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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 10:58
La Fille Maudite du Capitaine Pirate T1

Entre la Mer du Khan et la Terre des Lions s'étendent les vastes mers d'Omerta, qui abritent en leur sein tumultueux d'innombrables et mystérieuses îles aux noms enchanteurs : Prastine, Rape pleutre, Tut, Priventh, Chien noyé, la Mèche du perroquet... Autant de contrées à explorer, piller, ou dans lesquelles se cacher. Autant de pistes à suivre pour la Fille Maudite du Capitaine Pirate.

Mais l'heure n'est pas encore arrivée.

En ce jour de 1728, sur les plages de Port-Elizabeth, en Jamaïque, la jeune fille doit en découdre avec deux gamins moqueurs :

"T'en as même pas, de père.

_ Si, j'en ai ! C'est le plus grand capitaine pirate des mers d'Omerta."

S'ensuit une belle correction dont Apollonia, la toute jeune fille du gouverneur Maygun, ne perd pas une miette : yeux écarquillés et bouche bée, elle assiste au spectacle et tombe sous le charme de la brune rebelle.

Envoûtée par les fantastiques récits que la Fille Maudite fait vibrer à ses oreilles, la blonde fille de bonne famille, cris en bouche et dague au vent, perturbe quelque peu le banquet que son père donne à son Altesse le Prince Povy lui-même. Depuis le temps qu'une visite royale était attendue ! Las, l'agitation de la jeunette ne fait rire l'invité qu'un temps, clos par le jet d'un fruit sur sa noble pomme.

Bref mais irrémédiable incident qui pousse le gouverneur hors de ses gonds : il mande M. Six, son homme de main (et de gros bras !) qui lui-même délègue au Squale, homme de bas-fonds et basses-oeuvres, l'ingrate mais nécessaire tâche de faire disparaître des plages locales cette Fille Maudite par la faute de laquelle tout est arrivé.

Mais tout le monde n'est pas la Fille Maudite du Capitaine Pirate, et le destin ne peut laisser les hommes agir comme ils l'entendent : par la voix d'un noir perroquet et d'un blanc requin échoué (un squale en chasse un autre) l'avenir de l'héroïne s'écrit en lettres d'encre et de sang.

Avec un oeil en moins ("Est-ce que tu trembles à la vision terrible de la Fille Maudite et affreusement défigurée du Capitaine Pirate ?") mais un allié en plus (Poivre d'As, de son petit nom d'oiseau bavard), la vaillante pirate peut à présent prendre le large (et le profond !) pour chercher son père.

Lourde tâche s'il en est : non seulement il lui faudra passer par l'Obscurum per Obscurieux, mais surtout "il y a cinq capitaines qui cinglent sur les mers d'Omerta sous le pavillon noir.[...] Et je ne sais pas bien auquel tu appartiens." S'il est de bon conseil, Poivre d'As sait rester prudent.

L'aventure ne fait que commencer.

Découvert lors de l'un de nos derniers Raging Bulles, La Fille Maudite du Capitaine Pirate joue dès la couverture et l'ouverture la carte de la plus exquise séduction : un dessin au trait riche et minutieux, une construction alternant planches traditionnelles, mises en page éclatées et grandes illustrations en simple ou double page et un récit sans temps mort rappelant les grandes heures de l'aventure picaresque et feuilletonnesque.

De grandes heures qui nous renvoient à l'univers graphique du XIX°siècle dans lequel Jeremy A. BASTIAN semble avoir puisé allègrement : Gustave DORE fait d'ailleurs partie des ses influences majeures et avérées.

Ajoutez-y une dose de folie douce et de liberté totale glanée chez Lewis CARROLL et vous aurez un petit aperçu du résultat final, dont l'inventivité visuelle et narrative permanente a presque un petit côté "écriture automatique".

La virtuosité graphique se déploie en multiples arabesques, les rencontres sont toutes incroyables, les personnages théâtraux en diable et leurs visages d'incroyables caricatures.

La demi-mesure n'a pas sa place au pays de BASTIAN, au risque parfois de surchager les cases ou de figer le récit par des pauses illustratives trop nombreuses et trop fortes.

Chaînons manquant entre les époques (du XIX°siècle à nos jours) et entre les genres (bande dessinée et récit illustré), La Fille Maudite du Capitaine Pirate est une très belle et bonne surprise, petit joyau niché au sein des exigeantes éditions de La Cerise.

Si sa lecture demande du temps et de l'attention (de quoi rebuter les lecteurs les plus pressés) et si le trait souffre parfois d'une légère raideur (le prix à pays pour les hachures, sans doute), l'oeuvre reste l'un des titres phares de ce début d'année 2014.

Pas étonnant que K.BD en ait fait l'une de ses lectures estivales.

Notre chant des sirènes iconophiles saura-t-il vous attirer vers les mers d'Omerta ?

La Fille Maudite du Capitaine Pirate T1
La Fille Maudite du Capitaine Pirate T1
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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 16:53
Le Journal de Frankie Pratt*

"Chapitre I

Cornish, New Hampshire

1920

Au commencement...

Mère m'a offert ce journal [scrap book] pour mon diplôme de fin d'études secondaires.

J'ai trouvé la vieille Corona [une belle machine à écrire] de papa dans la cave. Des souris ont grignoté l'étui, mais elle marche encore !

J'ai commandé le mode d'emploi gratuit pour apprendre à taper. J'écrirai une page par jour."

Ainsi entrons-nous dans la vie de Frankie ("Je déteste Frances"), et vice versa : par quelques mots tapés à la machine et des images glanées de-ci de-là pour illustrer son propos.

Une vieille publicité, une petite annonce, un objet collé... donnent très vite à cet univers de papier une densité et une présence rarement égalés et nous entraînent dans un voyage dans le temps particulièrement réussi.

1920 : Cornish, New Hampshire.

1920-1924 : Université de Vassar

1924-1925 : Greenwich Village

Janvier 1926 : L'Atlantique

1926-1927 : Paris

1927-1928 : Cornish, New Hampshire

8 ans dans la vie d'une jeune femme que l'on rencontre à 18 et qui s'engage sur les chemins houleux de la voie et de la vie à suivre.

Que faire ? Avec qui ? Être infirmière comme sa mère ou s'engager dans les études qui lui permettront peut-être un jour de devenir l'écrivain qu'elle aspire à être ?

De qui accepter les élans du coeur ? De l'esprit ?

Des considérations somme toute assez terre à terre mais qui, replongées dans l'époque et dans le contexte (les années 1920, une jeune femme "de la campagne") prennent une certaine dimension.

Photos, lettres, objets, cartes à jouer... Frankie ne nous épargne rien pour nous faire partager au plus près cette époque où la femme commence à s'émanciper et où la société de consommation fait ses premiers vrais pas.

Toutefois, loin de se contenter de mode et de superflu, Frankie, amoureuse des lettres, nous entraîne également dans la presse new yorkaise (True Story, The New Yorker) et parisienne (Aero). De Greenwich Village à Montparnasse elle croise, de près ou de loin, la route de James JOYCE ou d'Ernest HEMINGWAY, donnant ainsi encore plus de corps à une histoire qui n'en manque déjà pas.

En effet, à travers un destin singulier (et individuel), Caroline PRESTON brosse le portrait de toute une époque, d'une sorte d'Âge d'Or précédent la crise de 1929 et les sombres heures qui suivirent.

Bien sûr, l'angle adopté est idéal et sans doute idéalisé, loin de la vie des hordes de miséreux et d'ouvriers qui trimaient dans les bas-fonds en ce temps-là, plus près de Gatsby que de Jack LONDON, mais le résultat conjugue élégance et traces documentaires avec un certain talent.

Le Journal de Frankie Pratt offre une belle expérience de lecture que son titre original, The Scrapbook of Frankie Pratt, met davantage en valeur : "roman (graphique)", comme l'annonce la couverture, il fait la part belle aux images et articles découpés et, de silhouette en mannequin, d'homme idéal en femme iconique, il concentre toute une époque en quelques pages et quelques vies.

Saluons au passage l'admirable travail de traduction réalisé pour les éditions NiL : il a su conserver à l'oeuvre toute son intégrité.

Petit parallèle pour finir : à quelques années près, Le Journal de Frankie Pratt fait presque écho à Seul le silence, de R.J. ELLORY, dans lequel je suis plongé ces temps-ci, et qui suit les traces du jeune Joseph, aspirant écrivain lui aussi, dans la campagne profonde des Etats-Unis de la fin des années 1930.

Autres temps...

Champittérature en images, donc inclassable...

Le Journal de Frankie Pratt*
Le Journal de Frankie Pratt*
Le Journal de Frankie Pratt*
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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 17:56
une histoire d'hommes

Quatre garçons dans le vent, teint rose sur fond bleu, marchent vers le lecteur.

Au fond, Franck. Cheveux ras, larges poches, sweater sportif, regard un peu tombant. Un air presque grave, étonnant pour le boute-en-train du groupe.

Devant lui, JB. Cheveux mi-longs, lunettes, grand imper claquant au vent, main en visière au-dessus des yeux pour voir un peu mieux, et un peu plus haut. Vers l'horizon, peut-être, ou juste vers les nuages.

Un peu plus en avant, sur la droite, coupé par le cadrage, Yvan. Cheveux en bataille, poing serré, blouson en cuir ouvert sur un t-shirt en toute simplicité. Yeux fermés. Tristesse, colère ?

Au premier-plan, enfin, sur la gauche, lui aussi coupé par le cadrage (mais sa silhouette se déploie en fait sur la quatrième de couverture), Sandro. Visage légèrement empâté. Mèche soignée. Veste classieuse et foulard entortillé autour du coup. Les yeux un peu perdus, un peu morts.

Quatre "copains" (et plus, car affinités génétiques) qui ne se sont pas vus depuis longtemps, voire très longtemps : "Tu veux dire que tu ne l'as jamais revu depuis la BBC ?"

La BBC.

Le Jools Holland Show.

L'occasion, enfin, pour les Tricky Fingers (le groupe qu'ils formaient alors tous les quatre, dans les années 90) de percer.

Le tout était de ne pas faire de fausse note.

C'aurait été impardonnable.

Ce le fut.

JB se tourna vers l'entreprise belle-familiale, Franck vers la restauration, Yvan... Yvan se tourna et se retourna dans son amertume.

Sandro, lui... "Sandro parlait bien. Sandro était charismatique. Sandro décrocherait la lune... et il le savait."

Et il le fit.

Une lune qui a aujourd'hui des airs de lande battue, quelque part en Angleterre.

Une lune comme un manoir planté au milieu de rien d'autre que des souvenirs.

Beaucoup de bons (les photos sur les murs en témoignent) mais quelques mauvais aussi.

Et pas des moindres.

Flottant entre deux mondes, entre deux frères, Annie est là elle aussi.

Tantôt distante, tantôt absente, tantôt souriante malgré tout.

Béa est restée en arrière, elle.

Normal, c'est une histoire d'hommes.

Et c'est entre hommes qu'elle doit finir.

On connaissait le goût de ZEP pour la musique : l'Enfer des concerts (1999), Chansons pour les pieds (pour Jean-Jacques GOLDMAN, 2001), et bien sûr ses différents groupes (Zep'n'Greg, Blük Blük).

La voilà cette fois au coeur d'une histoire longue (l'homme nous a plutôt habitués à des formats courts) loin de l'humour qui naît entre ses doigts le reste du temps.

La gravité du récit est d'ailleurs appuyée par bon nombre d'éléments : le décor, perdu et grisâtre. Les drames profonds de chacun. Les regards, les silences. Le soleil ne semble plus briller depuis longtemps pour les quatre héros.

Seul le plus conventionnel du lot (bon père de famille à la situation professionnelle aussi stable que sa vie de couple) semble finalement goûter au bonheur. Non, le bonheur n'est pas dans les frasques, les concerts, la route, la gloire, il est dans le train-train.

Pas très rock'n roll tout ça.

Graphiquement, ZEP a adopté un trait réaliste parfaitement maîtrisé, même si les expressions sont parfois un peu outrées et les regards un peu trop appuyés.

Les couleurs, assez délavées, noient l'histoire dans des tons chagrins, soulignant elles aussi la gravité de l'ensemble. Quitte peut-être à en faire trop.

L'absence de bords de case semble diluer chacune d'entre elle dans le blanc (éclatant) de la page.

Contraste.

Je sais, ma prose ne fait montre de beaucoup d'enthousiasme jusque-là.

Est pour cause.

Malgré une construction travaillée (des flash back réguliers) et la maîtrise graphique, ça ne prend pas.

Rien de très nouveau sous les nuages, une fin assez plate, et une variation de plus sur la filiation (ah ah) création-paternité.

Bien sûr que la vie est pleine d'obstacles, de blocages, de déceptions, de rêves piétinés, mais l'on pouvait s'attendre à ce que ZEP en tire quelque chose de plus.

Paie-t-il en cela la rançon de son succès ?

Mais peut-être devait-il réaliser coûte que coûte cette histoire que l'on imagine pour partie très personnelle...

Cette histoire d'hommes ne convainc pas et pourrait presque nous conforter dans l'idée que ZEP est avant tout un faiseur d'histoires d'enfants.

Pourtant, il y a eu Happy Sex.

Alors l'humour serait sa force ?

Attendons un futur opus réaliste pour trancher.

Mais pour l'heure la faim demeure.

Champimages à la voix éraillée.

une histoire d'hommes
une histoire d'hommes
une histoire d'hommes
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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 17:41
Raging Bulles à Toulon - 26 juin 2014

Le dernier Raging Bulles de la saison est annoncé !

Même lieu et même heure pour nos échanges et nos débats parfois houleux sur l'actualité BD :

La Cave de Lilith

Rue Paul Lendrin

à Toulon

à partir de 19h30

Au programme pour cette session estivale :

ALICE Alex, Le Château des étoiles, ed. Rue de Sèvres.

BIANCO Guillaume, Les Seins, ed. Delcourt.

RICKHEIT Hans, Machine écureuil, ed. Ici-Même.

JUL, Mon père ce héron, ed. Rue de Sèvres.

GUININ Blaise, Quatre couleurs, ed. Vraoum.

JACOBS Jesse, Et tu connaîtras l'univers et les dieux, ed. Tanibis.

Bonnes lectures !

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 20:47
Mémoire Tampon

Objet profondément rattaché à l'enfance (qui ne s'est jamais badigeonné avec plaisir les mains de l'encre noire ou bleue qui faisait naître par magie des formes sur nos feuilles volantes et cahiers d'écoliers ?), le tampon occupe une place de choix dans la création artiste contemporaine.

Popularisée par Vincent SARDON, grand Tampographe s'il en est, cette petite imprimerie se prête à tous les désirs et tous les délires de ceux qui la façonnent : mots, images et entre-deux se multiplient à l'envie et tapissent le moindre espace vide.

En utilisant des pochoirs et surtout une infinie patience - et tout autant de précision - Gianpalo PAGNI - que j'avais découvert sans le savoir dans Le Tigre - a composé, dans Mémoire Tampon, une collection de formes plus ou moins abstraites, plus ou moins narratives, pour faire écho aux souvenirs d'élèves avec lesquels il a mené des ateliers créatifs.

"Je me souviens", écrivait PEREC.

A leur tour les lycéens se souviennent, du plus grave au plus anecdotique, du plus drôle au plus sombre, en courtes phrases gravées dans la matière : "Je me souviens du pull rose fuchsia tricoté par ma grand-mère pour mes six ans", "Je me souviens du regard joyeux de mon frère quand il m'a vu arriver dans sa chambre d'hôpital. J'avais peur qu'il ne me reconnaisse pas...", "I remember that worms used to be my friends".

A ces bouteilles lancée sur la mer du passé répondent - sans que l'on puisse jamais les apparier - des compositions de l'artiste : une foule, une nébuleuse, une route sous un soleil rouge, un cornet de glace, un étrange véhicule, un labyrinthe...

Pas deux pages identiques, peu de formes reprises, une infinité d'agencements simplement hypnotiques ou profondément bavards : que danse ce mur de briques anthropomorphe ? Cette tache rouge va-t-elle m'engloutir ? Pourquoi semer des bulles au vent à l'envers, et surtout comment ?

Autant de non-questions poétiques qui n'attendent pas de réponse mais qui nous guident de page en page sur les voies non balisées de la création : hasard, accidents, expériences imprévues ne se cachent pas et donnent corps presque en direct à l'inspiration du moment, un peu comme si sous nos yeux PAGNI répétait son geste de l'intimité de l'atelier à celle du livre.

Le geste, oui, sans doute le maître-mot de cette mémoire incarnée : nous en guettons le souvenir, à peine figé dans les répétitions, les décalages, les superpositions, les légères failles.

Poésie de l'accident, magie de l'itération, admiration devant le génie et l'ingéniosité.

Je me souviens des tampons de mon enfance et des histoires qu'ils inventaient bien malgré moi.

Il est temps de renouer avec tout ça.

Champimages qui se combinent.

Mémoire Tampon
Mémoire Tampon
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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 23:36
forêt-wood

Ça sonne comme une évidence, entre écho, répétition et Harraps.

Ça a même un petit air de Robin des Bois caché au fond des... bois, justement.

forêt-wood

forêt-wood

Ça claque comme un ping-pong contre les troncs, et les noms sur la couverture ne manquent pas de le rappeler : Olivier DOUZOU se cogne d'un côté, José PARRONDO se cogne de l'autre, les pics-verts sont de sortie sur la page blanche.

"Il y a deux sortes d'arbres : les hêtres et les non-hêtres", sourit Raymond QUENEAU en préface.

A n'en pas douter, ce livre coloré ne compte que des hêtres parmi ses habitants : baudruchum, culbutus, sylva vartanus... Impossible de perdre son latin dans la forêt dessinée par les deux facétieux botanistes-dessinateurs qui prennent un malin plaisir à inventer(dans les deux sens du terme) pour nous les espèces les plus inattendues, tantôt poétiques tantôt drôles.

Les jeux de mots vont bon train sur cette aire d'arbrissage et les arbres en voient de toutes les couleurs dans cet arbrier (l'herbier des arbres ?) loufoque, décalé, et foncièrement ingénieux.

Des mots (et de leurs jeux !) naissent les troncs, branches et feuillages prêts à composer les forêts les plus improbables :

arbor lemona : arbre à six troncs

bavardus : palarbre

erratum folium inversum : feuille qui porte ses arbres

Chaque nouveau nom est une invitation au voyage (en forêt) et à l'errance (au pays des mots).

Assurément les deux auteurs s'en sont donné à cœur joie pour composer cette sylve colorée : crayons (de bois, bien sûr), pastels gras comme des feuilles gorgées d'eau, plume rare parfois, mais surtout, surtout, des idées à chaque coin de forêt.

Leur plaisir est communicatif, leur art de la science poétique sans limite et, une fois le livre fermé, la bal(l)ade continue tant les nouveaux noms, les nouvelles formes dansent dans nos esprits émoustillés par tant de créativité.

En prime le livre-objet (non, ce n'est pas un gros mot !), comme souvent chez le Rouergue, est de parfaite facture : impeccable pour une prise en main en toute sensualité, entre taille, forme et texture, il génère une exquise bulle d'intimité dont la douceur veloutée n'est pas sans rappeler celle de certaines écorces.

Un livre tout autant beau que malin qui, ne vous fiez pas aux apparences, ne doit pas se cantonner aux étagères estampillées "jeunesse".

Il n'y a pas d'âge pour apprécier la beauté de l'humour poétique.

Champimages qui poussent bien

forêt-wood
forêt-wood
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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 23:27

Non, il ne s'agit pas du retour des quadripodes de Star Wars ou d'une multiplication des labos étranges de la Cité des enfants perdus.

Ce sont des vrais forts battus par les flots captés par l'objectif curieux de Francesca PIQUERAS.

La série est à découvrir sur son site internet.

Fort
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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 17:14
La traversée du Louvre

"J'ai l'impression de marcher dans une BD géante. [...] Des lecteurs partout. Venus du monde entier. Plus fort que Tintin."

Avant Etienne DAVODEAU et après Nicolas DE CRECY, David PRUDHOMME se jette à l'oeuvre (ah ah) pour arpenter et mettre en cases l'immense institution parisienne.

Ivre d'images et de regards, errant à la recherche de Jeanne qui, emportée par les flots de visiteurs, semble avoir disparu, l'auteur se met en scène chapka et téléphone portable au vent arpentant les 12 km de galerie (les chiffres sont mentionnés en fin d'ouvrage) dans l'espoir de retrouver sa belle.

"Bon. Allez. Je me fais toutes les salles. Au pas de course."

Afin de maintenir son souffle, sans doute, il laisse alors un peu entrer le silence dans ces vastes espaces où le brouhaha règne en maître.

Bulles en moins, le regard peut alors enfin pleinement profiter du spectacle : celui des oeuvres, bien sûr, mais aussi celui des humains.

Des humains qui regardent, dans toutes les positions, dans tous les recoins, par tous les artifices (notamment celui des écrans) et que l'auteur place dans un plaisant jeu de miroirs.

"Dis-moi quelle oeuvre tu évoques, je te dirais qui tu es", pourrait-on penser face à l'incroyable pantomime qui se déroule sous nos yeux : gestes, postures, regards des vivants renvoient bien souvent à ceux des figés.

Corps à corps ou face à face, les formes de chair et de pierre, de peau et de toile se répondent à travers les âges, la patine, les couleurs.

"Nous ne sommes pas tous de la même taille devant les oeuvres."

Et vice-versa : l'admiration des uns, l'amusement des autres, l'indifférence parfois, l'inquisition, la fatigue, l'étonnement, le trop-plein, le rêve, l'ailleurs, l'altérité, la sympathie, le mystère... Innombrables sont les vocables pour qualifier ces éphémères relations qui se nouent et de dénouent sous les ors muséaux.

Même au "pas de course" on ne peut manquer de se faire alpaguer par les séries de couples, de têtes, de corps, de groupes qui se font écho, de part et d'autre des vitrines.

Tous mis en scène par le hasard ou le regard, visiteurs et visités se mêlent, s'échangent, l'art se dissout autant qu'il s'expanse : en véritable maître d'oeil, PRUDHOMME brouille les pistes et les frontières et fait bouillir dans la marmite du musée tous les ingrédients disponibles pour en distiller l'âme complexe.

Son parti pris graphique renforce l'intention : plutôt que d'utiliser des reproductions, il a préféré s'approprier les sculptures et surtout les peintures qu'il met en scène.

Plus de rupture entre toile(s) de fond et acteurs : tout est en un (à l'inverse du procédé employé pour Période glaciaire, par exemple) et la Traversée du Louvre traverse aussi le temps et les corps.

Hormis quelques touches plus vives, les couleurs participent de ce grand rassemblement en baignant les images dans le pas tout à fait blanc, le pas tout à fait noir, le rouge et l'ocre.

Au-delà de l'anecdote nichée dans les similitudes, symétries, échos et références que l'auteur traque avec un plaisir communicatif, c'est presque davantage à une étrange communion qu'il nous convie.

"Ce musée-homme est un vertige. Façon puzzle."

Par la grâce des visiteurs, les fragments peu à peu réunis de ce grand corps chargé d'art et d'histoire reprennent vie.

On ne voit pas le soir tomber sur le Louvre, mais on peut imaginer ce qui se passera la nuit venue.

Alors que, de son côté, l'auteur-narrateur-héros rentre chez lui "avant de perdre la boule", il semble changer peu à peu la réalité dans laquelle il reprend pied en musée figé : affiches sur les murs, fenêtres du métro cadrant les passagers, la norme muséale s'est exportée dans la vraie vie..

A n'en pas douter, en échange, le musée a dû récupérer cette vibration dont les visiteurs, les "réels", l'ont pour un temps chargé, histoire de continuer à palpiter une fois les portes fermées.

L'énergie de la traversée, telle peut-être celle qui circule dans l'accélérateur de particules tapi au sous-sol du musée, n'en finit pas d'agiter l'espace, les formes, les couleurs. L'art.

Plus qu'une histoire de regard, donc.

Une histoire d'essence vitale.

Champimages plus que jamais vivantes.

La traversée du Louvre
La traversée du Louvre
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 11:17
Période glaciaire

"Allez ! Ne traînez pas. On a une nuit glacée en perspective."

De la neige à perte de vue sous un ciel chaotique.

Des vents violents.

Une expédition perdue au creux de la nuit.

L'avenir de notre planète est plutôt blanc de gris, austère, hostile.

Une petite troupe d'hommes et de CGM (Chiens Génétiquement Modifiés) fend pourtant cet immaculé à la recherche de traces d'un passé révolu (merci MAM !). Les vestiges ponctuant leur route sont rares et mystérieux, intrigants et précieux.

"Je t'ai demandé de mettre ça en lieu sûr... Tu l'exhibes encore ?

_ Et pourquoi pas ? Ce "O" imbriqué dans ce "M", ça me fascine... "Droit au but", c'est un beau mystère.

_ Tu déconsidères sa valeur en le portant en plastron, à tous les vents. Quand on a peu d'éléments, il faut les garder précieusement. Ce sont des données scientifiques, pas des décorations !"

Les circonstances ne favorisent guère la bonne entente dans le petit groupe : froid intense, isolement, espoir toujours plus mince... La quête du passé, des origines peut-être, n'est pas chose facile et met à rude épreuve les esprits les plus robustes.

Pire, l'unique femme du groupe - Juliette, la fille de commanditaire de cette expédition hors-normes - cristallise bien malgré elle bon nombre de jalousies : Grégor, le Leader, Joseph, le rêveur, et même Hulk, surtout réputé pour son flair, se toisent avec méfiance en gravitant autour de la belle.

"Je vous ferai remarquer que vous avez été choisi - par le père de madame - pour vos compétences sportives et vos qualités de meneur d'homme. Dans mon cas, ce sont mes qualités de flair historiologique qui justifient ma présence ici.

_ Où voulez-vous en venir ?

_ Dans une entreprise comme celle-ci, mes compétences sont au moins aussi indispensables que les vôtres, et je n'apprécie pas votre façon de me traiter comme un chien."

La collaboration s'annonce difficile.

Mais les aléas topographiques ont tôt fait de faire taire les rivalités : entre deux tempêtes, le sol se soulève, se déchire, dévoilant pan par pan "l'agglomération" tant recherchée.

Une agglomération qui abrite des images, des formes et peut-être aussi certaines traces de vie.

"Snif... Cette pierre a supporté les intempéries...

... Un mur extérieur ?

Un mur extérieur devenu intérieur."

L'agglomération renferme mille secrets qui ne se livrent pas au premier regard.

Hulk d'un côté, Joseph, Juliette et Grégor de l'autre s'enfoncent dans ses entrailles comme dans la mémoire du monde.

"On va bien voir ce que le siècle de la pré-congélation avait dans les tripes."

Archéologues bien malgré eux, les personnages se livrent alors, au vu des (finalement maigres) indices dont ils disposent, au jeu des interprétations.

"En tout cas, un point est évident : cette civilisation n'était pas littéraire. Avez-vous vu quelque chose qui y ressemble ?

_ Nous n'avons pas tout vu.

_ Elle n'était pas littéraire, mais orale et iconographique. L'image est préhistorique..."

Joseph ne perd pas espoir, pourtant :

"J'irai plus loin. [Cette société était] littéraire par l'image.

_ C'est grotesque !

_ Pas du tout. Un alphabet d'images... Elles ont toutes un sens les unes par rapport aux autres. Elles nous en apprennent autant que des archives."

Voilà. En quelques cases, Nicolas DE CRECY vient d'introduire de la narrativité dans un musée, cassant le modèle de l'image unique (et encadrée) pour lui ouvrir les portes de la séquentialité.

Ainsi, en invitant des auteurs de BD au Louvre, la célèbre institution a fait entrer le loup dans la bergerie : époques et supports se bousculent dans une onirique tentative de créer du sens, de la chronologie, de la mémoire.

Le Louvre, mémoire du monde, devient entre les mains des explorateurs de la Période glaciaire un grand imagier désordonné qui recèle la clef du passé et répondra peut-être aux questions concernant le grand chambardement qui a plongé le monde dans sa nuit polaire.

Premier artiste à s'être frotté à la collection Louvre-BD, Nicolas DE CRECY a placé la barre très haut en brassant des thèmes fondamentaux : le rôle du musée, l'impact des oeuvres, leur rôle dans la mémoire collective, mais aussi le rapport entre 9ème art et beaux-arts.

Sans lourdeur ni temps mort, il pose des questions justes et simples et y répond par une certaine forme de poétique de l'absurde.

"Vous nous entraînez dans l'obscurité de votre imagination" déclare Juliette à un Joseph qui fait alors face au lecteur et dont le regard grave n'est pas sans rappeler certains auto-portraits de REMBRANDT, dont l'esprit imprègne la planche.

Tout porte à croire que l'auteur a sans doute passé d'innombrables heures dans les allées du musée, emmagasinant des formes et des formes et des formes, des couleurs, des images, des odeurs, des sons aussi, composant ainsi un vaste alphabet avec lequel il a ensuite composé son histoire et les rencontres qui l'émaillent.

Admirateur des oeuvres majeures comme des plus insignifiantes, il abolit toute hiérarchie par la grâce de l'apocalypse climatique. Table rase n'est pas faite du passé mais des conventions et des règles, laissant la place à la beauté chaotique de l'interprétation.

Graphiquement, DE CRECY cultive le trait - et certaines formes - qui ont fait le succès et la sensibilité de bon nombre de ses ouvrages : force des couleurs, encrage vibrant, le tout se pliant à l'identité et la force des peintures et sculptures reproduites.

La brume aquarelle qui nimbe ses cases crée une parfaite unité avec les tons pastel des reproductions. La mince couche de givre unifie formes et couleurs mais fait la part belle aux chefs-d'oeuvre épargnés.

Aussi à l'aise avec les ciels titanesques que les portraits, l'auteur réussit, une fois de plus, à humaniser avec naturel les animaux qui accompagnent ses humains.

Toutefois, au-delà de sa maîtrise graphique, il faut avant tout saluer l'art avec lequel, face à une large sélection d'oeuvres du Louvre, il réinvente une histoire, un monde, une lecture de l'art.

""Louvre ?"

_ Tiens, c'est vrai ça, qu'est-ce que ça veut dire ?"

_ Quelqu'un sait ici ?

_ Quoi ?"

Bien avant Marc-Antoine MATHIEU jouant sur les mots et les sens, Nicolas DE CRECY pose, avec Période Glaciaire, les questions fondamentales que ses successeurs ne vont cesser de creuser à leur tour.

Une parfaite entrée en matière pour aborder la prestigieuse collection Louvre-BD.

Un titre incontournable pour notre mois de juin muséal sur K-BD.

Période glaciaire
Période glaciaire
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 11:09
Le chien qui louche

"Pourquoi tu me regardes comme ça ?

_ Elle est là...

_ "Qui" est là ?

_ Cette ride verticale. Je l'ai déjà remarquée. C'est un signe. Tu es tendu."

Bien qu'il le dénie, il en a des raisons d'être tendu, Fabien : c'est la première fois que Mathilde lui présente sa famille. Son père et ses deux frères. Deux générations de Bénion.

"Je t'ai prévenu. Ils sont...

_ Un peu bizarres, je sais. Je te promets de ne pas les contrarier."

Un peu rugueux, un peu lourdauds, pas foncièrement méchants, les Bénion père et fils voient surtout le monde à travers le filtre de leur notoriété locale et de leur petite fortune acquise dans la vente de meubles.

Un peu susceptibles sur les bords, ils ne voudraient pas se faire moucher par un Parigot de passage, surtout qu'il est en train de leur piquer la seule fille de la famille (la mère est morte huit ans plus tôt).

D'ailleurs, il fait quoi dans la vie, le Parisien ?

"Je suis agent d'accueil et de surveillance au musée du Louvre.

[...]

_ Il doit falloir une volonté d'acier pour pas s'endormir !"

Qu'il est lourd, parfois, le choc des cultures...

Mais passée l'hilarité, Joseph, un des frangins, voit le plafonnier de son grenier s'éclairer :

"On avait fait du tri dans la maison familiale. Et on était tombés sur cette malle... Elle appartient au grand-père de notre grand-père. Il s'appelait Gustave Bénion. Il est né en 1820, je crois. Il écrivait, sans jamais avoir été publié, à notre connaissance. On a trouvé ces textes. Gustave peignait, aussi. Il en parle dans ses écrits. Mais, dans cette malle, on n'a trouvé qu'une toile."

Et voilà comment Le chien qui louche, peint en 1843, entre dans la vie de Fabien. Première étape avant, pourquoi pas, son entrée en Louvre. Les Bénion aimeraient bien. Ils n'ont peur de rien.

Elle n'est pas près de quitter le front de Fabien, cette petite ride qui se creuse chaque jour un peu plus face à une idée aussi saugrenue. Surtout que la belle famille n'a pas l'air de vouloir lâcher le morceau.

Heureusement que l'un des habitués du Louvre, Monsieur Balouchi, tend une oreille intriguée à toute cette histoire, et décide d'en faire une affaire personnelle...

Belle brochette de personnages en perspective. Et pour cause : Etienne DAVODEAU aime les gens et leurs relations, qui sont au coeur de tous ses ouvrages. Quand le plus célèbre musée du monde et les éditions Futuropolis lui ont proposé de rejoindre l'aventure éditoriale du Louvre en bande dessinée, il ne pouvait abandonner son principal moteur narratif.

Pourtant, comme la plupart des auteurs conviés à cet exercice de style, DAVODEAU s'est prêté au jeu de l'immersion au milieu du flot des oeuvres et des visiteurs et en a retiré des observations précises, poétiques, insolites et touchantes, nous livrant ainsi son regard singulier et profondément humain. Difficile, pour le restituer, de choisir un meilleur vecteur qu'un agent de surveillance, d'ailleurs.

"Je sais ce que vous pensez, mon cher Fabien.

_ Bonjour Monsieur Balouchi.

_ Vous êtes dans la tête de la "Victoire de Samothrace". Vous êtes en train de vous dire qu'elle aimerait sans doute, de temps en temps, qu'on lui foute un peu la paix.

_ Eh bé... En entrant dans les pensées d'un agent de surveillance, vous pensez accéder à celles d'une statue, décapitée qui plus est. Vous êtes un sorcier, monsieur Balouchi.

_ Je n'ai pas raison ?

_Mmh... ? Presque. Elle est au Louvre depuis quoi ? Cent cinquante ans ?

_ Depuis le 11 mai 1864 exactement.

_ Voilà. Depuis des décennies, elle subit cet assaut photographique permanent...

_ Et donc ?

_ Et donc, du gros machin à soufflet à la dernière tablette numérique, elle a tout vu passer. Elle doit en connaître un rayon dans le domaine photographique. Voilà ce que je me disais."

Les nombreux échanges entre les personnages (entre Fabien et Mathilde, entre Fabien et les Bénion, entre Fabien et Monsieur Balouchi, entre Fabien et les hordes de touristes lui demandant où trouver la Joconde...) alternent donc avec des errances silencieuses dans les salles du Louvre. Les sculptures y ont la part belle et font écho aux gestes, postures et visages des différents protagonistes.

Bien que traitées dans le style assez lâché de DAVODEAU, les oeuvres conservent leur force, leur douceur, leur aura. Chaque image ne manque pas de nous donner envie de retourner vibrer face aux originaux.

"On dirait un dessin de BD.

_ N'exagérons rien. Mais c'est vrai que c'est assez maladroit."

Au temps pour les détracteurs du genre.

Le trait, parfois maladroit, parfois approximatif, sert avant tout un récit vivant et bien mené qui apporte à l'édifice éditorial une nouvelle pierre : au-delà des oeuvres et des gens (et des gens qui regardent des oeuvres qui regardent des gens), Le chien qui louche pose la primordiale question de la légitimité d'une création à intégrer les collections d'un musée.

Question à laquelle la chef du service des Acquisitions du musée tente de répondre en épilogue. Preuve, s'il en fallait, de la pertinence de cette collection de BD en immersion.

Quel plaisir de me replonger dans ce titre découvert en Raging Bulles ! Il fait partie, avec ceux de PRUDHOMME, DE CRECY et MATHIEU, de mes préférés. Le voilà à l'honneur d'un mois de juin consacré aux auteurs du Louvre, sur K.BD. L'occasion de belles visites par procuration en attendant une prochaine virée parisienne.

Champimages d'art.

Le chien qui louche
Le chien qui louche
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