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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 14:46
La Ligue des Gentlemen Extraodinaires - Century - Tome 3

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires - Century - Tome 2 s'achevait dans un magma psychédélique et polychrome qui devait permettre à Wilhelmina Murray d'arrêter les germes de l'Apocalypse que le mage Oliver Haddo tentait de semer. 1969 battait son plein et, somme toute, tout allait bien. (Si vous trouvez que je démarre un peu trop vite et un peu trop fort, ce qui est la moindre des choses quand il s'agit d'évoquer cette série, le mieux est encore d'aller faire un petit tour ici, pour mémoire).

40 ans ont passé.

Quarante tristes années durant lesquelles Mina (Wilhelmina) a disparu, Allan (Quaterman) aussi, et Lando (Orlando), sombrant dans la tristesse et la folie (pléonasme ?) s'est réfugié/e dans ce qu'il/elle sait faire de mieux, depuis trois mille ans : la guerre. Jusqu'à l'ivresse.

Cela aurait sans doute pu durer encore des décennies (ce ne sont pas les zones de conflits qui manquent...) si Prospero, le Duc de Milan en personne, n'était pas apparu en direct et en 3D au porteur d'Excalibur (Orlando, suivez un peu !) pour lui ordonner de se remettre en travail : "Où est ma ligue à l'heure du Jugement Dernier ?"

Eh oui ! Malgré tous les efforts stupéfiants (ah, ah) déployés dans les années 60, l'Antechrist a quand même été engendré, et son heure est venue.

Incombe alors au guerrier éternel de remettre la main sur les autres membres d'une Ligue bien mal en point (qu'elle semble loin celle qui défia fièrement Moriarty dans le ciel de Londres !) et qui ne croit plus en rien, désabusée sans doute par ce qu'elle a entrevu derrière le voile soulevé par l'immortalité.

Cette quête nous ramène des lieux croisés dès la première heure de la série (l'imposant siège des services secrets britanniques, une maison d'éducation pour jeunes filles déviantes devenu centre pour le bien-être psychiatrique...) tandis que, de loin en loin, les monstres du Docteur Moreau, le descendant de Nemo ou les restes des tripodes martiens nous rappellent combien l'histoire de la Ligue - et de l'Angleterre - fut riche.

Le groupe de nouveau réuni, les pistes sont minces et l'avenir sombre (pour changer) : "Je n'avais pas réalisé à quoi ressemblait le monde maintenant. On... On dirait l'ère victorienne. Je-Je pourrais presque me sentir chez moi, ici."

Bienvenue au XXI°s, Mina.

Seule piste à suivre : celle que Norton, moins énigmatique que jamais, leur soumet.

"Norton, il nous fait de l'aide. Vraiment.

_ De la part d'un squelette de dentiste nazi qui hante King's Cross en crachant des phrases adverbales ? Vous devez être désespérés."

King's Cross.

Noeud d'espace et de temps de ce Londres si cher à Alan MOORE (replongez-vous dans From Hell), carrefour de tous les mythes et dénouement de toutes les tragédies.

La fin commence sur un quai.

Alan MOORE, puits de sciences, d'histoires, de mémoire (je vous renvoie à la lecture du récent La coiffe de naissance, d'ailleurs) achève en beauté ce deuxième cycle et, d'une certaine manière, son diptyque (qui mérite cette appellation si l'on laisse de côté le Black Dossier).

Un peu moins rythmé et haletant que le premier (cycle), Century balaie le XX°s (à quelques poussières de temps près) en sortant des sentiers classiques pour frapper tous azimuts dans la culture au sens toujours plus large (bien qu'éminemment livresque tout de même).

Si certaines références échappent sans aucun doute aux lecteurs français que nous sommes, le scénariste réussit le magistral tour de force de faire le grand écart entre les grandes figures lovecraftiennes (l'ombre de Yoh-Sothoth plane depuis un tome) et les nouvelles idoles des jeunes (lecteurs), invitant en guise d'apothéose un personnage tutélaire de l'essence londonienne,et n'oubliant pas, en fil conducteur, l'Opéra de quat'sous qui nous avait cueilli dès le tome 1.

Kevin O'NEILL, fort de son trait toujours aussi anguleux, s'en donne à coeur joie aussi bien pour distiller l'étrangeté malsaine des lieux et de ceux qui les hantent que pour brosser des architectures dantesques.

Nourri lui aussi d'influences graphiques et culturelles polymorphes, il dresse des bas-fonds un portrait toujours plus visqueux et couvert d'affiches, et sait comme personne boursouffler les chairs sous les coups de la douleur et de la monstruosité.

Bien sûr, la conjonction des deux talents pourrait parfois passer pour un exercice de style gratuit par l'accumulation des références (les traquer dans les moindres cases reste un plaisir rare).

Pourtant, la justesse de leur analyse (grandes figures culturelles d'hier et d'aujourd'hui), l'exubérance des situations (grand spectacle pyrotechnique à la clef !) et la gravité de leur ton (il n'y a plus d'espoir) composent un cocktail étonnant et efficace.

Alan MOORE reste le plus grand scénariste de BD de tous les temps et un observateur précis et décalé de notre siècle, imprégné de toutes les facettes possibles de ce qui fait le monde aujourd'hui.

C'est en cela que la Ligue - Century est incontournable : par la relecture qu'elle offre de notre histoire et de nos héros.

Champimages éclectiques et électriques.

La Ligue des Gentlemen Extraodinaires - Century - Tome 3
La Ligue des Gentlemen Extraodinaires - Century - Tome 3
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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 14:07
Fleep

"J'étais sur le point d'appeler Jenny pour lui dire que j'allais être en retard, c'est tout ce dont je me souviens."

Juste avant ?

Noir.

Encore un peu avant ?

L'entrée dans une cabine téléphonique, le plafonnier qui s'allume quand la porte se referme, puis noir, donc.

De nouveau Jimmy repousse la porte et les ténèbres.

"Derrière la porte se trouve un mur de béton."

Béton devant, derrière, dessous, et sans doute dessus.

Notre quidam amnésique est bel est bien prisonnier d'un espace de 8 x 9 x 33 envergures de main/cube.

Oui, il a le sens de la mesure - géométrique, en tout cas - et du calcul, qu'il s'agisse de connaître son volume respiratoire, le temps qu'il peut tenir sans aide extérieure, ou la distance séparant sa cabine d'une éventuelle autre cabine.

Cabine qui a été rebaptisée par l'incident : "TELEPHONE" est devenu "FLEEP".

D'une manière générale, les mots que Jimmy peut rencontrer - dans l'annuaire, dans une lettre écrite de sa main trouvée au fond de sa poche, sur les 3 pièces de monnaie y traînant aussi - sont ceux d'une langue inconnue ("Tenindrak nats arnik !") dont il finira par déterminer l'origine (je vous laisse deviner comment).

Exiguïté, asphyxie en embuscade : Jimmy Yee, aussi méthodique et persévérant soit-il, réussira-t-il à prévenir les secours et à tenir jusqu'à leur arrivée avant que la folie le gagne ?

Mais toute cette situation improbable n'est-il elle pas la preuve qu'elle est déjà bien installée et à l'oeuvre ?

Jason SHIGA - découvert il y a quelques temps à travers son dense et oubapien Vanille ou Chocolat ? - réussit avec Fleep le tour de force de nous plonger dans un univers improbable et de nous le faire accepter grâce à la méthode et au sérieux tout scientifique de son protagoniste.

Sans doute aidé par son cursus de mathématicien, l'auteur parvient en effet, avec un rythme soutenu et presque haletant, à rendre crédible ce qui est arrivé à Jimmy, en s'appuyant sur sa lucidité, sa débrouillardise, son assurance, et une certaine dose d'espoir qu'il anime. Celui de revoir Jenny.

Nous suivons donc avec attention de "flip" cauchemardesque dont nous aimerions sortir en même temps que le héros, et découvrons avec bonheur chaque nouvel indice et chaque nouvelle utilisation qu'il va pouvoir en faire.

Jamais huis-clos n'aura été aussi rondement et rapidement mené, jamais sens de la déduction n'aura été mis au service de plus étrange situation.

Auteur rare et exigent, Jason SHIGA fait partie de ces orfèvres de l'improbable dont il faut suivre les créations avec attention.

Prochaine étape pour explorer plus avant ses univers déjantés : Bookhunter.

Ca promet.

Champi chasseur

Fleep
Fleep
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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 11:24
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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 11:21
Vénus Tatoo

Jean-Luc MOERMAN, Sans titre (sans doute).

D'autres oeuvres sont visibles par ici.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 11:14
Collectif Humungus

Du dessin, encore et encore, sur tous les supports, surtout les murs - oui, je sais, c'est dans mon air du temps - mais en fanzine aussi - avec une belle couverture signée CROMWELL, difficile de faire son difficile face à ça.

Du collectif en force, en couleurs, qui propose plein de petits produits dérivés pour ceux qui n'auraient pas la chance d'aller voir sur place leurs créations murales.

C'est déjà ça.

(Dur dur de faire une belle mise en page avec la nouvelle version d'Overblog. Argh.)

Collectif Humungus
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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 08:57
Gags et Regags

Les lecteurs de Charlie Hebdo ou du Courrier International ont sans doute déjà croisé les traits minimalistes, "fildeferriens", de MIX & REMIX, deux noms pour un seul homme, c'est dire si l'artiste est bouillonnant.

En 2011, les excellents Cahiers Dessinés publiaient un premier recueil, Gags, compilant près de 150 strips (oui, je parle de strips même si la présentation est parfois tabulaire, non mais) - tout de même entrecoupés de quelques dessins uniques - balayant un champ très large : les médias, les relations hommes-femmes, les talibans (un des sujets de prédilection de l'auteur !), Dieu, l'art, les extra-terrestres, tout ça...

Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'absurde pourrait être la devise de MIX & REMIX, qui cultive l'art de la situation improbable ou de la chute à contre-pied. Exercice aussi difficile que périlleux qu'il réussit presque toujours (accordons-lui quelques baisses de régime, tout de même) avec brio.

Regags, paru en 2012, est l'occasion de prendre une nouvelle bouffée d'humour drôle (si, si), subtil, et suffisamment intelligent pour nous faire réfléchir sans en avoir l'air (c'est bel et bien là que l'humour atteint sa plénitude, si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, en fait !). Certains gags flirtent même avec une certaine forme de philosophie, ou nous conduisent au bord d'un abîme intellectuel et rhétorique qui, derrière le rire, fait grincer des dents.

L'oeuvre de MIX & REMIX fait partie des incontournables, alliant simplicité et efficacité du trait à la force et la profondeur du propos, mais sans jamais se prendre au sérieux.

Deux noms pour un seul homme : pas étonnant, au vu du nombre de directions dans lesquelles il étend sa plume.

On en redemande (ah ah).

Champi qui rit, qui grince

Gags et Regags
Gags et Regags
Gags et Regags
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 22:48
Raging Bulles à Toulon - 27 juin 2013

Dernière session de l'année (scolaire) pour notre désormais célèbre rendez-vous BD. L'occasion de lire une dernière série de nouveautés et de faire le point sur les 10 mois passés pour élire "l'album de l'année".

Même endroit : La Cave de Lilith, rue Paul Lendrin.

Même heure : 19h30.

Même menu gastronomique : du bon vin, de belles assiettes.

Seul le menu livresque change :

KASAI Riichi, Assistante Mangaka, ed. Kana.

VIDAURRI Shane-Michael, Iron ou la guerre d'après, ed. Cambourakis.

MOORE Alan & CAMPBELL Eddie, La coiffe de naissance, ed. Cà et Là.

CORNETTE Jean-Luc & CONSTANT Michel, Le sourire de Mao, ed. Futuropolis.

BUCHE Eric & PERRISSIN Christian, Le vent des cimes, ed. Glénat.

HAMON Jérôme & VAN STRACEELE Marc, Yokozuna, ed.Kana.

Bonnes lectures !

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 21:20
Mausolée

En 7 minutes peut-être un peu trop saccadées, Mausolée retrace la métamorphose d'un centre commercial désaffecté puis squatté sous les traits et les couleurs d'une multitude de street artists, comme on dit.

Ca bouge, ça vit, ça palpite, ça lutte contre l'oubli.

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 02:14

"La nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres et par la haine commune de ses voisins."

Dean William R. INGE (cité dans le Singe de Hartlepool)

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 23:37
Un champi dans la ville

1024 Architecture - Mushroom

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