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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:16
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 11:07
Raging Bulles à Toulon - 24 avril 2014

La BD ne s'arrête jamais, et les Raging Bulles non plus (ou presque) !

Prochaine édition jeudi 24 avril à partir de 19h30 à la Cave de Lilith, à Toulon (rue Paul Lendrin).

Au programme de notre prochain rendez-vous :

ROCHIER Gilles, La Cicatrice, ed. Six Pieds sous terre.

FLOC'H Sébastien & BAKER Steve, Inoxydable, ed. KSTR.

NOGIZAKA Taro, La Tour fantôme, ed. Glénat.

GALLI Marco, Oceania Boulevard, ed. Ici-Même.

HICKMAN Jonathan, Pax romana, ed. Urban Comics.

AYROLES François, Une Affaire de caractères, ed. Delcourt.

Bonnes bulles !

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 11:09
Tique tac

Une tique qui préfère le rat des champs au rat des villes, c'est l'ixode rural !

(Oui, on apprend de nouveaux mots chaque jour !!)

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 17:12
Vanille ou Chocolat ? *

« Vanille ou Chocolat ? voit le jour sous la forme d'une série de sept organigrammes à la complexité croissante. L'asymétrie des embranchements suppose de mettre au point une notation spécifique pour les trois derniers organigrammes. Une fois tracé le plan de l'intrigue, un algorithme informatique est rédigé en vue de déterminer la méthode qui transposera ce plan en livre avec un maximum d'efficacité. Cependant, le problème s'avère NP-complet. Grâce à un algorithme heuristique V-opt qui tourne douze heures durant sur une bécane SGI, une solution est trouvée au printemps 2000. Ce n'est qu'après six mois supplémentaires de travail que la maquette est bouclée, une fois encore grâce à des algorithmes bricolés maison. Au terme d'une année d'élaboration, la production démarre et le livre est achevé un an plus tard. »

Vous l'aurez compris, Vanille ou Chocolat ? n'est pas un livre qui a été conçu à la légère.

Il n'est d'ailleurs pas non plus à lire à la légère, comme nous le rappelle le sous-titre : « Un livre, 3 856 histoires possibles ».

Impossible, direz-vous ?

Tournez deux pages pour en être convaincu : des onglets de type « intercalaires » dentellent les bords des feuilles et le livre, vu de la tranche « interne », ressemble davantage à un piano qu'à un ouvrage ordinaire.

Et vous n'avez encore rien vu.

« Vanille ou Chocolat ? » s'interroge le héros devant l'alléchant étal du marchand de glaces. Qu'à cela ne tienne, les deux choix seront possibles, ouvrant chacun sur un futur différent aux ramifications infinies – ou presque.

Ainsi en va-t-il de la vie de ce petit bonhomme – déjà croisé, lui ou son clone, d'ailleurs, qu'importe, dans les pages de Bookhunter ou Fleep – faite de choix successifs entre lesquels il ne peut trancher. C'est donc au lecteur-démiurge de choisir pour lui et de suivre les fils d'un destin sans cesse renouvelé.

Vanille ? Bon appétit !

Chocolat ? Bon appétit aussi !

Je vous laisse découvrir les différences par vous-mêmes...

La voie de la vanille commence par un fil blanc, la voie du chocolat par un fil noir.

Logique.

Des fils dans un livre ?

Disons plutôt des chemins tracés de case en case et surtout de page en page pour ne pas vous perdre – un Minotaure n'y retrouverait pas ses petits – et, de croisement en croisement, parcourir l'une ou l'autre des 3 856 trames narratives proposées par Jason SHIGA.

Donc oui, c'est possible, mais complètement fou.

Pouvait-il en être autrement d'un auteur aussi original que celui que Scott McCLOUD (excusez du peu !) qualifie ainsi : « Crazy + Genius = Shiga » ?

Pouvait-il en être autrement d'un diplômé de mathématiques dont les premiers travaux graphiques furent... des labyrinthes pour la revue McSweeney's Quarterly ?

A mi-chemin entre le livre dont vous êtes le héros (les numéros de chapitres étant remplacés par des chemins bel et bien figurés) et le labyrinthe (ici en trois dimensions, avec un petit air de Perplexus !) Vanille ou Chocolat ? offre une expérience de lecture innovante, déroutante et, parfois, un peu décourageante.

Innovante car jamais livre n'avait eu telle allure. Outre l'auteur et ses années d'investissement, on ne peut que féliciter les éditeurs étasunien (Amulet Books) et français (Cambourakis) pour la qualité de l'objet : les pages sont rigides et glacées (indispensable pour survivre aux nombreuses manipulations à venir !), les onglets bien placés et agréables à saisir et le tout offre un spectacle enchanteur avant même la première lecture. Les amateurs de livres-objets seront ravis.

Déroutante car les fils narratifs (qui ont un petit air de Trois Chemins, en plus embrouillé bien sûr !) nous baladent jusqu'à nous donner le tournis : un pas en avant, deux en arrière, trois sur le côté, la partie de cache-case nous entraîne entre toutes les pages dans tous les ordres possibles et imaginables et l'impression d'être parfois passé deux fois au même endroit nous plonge presque physiquement dans la trame labyrinthique. Fascinant.

De plus, d'une histoire à l'autre, notre regard ne peut s'empêcher d'apercevoir d'autres cases, d'autres pistes, d'autres vies (mais que fait ce calmar géant ici ??) que l'on a hâte de croiser, lors d'une prochaine lecture peut-être.

Mais on a beau les enchaîner, les accumuler, les répéter, ces lectures ne nous mènent pas toujours là où nous l'aurions souhaité. Voilà en quoi l'entreprise peut parfois être un peu décourageante pour les lecteurs : les boucles, les chausses-trappes, les impasses (apparentes) et autres précipices qui émaillent la route peuvent donner envie de baisser les bras et refermer le livre.

Un abattement qui ne dure qu'un temps : la curiosité l'emporte toujours, ainsi que l'envie de savoir ce que l'auteur a bien pu inventer pour nous conduire là où il nous conduit.

Bien sûr, on pourrait lui reprocher l'usage de la machine à voyager dans le temps qui permet bon nombre de pirouettes narratives (et la boucle et bouclée !) mais l'usage d'un tel artefact est un délicat exercice auquel il se livre avec brio.

Deux mots peut-être sur le dessin que d'aucuns jugeront simplistes mais que, pour ma part, je qualifierai de minimalisme efficace : l'essentiel est dans le propos et dans la virtuosité narrative, pas dans les effets graphiques.

De la bande dessinée plus que de l'illustration, en somme.

Vanille ou Chocolat ?, un opus que l'OuBaPo ne renierait sans doute pas, une aventure narrative hors des sentiers battus (rarement le livre avait été mis à profit de la sorte, à part peut-être chez Marc-Antoine MATTHIEU) qui a toute sa place dans la sélection d'avril de K-BD et son « petit laboratoire d'exploration séquentielle ».

On pouvait difficilement tomber plus juste !

Champimages à suivre, à suivre, à suivre...

Vanille ou Chocolat ? *
Vanille ou Chocolat ? *
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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 23:56
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 10:35
Raging Bulles à Toulon - 27 mars 2014

Le printemps est à peine arrivé que le prochain Raging Bulles se profile déjà !

Retour aux sources puisque nous reprenons notre rythme du dernier jeudi du mois, soit le 27 mars.

Rdv à 19h30 à La Cave de Lilith

Rue Paul Lendrin

A Toulon

Au programme ce mois-ci :

ITO Junji, Frankenstein, ed. Tonkham.

AURITA Aurelia, LAP !, ed. Les Impressions Nouvelles.

DYTAR Jean, La vision de Bacchus, ed. Delcourt.

HAUTIERE Régis & BERTHET Philippe, Perico, ed. Dargaud.

STRNAD Jan & CORBEN Richard, Ragemoor, ed. Delirium.

STEWART Cameron, Sin titulo, ed. Ankama [attention, titre épuisé actuellement !]

Bonnes lectures !

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 08:40
Alack Sinner - Rencontres

Noir, très noir, l'univers d'Alack Sinner. C'est New York, c'est la pluie, la neige, la nuit, les gueules cassées, les gueules de bois, les cris des voisins, les hurlements dans la rue, les coups de folie, les coups de feu, les coups de blues.

Le blues, il vibre jusqu'au fond du caniveau sans lune (merci SOKAL), du verre jamais vide, des yeux jamais secs du détective privé jamais bien.

Tout avait pourtant presque bien commencé : Alack décide de quitter la ville quelques jours pour aller voir son père, quelque part dans le trou du cul du rien. Il embarque avec lui un auto-stoppeur trop manchot pour agiter le pouce mais trop lucide pour ne pas voir que quelque chose cloche chez l'homme à l'imper. "C'est toi-même que tu vas chercher".

Facile à dire mais tellement vrai.

Surtout que pas grand monde cause à Alack, qui préfère vivre reclus avec son verre et ses lendemains qui cognent.

D'ailleurs son propre père n'aura pas grand chose à lui dire, perdu dans son monde de routine emmerdante.

Mais à qui causer alors ?

A ses "amis" de la police qui le détestent plus qu'autre chose ?

A Enfer, celle qu'il a aimée et qui l'a aimé et qui revient d'entre les morts ?

Trop de fantômes autour d'Alack.

Fantômes du passé (merci DICKENS) jamais loin dans la fumée des clopes, fantômes du présent qui dansent derrière la vitre embuée, fantômes de l'avenir qui pour l'heure s'agitent dans la rue, arme au poing et bave alcoolisée aux lèvres.

Faut-il détester à ce point son personnage pour lui faire traverser de telles épreuves ? C'est la question qu'ont pu se poser les premiers lecteurs de la série quand, en 1975, Alack Sinner apparaît dans les pages du mensuel italien Linus. L'Italie est alors à deux pas de l'Argentine (Hugo PRATT a fait plusieurs allers-retours) et c'est Charlie Mensuel qui fait franchir les Alpes au privé de bonheur.

A la plume - ou plutôt la Remington, sans doute - Carlos SAMPAYO, qui a fui l'Argentine "pour des raisons politiques" (sic). Emprunt de la noirceur des clubs de jazz new yorkais et de la nostalgie des bas-fonds argentins, il façonne dans la boue, le sang, les larmes et le vomi un personnage aux allures de plaie vivante : le monde n'a pas fait de cadeau à Alack alors il le lui rend bien. Il se détruit lentement mais sûrement, ses rares sursauts ont souvent l'avant-goût de la chute et ses maigres rayons de soleil sont balayés par toutes les tempêtes dont il ne peut se défaire.

Dévoré par un monde qui le dépasse, Alack est coincé entre les souvenirs, les journaux, les pubs, les chansons, les pensées, les cris, les corps qui l'entourent et l'étouffent.

Une profusion envahissante que José MUÑOZ, aux pinceaux, restitue avec brio. Autre exilé argentin (c'est en Europe qu'il rencontre son complice), le dessinateur est un maître dans l'art des gueules de douleur et des formes torturées (on le serait à moins) : la beauté humaine a peu de place dans son monde, tout au plus trouve-t-elle une place dans l'élégance de la ligne et la force des contrastes entre des noirs puissants et des blancs asphyxiants.

Evoquant tour à tour PRATT, COMES ou BAUDOUIN, le trait de MUÑOZ est une danse aussi dérangeante que troublante, aussi brumeuse qu'envoûtante. Les ombres vivantes et les traits déchirés brossent une galerie de premiers, deuxièmes, troisièmes et quatrièmes rôles d'une force et d'une présence sans égales.

L'image ne lui suffisant pas, l'artiste rajoute partout, tels des virus pernicieux, des mots : affiches, journaux, badges, t-shirts... arborent slogans, appels à l'aide, revendications ou bouffées d'étrange jusqu'au vacillement.

Le monde de MUÑOZ est souvent plus bavard que ses personnages.

Certes, Rencontres n'est pas la première incursion d'Alack Sinner dans le monde de la BD, mais ses aventures ne sont pas faciles à trouver.

Ceci étant, avoir lu les tomes précédents n'est pas indispensable pour se faire happer par ce tourbillon graphique et narratif qui, s'il déroute dans un premier temps, exerce rapidement sur le lecteur un effet hypnotique : balloté sur la tempête de l'étrange, cramponné à la stabilité précaire d'un dessin trop vibrant, il essaie de surnager, à l'image du héros.

Une plongée au cœur des âmes meurtries à défaut d'un récit au cours tranquille.

Parfaite illustration d'une Argentine en sang à l'époque où le privé (de liberté et d'expression) voit le jour.

Un incontournable pour notre mois argentin sur K-BD.

Une redécouverte.

Champimages à bout de souffle.

Alack Sinner - Rencontres
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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 09:07
100 bullets T1

100 bullets... Dans une mallette. Avec un flingue. Le tout non identifiable, histoire de ne souffrir d'aucunes représailles (officielles en tout cas).

100 balles fournies par l'agent Graves, homme grisonnant à l'impeccable costard aussi noir que son regard.

"C'est pour vous. Vous en faites ce que vous voudrez. Si vous décidez d'agir, vous avez carte blanche. [...] Si vous choisissez le préjudice extrême, l'enquête s'arrêtera avec la récupération des balles."

Qui pourrait bien saisir une telle occasion ? Toute personne éprise de vengeance. Surtout quand, comme Isabelle Cordova, elle sort de prison. Pour retourner dans un monde où son mari et leur bébé ne sont plus.

Tués lors d'un règlement de comptes entre gangs.

Tout au moins ce qu'elle pensait avant que l'agent Graves ne lui apporte quelques "preuves irréfutables" du contraire.

Peut-on faire confiance à un inconnu quand on sort à peine de taule et que la dernière chose que l'on souhaite c'est d'attirer l'attention de la police sur soi ? Mais quand cette même police semble impliquée dans la mort de ceux qu'on aime, qui croire...

Le monde de Dizzy n'a rien de rose ni de certain : trafics, violence, mépris, solitude, galère et coups fourrés. Tous les moyens sont bons pour survivre dans un Chicago tombant en miettes. Un monde dans lequel un inconnu en costard est peut-être finalement la personne la plus fiable.

Une arme à feu peut-elle pourtant suffire à combattre le poids de la culpabilité ? Le poids des réseaux tous plus denses, imbriqués et tordus les uns que les autres qui se sont noués entre tous les forces en présence dans cette banlieue broyée ?

Dizzy n'est que la première de la liste : l'agent Graves entend bien croiser la route d'un paquet de paumés en quête de rédemption. Ange gardien ? Justicier tapi dans l'ombre ? Manipulateur tramant un grand plan qui échappe à tous pour l'instant ? Sans doute est-il un peu de tout cela.

Mister Shepherd aussi, d'ailleurs.

Jamais loin derrière Graves, toujours prêt à enfoncer quelques clous dans les esprits encore vacillants des élus à la mallette.

"On a ça en commun. On se connaît pas vraiment, mais on est dans le même camp. C'est difficile à admettre, mais on est tous connectés."

Des connexions qui, pour l'heure, échappent aux lecteurs, mais qui affleurent dans la seconde histoire de ce premier tome.

"J'ai une nouvelle désagréable... Graves n'est pas mort."

Parcourir les premières pages de 100 bullets revient à accepter la mallette : c'est mettre les doigts au plus profond d'un engrenage dont on ne sait où il nous mènera et comment nous pourrons nous en sortir (si tant est qu'une sortie existe).

Brian AZZARELLO signe une oeuvre magistrale, particulièrement dense et, en un sens, très retorse : difficile de savoir où il veut en venir, les faux-semblants se succédant avec brio, sans fausse note.

Ses personnages, tous ses personnages sont à la fois crédibles et denses, complexes et cohérents, et leurs interactions à la fois brillantes et évidentes.

Les différents milieux évoqués (rarement glamour) campent des ambiances aussi solides que sordides et servent de décor à des situations parfaitement maîtrisées.

L'impeccable casting est servi par des dialogues taillés au millimètre, plus vrais que nature et d'un dynamisme rare.

La mise en image qu'en fait Eduardo RISSO (et nous voilà en lien avec le mois argentin de K-BD !) est d'un abord moins évident (si tant est qu'entrer dans une histoire sombre, violente et complexe le soit vraiment) : proportions et visages sont suffisamment malmenés (toujours au service de l'histoire, mais quand même) pour que cela puisse rebuter et les partis-pris de cadrage sont parfois déroutants. Sans parler des aplats noirs parfois aux limites de l'abstraction.

Ce sont pourtant eux qui, dès les premiers regards, donnent toute sa force à 100 bullets : comment oublier un sourire carnassier sur fond d'ombre chinoise après l'avoir croisé ? Regards, pendentifs jaillissent de ces silhouettes de nuit avec une violence toute millerienne sans jamais tomber dans la surenchère esthétisante du maître de Sin City.

RISSO était sans doute l'auteur rêvé pour mettre en cases ce récit troublant et palpitant, par son trait meurtri et les chocs graphiques dont il a le secret.

Vous ne sortiez pas indemne de sa galerie de portraits et des ambiances dans lesquelles elle évolue.

Que demander de plus ? La suite, bien sûr ! Ca tombe bien, la série, à présent terminée, est trouvable dans son intégralité (18 tomes au format broché ou 15 au format cartonné, ce qui est quand même moins élégant que les 100 fascicules de la VO, mais bon...) sous nos latitudes.

Trop de pages me direz-vous ? De ce que j'en sais, la qualité baisse rarement, et tous les fils tendus au gré des histoires courtes finissent par se rejoindre et donner forme au chaos.

Ne reste plus qu'à en juger sur pièces.

L'entrée en matière, en tout cas, vaut plus que le coup d'oeil.

Champimages en éclats.

100 bullets T1
100 bullets T1
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 09:03
Carte enjouée

"Quand un pilote consulte une carte, il fait un acte de foi : il affirme la foi d'un homme en d'autres hommes ; une carte est un symbole de confiance et d'espoir. Ce n'est pas comme une page imprimée, couverte de mots ambigus et artificiels qui, dans l'esprit du lecteur le plus crédule - et même parfois de leur auteur -, peuvent toujours donner matière à une certains suspicion.

Une carte vous dit : "Lis-moi attentivement, suis-moi fidèlement, ne doute pas de moi." Elle dit : "Quand tu me tiens dans le creux de ta main, c'est la terre que tu tiens. Sans moi, tu es seul, tu es perdu."

Et c'est la stricte vérité. Si toutes les cartes du monde étaient détruites et anéanties sous l'empire d'une volonté malfaisante, tous les hommes redeviendraient des individus aveuglés par leur isolement, les villes seraient coupées les unes des autres, et les bornes n'indiqueraient plus que des directions inutiles, qui ne mèneraient à rien.

Pourtant une carte, lorsqu'on la regarde, qu'on la sent, qu'on parcourt ses lignes du doigt, n'est qu'un objet froid et terne, sans humour, né d'un compas et d'une planche à dessin. Le contour de cette côte, ce tracé anguleux fait à l'encre écarlate, ne nous montre ni le sable, ni la mer, ni les rochers ; il ne nous parle pas du marin qui s'est lancé toutes voiles dehors sur des mers encore vierges, pour léguer à la postérité une information inestimable maladroitement dessinée sur une peau de mouton ou une tablette de bois. Pour un regard inattentif, cette tache brune représente tout simplement une montagne, mais pour l'escalader, il se peut que vingt hommes, ou dix, ou un seul, aient risqué et donné leur vie. Ici il y a une vallée, là un marécage, et là un désert ; et ici il y a une rivière, dont le tracé a été pour la première fois marqué par les pieds écorchés de quelque individu audacieux, guidé par sa curiosité comme un crayon dans la main de Dieu.

Vous avez votre carte en main. Dépliez-la, utilisez-la, puis jetez-la si vous voulez. Ce n'est qu'un morceau de papier. Ce n'est que du papier et de l'encre, mais si vous y réfléchissez un peu, si vous y pensez un instant, vous constaterez que ces deux substances se sont rarement conjuguées pour fabriquer un document aussi modeste, et pourtant aussi révélateur d'entreprises téméraires et de conquêtes historiques."

Beryl MARKHAM, Vers l'Ouest avec la nuit.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 16:01

Les ralentis des films de Wes ANDERSON.

Quelques grammes de pause...

Au ralenti
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