurs) qui, de vague en ressac, nous porte au gré des flots.

Souvent graves (mais peut-on attendre autre chose d'un auteur qui avoue en post-face "rien ne m'amuse plus que le drame" ?), parfois grinçantes ou ironiques, ces histoires closent la trilogie maritime avec les thèmes les plus chers à l'auteur : la bien faible condition des hommes face à la mer et aux forces qui l'habitent.

Tempêtes, icebergs, baleines, poulpes, mais aussi sourire d'un soir, soif d'or ou de vengeance, ravagent les corps comme les esprits, inlassablement.

Quelles échappatoires pour ces marins condamnés à la mer par faute ou par choix ?

La folie, la mort, la fuite ou, plus rarement, un étrange flegme philosophique.

Citant ARISTOTE, PLATON, ou sans doute un peu des deux, RIFF REB'S rappelle en ouverture : "Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer".

Suspendus entre deux eaux, deux vies, deux mondes, ses héros en perdition sont taillés dans le bois flotté dont on fait les légendes : jamais attachés, jamais tout à fait stables, ils se laissent emporter par l'onde, dévorer par les flots, disparaissant avec fracas, écume et panache parfois.

Le dessin adopté par l'auteur ne nous trompe pas, alternant la douceur des mers d'huile à l'impétuosité des ouragans. Le trait, d'une souplesse rare, marque bien la vie qui palpite dans le moindre corps, le moindre matériau. Les visages sont bien plus marqués - pommettes saillantes, mâchoires carrées - et se déforment sous la violence des sentiments (regardez de plus près la couverture !).

Les éléments - nuages et vagues avant tout - se moirent parfois d'un grain épais, entre pluie et papier, que l'on retrouve avec plus de corps dans les grandes illustrations accompagnant les extraits de nouvelles. La courbe y règne plus que jamais en maîtresse, déroulant vagues, tentacules, chaînes...

Côté couleurs, RIFF REB'S reste un adepte des monochromies de situation : à chaque histoire ou séquence d'histoire sa tonalité, du vert Antarctique au rosâtre galère, du feu fin de vie à l'émeraude maelström. Efficace et expressionniste à souhait.

En partageant avec nous les grands textes qui ont scandé l'aventure humaine en mer, et en les magnifiant par son découpage, son trait et ses couleurs, RIFF REB'S offre un magnifique travail d'adaptation qui nourrit autant l'envie de se plonger dans les romans et nouvelles que de sentir la caresse des embruns.

En rappelant combien l'homme n'est rien face à la grandeur majestueuse et la puissance infinie des flots, il nous invite autant à l'aventure qu'à la peur, l'admiration et l'humilité.

La condition humaine de plein fouet, comme une claque au goût salé.

Remarquable.

Champimages qui ne cesseront de voguer...

Hommes à la mer*
Hommes à la mer*
Hommes à la mer*
Repost 0
7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 23:28
Sans titre
Repost 0
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 17:28
Goggles

Ne vous y trompez pas : cette chronique n'a pas pour but de faire l'apologie du géant de l'internet (tiens, et si vous relisiez les aventures de Thursday Next, à ce sujet ?) mais de vous inviter à chausser d'étranges lunettes qui vous permettront de voir le monde autrement.

De le voir à travers les yeux lucides mais délicats de Tetsuya TOYODA, auteur de Goggles (donc), recueil de nouvelles qui, après avoir enchanté les chroniqueurs du Raging Bulles il y a un peu plus d'un an, a retenu l'attention de l'équipe de k.bd pour son... mois de la nouvelle !

Slider tisse un improbable lien entre une balle de baseball et l'éclatement de la bulle financière au Japon.

Mr. Bojangles part sur les traces d'un voisin attentionné aujourd'hui disparu.

Goggles nous envoûte du mystère brumeux d'une épaisse paire de lunettes dont une jeune fille ne veut se défaire.

Nouvelles acquisitions à la bouquinerie Tsukinoya cahote avec une camionnette pleine de vieux livres et de disques anciens.

Aller voir la mer nous fait partager la caresse de l'écume et la douceur du soleil de printemps sur les éclats de rire d'un grand-père et de sa petite fille.

Tonkatsu nous traîne de restaurant en restaurant et de souvenir en souvenir à la recherche de l'escalope panée de Proust...

Mélange d'humour, de nostalgie, de distance, d'amertume parfois, de silence et de poésie, ces six histoires courtes, écrites à hauteur humaine, vibrent toutes de la même subtilité : celle des personnages, des émotions, du rythme, des histoires, de trait même, drapé dans un sobre classicisme.

Même la première nouvelle, Slider, qui lorgne pourtant vers la comédie rocambolesque, bénéficie de ces qualités: le temps se suspend pendant l'exploration d'une cabane déserte, s'accélère avec une effraction, se dissout lentement allongé sur un banc...

Ces six histoires à géométrie très variable (Nouvelles acquisitions... ne fait que deux pages !), que l'on peut lire dans l'ordre ou le désordre, nous offrent six petites plongées dans des univers précis et intrigants, des microcosmes un peu en marge de la vie mais pourtant accueillants. A l'opposé d'Insomnie, en somme, dont l'étrangeté nous tenait à distance : ici, le lecteur se sent attiré au plus près des personnages, prêt à partager avec eux cette tranche de vie soudain offerte.

La subtilité est à son paroxysme dans la nouvelle qui prête son titre au recueil : une fillette mutique chaussée de lunettes trop larges bouleverse la vie d'un gentil oisif qui squatte le salon du ami. Une rencontre et des balades relevant autant du Petit Prince que de L'Homme qui marche. Touchant et poétique mais jamais larmoyant.

Graphiquement, la facture est classique mais subtile (décidément, je me répète...), efficace sans sombrer dans la facilité. Il est intéressant de lire la postface dans laquelle l'auteur analyse les différences entre des histoires parfois séparées par de longues années.

Loin de l'action forcenée de bien des shônen, de l'écoeurante eau de rose de bon nombre de shôjo, des intrigues à tiroir des plus célèbres seinen ou des histoires trop provocantes ou alambiquées d'une bonne partie de la production japonaise underground (c'est bon, j'en ai terminé avec tous ces mots étrangers qui m'ont permis de ramener ma science ! :D), Goggles s'inscrit dans le sillon intimiste popularisé (et parfois un peu trop usé, d'ailleurs) par Jirô TANIGUCHI. Une belle porte d'entrée pour tout lecteur qui voudrait s'initier au genre tout en douceur, une bonne surprise pour les curieux qui ont déjà foulé les terres livresques de l'archipel.

Des tranches de vie et de souvenirs dans lesquelles nous pourrions flotter indéfiniment et dont les échos lointains pourraient bien évoquer quelques vagues personnelles.

Champimages sans faire de bruit.

Goggles
Goggles
Goggles
Repost 1
2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 10:44
Repost 0
31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 09:29
Insomnie et autres histoires

"Il est 11h15. Je suis réveillé par le téléphone. J'essaie de l'ignorer et de me rendormir.

Au bout de huit sonneries, je me demande qui peut bien appeler. Je décide de répondre.

On est le 1er juin. J'ai 24 ans. "Allo ? _ Bon anniversaire !"

"C'est toi, Carrie ? _ Mark ? Je t'ai réveillé ? A cette heure-ci ? _ Mouais..."

"Où est passé le lève-tôt que j'ai connu ? _ Oh, j'arrive pas à dormir, la nuit, je fais des insomnies."

"Bon, qu'est-ce que t'as prévu de faire aujourd'hui ? _ Euh, rien, en fait."

"T'as rien prévu pour ton anniversaire ? Alors je t'invite à dîner ce soir. On se retrouve à sept heures et demie ? tu passes me prendre, d'accord ? _ Beuh..."

"Allez ! _ Bon, d'accord. A ce soir. _ Super ! Ciao !""

Voilà comment le destin, parfois, s'en prend à vous "de bon matin", au saut du lit, un sourire sardonique aux lèvres. Le malheur des uns fait sans doute son bonheur. Aussi se plaît-il à s'acharner. Comme si les insomnies de Mark ne lui suffisaient pas, il lui renvoie le passé dans les dents.

"C'est la première fois en trois mois que j'entends la voix de Carrie et je regrette presque d'avoir décroché."

Entre "décroché" et "écorché" il n'y a qu'une lettre : un faible écart qui permet comprendre les douleurs passées, présentes et forcément à venir d'un Mark qui n'a pas su dire non, qui ne revient pas sur son accord malheureux et qui, de fait, le regrettera.

Il est loin d'être le seul cet insomniaque pourtant solitaire : Shelly, Eric, Maureen, Chéryl, Monsieur Lewis, mais aussi tous les anonymes que nous ne connaîtrons jamais que sous le nom de "je", voient des miettes de leurs vies défiler dans Insomnie et autres histoires.

Pris dans les pièges de souvenirs trop lourds ou d'une actualité trop cruelle, ces anodins chutent plus qu'ils ne se relèvent ou, au mieux, ne montrent pas une facette très reluisante de l'humanité.

Sans parler des rêves brisés et du triste constat que l'on fait parfois face au miroir, quand on voit qui, malgré tous nos élans, nous sommes devenus.

Ces froides et tristes histoires méritent le traitement graphique qu'Adrian TOMINE leur réserve : un cerne d'encre net et tranchant et un noir et blanc parfois tramé de gris. Simple, efficace, à l'unisson du monde sans espoir qui se débat dans et entre les cases.

Fidèle à l'école étasunienne d'un Daniel CLOWES ou d'un Charles BURNS, TOMINE fait la part belle aux gros plans sur les visages, cadrant au plus près les tourments, rictus, absences, cernes, grimaces, lassitudes, surprises ou douleurs. De ce face à face permanent le lecteur ne peut ressortir indemne, dérangé par son voyeurisme ou troublé par le reflet à peine déformé que l'image lui renvoie.

Difficile de distinguer ce qui relève de la fiction et de l'autobiographie dans cette longue Insomnie. Mais impossible de ne pas trouver écho dans ces histoires à des moments vécus ou des destins croisés : si le monde n'est pas toujours aussi noir ou terne que l'auteur le montre, il n'est pas non plus, loin s'en faut, un paradis sans failles.

Chroniqueur du malaise quotidien, Adrian TOMINE sait mettre en lumière ces détails par lesquels tout bascule, un jour, sans possible retour.

Champimages aux yeux cernés.

(A noter : j'avais il y a quelques années livré une chronique un peu plus brève de ce recueil. La voilà complétée).

Insomnie et autres histoires
Insomnie et autres histoires
Repost 0
30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 16:01
Repost 0
25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 22:08

Thibaut SOULCIE pour Télérama.fr

Intime connexion
Repost 0
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 00:19

" Depuis longtemps de nombreux artistes ont interprété l’univers de Star Wars bien au-delà de tout ce qui fut représenté dans les films. Une des interprétations les plus unique et intrigante que j’ai pu voir est celle du photographe Cedric Delsaux qui a brillamment intégré des personnages de Star Wars dans des paysages urbains et industriels indiscutablement terrestres. Aussi novateur et dérangeant que puisse être son travail, il n’en est pas moins plausible. "

George Lucas

Dark Lens
Repost 0