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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 09:33
Les Supercheries Littéraires

Comment prouver que les critiques ne savent pas lire ?

Comment créer un auteur trash ?

Comment écrire un livre choc sur l'immigration ?

Comment éditer un manuscrit qui n'existe pas ?

Longue est la liste de questions soulevées par cette série de très courts métrages léchés en quelques traits quasi signalétiques et un piano très rythmé.

Le tout porté par l'inimitable voix de Jackie BERROYER.

Les Supercheries Littéraires, une dizaine de petites leçons sans prise de tête, teintées d'humour, et qui rappellent combien il faut éviter de tout prendre au sérieux.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 09:37

Berge(r)s : "On gardait les chevaux de la mer..." (hommage à Léo)

B(l)ack : "Reviens, la nuit..." (hommage à Johnny)

F(r)ioul : Tintin et l'Île de l'or noir.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 09:19
Chacun porte son ciel

Jacques

Au début j'étais un ballon bleu.

Et puis, je l'ai crevé à cause de l'oeil de ma soeur.

A moins que ce ne soit à cause de tous ces yeux qui m'ont dit du mal

Et ont piqué dans mon hélium pour que je redescende sur terre.

C'est dommage, j'aurais pu rester rond et léger,

Aimer le monde par en-dessous, envoyer des messages et vivre heureux,

Pacsé avec le vent, détaché du fil du temps.

A la place, j'ai construit des angles et des portes,

J'ai tourné le dos à mon ouragan, j'ai plombé mes chaussons d'opinions

Et j'ai tiré sur tout ce qui louche.

J'ai fait ma vie, j'ai fait le grand debout qui marche.

J'ai fait les liens et les attaches, j'ai fait le monde en aller-retour,

Des photomatons de mes rides qui courent.

Et piqué un peu dans des héliums, j'avoue.

C'est dommage parce que je suis sûr que j'ai encore du bleu derrière mon oeil.

Un bleu feutre, un peu sale, comme un oeil d'enfant

Gribouillé au-dessus d'une maison de travers,

Observé par un soleil bardé de traits.

Comme j'en suis sûr, j'attends le retour des fous dans ma tête,

Une brigade de ballons sans idées, comme des bulles de rêves,

Des audaces volantes sans attentes.

Et pour être sûr de ne pas trop attendre, je fais le solennel et je plante.

Ici dans mon jardin secret, ma graine d'Alzheimer.

Plus tard, attaché mais fou comme un enfant,

Je volerai dans mon ventre, j'aimerai le monde sans mémoire,

J'enverrai des mensonges et vivrai heureux, pacsé avec maman,

Détaché de mon fil et de mon vieux tempérament.

Regonflé à bloc, hors du temps.

Théa ROJZMAN, Chacun porte son ciel.

Chacun porte son ciel
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 20:13

Cinquième édition du festival BD qui monte, qui monte, qui monte !

Des libraires pour accueillir des auteurs, des animations à foison (cosplay, ateliers BD, deux tables rondes dont une animée par votre serviteur dimanche à 11h...), expositions un peu partout : la BD s'installe au mois de juin.

Les infos complètes sont par ici, la belle affiche signée Eric CARTIER juste en dessous, ne vous reste plus qu'à être de l'expédition et, comme chaque année, faire de belles découvertes.

Bulles en Seyne - 8 et 9 juin 2013
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:18

2003-2013.

Dix ans de portraits en traits/très noir et blanc réalisés par un maître de l'horreur froide et lisse, Charles BURNS.

Exposés dans la Adam Baumgold Gallery à New York, ces portraits nous sont aussi accessibles sur le site internet de la galerie.

Contours nets, regards intenses, la galerie de portraits est dense, révèle un talent sûr (dont nous ne doutions pas) et un remarquable sens du réalisme épuré, et s'achève par les créatures apeurées croisées aux abords du Black Hole.

Magistral et glaçant.

Charles BURNS - Cover portraits for The Believer
Charles BURNS - Cover portraits for The Believer
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 18:29
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 23:43
Industriel

Fond de cale. Des hommes, des corps plus que des consciences, oeuvrent sans relâche pour nourrir la bête de fonte et d'engrenages qui leur fait fendre les flots. Non loin, entre deux eaux, entre deux mondes, guette une "baleine blanche", signe de temps nouveaux.

A quai.

Un des marins-ouvriers-forçats saute le pas et à terre, pour les beaux yeux d'une belle qui s'évanouit entre les mains d'un symbole omniprésent et autoritaire.

Lui, perdu, dans l'ombre, se retrouve embarqué dans un jeu de luttes politiques de plus en plus troubles, malsaines, à l'image de cette ville-labyrinthe qui craque comme une coque rouillée et crache fumées noires et coups sur les corps de ceux qui ne seraient pas d'accord.

Peu d'espoir dans cette première histoire.

La seconde, portée par les couleurs de la première de couverture (seule trace de polychromie de l'album), nous entraîne dans les bas-fonds d'une usine. Machine-travail à la chaîne-pause-machine. Train-train et ron-ron d'un monde mécanique dans lequel chacun n'est qu'une pièce de plus, de trop.

Les rares bouffées d'air proviennent des concerts, forcément sauvages, ou des tags, colossaux et revendicatifs. Images-symboles tapies dans l'ombre.

Un regard en coin, une belle voiture, le maigre espoir peut-être d'un après meilleur, et la jeune femme monte avec l'inconnu.

Le félin-totem qui veille sur elle saura-t-elle la sauver...

Deux récits très noirs dans cet Industriel taillé au rasoir. Danijel ZEZELJ semble avoir trempé son pinceau dans les heures les plus sombres de l'Histoire (son origine balkanique n'y est sans doute pas étrangère) et nous livre des morceaux très durs d'un univers à peine d'anticipation : régime totalitaire, capitalisme écrasant, villes-machines et êtres broyés...

Les rares espaces de liberté et d'expression sont offerts par la musique, la peinture, qui laissent entrevoir des parcelles de résistance, à défaut de véritable espoir.

Les deux figures animales qui accompagnent chacune des histoires ajoutent la touche d'étrangeté nécessaire, sans sombrer dans le fantastique : elles marquent (de manière peut-être un peu trop appuyée, il est vrai) un symbolisme teinté de poésie.

Graphiquement, l'auteur a opté pour un parti radical et résolument efficace : traits anguleux, noirs dévorants, compositions somptueuses, élégances des rythmes presque abstraits.

Le choix d'un récit sans paroles appelle des images plus fortes, parfois un peu trop explicites, mais qui réussissent tout de même à garder un certain mystère.

Le tout dégage un charme fou, dérangeant, étouffant, et révèle une virtuosité graphique rare. Les éditions Mosquito (celles-là même qui nous ont permis de redécouvrir Sergio TOPPI) ont de nouveau fait un remarquable travail et nous permettent de découvrir un auteur d'un immense talent (et d'une immense gentillesse, comme j'ai pu le constater durant le Festival BD de Solliès-Ville).

Peu d'espoir entre les pages d'Industriel, mais la force d'un propos servi par la force du dessin d'un auteur à suivre. Débarrassée du texte, l'image peut, enfin, nous saisir totalement aux tripes.

Champimages qui vibrent en cognent.

Industriel
Industriel
Industriel
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 23:17
Super Rhino

Est-ce un avion ? Est-ce un oiseau ? Mais non !! C'est Super Rhino !! Reconnaissable entre tous grâce à sa tenue bleue et surtout sa cape violette !!

Qui est ce nouveau super-héros d'un autre temps, et surtout d'une autre stature que ceux auxquels les comics nous ont habitués ?

La star d'un jeu Haba mêlant château de cartes et 8 américain.

Chaque joueur dispose de 5 cartes qui sont autant de plafonds et planchers potentiels des étages d'une tour qui va sortir du sol.

A son tour, un joueur plie et pose un ou deux murs (en fonction des indications de carte "sol" en place) puis dépose par dessus un de ses cartes, qui fait donc à la fois office de plafond (pour l'étage précédent) et d'étage (pour celui à venir).

La plupart des cartes ont un petit effet sur le jeu :

- rejouer une carte immédiatement

- sauter le tour du voisin

- lui faire piocher une carte

- faire déplacer Super Rhino (vous l'attendiez tous, n'est-ce pas ?)

Super Rhino en question est un petit pion qui va se balader d'étage en étage. Inutile de vous dire que plus la tour monte, plus le mastodonte encapé la déstabilise, et devient un facteur important d'oscillation !

La partie s'arrête soit quand un joueur a joué toutes ses cartes, soit quand il fait s'écrouler la tour.

Le matériel est superbe et solide, les parties rapides et assez endiablées (quel que soit l'âge des participants !!), et les tours peuvent monter très très haut... tant qu'elles restent à l'abri des courants d'air !

Une nouvelle très bonne création des éditions Haba.

Champi-ludi.

Super Rhino
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 23:02

Même dans les Dessins abrégés de KEISAI.

Je vois des champis partout !
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 23:09
Le Royaume T1

Après ma salve de chroniques BD de ces derniers temps, vous deviez penser que j'étais enfin sorti de ma léthargie. Puis silence, et vous avez dû penser que tout était rentré "dans l'ordre" (l'ordre du rien, en quelque sorte).

Il faut dire que la période est riche en festivals du jeu et que notre petite asso y passe beaucoup de temps.

Mais les lectures suivent leur cours, les livres s'accumulent, jouant des coudes pour être chroniqués les uns avant les autres, donc nous y voilà.

Le Royaume - précieusement conseillé par Paola, de Contrebandes, alors que je cherchais des BD avec des héroïnes atypiques - fait partie de ces bonnes surprises que l'on ne s'attend pas à trouver au rayon BD jeunesse si l'on n'y traîne pas assez souvent.

"Il était une fois un royaume paisible où il faisait bon vivre. C'était un petit pays oublié par ses puissants voisins et leurs guerres incessantes. Un charmant petit bout de terre sur lequel vivaient tout un tas de gens qui chaque jour jouissaient de ce que leur offraient la terre et le soleil..."

Rassurez-vous, le conte de fées s'arrête là.

Car le Royaume en question n'a pas besoin de voisins belliqueux pour être le théâtre d'aventures et accrochages : une décision de la Reine elle-même vient de mettre le feu aux poudres des canons du coeur de la famille royale.

" Où est le déjeuner ?!! Anne !

_ (ton glacial) Anne ne viendra pas ! Je l'ai renvoyée !!!

_ Renvoyée ?!! Mais pourquoi ça ?!!

_ (ton toujours aussi glacial) J'ai appris qu'elle passait ses nuits dans votre lit... Ce n'est pas convenable ! Je l'ai donc renvoyée !!!

_ Mais ... enfin ! C'est faux !!! Qui donc vous a raconté cela ?

_ (ton encore plus glacial, si tant est que ce soit possible !!) Des petits oiseaux !"

Le ton est donné. Oui, le Roi (car c'est bien lui qui donne la réplique à la Reine) partage bien sa couche avec Anne, mais c'est pour leur bien (ne me regardez pas comme ça, de travers, et lisez la BD pour comprendre, je ne vais pas tout vous raconter non plus, hein ?).

Et oui, surtout, les oiseaux parlent. Beaucoup. Plutôt mal. Et n'ont pas leur langue dans leur poche. En même temps, ils avaient annoncé la couleur dès la quatrième de couverture :

"Et on est dedans nous aussi ?

_ Bin ouais ! Qu'est-ce que tu crois ?

_ Whâ ! On est des vedettes ! On peut s'la péter !

_ A mort !!!"

Braves bêtes.

Donc Anne, mise à la porte bien malgré elle, se voit confier par le Roi un taudis une belle maison qu'elle entend transformer en auberge, car il faut bien vivre maintenant.

En chemin elle rencontre François le forgeron, gentil, un peu simplet peut-être, force de la nature, qui tombe immédiatement amoureux d'elle et entame une longue et douloureuse quête de son coeur. Avec une persévérance qui force le respect.

Elle croise aussi la route de tous les médisants de la ville (qui sont nombreux).

Elle s'attire surtout la protection des oiseaux ("Tu nous as bien fait marrer ! On t'adore !!! On te prend comme mascotte !!!") qui non seulement l'aident à ouvrir son petit commerce, mais surtout sont de précieux alliés face à la méchanceté des citadins, et de précieux espions donc les oreilles et les yeux traînent partout.

Pendant ce temps, au château, Anne a été remplacée par Berthe, femme d'une plus grande expérience (sic) qui sait agrémenter les royaux petits matins d'une haleine qu'on imagine fétide et d'un plat sans doute typique, le boulatch, donc la composition restera secrète tout au long de l'album, pour la plus grande joie du lecteur.

Regrettée par le Roi, sa fille et ses deux fils, Anne finira par recevoir leur royale visite, par des moyens plus ou moins détournés. Et non sans mal. Bien sûr, tout finit par un banquet, comme dans toute bonne BD qui se respecte, n'est-ce pas ?

Action, humour, légèreté, dialogues taillés au cordeau et à la serpe (oui, un exercice bien difficile) : le Royaume est un petit bijou à consommer sans modération.

Benoit FEROUMONT semble totalement accro à ses personnages, et les fait vivre avec une jubilation contagieuse. Les scènes d'action s'enchaînent sans temps mort, les oiseaux sont d'heureux provocateurs, et la BD, parcourue à toute vitesse tant le rythme est prenant, laisse un souvenir fort et frais particulièrement plaisant.

Le dessin, dynamique et efficace, sait aller à l'essentiel et compose une galerie de trognes particulièrement réussie. Personne n'est trop beau ou trop laid (sauf Thibault et Berthe, il faut bien en convenir...), tout le monde est attachant et expressif.

Une série comme on aimerait en découvrir plus souvent.

Quatre tomes déjà au compteur, deux "seulement" dans ma bibliothèque, ça laisse encore une petite marge de découverte et de bons moments.

Chouette.

Champimages qui fusent.

Le Royaume T1
Le Royaume T1
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