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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 10:56
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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 17:11
Raging Bulles à Toulon - 26 février 2014

Attention ! Pour des raisons d'organisation, le prochain Raging Bulles toulonnais n'aura pas lieu le dernier jeudi du mois mais le dernier mercredi du mois, soit

mercredi 26 février 2014

à partir de 19h30

à La Cave de Lilith (rue Paul Lendrin).

Au programme ce mois-ci :

FRANCAVILLA Francesco, Black Beetle, ed. Urban Comics.

TRONDHEIM Lewis & SAPIN Mathieu, Krakaendraggon, ed. Gallimard.

SEKULIC-STRUJA Miroslav, Pelote dans la fumée, ed. Actes Sud BD.

VANYDA, Un petit goût de noisette, ed. Dargaud.

BEMON Jimmy & BOUDET Emilie, Superman n'est pas juif..., ed. La Boîte à Bulles.

KANEKO Atsushi, Wet Moon T.1, ed. IMHO.

Une sélection très variée, comme toujours, qui donnera bien du fil à retordre à nos débatteurs !

Bonne lecture.

Champi qui bulles.

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 15:15
Spaghetti Brothers T1

Dans la famille Centobucchi, je voudrais...

Amerigo, l'aîné. Déjà dégarni, ventripotent, toujours bien mis, la moustache bien taillée, et les ennemis bien noyés dans le port de New York. Dans le milieu des "affaires", on ne plaisante pas avec les règles. Ni avec la "mama", qu'Amerigo vénère plus que tout.

Caterina, la première puînée. Belle brune au regard de braise, elle enflamme le monde du cinéma (et ses producteurs véreux) par son talent à remplir les sales et alimenter les fantasmes par (entre autres) son prétendu passé de princesse gitane.

Francesco et Carmela, les jumeaux cadets. Lui rentré dans les ordres, portant fièrement soutane et brandissant fougueusement crucifix, elle menant la vie bien ordonnée - et ordinaire - de femme au foyer.

Antonio, enfin, le benjamin, né pendant la traversée de l'Atlantique. A endossé l'uniforme de policier pour redresser les torts - nombreux - d'une époque sans pitié. Peut-être aussi pour porter secours à ceux qui, comme lui, ont à endurer la violence d'un aîné, Amerigo n'ayant jamais pardonné à Tony la mort en couches de leur mère.

Cinq destins latins lâchés dans le grand Nouveau Monde, en quête d'une vie meilleure, sous quelque forme que ce soit. Mais le rêve "américain" (sic), aussi polymorphe soit-il, n'en a pas moins un goût amer...

Nostalgie acide, règlements de compte, violence conjugale, querelles de clochers, trafics, manipulations, faux-semblants, coups de sang, lâchetés, bassesses, mensonges, silences ou éclats de voix font le sel quotidien de cette famille pas ordinaire mais tellement humaine : les erreurs des uns, les égarements des autres constituent le ciment du solide mortier familial qui les unit, même si tout, parfois, les oppose.

Chacun protège l'autre à tour de rôle, ou interfère - parfois bien malgré lui ou elle - dans la fragile partition de sa vie : cinq vies liées par les mille croisements des fils du destin.

Grand marionnettiste au-dessus de cette incroyable galerie, feu Carlos TRILLO (que j'avais d'abord découvert avec la géniale et méconnue série Cybersix, dont il faudra que je vous parle ici un jour) manie à merveille l'art du comique de situation et surtout celui des récits et des vies croisées : pas une seule fausse note, tout sonne juste dans ce chassé-croisé permanent des vies mouvementées de ses cinq héros et héroïnes.

Bien que les couvant sans aucun doute avec une grande bonté paternaliste, il ne leur épargne toutefois aucun coup du sort, aucune humiliation, aucune douleur non plus, enrichissant à chaque histoire courte leurs vies déjà bien chargées : d'anciens secrets ressurgissent, d'autres voient le jour, certains disparaissent à jamais (le corps lesté d'un bloc de béton ou deux), le tout se tricotant et détricotant avec minutie et efficacité.

Le format court de chaque histoire (plus d'une vingtaine par tomes, dans la première édition française) nécessite un rythme toujours soutenu et un sens du raccourci et de l'essentiel que TRILLO maîtrise avec brio (ah ah).

A la plume, Domingo MANDRAFINA partage cet art de l'ellipse et du condensé : pas une case de trop dans ces récits tracés au cordeau et mis en page avec la rigueur du gaufrier de six cases (rarement chahuté).

Son trait, lui aussi extrêmement rigoureux, presque un peu old school à première vue, est d'une redoutable efficacité : des décors justes, réalistes, jamais envahissants, des visages parfaitement maîtrisés avec le soupçon d'exagération nécessaire pour rendre la violence des sentiments (ah, Méditerranée, quand tu nous tiens...), et une mise en scène parfaite des compositions et des postures.

Rien à redire.

Les flash-back sont figurés par la disparition des aplats noirs au profit de hachures grises du plus bel et discret effet. Agrémentés parfois de vieilles photographies qui ne jurent pas avec le reste.

Du noir, du blanc, du gris.

La quintessence de la BD (si, si) surtout quand elle veut mettre en images une époque (les années 30) et un genre (le genre "roman noir", un peu, quand même) qui s'y prêtent autant.

Se pose donc une nouvelle fois la question de la mise en couleur postérieure à la première édition française : pourquoi, après le Grand Pouvoir du Schninkel, Bloodline ou Silence, continuer à massacrer de magnifiques œuvres en noir et blanc en les sacrifiant sur l'autel de la couleur à tout prix ?

Non, Spaghetti Brothers ne gagne rien à sa mise en couleurs, et je ne suis pas sûr qu'un public plus important y ait eu accès grâce à cela.

D'ailleurs, si la couleur était un véritable argument de vente, les manga ne se vendraient pas autant.

Allons bon, voilà que je me paie un coup de sang digne des Centobucchi ! Ça doit être contagieux à la lecture !

Celle des quatre tomes de la première édition ou de l'intégrale désormais disponible, mais aussi celle de Vieilles Canailles, la suite des aventures de ces enfants terribles, de nombreuses années après. Plaisir intact de retrouver de vieux amis toujours d'attaque, toujours bancals, donc toujours parfaits.

Merci à K-BD et à son mois de mars argentin de m'avoir permis de me replonger dans cette perle noire très drôle malgré la gravité du contexte (non, la vie n'était pas marrante aux Etats-Unis dans les années 30) et la violence des histoires.

En prime, comme bon nombre de ses compatriotes, TRILLO a su évoquer de manière détournée l'Histoire de son pays à travers les péripéties politiques d'un des cousins de la famille Centobucchi. Pour que personne n'oublie jamais.

Après cette lecture, plongez-vous dans celle d'une autre œuvre phare du scénariste : Cybersix, mise en images par le regretté Carlos MEGLIA.

Espérons qu'un jour les éditeurs français donneront une nouvelle vie cette BD méconnue et, pourquoi pas, traduiront les premiers livres de Carlos TRILLO, qui collabora, dans les années 70, avec certains de ses plus fameux compatriotes.

De bien belles heures de lecture à venir !

Spaghetti Brothers T1
Spaghetti Brothers T1
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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:02
Norton Gutierrez et le collier d'Emma Tzampak

"Mon grand échalas, c'est l'heure de ton antibiotique.

_ Maman ! C'est juste le meilleur moment !

_ Ah, Norton, toujours avec ces bêtises.

_ Non, pas ça, je ne suis pas malade.

_ Mais mon petit, tu es si fragile, tu pourrais tomber malade à tout moment.

_ (une cuiller dans la bouche) Et le marfien fantaftique n'est pas une bétive !

_ Nortoooon, descends aider ! Nortooon, dépêche-toi, larve inutile !"

Bienvenue dans le monde de Norton Gutierrez, benjamin (sans doute) malingre d'une famille d'épiciers de Buenos Aires (sans doute aussi).

Dos voûté, perché sur d'immense et grêles jambes, il a grandi (un peu de travers, donc) entre une mère surprotectrice qui l'aime bien comme on aimerait le dernier chaton chétif de la portée et un père qui lui préfère ses deux aînés, plus grands, plus forts, plus capables, bref, plus préférés.

Mais comme l'a dit le poète (ou Indiana Jones, je ne sais plus), l'aventure nous attend au coin de la rue et daigne s'arrêter même quand on la frôle en triporteur (véhicule nécessaire pour livrer une gousse d'ail à toute heure, on n'arrête pas le progrès).

En l'occurrence l'aventure tombe sur notre pauvre épicier sous la forme d'un vieil homme qui meurt presque dans ses bras en lui murmurant un message énigmatique, donc intrigant : "La carte de l'île de Bimini est dans le collier d'Emma Tzampak... Quand le cercle rouge se formera, ils tomberont du ciel... Empêchez-les, je vous en prie..."

Quoi ?? Bimini ? Comme l'île mythique - et accessoirement cinématographique - que cherche el Marciano Fantastico, héros d'une mythique (elle aussi) série télé inachevée dont Norton dévore les épisodes ?

Quand la réalité dépasse la fiction (et vice-versa), il ne faut pas hésiter...

Mais Norton n'est pas du genre à foncer dans réfléchir.

Alors le destin lui force une nouvelle fois la main en la personne de Lolo, gros costaud qui traînait par là et qui l'enjoint de se rendre au Teatro Solis où justement, ce soir, la grande cantatrice Emma Tzampak (oui, oui, celle du titre et de la dernière citation) donne un concert à guichet fermé.

Quelle coïncidence quand même !

D'ailleurs, la petite famille de Norton y sera, pour se changer les idées, avant un bon repas au restaurant.

Sans lui, bien sûr, puisque personne ne l'aime.

Bon, ok, j'arrête les sarcasmes.

L'aventure ne fait évidemment que commencer pour le jeune homme qui croisera sur sa route un spécialiste des Mayas très bavard (et un brin vantard), une capitaine intrépide (ou presque) au jolis minois, une bande de malfrats (oui oui, ce mot désuet est volontairement choisi), le Triangle des Bermudes, une descendante des vrais Mayas...

Graphiquement, Juan SAENZ VALIENTE, dont je ne connaissais pas le travail (sa première BD, une collaboration avec Carlos TRILLO, daterait de 2005), semble avoir opté pour une ligne claire plutôt inhabituelle (il faudrait que je plonge dans le tome 2 de Papier, sorti il y a peu, pour comparer un peu) chez lui, et résolument orientée vers les années 50-60.

L'ombre d'HERGE plane derrière bon nombre de cases, ce qui n'est certes pas un mal mais nuit parfois à l'originalité des images (les rochers des abords de Bimini n'auraient pas dépareillé dans l'Île Noire).

Tout est bien net (sic), détaillé comme il faut et tous les petits codes propres au genre graphique sont là, méticuleusement appliqués : onomatopées, lignes cinétiques, symboles... Seuls les visages ont une allure un peu à part qui les démarque de la "Tintinie",

Seul petit bémol peut-être : les queues des bulles, qui passent leur temps à passer un peu partout, l'auteur ayant choisi des bulles très grosses... ou coincées dans des cases un peu petites : malgré le grand format des planches, les cases se multiplient. Le découpage est parfois d'ailleurs un peu trop "pas à pas". Travers d'un auteur d'abord passé par l'animation ?

Le tout est toutefois bien fait, efficace, d'une grande lisibilité (hormis pour les queues de bulles, donc...).

Un trait classique, en somme, au service d'une histoire qui l'est tout autant et qui, de fait, peine à séduire : pas de suspens, pas de véritable surprise, une petite touche de métaphysique assez inattendue en plein coeur d'un temple en ruines (esprit du vol 714 es-tu là ?) et au final la naissance d'un héros d'une manière un peu trop caricaturale et appuyée.

Vous me trouvez difficile ?

Disons qu'en ayant en tête certains albums parus ces derniers mois, Norton Gutierrez et le collier d'Emma Tzampak souffre de la comparaison : BRÜNO et son Lorna ou Francesco FRANCAVILLA et son Black Beetle jouent des références avec davantage de brio, tandis que le duo CLERISSE et SMOLDEREN a su réinventer une époque et un genre avec leurs Souvenirs de l'Empire de l'Atome.

Gentillet.

Voilà le mot qui me vient pour essayer de résumer cet album.

Il a été choisi par K-BD pour inaugurer un mois de mars placé sous le signe de l'Argentine.

Certes, Juan SAENZ VALIENTE fait partie de la nouvelle génération d'auteurs argentins qui nous rappellent que ce pays est depuis longtemps la patrie d'une BD vivante qui ne se limite pas à Mafalda (que j'adore).

Mais Diagnostics, présenté ici il y a un mois seulement, et fruit du travail de deux autres auteurs argentins, aurait peut-être été plus représentatif de cette nouvelle génération et de son potentiel créatif.

L'auteur a-t-il été desservi par sa volonté de rendre hommage aux auteurs qui ont marqué sa jeunesse ou a-t-il été écrasé par leur héritage alors que, pour la première fois, il s'attaquait à un scénario de son propre cru ?

La couverture était prometteuse, l'objet-livre alléchant, le contenu trop convenu n'en est que plus décevant.

Dommage.

Champimages sous influence.

Norton Gutierrez et le collier d'Emma Tzampak
Norton Gutierrez et le collier d'Emma Tzampak
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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 12:04
Anne Frank au pays du manga

« J'étais allé au Japon bâtir un pont entre leur culture et la mienne. »

Louable intention architecturale. Mais peut-on bâtir quoi que ce soit de solide tout en sapant les fondations sur lesquelles on s'appuie ?

Nous y reviendrons plus tard.

Avril 2012.

Alain LEWKOWICZ, journaliste, foule une nouvelle fois le sol du grand hall de l'aéroport Narita, à Tokyo. « Une fois de plus au Japon. Afin d'y comprendre enfin quelque chose. »

A ses côtés, un illustrateur, Vincent BOURGEAU, et un photographe et cameraman, Marc SAINSAUVE, afin que le voyage soit riche en images.

Des images, Alain LEWKOVICZ en a plein la tête, notamment avec l'adaptation du Journal d'Anne Frank en manga.

Une adaptation décevante à ses yeux, trop kawaï, sucrée, lisse, et surtout déconnectée de la Shoah. D'ailleurs, que savent les Japonais à ce sujet ?

Au-delà, quel regard portent-ils sur leurs propres crimes de guerre ? « Pas un manga, pas une peluche, pas une culotte d'écolière » sur le sujet. Pas une once de recul de la part du journaliste, non plus.

Pendant plusieurs semaines, le trio – quatuor, en fait, car Herminien OGAWA, franco-japonais passé de la banlieue parisienne au pays du soleil levant, les accompagne en tant que guide et traducteur – enchaîne les rencontres et les visites plus ou moins programmées.

Toutes ne font qu'accroître leur déception : Yasukini-Jinja (« sanctuaire shinto du pays apaisé ») ; l'annefrankologue qui dirige le Holocaust Education Center ; des professeurs mis à pied suite à leur refus de saluer le drapeau ; des « jeunes » avouant leur ignorance de différents grands événements historiques ; le fils du seul Juste japonais reconnu par l'Histoire ; les uyoku, militants d'extrême-droite très actifs ; l'auteur d'un manga sur les massacres de Nankin, dont l'œuvre a été censurée...

Parlons-en des massacres de Nankin, justement : le journaliste ressasse comme une litanie le nom de cet épisode atroce de la guerre sino-japonaise en 1937 (année qui nous évoque d'abord Guernica, à nous autres Européens de l'Ouest), cherchant désespérément un Japonais qui aborderait le sujet avec lui et qui, de fait, accepterait que son pays endosse aussi, en plus de son rôle de victime (de la Seconde Guerre Mondiale) celui de bourreau.

Mais, en matière d'histoire comme dans tant d'autres, tout est relatif et lié au point de vue de celui qui relate les événements. A chaque histoire officielle sa version, et les Japonais ne sont pas enclins à accepter celle que les Etats-Unis ou la Chine ont écrite.

Et, de toute façon, à quoi bon avoir une histoire, ou en tout cas la passer en revue perpétuellement ?

« Vous, les Chrétiens et les Juifs, vous avez besoin de comprendre le passé pour bâtir l'avenir. A quoi ça sert de ressasser ce qui s'est passé il y a 100 ans, 1 000 ans ? »

Aucune nation n'a l'apanage des extrémismes...

Longue est la route pour essayer de comprendre un peuple aux antipodes du nôtre, et son Histoire.

Côté formel, deux aspects bien distincts sont à prendre en compte.

D'une part, les illustrations de Vincent BOURGEAU : du noir et blanc léger, riche en détails uniquement pour certains décors, et servi par l'usage de différentes trames. Du manga à l'européenne en somme. Efficace, bien adapté au genre reportage tel qu'on peut en voir dans les pages de Revue XXI, par exemple : fonctionnel, assez effacé au profit du propos.

D'autre part, l'aspect « bande dessiné augmentée » (ou en tout cas « BD interactive », tel que c'est écrit sur le site d'Arte), qui essaie d'apporter une dimension supplémentaire, en couleurs, sons et images mouvantes : des interviews, des diaporamas, des bandes sonores agrémentent certaines cases, conférant à l'ensemble son aspect résolument documentaire : les auteurs ont vu beaucoup de choses, rencontré beaucoup de monde et permettent aux lecteurs qui le souhaitent d'en profiter.

Seule une bande son omniprésente nous est imposée (à moins de couper les haut-parleurs, bien sûr !) à chaque page : si elle renforce les ambiances (nature, gare, centre ville...), elle finit parfois par être un peu trop présente et répétitive. Dommage.

Le caractère multimédia d'Anne Frank au pays du manga – tel qu'on peut l'apprécier sur internet, en tout cas – peut nous questionner quant à la pertinence du choix du médium : pourquoi en faire une bande dessinée ? Pour faire écho au titre et à un des objets principaux de l'histoire ? Pour créer une distance entre le récit de voyage et les objets documentaires à proprement parler ? Mais un tel niveau de distanciation était-il nécessaire ? Si le dessin à lui seul ne pouvait pas être le vecteur de toutes les informations que les auteurs avaient à donner, pourquoi ne pas avoir opté pour un reportage vidéo plus classique ? Ou par un roman-photo interactif ?

Sans doute parce que le genre roman-photo n'a pas encore regagné ses lettres de noblesses (qu'il n'a jamais vraiment eu, d'ailleurs). Peut-être aussi parce que les reportages BD ont la cote (la preuve, ce mois de février sur K-BD s'est ouvert avec une revue spécialisée en la matière).

Le caractère composite du résultat est donc un peu étrange et ne rend pas forcément la lecture plus aisée (surtout quand des icône apparaissent en plein milieu des cases, nuisant quelque peu à leur intégrité).

Le genre mériterait encore quelques améliorations (qui existent peut-être déjà par ailleurs mais que je ne connais pas) mais semble prometteur.

Et Anne Frank dans tout ça ?

Il semblerait que si son histoire, très connue au Japon, n'a pas permis aux Japonais de mieux connaître (ou de connaître tout court, d'ailleurs !) la Shoah, elle semble en revanche porter un message de paix que certains souhaiteraient voir partagé par tous.

« Après l'humiliation de la défaire du Japon, Anne Frank a été un réconfort pour nous, parce qu'elle nous parle d'idéal. »

Un idéal loin des horreurs de la guerre.

Message relayé dans Steven Leeper, étasunien en charge du Mémorial pour la Paix à Hiroshima. Sous des dehors d'occidental qui rassureraient presque notre journaliste, Leeper lui administre alors une belle leçon de neutralité culturelle : « Si on commence à revisiter l'histoire, c'est sans fin. […] Ce qui est fait est fait. Moi ce qui m'importe c'est de savoir ce que l'on fait maintenant pour éviter la destruction de la civilisation.[...] Je suis la preuve qu'Hiroshima ne souhaite incriminer personne, mais œuvre simplement à ce que cela ne se reproduise pas. »

La visite du Mémorial pour la Paix se termine d'ailleurs par un petit retournement de situation : « Sadako Sasaki […] est le symbole de toutes les victimes de l'atome. Elle est notre Anne Frank à nous. Vous ne la connaissez pas ? _ La mémoire universelle forgée par les vainqueurs me semble soudain fort sélective. »

Difficile de me prononcer à l'issue de cette lecture : d'un côté, les informations sont nombreuses et, tout en mettant le doigt sur les différences culturelles, finissent par admettre qu'un point de vue n'est pas supérieur à l'autre. De l'autre, le parti-pris journalistique très subjectif, aux limites du « rentre-dedans » souvent, finit par être contre-productif. Et la culpabilité (ou en tout cas la soudaine prise de conscience) dont l'auteur semble faire preuve en fin de récit est assez caricaturale et tardive.

Pour en revenir à la phrase que je reprenais en ouverture, l'ambition de bâtir un pont entre deux cultures semblait d'autant plus ambitieuse, voire prétentieuse, que le pont avait surtout des allures de rouleau compresseur.

Difficile également de savoir si le traitement de la différence culturelle esquissé par Anne Frank au pays du manga est suffisamment efficace pour permettre aux lecteurs d'en savoir un peu plus et surtout d'en comprendre un peu plus : si le doute avait eu sa place plus tôt dans le récit, si l'écoute du journaliste avait été meilleure (bien sûr ses compagnons de route le lui reprochent, mais quand même...), l'impact de ce reportage aurait sans doute été différent.

Je n'ai toutefois pas profité de la bande dessinée dans des conditions optimales (un problème de compatibilité de navigateur ?) et je n'ai pas écouté toutes les interviews ou regardé tous les diaporamas. Peut-être pourraient-ils me faire changer d'avis.

Une affaire à suivre, donc.

Laissons au Mémorial de la Paix le mot de la fin : « « N'oublions pas nos erreurs » : c'est pas mal cette ambiguïté. Ça s'adresse à tout le monde, aux vainqueurs et aux vaincus. »

Champimages de deux mondes.

Anne Frank au pays du manga
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 16:47
Les grands duels du cinéma

Ripley contre Alien, Néo contre Smith (si j'ai bonne mémoire) et tous les autres (hop hop hop, belle manière de botter en touche !) se sont retrouvés entre les mains de Scott CAMPBELL, dit Scott C, pour les intimes et les lecteurs, et viennent de passer à la postérité de papier par la magie de Cambourakis et du dessin.

Olly MOSS nous proposait des silhouettes, Scott C invite les face à face les plus ou moins célèbres du cinéma (il faudrait vraiment que je revoie E.T., moi !) dans un petit livre carré parfait à tenir en main, feuilleter et apprécier.

Tous les genres et toutes les époques y passent, et son site internet permet d'apprécier toute l'ampleur de son travail. Ainsi que son talent, et ce n'est pas rien.

Enjoy !

Champimages à face

Les grands duels du cinéma
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 08:51
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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 18:53
Stats au carré

Deux chiffres, deux carrés, une comparaison qui saute aux yeux.

Les autres paires sont à voir sur Tiny Infographics.

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 07:42
Cinémages

Il y a quelques temps, je vous avais orienté vers le site Strange Maps. L'image accompagnant l'article, alors anonyme pour moi, vient enfin de retrouver son créateur : Olly MOSS, dont l'actualité est un petit bijou édité par Cambourakis, Silhouettes de la culture pop, qui recueille une partie de ses papercuts.

Ciné et télé sont majoritairement sollicités pour cette galerie de portraits de profil, silhouettes en papier découpé dont le noir profond (rarement rehaussé d'une touche de rouge) tranche avec netteté sur le blanc de la page de notre mémoire parfois incapable de les reconnaître.

Et comme l'auteur est joueur, il ne nous livre aucun nom (même sous la torture ?), nous abandonnant au gouffre (sombre et profond, comme il se doit et silhouette) de notre inculture pop.

Snif.

Son site internet présente aussi bon nombre d'affiches de cinéma revisitées avec malice, génie, humour et surtout talent.

A vous de joueur et à vous de voir !

Champi en n&b.

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 10:15
Raging Bulles à Toulon - 23 janvier 2014

A nouvelle année, nouvelles BD !

Raging Bulles reprend du service (et un an de plus) en 2014.

Après le décalage de Noël (la session eut lieu une semaine plus tôt, pour cause de fêtes), voici celui d'Angoulême, car le Festival BD secoue les calendriers.

Rendez-vous est donc pris pour le jeudi 23 janvier 2014 à partir de 19h30 à La Cave de Lilith, rue Paul Lendrin, ne changeons pas les bonnes habitudes !

Au programme :

AGRIMBAU Diego & VARELA Lucas, Diagnostics, ed. Tanibis.

ORIGEN Erich & GOLAN Gan, Les Aventures d'Ultra-Chômeur, ed. Presque Lune.

RICARD Anouk, Planplan culcul, ed. Les Requins Marteaux.

LULLABI Ludo, Retour au centre de la Terre T1, ed. Glénat.

OSHII Mamoru & KON Satoshi, Seraphim, ed. IMHO.

DIGGLE Andy & JOCK, Snapshot, ed. Urban Comics.

Bonnes lectures !

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