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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 11:46
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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 14:58
5ème Journée du Jeu - 21 septembre 2013 - Toulon

Tout est là, le reste est ici !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 12:29
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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 11:11
Zombillénium T1

Zombillénium T1, deuxième !

(Oui, car vous ne vous en êtes pas rendu compte, mais j'avais finalisé une jolie première mouture dimanche soir et pof ! J'ai oublié de la sauvegarder. Et mon petit Overblog préféré n'a pas jugé bon d'en faire une sauvegarde de secours. No comment !)

"Au nom de la direction et du personnel du parc d'attraction Zombillénium, je vous félicite pour votre embauche au poste de vendeur de barbes à papa.

Je suis Francis Von Bloodt le directeur, et voici Sirius Jefferson, directeur du personnel, et Aton Noudjemet, assis à côté de vous, qui va vous expliquer le job.

Ah, j'allais oublier : c'est un contrat à durée indéterminée..."

Un entretien d'embauche presque banal dans un cadre qui l'est un peu moins : la banquette arrière d'une voiture.

La voiture qui vient de percuter Aurélien Zahner.

Et de le tuer.

Mais les deux petits trous écarlates qui ornent à présent son cou délicat attestent de la nouvelle vie qui l'attend, ou plutôt de la nouvelle non-vie car, comme son nom l'indique, Zombillénium est un parc d'attraction qui emploie essentiellement des zombies, et plus largement des non-morts en tout genre.

Francis ? Un vampire bien sûr ! Sirius, un squelette, et Aton, je vous laisse deviner comme des grands quel rôle il joue dans la bande (ah ah).

Zombillénium, quelque part dans les environs de Valenciennes ("Au Nord, c'était chez Sauron..."), célèbre pour sa grande roue, son grand huit, son train fantôme, mais surtout pour son personnel hors-norme. Un secret qu'il faut bien garder pour ne pas effrayer (plus que de raison) les humains qui fréquentent les attractions.

"Un cauchemar où les familles viennent se divertir pendant leurs congés et dont vous faites désormais partie du staff."

Cauchemar, c'est le mot, car Aurélien a bien du mal à réaliser ce qui lui arrive. Mais une fois le contrat signé, il va sang (ah ah) dire qu'il n'a plus trop le choix.

Heureusement que Gretchen, jeune et jolie sorcière stagiaire arrivée en même temps que lui, veille au grain tout en vendant les ballons multicolores dont les enfants raffolent.

Et en matière de grain, Zahner serait plutôt du genre pop corn quand on voit sa réaction aux aboiements intempestifs du petit toutou à sa mémère qui vient se planter devant sa carriole à friandises : quelques secondes suffisent pour que toutou et mémère cessent d'importuner le monde entier, mais ce n'est pas pour plaire à la direction...

Parlons-en de la direction : sous la férule de Mr Béhémoth (dont le nom suffit à faire trembler les actionnaires, on les comprend), le parc doit s'attendre à faire de drastiques économies.

"Je dois vous annoncer que nous avons désormais le triste privilège d'être derrière Vulcania."

L'arrivée d'Aurélien sauvera-t-elle le parc de plan social qui se profile ?

En tout cas, elle n'est pas très bien vue par les zombies qui régnaient jusque-là en maîtres sur Zombillénium (à ce propos, je vous charge de trouver la "pinaille" qui concerne l'un d'entre eux !).

La guerre est déclarée.

Il suffit de lire quelques pages de ce premier tome pour se rendre compte à quel point Arthur de PINS semble s'être fait plaisir : rythme, dialogues, personnages, découpage, tout s'enchaîne avec entrain, parfois frénésie, et la plupart du temps brio.

L'auteur, découvert dans les pages de Fluide Glacial avec ses Péchés Mignons, a opté pour un trait moins rond et plus réaliste pour passer de la dentelle aux asticots. Les lignes restent toutefois assez épurées, parfois empreintes du charme désuet des illustrations publicitaires des années 50 et 60.

Les expressions des personnages sont soignées, notamment au niveau de leur "jeu oculaire" et les décors sont suffisamment dépouillés pour rester signifiants sans surcharger les cases.

Seul petit bémol peut-être : la mise en couleur, numérique (l'auteur en est un spécialiste), un peu trop froide parfois. Certes, elle rend à merveille la grisaille qui règne sur le Grand Nord de notre douce France, mais le résultat est parfois un peu terne.

Saluons cette belle réussite qui, avec un humour bien maîtrisé jouant sur les décalages entre situations réelles (les conditions de travail dans les parcs d'attraction, le monde de l'entreprise et la pression qu'il génère) et personnages fantastiques (issus d'un large mais classique répertoire), fait sourire avec intelligence, légèreté, et finalement une certaine classe.

Le récit est dense, le découpage efficace, et les rebondissements tiennent en haleine jusqu'au bout.

En prime, les clins d'oeil ne sont pas trop nombreux mais pertinents ("And no one's gonna save you from the beast about to strike..."), les personnages sont attachants, bref, l'envie ne manque pas de lire la suite.

Belle réussite, donc, au pays des zombies. Où, comme dans tous les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, etc...

Champimages qui ont un peu une tête de déterrées quand même.

Zombillénium T1
Zombillénium T1
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 15:20
Poutres au bleu
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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 14:40
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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 13:32
Raging Bulles à Toulon - 26 septembre 2013

On ne change pas une recette qui marche, donc voici le grand retour du Raging Bulles, après une salutaire pause estivale.

Toujours au même endroit : La Cave de Lilith (rue Paul Lendrin, à Toulon)

Toujours à la même heure : autour de 19h30

Et toujours un programme bien chargé avec 6 nouveautés à décortiquer en mangeant et buvant comme il se doit, le tout en bonne compagnie !

La sélection de rentrée est ci-dessous, et elle se défend plutôt bien !

Donc bonne(s) lecture(s) et à très vite !

Champi qui bulle

BONIN Cyril, Amorostasia, ed. Futuropolis.

RABATE Pascal, Fenêtres sur rue, ed. Soleil.

GAULD Tom, Goliath, ed. L'Association.

ROMERO Martin, Les Episodes lunaires, ed. Atrabile.

MIGNOLA Mike & ARMSTRONG Jason, Lobster Johnson, ed. Delcourt.

MUX, M. Cheval, ed. Vraoum.

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 17:16
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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 11:17
L'âge de bronze T1

"Pâris ! Pâris, écoute-moi !(...) Les dieux m'ont envoyé une vision. (...) Si tu vas à Troie, tu ne rentreras pas chez toi. (...) Tu ne rentreras pas ! J'ai vu la guerre et le feu - l'horreur après l'horreur !"

La belle Oenone n'est sans doute pas guidée par ses seuls sentiments lorsqu'elle annonce ces terribles augures à son bien aimé Pâris après une de leurs farouches étreintes : l'avenir est sombre pour Troie, mais aussi pour la Grèce toute proche, si le jeune homme quitte le mont Ida.

Mais peut-on entraver le destin ?

Le gardien de vaches, pour récupérer le magnifique taureau que sa famille destinait à un sacrifice afin de s'attirer les bonnes grâces des dieux, mais que les envoyés du grand roi Priam ont réquisitionné pour un tournoi, décide d'aller participer lui-même aux épreuves sacrées pour remporter l'animal et ainsi permettre aux siens de partiellement recouvrer leur bien et ses bienfaits.

Son père, Agélaos, ne peut pas plus le retenir que la douce Oenone. Il décide donc de l'accompagner à Troie, la puissante cité où le jeune vacher n'avait encore jamais mis les pieds.

Pour cause.

Fils caché de Priam, écarté dès sa naissance du palais et voué à la mort, Pâris n'aurait jamais dû survivre, et encore moins retrouver son géniteur.

Mais le destin est en marche, à la merci des dieux, non des hommes. Et les avertissements des différents augures n'y font rien. Pas même ceux de Cassandre, la propre fille de Priam : "Rappelle-toi les mots de ton fils Esacos, né de Arisbé ta première femme, quand il interpréta pour toi le rêve d'Hécube : "L'enfant qui doit naître sera la ruine de Troie !""

La joie du roi de retrouver ce fils oublié lui fait négliger les signes pourtant répétés. Priam accueille Pâris parmi les siens et lui confie rapidement une mission sensible et de la plus haute importance : ramener Hésioné, sa propre soeur, du palais de Télamon, roi de Salamine , où elle vit recluse et loin des siens depuis que Héraklès lui-même l'emporta comme trophée après le sac de Troie - sac lui-même motivé par "une vieille rancune (...) à propos d'une paire de chevaux."

Avec sa fougue indomptable, Pâris prend la mer, aux côtés d'Enée, et fait voile vers les côtes hellènes. Sa route passe par Sparte, où demeure Hélène, la femme du roi Ménélas. La plus belle femme du monde...

La suite, vous la connaissez sans doute, plus ou moins en détails, tant elle a su traverser les siècles et nous parvenir, sans cesse renouvelée, grâce aux innombrables conteurs qui s'en sont emparés.

C'est d'ailleurs cette longévité et le fait que ce récit soit le fruit de centaines d'imaginations successives qui ont séduit Eric SHANOWER : "Le défi de modeler toutes ces versions disparates en une seule trame cohérente m'a fasciné, et je continue de penser que c'est la partie la plus intéressante de mon travail sur L'Âge de Bronze."

Plongeant aux innombrables sources de la Guerre de Troie (car c'est bel et bien d'elle dont il s'agit), creusant l'histoire de chacun de ses innombrables protagonistes, l'auteur a fourni un travail méticuleux afin de nous restituer ce qui pourrait le plus s'approcher d'une forme de vérité historique, si tant est qu'il y en ait une.

Car le propre de la Grèce antique est la richesse de ses mythes et la place qu'ils ont su se faire au sein de la trame historique.

Eric SHANOWER appuie son parti pris réaliste en ne faisant pas intervenir directement les dieux (contrairement à ce qu'HOMERE systématise dans l'Iliade) mais en laissant la part belle aux croyances, superstitions et rituels qui rythmaient la vie et les actes des Grecs et Troyens.

De plus, il nourrit chaque case de détails architecturaux, vestimentaires, décoratifs, artistiques... essentiellement inspirés de la céramique, qui confèrent à son Âge de Bronze un degré de véracité supplémentaire.

Sa fidélité aux récits antiques lui fait toutefois tomber dans certains travers qui rendent parfois sa bande dessinée un peu indigeste : le foisonnement des personnages et de leurs complexes généalogies, et l'intensité dramatique parfois un peu exagérée des situations et des postures et expressions.

Bien sûr, la Guerre de Troie met en jeu un contexte dense, sur une période étendue, avec des protagonistes majeurs issus de prestigieuses lignées : faire l'économie de certaines explications aurait certes fluidifié le récit mais l'aurait sans aucun doute rendu moins consistant. Le lecteur doit donc être attentif de bout en bout pour ne pas se perdre, quitte à se référer à la carte et l'arbre généalogique qui encadrent le récit pour se repérer dans l'espace et dans le temps. Au moins le dépaysement est au rendez-vous.

Bien sûr, la Grèce antique, berceau du théâtre et terre des dramatiques et héroïques destinées, offre un cadre propice à la grandiloquence des gestes et des visages. Mais la regards trop appuyés, les mouvements trop marqués, finissent par manquer de naturels.

Le classicisme du trait de SHANOWER participe d'ailleurs un peu de cette légère raideur : trait réaliste, encrage marqué, hachures un peu trop envahissantes parfois, si le résultat est virtuose, il manque un peu d'originalité et alourdit un peu l'espace par moments.

Plus contestable en revanche est le parti pris graphique adopté pour raconter l'attaque de Troie par Héraklès : les traits sont davantage caricaturaux, les attitudes presque cartoonesques, et le sérieux et la crédibilité de ce passage en pâtissent.

Le résultat global est malgré tout un noir et blanc de grande qualité, fruit d'un travail sans aucun doute considérable.

Difficile de ne pas saluer L'Âge de Bronze et la complète et complexe restitution qu'Eric SHANOWER nous offre : récompensé à juste titre et à deux reprises par un Eisner Award, l'auteur a non seulement réussi à condenser les nombreuses sources dont il disposait, mais il a également su s'affranchir d'un récit essentiellement mythique pour nous en faire entrevoir les aspects géopolitiques et économiques : luttes de pouvoir, alliances fragiles, hégémonie commerciale de Troie sur l'Hellespont, autant de ressorts crédibles à un drame dont le destin n'est peut-être pas le seul initiateur.

Cela faisait longtemps que je tournais autour de cette BD. Grâce au mois Akiléos de K-BD, j'ai franchi le pas. Ne me reste plus qu'à relire ce dense premier tome avant de m'attaquer à la suite.

La Guerre de Troie a bien eu lieu, tout au moins entre les pages d'Eric SHANOWER, et retrouver ces grandes figures qui bercent notre imaginaire depuis des millénaires est un vrai bain de jouvence. Comme quoi, mythe et réalité...

Champimages d'un autre âge.

L'âge de bronze T1
L'âge de bronze T1
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 16:21
Dans l'abîme du temps

Comme bon nombre des rôlistes de longue date (tout cela ne me rajeunit pas !) je fais partie des hordes de lecteurs qui ont plus ou moins remis au goût du jour à la fin des années 1980 un auteur que les Français connaissaient alors peu, Howard Phillips LOVECRAFT, avec la sortie du jeu de rôle L'Appel de Cthulhu.

Profonde plongée dans l'univers tourmenté d'un auteur ayant imaginé des horreurs tapies aux frontières de notre conscience et de notre système solaire, le jeu invitait à découvrir les romans qui en étaient l'inspiration. Si l'originalité et la légèreté stylistique n'étaient pas toujours au rendez-vous, il faut reconnaître que "le maître de Providence" avait su cristalliser bon nombre de craintes de son époque, et susciter un goût et un courant qui allait perdurer après lui.

Les novellistes furent sans aucun doute les plus nombreux à lui emboîter la plume, mais les auteurs de BD ne furent pas en reste, surtout si l'on repense à certaines planches parues dans Métal Hurlant (Enki BILAL et son Bol maudit, par exemple).

Je ne chercherai pas ici à dénombrer l'ensemble des adaptations plus ou moins directes que LOVECRAFT a pu entraîner dans le monde de la BD, mais elles ont bien souvent comme critère commun d'être, au mieux, de stériles performances plastiques, et au pire de piètres illustrations d'un texte bien trop lourd.

Le mois Akiléos sur K-BD proposant Dans l'abîme du temps adapté par Ian CULBARD, je me suis dit qu'il était peut-être temps de donner une nouvelle chance aux adaptateurs du névrosé père de Cthulhu. Après tout, il n'y a que les imbéciles, comme on dit...

Nous voilà donc projetés aux côtés de Nathaniel Wingate Peaslee, jeune professeur d'économie politique à la célèbre université Miskatonic d'Arkham, au début du XX°siècle. La vie suit paisiblement son cours pour cet érudit sans histoire lorsque des rêves étranges et de brèves absences commencent à la tourmenter. Signes avant-coureurs d'une amnésie foudroyante qui le frappe en plein cours et l'affecte durant près de 5 ans (de 1908 à 1913).

A l'issue de ce trou noir, Nathaniel s'éveille en compagnie d'un de ses rares proches à ne pas avoir pris ses distances avec lui durant la période : le Dr Wilson. Ce dernier lui explique alors ce qu'il a fait ces cinq dernières années : après s'être réveillé balbutiant et bavant, ne reconnaissant ni sa femme ni son fils, le professeur a montré "un vif appétit pour l'histoire, la science, l'art, le langage et le folklore...", avec "la curiosité d'un voyageur studieux venu d'une terre étrangère." Une fréquentation assidue des bibliothèques universitaires, des capacités de lecture hors-norme, un appétit de connaissances sans limites lui valent l'intérêt de nombreux psychologues ("un parfait exemple de dédoublement de personnalité") et la compagnie d'intellectuels encore plus nombreux.

Cette période intense fut accompagnée de plusieurs voyages aux quatre coins de globe, des pôles aux déserts, insatiablement.

Jusqu'à que Nathaniel annonce le retour prochain de ses anciens souvenirs, ne réalise un étrange assemblage "de tiges, de roues et de miroirs", et ne finisse par s'éveiller comme si son malaise n'avait duré quelques heures.

Longue est alors la route pour tenter de recoller les morceaux, de comprendre de quoi ces cinq années furent faites exactement, et surtout de savoir qui lui avait fait cela.

Avec l'aide de son fils Wingate, revenu à ses côtés, et hanté par des rêves aussi forts que des souvenirs, Peaslee met tout en oeuvre pour faire la lumière sur ses années noires. Il se lance alors dans des études de psychologie, et parcourt chaque nuit "une immense salle voûtée, (...) des couloirs de pierres cyclopéens, (...) plusieurs niveaux de caveaux noirs..."

Je vous laisse découvrir la suite par vous-mêmes, si vous ne la connaissez pas déjà, tant le thème a déjà été traité et re-traité dans la littérature ou au cinéma depuis.

Voilà d'ailleurs l'une des faiblesses des histoires de LOVECRAFT, et donc de ses adaptations : leur manque d'originalité. Oui, près d'un siècle après, on peut dire que les différentes nouvelles jaillies de sa plume ont plutôt vieilli, voire mal vieilli.

Le rythme n'est pas très palpitant, les rares révélations assez convenues, et le style (encore et toujours lui !) bien encombrant : les couleurs sont forcément "cyclopéens", les abîmes "insondables" et les horreurs "innommables".

Le mérite de l'homme de Providence est avant tout celui d'avoir créé un mythe, des créatures, un univers, que le jeu de rôle bien plus que les romans permettent de faire revivre avec intérêt (à ce sujet, jetez un oeil sur la jolie gamme développée par Sans Détour, vous m'en direz des nouvelles !).

Ceci étant, reconnaissons à CULBARD le mérite d'avoir opté pour un parti pris graphique original : une ligne plutôt claire, un trait semi-réaliste, des couleurs franches, loin des dessins hyper-réalistes et hyper-hachurés auxquels ses prédécesseurs nous avaient habitués. Mais ce contre-pied visuel n'est pas toujours très heureux, rendant les scènes froides plutôt qu'inquiétantes, et certains paysages assez vides, même si le dessinateur essaie de rendre l'obscurité dense et palpable.

Ses mises en pages sont dynamiques, son trait assez souple, sa vision des créatures et architectures extra-dimensionnelles plutôt originale, mais malgré tout cela ne prend pas. A cause de la faible palette d'expressions des personnages ? Des textes trop lourds ? Des couleurs parfois trop criardes (certains bleus du ciel notamment) ?

Malgré les quelques originalités de cette adaptation de Dans l'abîme du temps, je reste pour l'heure sur ma faim et sur ma position à ce sujet : est-ce encore la peine d'adapter du LOVECRAFT sans en modifier rythme et textes ? Au vu de la richesse des développements proposés par le jeu de rôle (je sais, je ne cesse d'y revenir), je me demande s'il ne serait pas plus intéressant de scénariser de nouvelles aventures dans cet univers aux innombrables perspectives.

A essayer (si cela n'a pas déjà été fait !).

Champimages un peu passées d'âge.

Dans l'abîme du temps
Dans l'abîme du temps
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