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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 16:21

Si l'on en croit Isaac NEWTON, même une chute bénigne ne peut être considérée comme sans gravité.

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 15:14
Le Nao de Brown

"Dans l'entrée de la maison de ma mère, il y a une photo de moi à l'âge de treize ans, suspendue dans l'un de ces cadres à clips bon marché. Je porte des lunettes de soleil blanches des années soixante-dix et un t-shirt Binky Brown fait par ma mère. Elle était couturière, du coup il n'a pas ce côté fait maison... Il est juste parfait.

Tous les copains qui ont pu visiter la maison de ma mère disent que je suis très mignonne et cool sur cette photo. A chaque fois, je souris et j'accepte gentiment le compliment.

Mais au fond de moi, je suis déchirée.

(...)

Je suis sûre que pour eux je suis cette mignonne métisse anglo-japonaise un peu "bohème"...

... Je suis la "copine exotique."

Ils ne se doutent pas que je suis une putain de malade mentale."

Voilà la vie de Nao, ou tout au moins une bonne partie : lutter contre les pensées homicides qui l'obsèdent encore et encore jusqu'au silence, à la réclusion, à l'oubli du temps qui passe et des gens qui essaient de rester.

De retour à Londres après un douloureux voyage au Japon pour aller voir son père, Nao retrouve Tara, sa colocataire, infirmière bienveillante, et surtout Steve, ami d'école d'art perdu de vue depuis longtemps. Coup de chance, ce dernier lui propose de l'assister dans la boutique de produits dérivés de manga et d'anime qu'il tient, Peoploids ("Ah, des trucs d'adolescents..."), de quoi l'occuper et payer son loyer tout en lui laissant suffisamment de temps pour bosser sur ses projets d'illustrations.

De quoi également lui laisser du temps pour fréquenter le centre bouddhiste de son quartier. Elle y écrit un peu, y dessine beaucoup, et y médite autant que possible pour essayer de trouver un semble de paix.

Pas évident lorsque la moindre contrariété, le moindre élément perturbateur peut la faire basculer et envahir son imagination débordante au point de visualiser avec une précision morbide les atrocités que ses pulsions pourraient lui faire commettre.

Ne lui reste alors qu'à essayer de trouver refuge dans certaines pensées rassurantes : "Maman m'aime, je suis une bonne personne."

Mais peut-on vraiment vivre avec de telles obsessions ? Peut-on se construire et partager ?

La rencontre avec Gregory, réparateur de machines à laver débarqué par hasard dans la boutique, aidera peut-être Nao à trouver réponses à ces questions. Après tout, ce grand barbu ressemble au "Rien", un personne tiré de "ichi (...), un dessin animé bizarre de la TV japonaise." Il semble paisible, presque sage avec ses citations et sa petite pratique du bouddhisme (lui aussi), et dès le premier regard il bouleverse la jeune fille.

Mais sera-t-il en mesure de lui apporter la stabilité dont elle a besoin ?

Avec Le Nao de Brown, Glyn DILLON peint par petites touches la vie et les troubles d'une jeune fille hantée par un mal qui ronge son esprit et contre lequel sa lutte semble vaine - ou tout au moins des plus rudes.

Tiroir à couverts sous clef, moments d'enfermement, temps parfois suspendu, le quotidien de Nao ressemble à un champ de mines.

Heureusement qu'elle peut compter sur quelques îlots de stabilité pour essayer de se maintenir à flot : Tara, sa colocataire attentive et compréhensive qui a bien conscience des "devoirs" que la jeune métisse essaie de s'imposer. Steve, l'amoureux éconduit sans le savoir qui, par ses traits d'humour permanents, lui offre de beaux moments de détente - au grand dam de son mascara. Et les cercles noirs qu'elle trace au pinceau, entre deux respirations, et qui dessinent une profusion de machines à laver, comme une incantation...

Pour réaliser ce "saint Graal" (comme le définit la préface), l'auteur semble avoir mis au service de son histoire au long cours tout son talent narratif et graphique.

Le scénario enchaîne avec fluidité une multitude de scènes, et sait parsemer le paysage de petites détails qui réapparaissent, de temps en temps, sous la forme d'un récit parallèle presque mythologique qui se découpe sur fond noir.

Les dialogues sonnent tous justes, et le rythme adopté sait parfaitement donner le ton et le temps aux événements et aux personnages. On sent un implication totale de Glyn DILLON dans la construction de son projet.

Graphiquement, il a su adopter deux styles légèrement différents pour passer du monde réel au récit parallèle. Sans compter les hallucinations de Nao, ou en tout cas ses "projections", douloureux moments souvent traités sur fond rouge.

Lorsqu'elle bascule, l'héroïne adopte une large palette d'expressions toutes parfaitement rendues, allant du désespoir à la folie presque meurtrière : en totale empathie avec son personnage, on peut presque avoir l'impression que l'auteur bascule lui aussi, s'en prenant à la planche avec des crayons rageurs.

Les couleurs plutôt douces que DILLON utilise (de l'aquarelle ?) n'enlèvent rien à la violence de certains sentiments ou certains ressentis qui ne manquent pas d'éclater.

Quant aux traits et aux tons plus nets qui apparaissent lors des passages narrés, ils offrent une stabilité trompeuse et glacée.

En s'emparant du délicat sujet des troubles de la personnalité et de leurs conséquences sur leurs victimes et leur entourage, Glynn DILLON aurait pu tomber dans l'exagération ou le pathétique. Avec Le Nao de Brown, il a su garder un cap sensible et troublant, réaliste sans être morbide, persévérant mais lucide.

Si les quelques passages et considérations bouddhistes m'ont parfois paru trop longs ou redondants, ils font sans doute partie des étapes nécessaires sur le chemin de la prise en main de soi.

Au final, l'auteur a réussi à réaliser le récit ambitieux et complet auquel il aspirait, et Le Nao de Brown nécessitera de nombreuses lectures pour livrer tous ses secrets et ses subtilités.

Une preuve de plus de la pertinence et de la qualité des choix opérés par Akiléos, éditeur auquel nous avons décidé de consacrer notre mois de septembre, sur K-BD.

Champimages qui basculent.

Le Nao de Brown
Le Nao de Brown
Le Nao de Brown
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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 10:12
Fish and men

Anne-Catherine BECKER-ECHIVARD, La Leçon d'anatomie, 2003.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 14:23
Le singe de Hartlepool

Les côtes de la perfide Albion ne sont qu'à quelques encablures du vaisseau du capitaine Louis-Armand Narraud quand une tempête éclate. Alors que Philip(pe), jeune mousse bilingue (pour son grand malheur) vient d'être expédié par-dessus bord, la foudre frappe le grand mât et le fier représentant de la Marine Impériale est engloutit par les flots.

Seuls deux de ses passagers survivent : Phiilppe, qui échoue dans une petite crique isolée, et Nelson, le chimpanzé qui faisait office de mascotte à bord, et qui portait en permanence un bel uniforme.

L'animal s'est échoué sur un littoral plus fréquenté et moins hospitalier : la plage principale de Hartlepool, insignifiant village dont la population, plus bête que méchante, se persuade d'avoir mis la main sur un ... Français. A la décharge de ces pauvres pêcheurs, ils n'ont jamais vu de Français... ni de singe, d'ailleurs.

En fait si : le vieux Patterson a déjà eu affaire à ces "espèces de sales déjections d'hirondelle africaine bouffées par les vers" (je cite !), en 1759 au large de Québec. Il y a 55 ans. Mais sa mémoire est plus intacte que ses jambes restées là-bas : il est formel. Les Français puent, grognent, ont le corps recouvert de poils, et quand leurs pieds ne ressemblent pas à des sabots fourchus, ils ressemblent à des mains.

Devant une telle série de preuves, les villageois ne peuvent qu'en convenir : il s'agit bel et bien d'un Français, qu'il faut enfermer, faire parler si possible (qui sait s'il ne connaît pas des plans secrets d'invasion de l'île par l'armée napoléonienne ?) et ensuite pendre haut et court, cela va de soi.

Hartlepool a également la chance d'accueillir un médecin de passage, qui a très vite fort à faire pour soigner bon nombre des victimes du singe (l'animal ne s'est pas laissé capturer sans morsures !) et, surtout, de la bêtise locale. Ces soins l'occupent d'ailleurs tellement qu'il n'a pas le temps d'aller voir l'énergumène dont tout le monde parle et qui provoque une telle hystérie au village.

Son fils Charly, vite intégré aux jeux de enfants du coin, a quelques occasions d'apercevoir l'hideux prisonnier, et il se range à l'avis des autochtones. Seule Melody, la petite-fille du vieux Patterson, émet quelques doutes quant à son identité, mais qui écouterait une fille...

Voilà donc le triste cadre de l'histoire composée avec brio par Wilfrid LUPANO, à partir de faits en partie réels : la guerre, la bêtise, l'ignorance, et au bout du compte (et de la corde) une victime innocente.

Menant son récit d'une main de maître, il ne perd jamais le rythme, trousse des dialogues enlevés, qu'il parsème de fins traits d'humour et de belles brassées d'insultes colorées.

Peu de villageois sont là pour rattraper les autres, malgré une vague - et vaine - tentative de procès. Seul l'homme de science et de raison brandit quelque peu de clairvoyance.

Graphiquement, cela a été un vrai bonheur de découvrir, enfin, la première bande dessinée de Jérémie MOREAU, copain de longue date, un de mes premières compagnons dans le monde de la BD, tout cela ne me rajeunit pas.

Après avoir (brillamment) fait ses armes dans le monde du dessin animé, il est revenu à ses premières amours.

Toutefois, loin de tomber dans les travers de bon nombre de ceux qui, comme lui, passent de l'image mobile à l'image fixe, il a su s'affranchir de ses éventuelles habitues pour ne laisser parler que son imagination et son inventivité.

Le résultat est un trait merveilleux et vivant qui n'est pas sans rappeler certains grands noms de l'illustration et du dessin de presse, comme Ronald SEARLE ou Tomi UNGERER, notamment pour brosser la truculente galerie de portraits des villageois.

Passant de la caricature la plus hilarante à la finesse la plus touchante, il fait montre d'un grand talent et d'une large palette stylistique.

Les couleurs quant à elles - sans aucun doute de l'aquarelle - illuminent et dynamisent dessins et scènes, sans surcharge, tout en subtilité.

De travail d'artiste.

Habitué aux récits historiques, le scénariste a offert à son dessinateur, pour son premier album, une histoire originale et profonde que le trait et les couleurs ont su magnifier.

Comédie dramatique, conte social et philosophique, leçon de vie, Le singe de Hartlepool est un peu tout cela. Parfaitement dosé.

Jérémie MOREAU travaille actuellement sur un projet plus personnel, en noir et blanc, que nous attendons avec impatience.

Après un si bon début, la suite ne peut qu'être alléchante !

Champimages mouvementées.

Le singe de Hartlepool
Le singe de Hartlepool
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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 15:52
Prise de tête

Mark MANDERS, Working Table, 2012-2013.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 15:49
Dr Jekyll...

John STEZAKER, Muse (Film Portrait Collage) XVIII, 2012.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 14:53
Rayon de sommeil

Maria FRIBERG, Still Lives.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:19
Face à façades

Jean-François RAUZIER, Vedute (série Bella Italia).

Un artiste à retrouver à l'Hôtel des Arts de Toulon à partir du 3 août 2013.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 11:40
L'évangile selon saint Matt

RECYCLE GROUP, Homer's Life.

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 10:59
Boire les paroles et manger les mots

Pas de quoi en faire tout un plat de ce Kochbuch, vraiment ?

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