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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:03

L'heure mauve

La dame-jeanne au bout du quai

repose cul sec dans son pull à losanges

Quarante miettes de pain se partagent

la cale de halage

Sur sa chaise en toile

le vieux écoute

Le bogue qui gobe

une bulle d'oxygène

L'hirondelle couturière qui taille

le soir en satin

Entendre enfin

avec l'acuité d'un homme

qu'aucun brouillard n'enveloppe

Sur ses genoux cassés

il pose deux mains fortes d'une joie contenue

sous le voile de l'oisiveté

Tout est en place

Le sol compañero

Les mimosas divisionnistes sur la colline

Les bâtons de ski pour demain encore

venir à bout des cent quatre-vingts marches

Que n'ai-je

pense-t-il

trois coeurs comme la pieuvre ?

Le garçon se redresse

auréolé d'une couronne d'anchois

A l'entour

une douce euphorie distille ce que la pudeur

ne dira jamais qu'avec des silences

Ami

reste tout contre

Qui sait

si demain nous sépare

Dans l'échancrure des falaises

l'heure mauve tamponne

le ciel d'orange mouillé

Anse posée

au revers du monde

Anse aimée

Que les garde-côtes soient les bienvenus :

captureront-ils

les troupeaux de saupes qui broutent

les rogatons d'oursins par un mètre de fond ?

Méjean

Laurent GIRERD

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 14:52
On n'y voit goutte

Grégoire GUILLEMIN, The Secret Life of Heroes.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 14:48
Des blocs

Fabien NISSELS, Blocks.

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 11:25
Floating n°1

Zhao HUASEN

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 10:23
La fille de l'eau

Quelque part sur un lac, au bord d'une crique, dans le froid et le silence, flotte un pédalo rouge, mutique, corps étranger.

A son bord, une silhouette frêle et longiligne, qui hésite, se penche, se jette à l'eau.

Au bout de quelques brasses, entre les pins, elle se retrouve nez à nez avec une immense et géométrique maison rouge en surplomb, en équilibre, en vertige.

Damien vient de faire irruption chez Sonia et Mattew, son fils adolescent.

Damien vient surtout de mettre les pieds dans une maison où plane et pèse le fantôme de son créateur, artiste sculpteur disparu dont ni le paysage ni les proches n'arrivent à se défaire.

Mattew a invité un copain à rester, Sonia reçoit deux amis, dont l'agent de feu son mari, tout est en place pour que le huis-clos commence.

Un léger vent se lève...

De l'art, des secrets, et des relations humaines troublées.

Voilà ce que charrie La fille de l'eau, au gré de ses pages sans bords de cases.

Les aquarelles ternes noient décors et personnages dans une triste grisaille aussi pesante que l'ambiance qui règne dans la villa du bord du monde.

Seules respirations étouffantes : les immenses sculptures dont l'artiste a parsemé son domaine, blocs géométriques de couleurs pures dans lesquels les personnages se cherchent et surtout se perdent.

Convenons-en : l'histoire mise en scène par Sacha GOERG est assez conventionnelle, entre les petits secrets de chacun et les interactions attendues. L'auteur réussit toutefois un beau tour de force dans la manière/matière dont il met en scène les oeuvres de l'artiste disparu. Ces constructions tantôt colossales, tantôt minimales, blocs de matière (sans doute métallique) et de couleurs brutes, ne sont pas sans rappeler les oeuvres de Donald JUDD, et de manière générale celles de la génération des sculpteurs étasuniens des années 60.

Par ses choix formels (la géométrie pure face à la nature) et chromatique (la couleur numérique face à l'aquarelle), l'auteur confère à ces créations une densité et une présence d'une puissance incroyable.

L'apparition du "fantôme" de l'artiste, par moments, est presque superflue, tant il survit et intervient à travers ses oeuvres.

Tenant autant du récit initiatique que du drame de moeurs, La fille de l'eau est avant tout un parfait et dense hommage à l'art, qui sait mettre à son service tous les moyens dont dispose la bande dessinée pour lui donner une place à part et un impact imparable.

Un peu comme ANDREAS avait sur le faire dans Le Triangle Rouge, ou François HENNINGER avec cent mètres carrés.

Une belle expérience à vivre au fil de l'eau.

Champimages qui s'affrontent et s'étouffent.

La fille de l'eau
La fille de l'eau
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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 19:37
Au flou et au moulin
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 09:18
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 19:34
Echo le poisson
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:51
Souvenirs de l'empire de l'atome

"Ce jour-là, quelque chose avait transpercé le cosmos, et mélangé les cartes de sa propre destinée...

Irrémédiablement...

... Si bien qu'il était devenu impossible de savoir dans quel ordre son histoire, pour faire sens, devait être racontée..."

Depuis son plus jeune âge - 12 ans très exactement - Paul mène une vie hors-norme, et même hors-terre : il est en contact télépathique avec Zarth Arn, guerrier, diplomate, stratège de l'Empire de l'Atome, à quelques 121 000 années de là.

Cette étrange relation (fantasmée ou bien réelle ?) est-elle le contrecoup des comportements dérangeants de Sarah, la gouvernante qui s'occupe de lui alors qu'il vit à Shanghai avec son père ?

Le fruit de son imagination débordante alimentée par un univers nouveau qui s'offre à lui à cette époque ?

"Je sens encore le dallage frais de la cuisine sous mes pieds nus...

... Les brins colorés de la ficelle qui se tendent entre mes doigts... Je vois les timbres. La poussière qui danse dans un rayon de soleil...

_ Que contenait-il ?

_ ... Un véritable trésor. Des dizaines de magazines et de livres de science-fiction."

La conséquence de l'ouverture simultanée d'une brèche spatio-temporelle entre la Terre et un Empire situé à des années et années-lumières de distance, sous l'impact conjugué de la souffrance d'un supplicié chinois en place publique et de l'utilisation par le Dépeupleur d'une machine capable de projeter un esprit loin d'un corps ? (oui, la phrase est longue...)

Quelle qu'en soit la cause, les effets sont bien réels pour le pauvre Paul : rongé par cet obsession, il partage en direct les actes et pensées de son correspondant inter-galactique, noircissant des centaines de petits cahiers d'archives et de cartographies d'un autre âge et d'un autre lieu.

De quoi inquiéter ses employeurs du gouvernement le jour où ils découvrent ses notes : ce brillante analyste serait-il une taupe au service de l'ennemi ? 1953 fait partie, outre-Atlantique, de ces années propices à la suspicion... Il est donc invité à consulter quatre fois par semaine un psychiatre new yorkais qui finit par se prendre au jeu et, en demandant à Paul de plonger encore et encore dans son récit, sa folie et sa possible origine, permet au lecteur d'y voir plus clair, peu à peu.

La couleur a en effet été annoncée dès le début, et le récit n'y déroge pas : lieux et époques se bousculent dans la tête du héros (on serait déboussolé pour moins !), et nous voilà baladant de 1964 à 1926, de 1958 à 1950, entre Ancien et Nouveau Monde, avec une petite incursion sur la planète Ninjir en 110 985 en prime.

Le fait que l'inquiétant Zelbub, au regard hypnotique, en ait après les capacités extraordinaires de Paul, n'arrange rien au chaos des souvenirs et de la chronologie...

En enchaînant les bonds temporels successifs (dans un sens comme dans l'autre) Thierry SMOLDEREN nous offre un récit complexe suffisant intrigant et bien rythmé pour ne pas nous perdre (même si l'on peut se demander si le scénariste ne s'est pas lui-même perdu en indiquant une fois "Shanghai, 1926", et l'autre fois "Shanghai, 1929", alors que quelques jours seulement devraient s'être écoulés. Mais bon, le temps, l'espace, tout cela reste bien relatif !)

Mettant en scène un héros né avec la Première Guerre Mondiale (si mon compte est bon), il se penche sur les années 50 avec la minutie d'un scientifique cherchant à en extraire la substantifique moelle, et jouant de fait avec les grandes obsessions d'alors : la Guerre Froide, la peur des extra-terrestres et l'avènement de la publicité, du design, et de la société de consommation telle que nous la consommons aujourd'hui.

Lui qui avait déjà joué sur les rapports étranges, ambigus et dérangeants entre le temps et l'espace dans sa biographie de Winsor Mc CAY semble ici se faire plaisir en élargissant à l'infini son champ de création et de bataille.

En outre, Thierry SMOLDEREN en profite pour rendre hommage à la littérature d'aventure et de s-f qui a proliféré dans les années 1920-1930, et pour faire un parallèle entre ces oeuvres inspirées (mais par qui ?) et les objets et utopies architecturales et esthétiques qui ont pu émerger dans les années 1950 (avec pour point d'orgue l'exposition universelle de Bruxelles en 1958).

Si son discours appuie parfois un peu trop le parallèle entre hypnose et publicité, son récit mêle avec brio tous les ingrédients qu'il a rassemblés, et fait la part belle au mystère et à l'étrange.

Au dessin, Alexandre CLERISSE s'en est donné à coeur-joie : formes et couleurs explosent à chaque page, nourries par une époque riche en expérimentations. Chaque objet, chaque lieu est tout à la fois vivant, en décalage, étonnant et familier.

Les délires télépathiques et astronomiques de son héros sont particulièrement bien rendus, et le dessinateur sait changer de style quand le récit rend directement hommage aux BD d'aventures de l'âge d'or des comics (repensez à Flash Gordon, par exemple).

Les compositions sont variées, dynamiques, les couleurs, superbes et bien plantées, ne figent pourtant pas les cases dans un bouillon illustratif, et la galerie des personnages, légèrement caricaturée, est une réussite - certains profils évoquant des stéréotypes croisés au cinéma ou dans de vieilles images de magazines et d'actualité.

Souvenirs de l'Empire de l'Atome, très attendu, est une réussite visuelle et scénaristique : complexe et élégant, il appelle plusieurs lectures, que ce soit pour mieux entrer dans l'histoire ou pour pleinement profiter de la richesse et de l'originalité des dessins.

Si l'ouverture et la fermeture du récit, au Mexique, ont un goût un peu trop classique, elles encadrent une oeuvre de qualité qui prend plaisir à jouer avec les époques et les lieux intelligemment et en mariant parfaitement le fond et la forme.

Le petit clin d'oeil à FRANQUIN, en cours d'album, arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, mais l'hommage au brillant repreneur de Spirou était tentant dans un tel contexte (Z comme Zelbub ?).

Un livre à lire et à relire, et un bel objet, en prime (admirez le travail fait sur la couverture), cerise cosmique sur cet exquis gâteau aux formes d'une autre époque.

Champimages qui voyagent.

Souvenirs de l'empire de l'atome
Souvenirs de l'empire de l'atome
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 10:50
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