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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 14:52
On n'y voit goutte

Grégoire GUILLEMIN, The Secret Life of Heroes.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 14:48
Des blocs

Fabien NISSELS, Blocks.

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 11:25
Floating n°1

Zhao HUASEN

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 10:23
La fille de l'eau

Quelque part sur un lac, au bord d'une crique, dans le froid et le silence, flotte un pédalo rouge, mutique, corps étranger.

A son bord, une silhouette frêle et longiligne, qui hésite, se penche, se jette à l'eau.

Au bout de quelques brasses, entre les pins, elle se retrouve nez à nez avec une immense et géométrique maison rouge en surplomb, en équilibre, en vertige.

Damien vient de faire irruption chez Sonia et Mattew, son fils adolescent.

Damien vient surtout de mettre les pieds dans une maison où plane et pèse le fantôme de son créateur, artiste sculpteur disparu dont ni le paysage ni les proches n'arrivent à se défaire.

Mattew a invité un copain à rester, Sonia reçoit deux amis, dont l'agent de feu son mari, tout est en place pour que le huis-clos commence.

Un léger vent se lève...

De l'art, des secrets, et des relations humaines troublées.

Voilà ce que charrie La fille de l'eau, au gré de ses pages sans bords de cases.

Les aquarelles ternes noient décors et personnages dans une triste grisaille aussi pesante que l'ambiance qui règne dans la villa du bord du monde.

Seules respirations étouffantes : les immenses sculptures dont l'artiste a parsemé son domaine, blocs géométriques de couleurs pures dans lesquels les personnages se cherchent et surtout se perdent.

Convenons-en : l'histoire mise en scène par Sacha GOERG est assez conventionnelle, entre les petits secrets de chacun et les interactions attendues. L'auteur réussit toutefois un beau tour de force dans la manière/matière dont il met en scène les oeuvres de l'artiste disparu. Ces constructions tantôt colossales, tantôt minimales, blocs de matière (sans doute métallique) et de couleurs brutes, ne sont pas sans rappeler les oeuvres de Donald JUDD, et de manière générale celles de la génération des sculpteurs étasuniens des années 60.

Par ses choix formels (la géométrie pure face à la nature) et chromatique (la couleur numérique face à l'aquarelle), l'auteur confère à ces créations une densité et une présence d'une puissance incroyable.

L'apparition du "fantôme" de l'artiste, par moments, est presque superflue, tant il survit et intervient à travers ses oeuvres.

Tenant autant du récit initiatique que du drame de moeurs, La fille de l'eau est avant tout un parfait et dense hommage à l'art, qui sait mettre à son service tous les moyens dont dispose la bande dessinée pour lui donner une place à part et un impact imparable.

Un peu comme ANDREAS avait sur le faire dans Le Triangle Rouge, ou François HENNINGER avec cent mètres carrés.

Une belle expérience à vivre au fil de l'eau.

Champimages qui s'affrontent et s'étouffent.

La fille de l'eau
La fille de l'eau
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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 19:37
Au flou et au moulin
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 09:18
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 19:34
Echo le poisson
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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:51
Souvenirs de l'empire de l'atome

"Ce jour-là, quelque chose avait transpercé le cosmos, et mélangé les cartes de sa propre destinée...

Irrémédiablement...

... Si bien qu'il était devenu impossible de savoir dans quel ordre son histoire, pour faire sens, devait être racontée..."

Depuis son plus jeune âge - 12 ans très exactement - Paul mène une vie hors-norme, et même hors-terre : il est en contact télépathique avec Zarth Arn, guerrier, diplomate, stratège de l'Empire de l'Atome, à quelques 121 000 années de là.

Cette étrange relation (fantasmée ou bien réelle ?) est-elle le contrecoup des comportements dérangeants de Sarah, la gouvernante qui s'occupe de lui alors qu'il vit à Shanghai avec son père ?

Le fruit de son imagination débordante alimentée par un univers nouveau qui s'offre à lui à cette époque ?

"Je sens encore le dallage frais de la cuisine sous mes pieds nus...

... Les brins colorés de la ficelle qui se tendent entre mes doigts... Je vois les timbres. La poussière qui danse dans un rayon de soleil...

_ Que contenait-il ?

_ ... Un véritable trésor. Des dizaines de magazines et de livres de science-fiction."

La conséquence de l'ouverture simultanée d'une brèche spatio-temporelle entre la Terre et un Empire situé à des années et années-lumières de distance, sous l'impact conjugué de la souffrance d'un supplicié chinois en place publique et de l'utilisation par le Dépeupleur d'une machine capable de projeter un esprit loin d'un corps ? (oui, la phrase est longue...)

Quelle qu'en soit la cause, les effets sont bien réels pour le pauvre Paul : rongé par cet obsession, il partage en direct les actes et pensées de son correspondant inter-galactique, noircissant des centaines de petits cahiers d'archives et de cartographies d'un autre âge et d'un autre lieu.

De quoi inquiéter ses employeurs du gouvernement le jour où ils découvrent ses notes : ce brillante analyste serait-il une taupe au service de l'ennemi ? 1953 fait partie, outre-Atlantique, de ces années propices à la suspicion... Il est donc invité à consulter quatre fois par semaine un psychiatre new yorkais qui finit par se prendre au jeu et, en demandant à Paul de plonger encore et encore dans son récit, sa folie et sa possible origine, permet au lecteur d'y voir plus clair, peu à peu.

La couleur a en effet été annoncée dès le début, et le récit n'y déroge pas : lieux et époques se bousculent dans la tête du héros (on serait déboussolé pour moins !), et nous voilà baladant de 1964 à 1926, de 1958 à 1950, entre Ancien et Nouveau Monde, avec une petite incursion sur la planète Ninjir en 110 985 en prime.

Le fait que l'inquiétant Zelbub, au regard hypnotique, en ait après les capacités extraordinaires de Paul, n'arrange rien au chaos des souvenirs et de la chronologie...

En enchaînant les bonds temporels successifs (dans un sens comme dans l'autre) Thierry SMOLDEREN nous offre un récit complexe suffisant intrigant et bien rythmé pour ne pas nous perdre (même si l'on peut se demander si le scénariste ne s'est pas lui-même perdu en indiquant une fois "Shanghai, 1926", et l'autre fois "Shanghai, 1929", alors que quelques jours seulement devraient s'être écoulés. Mais bon, le temps, l'espace, tout cela reste bien relatif !)

Mettant en scène un héros né avec la Première Guerre Mondiale (si mon compte est bon), il se penche sur les années 50 avec la minutie d'un scientifique cherchant à en extraire la substantifique moelle, et jouant de fait avec les grandes obsessions d'alors : la Guerre Froide, la peur des extra-terrestres et l'avènement de la publicité, du design, et de la société de consommation telle que nous la consommons aujourd'hui.

Lui qui avait déjà joué sur les rapports étranges, ambigus et dérangeants entre le temps et l'espace dans sa biographie de Winsor Mc CAY semble ici se faire plaisir en élargissant à l'infini son champ de création et de bataille.

En outre, Thierry SMOLDEREN en profite pour rendre hommage à la littérature d'aventure et de s-f qui a proliféré dans les années 1920-1930, et pour faire un parallèle entre ces oeuvres inspirées (mais par qui ?) et les objets et utopies architecturales et esthétiques qui ont pu émerger dans les années 1950 (avec pour point d'orgue l'exposition universelle de Bruxelles en 1958).

Si son discours appuie parfois un peu trop le parallèle entre hypnose et publicité, son récit mêle avec brio tous les ingrédients qu'il a rassemblés, et fait la part belle au mystère et à l'étrange.

Au dessin, Alexandre CLERISSE s'en est donné à coeur-joie : formes et couleurs explosent à chaque page, nourries par une époque riche en expérimentations. Chaque objet, chaque lieu est tout à la fois vivant, en décalage, étonnant et familier.

Les délires télépathiques et astronomiques de son héros sont particulièrement bien rendus, et le dessinateur sait changer de style quand le récit rend directement hommage aux BD d'aventures de l'âge d'or des comics (repensez à Flash Gordon, par exemple).

Les compositions sont variées, dynamiques, les couleurs, superbes et bien plantées, ne figent pourtant pas les cases dans un bouillon illustratif, et la galerie des personnages, légèrement caricaturée, est une réussite - certains profils évoquant des stéréotypes croisés au cinéma ou dans de vieilles images de magazines et d'actualité.

Souvenirs de l'Empire de l'Atome, très attendu, est une réussite visuelle et scénaristique : complexe et élégant, il appelle plusieurs lectures, que ce soit pour mieux entrer dans l'histoire ou pour pleinement profiter de la richesse et de l'originalité des dessins.

Si l'ouverture et la fermeture du récit, au Mexique, ont un goût un peu trop classique, elles encadrent une oeuvre de qualité qui prend plaisir à jouer avec les époques et les lieux intelligemment et en mariant parfaitement le fond et la forme.

Le petit clin d'oeil à FRANQUIN, en cours d'album, arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, mais l'hommage au brillant repreneur de Spirou était tentant dans un tel contexte (Z comme Zelbub ?).

Un livre à lire et à relire, et un bel objet, en prime (admirez le travail fait sur la couverture), cerise cosmique sur cet exquis gâteau aux formes d'une autre époque.

Champimages qui voyagent.

Souvenirs de l'empire de l'atome
Souvenirs de l'empire de l'atome
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 10:50
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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 14:46
La Ligue des Gentlemen Extraodinaires - Century - Tome 3

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires - Century - Tome 2 s'achevait dans un magma psychédélique et polychrome qui devait permettre à Wilhelmina Murray d'arrêter les germes de l'Apocalypse que le mage Oliver Haddo tentait de semer. 1969 battait son plein et, somme toute, tout allait bien. (Si vous trouvez que je démarre un peu trop vite et un peu trop fort, ce qui est la moindre des choses quand il s'agit d'évoquer cette série, le mieux est encore d'aller faire un petit tour ici, pour mémoire).

40 ans ont passé.

Quarante tristes années durant lesquelles Mina (Wilhelmina) a disparu, Allan (Quaterman) aussi, et Lando (Orlando), sombrant dans la tristesse et la folie (pléonasme ?) s'est réfugié/e dans ce qu'il/elle sait faire de mieux, depuis trois mille ans : la guerre. Jusqu'à l'ivresse.

Cela aurait sans doute pu durer encore des décennies (ce ne sont pas les zones de conflits qui manquent...) si Prospero, le Duc de Milan en personne, n'était pas apparu en direct et en 3D au porteur d'Excalibur (Orlando, suivez un peu !) pour lui ordonner de se remettre en travail : "Où est ma ligue à l'heure du Jugement Dernier ?"

Eh oui ! Malgré tous les efforts stupéfiants (ah, ah) déployés dans les années 60, l'Antechrist a quand même été engendré, et son heure est venue.

Incombe alors au guerrier éternel de remettre la main sur les autres membres d'une Ligue bien mal en point (qu'elle semble loin celle qui défia fièrement Moriarty dans le ciel de Londres !) et qui ne croit plus en rien, désabusée sans doute par ce qu'elle a entrevu derrière le voile soulevé par l'immortalité.

Cette quête nous ramène des lieux croisés dès la première heure de la série (l'imposant siège des services secrets britanniques, une maison d'éducation pour jeunes filles déviantes devenu centre pour le bien-être psychiatrique...) tandis que, de loin en loin, les monstres du Docteur Moreau, le descendant de Nemo ou les restes des tripodes martiens nous rappellent combien l'histoire de la Ligue - et de l'Angleterre - fut riche.

Le groupe de nouveau réuni, les pistes sont minces et l'avenir sombre (pour changer) : "Je n'avais pas réalisé à quoi ressemblait le monde maintenant. On... On dirait l'ère victorienne. Je-Je pourrais presque me sentir chez moi, ici."

Bienvenue au XXI°s, Mina.

Seule piste à suivre : celle que Norton, moins énigmatique que jamais, leur soumet.

"Norton, il nous fait de l'aide. Vraiment.

_ De la part d'un squelette de dentiste nazi qui hante King's Cross en crachant des phrases adverbales ? Vous devez être désespérés."

King's Cross.

Noeud d'espace et de temps de ce Londres si cher à Alan MOORE (replongez-vous dans From Hell), carrefour de tous les mythes et dénouement de toutes les tragédies.

La fin commence sur un quai.

Alan MOORE, puits de sciences, d'histoires, de mémoire (je vous renvoie à la lecture du récent La coiffe de naissance, d'ailleurs) achève en beauté ce deuxième cycle et, d'une certaine manière, son diptyque (qui mérite cette appellation si l'on laisse de côté le Black Dossier).

Un peu moins rythmé et haletant que le premier (cycle), Century balaie le XX°s (à quelques poussières de temps près) en sortant des sentiers classiques pour frapper tous azimuts dans la culture au sens toujours plus large (bien qu'éminemment livresque tout de même).

Si certaines références échappent sans aucun doute aux lecteurs français que nous sommes, le scénariste réussit le magistral tour de force de faire le grand écart entre les grandes figures lovecraftiennes (l'ombre de Yoh-Sothoth plane depuis un tome) et les nouvelles idoles des jeunes (lecteurs), invitant en guise d'apothéose un personnage tutélaire de l'essence londonienne,et n'oubliant pas, en fil conducteur, l'Opéra de quat'sous qui nous avait cueilli dès le tome 1.

Kevin O'NEILL, fort de son trait toujours aussi anguleux, s'en donne à coeur joie aussi bien pour distiller l'étrangeté malsaine des lieux et de ceux qui les hantent que pour brosser des architectures dantesques.

Nourri lui aussi d'influences graphiques et culturelles polymorphes, il dresse des bas-fonds un portrait toujours plus visqueux et couvert d'affiches, et sait comme personne boursouffler les chairs sous les coups de la douleur et de la monstruosité.

Bien sûr, la conjonction des deux talents pourrait parfois passer pour un exercice de style gratuit par l'accumulation des références (les traquer dans les moindres cases reste un plaisir rare).

Pourtant, la justesse de leur analyse (grandes figures culturelles d'hier et d'aujourd'hui), l'exubérance des situations (grand spectacle pyrotechnique à la clef !) et la gravité de leur ton (il n'y a plus d'espoir) composent un cocktail étonnant et efficace.

Alan MOORE reste le plus grand scénariste de BD de tous les temps et un observateur précis et décalé de notre siècle, imprégné de toutes les facettes possibles de ce qui fait le monde aujourd'hui.

C'est en cela que la Ligue - Century est incontournable : par la relecture qu'elle offre de notre histoire et de nos héros.

Champimages éclectiques et électriques.

La Ligue des Gentlemen Extraodinaires - Century - Tome 3
La Ligue des Gentlemen Extraodinaires - Century - Tome 3
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