Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 18:24

Comment attirer le wombatTrès bonne question que nous pose là Will CUPPY : en effet, on a beau jeu de vouloir avoir chacun son wombat chez soi, domestique, affable, fouisseur, mais encore faut-il l'avoir attrapé car, contrairement à ce que l'on pense, ces gros rongeurs ne courent pas les rues.

 

Heureusement, donc, que Will CUPPY se pencha sur le sujet, et pour le coup sur bien d'autres, car Comment attirer le wombat ne parle pas QUE de wombat, et c'est un bonus. A travers neuf parties, quelques préface, postface, intermèdes et bonus, l'auteur nous entraîne dans les recoins les plus secrets de la zoologie. Son érudition sans limites nous offre, en prime, une nouvelle et bien plus pertinente classification du monde animal que celle que l'on peut trouver dans les tellement conventionnels ouvrages universitaires ! Jugez plutôt :


- les mammifères pour débutants

- les mammifères évolués

- les mammifères problématiques

- plaisirs de la vie dans l'étang

- les pieuvres et ce genre de bestioles

- insectes pour tous

- insection optionnels

- les oiseaux qui ne peuvent même pas voler

- les oiseaux incapables de chanter et qui le savent

 

Alors ? Le monde animal ne vous semble-t-il pas soudain moins mystérieux et plus accessible ?

 

Pour le cas où vous douteriez des compétences et références de l'auteur sur le sujet, les innombrables notes de bas de page devraient vous rassurer, car tout le monde sait que ces petites lignes numérotées sont une garantie de sérieux, non ? (ou de l'utilisation de certains engins propres aux héros de Jasper FFORDE, j'en conviens).

 

Bon, rien de tels que deux ou trois exemples pour étayer une démonstration (voyez comme la démarche scientifique de l'auteur transcende mon écriture !!) :

 

"La grenouille est un vertébré de la classe des amphibiens, mais elle ne le sait même pas."

 

"A cause de sa taille, les anciens considéraient l'autruche comme partiellement quadrupède, même si elle n'a que deux pattes. Il est certes possible de voir un bipède comme un demi-quadrupède, si vous avez cette tournure d'esprit, mais l'hypothèse ne tiendra pas sur le long terme. Afin de régler le problème, Aristote examina de près une autruche et déclara : "Elle diffère d'un quadrupède en cela qu'elle porte des plumes". Je suppose qu'il a dû avoir une sorte d'illumination."

 

"Les hommes préhistoriques s'intéressaient beaucoup aux salamandres, mais ils ne pouvaient pas écrire d'articles à leur sujet."

 

Vous trouvez que cela fleure trop le nonsense et l'absurde ? Mais à quoi vous attendiez-vous de la part d'un auteur publié par les Nouvelles Editions du Wombat ? On se demande d'ailleurs bien d'où peut venir le si joli et si exotique petit nom de cette maison d'édition...

 

Une nouvelle découverte permise par Yves F., de  Fluide Glacial, précieux érudit de l'humour introuvable.

 

Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un terrier à consolider...

 

Champi qui fouisse.

 



Repost 0
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 10:36

Bride Stories T1 - CouvertureToujours dans le cadre du mois de mai de K-BD consacré aux héroïnes créées par des auteures, voici, après Frances, Bride Stories, de Kaoru MORI.

 

"Au XIX° siècle, en Asie centrale, dans une petite ville non loin de la mer Caspienne... [...] La mariée, venue à dos de cheval d'un lointain village par-delà les montagnes, a huit ans de plus que le marié. Amir Hargal, 20 ans. Karluk Eyhon, 12 ans. Leur vie conjugale vient tout juste de commencer."

 

Une vie conjugale qui prend un peu le contrepied de celles que l'on pourrait imaginer à cette époque en Europe, au Japon ou ailleurs, car non seulement madame s'occupe du foyer (c'est le moins que l'on pourrait attendre d'elle, à l'époque !) mais elle chasse, elle garde les troupeaux, elle tire à l'arc et elle séduit tout son entourage, à commencer par sa nouvelle belle famillle qui, comme le veut la tradition, l'héberge depuis son mariage. Difficile, bien sûr, de reprocher à son très jeune époux de ne rien faire, puisqu'à son âge, on ne sait pas encore faire grand chose... A part un peu s'occuper de ses plus jeunes frères et soeurs, et encore. Et être béat d'admiration devant une telle épouse.

 

Amir est grande, belle, distinguée, polie, intelligente, humaine, la perfection faite femme. Cavalière émérite, elle chasse et cuisine le lièvre comme personne (il faut dire qu'en "ville", personne ne consomme ce gibier), sait en coudre les peaux pour en faire une belle veste pour son homme, et ses sens aiguisés lui permettent de voir et d'entendre avec une acuité presque surnaturelle. Il faut croire que les collines péri-caucasiennes sont le creuset des super-héros d'antan.

 

(Bon, petite parenthèse ici pour indiquer que, malgré toute ma bonne volonté, je ne vais pas pouvoir défendre cet album. Ce n'est pas dans mes habitudes de chroniquer ici des livres qui ne m'ont pas plu, mais à la demande de mes collègues de K-BD, je me prête à l'exercice malgré tout. Après mon avis sur Frances, j'espère que vous n'allez pas me croire misogyne !!).

 

Bride Stories, qui m'était déjà tombé dès mains lors d'un précédent Raging Bulles, est ce que l'on pourrait appeler un manga de genre. Du genre "shôjo exotique", pour être exact. Kaoru MORI a parfaitement fait son travail, en combinant avec méticulosité et exactitude deux listes complètes :

- d'une part celle du shôjo (le "manga pour filles"), avec entre autres ses gros plans répétés sur les visages, ses arrière-plans fleuris ou étoilés, ses yeux larmoyants, ses scénarios dramatiques ;

- d'autre part l'exotisme, ici celui du Caucase de la fin du XIX°siècle, riche de ses grands espaces, de la coexistence du nomadisme des pâtres et du sédentarisme des artisans, de la qualité de ses textiles brodés et de ses bois sculptés, et de tous ces petits détails socio-anthropologiques qui font la joie de ceux qui les découvrent (le sentiment de découverte étant renforcé par la présence de Smith - appréciez l'originalité du nom, et l'absence de prénom - "parasite" ouest-européen sans doute qui indique bien aux lecteurs à quel moment s'extasier devant tant d'exotisme en s'extasiant lui-même. Merci Smith !).

 

Allez, reconnaissons tout de même une originalité à l'auteure et à son oeuvre : alors que dans Candy, oeuvre phare du genre shôjo, c'est la jeune blondinette qui est en extase devant son blond prince des collines, ici c'est le petit brun qui n'en revient pas d'admiration devant sa princesse des montagnes, qui est si belle, si grande, si forte, si parfaite, alors que lui n'est bon, au mieux, qu'à attraper un rhume (un gros rhume, certes, mais un rhume quand même).

 

Bien sûr, ce choc des civilisations ("C'est un plat que vous mangez souvent chez vous ?") s'accompagne d'un choc générationnel, d'un lent (très lent !!) apprentissage de la vie de couple et de l'intimité entre Karluk et sa femme de 8 ans son aînée : il rougit dès qu'il la voit, ne sait comment réagir quand elle s'approche trop près, et ne parlons même pas de ce moment, sous la yourte, où elle se dévêt pour mieux lui tenir chaud.

 

Qu'ajouter d'autre ?

Le scénario fait la part belle à certains clichés : la grand-mère du marié (remercions la post-face qui nous permet d'y voir plus clair dans cette organisation familiale un peu chaotique. C'est pratique une postface pour pallier les faiblesses d'écriture !), qui manie l'arc aussi bien que sa nouvelle belle-petite-fille, aurait-elle le même passé qu'Amir ? (suspens !!). Le méchant grand-frère de la jeune femme, mû par l'intérêt pur, réussira-t-il à reprendre sa soeur pour la marier à plus riche ? (re-suspens !!)

 

Graphiquement, rien à dire, c'est d'un classicisme irréprochable, à tel point qu'on peut parfois difficilement distinguer certains personnages. L'auteure, comme elle l'avoue d'ailleurs dans la postface, est passionnée "par cette région et celle du Caucase (depuis) le lycée". Avec sans aucun doute une attirance sans limites pour le tissage et l'ébénisterie : vous ne saviez pas ce qu'était une "lambourde" ? Lisez Bride Stories et vous vous coucherez moins bête !!

Oui, la boulangerie a Yakitate Ja-Pan, l'oenologie Les Gouttes de Dieu, vous qui tremblez devant les catalogues Saint-Maclou ou Leroy-Merlin connaîtrez enfin tous les secrets de la bricole artisanale grâce à ce manga. Quelle chance !

 

Bref, près de 200 pages pour voir quelques paysages, de belles étoffes, des boiseries finement ouvragées et des gros plans à n'en plus finir pour mettre en valeur l'admiration de l'un des protagonistes et la bonté de l'autre, autant feuilleter un Géo "spécial Caucase" et un Nous Deux, et l'affaire est dans le sac.

 

Bon, vivement que je me remette à chroniquer des livres qui me plaisent, sinon je vais finir par passer pour un méchant lecteur !!

 

Champi Grrrr

 

Bride Stories T1 - Extrait 1

 

Bride Stories T1 - Extrait 2

 

 

Repost 0
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 20:10

ROEGIERS Antoine - Les Sept Péchés Capitaux

 

Les Sept Péchés capitaux, de BRUEGEL, repris par la plume et en mouvement par le dessinateur et vidéaste belge  Antoine ROEGIERS.


Il y a du Hiéronymus BOSCH, dans l'air, mais aussi du Roland TOPOR (oui, je sais, c'est une obsession...)

Repost 0
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 19:35

Cratographie

 

"Every meteorite fall on earth mapped

Or at least those we know about. And where are the known meteorite landing places on earth? These impact zones show where scientists have found meteorites, or the impact craters of meteorites, some dating back as far as the year 2,300BC. The data is from the Meteocritical Society and doesn't show those places where meteorites may have fallen but not been discovered."

 

Tout est "dit", tout est . Merci The Guardian !

Repost 0
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 19:26

Frances T1 - CouvertureLes thèmes se suivent et ne se ressemblent pas sur  K-BD : après un mois d'avril consacré aux "petits vieux", mai se penche sur "les héroïnes créées et mises en scène par des auteures/auteuses".

J'aime quand K-BD me fait me replonger dans des BD lues il y a longtemps (le récemment abordé Léon la Came en est un bon exemple).

J'apprécie aussi quand les thèmes m'amènent à ouvrir un livre que je n'aurais sans doute qu'effleuré du regard si je l'avais vu - ce qui n'était même pas le cas de Frances, pour tout avouer. Et bien qu'ayant des goûts graphiques larges, pas sûr que j'aurais pris la peine de le lire. Pas tant pour l'étrangeté qui se dégage d'un trait qu'on imagine tracé au crayon à papier ou à la mine de plomb que par la raideur qui émane de l'ensemble. Ayant été conquis, il y a quelques années, par l'écriture d'Agota KRISTOF, je me suis dit qu'on tenait peut-être ici, en la personne de Joanna HELLGREN, son pendant "bédéien".

 

Frances est une petite fille brune que sa blonde et diaphane tante Ada vient chercher un soir après la mort d'August, le père de la fillette. Elle l'extrait de sa campagne sans doute natale pour un appartement au coeur de la lointaine ville, entre un père/grand-père (tout est relatif) gâteux et un peu antipathique, une voisine intrigante aux cheveux noirs courts et plaqués, et une autre tante, Anna, dont les blondes jumelles ont le parfait attirail des petites pestes.

 

En perte de repères, Frances découvre un univers familial peu accueillant et étouffant, souffre de la distance avec sa poignée d'amis qui tardent tant à répondre à ses lettres, et tente de fuir ses cauchemars récurrents où son père revient encore et encore. Le fait que son grand-père la confonde avec August n'arrange rien.

 

Pour couronner le tout, Anna, plus jeune mais plus autoritaire qu'Ada, assomme sa soeur de reproches et, s'invitant à l'improviste un samedi matin, lui reproche ses fréquentations fémines. Car Ada se fait parfois oiseau de nuit pour trouver de la compagnie.

 

Difficile de défendre cet album que je trouve au mieux convenu, au pire sans intérêt. Les clichés - qui ne font peut-être que restituer la banalité d'une situation réelle - s'enchaînent à tous les niveaux : relation entre Frances et des deux cousines, entre Ada et sa soeur, entre les deux femmes et leur père sénile, entre Ada et Louise, sa voisine... Tout a déjà été joué et rejoué mille fois, situations, personnages, dialogues, et l'on se demande bien quel pourrait être le contenu des épisodes suivant. En apprendre davantage sur les secrets de famille ? Bof... Voir les deux héroïnes, nièce et tante, s'émanciper ? Elles ne sont pas attachantes...

 

Graphiquement, on pourrait reprocher à Joanna HELLGREN l'inconstance de son trait et les libertés qu'elle prend avec les proportions et la perspective, mais tout cela concourt à dessiner un univers un peu décalé et dérangeant en parfaite adéquation avec le propos. Les visages, bien que peu expressifs, ont la force de certains masques de théâtre, et les décors à géométrie variable peuvent évoquer les artifices qui font apparaître ou disparaître à volonté et suivant les besoins les éléments qui les constituent.

Les personnages sont assez raides, contrastant parfois fortement avec certains paysages déployés en pleines pages où l'auteure donne libre cours à une certaine virtuosité pour la vibration - malgré l'économie des moyens.

 

Même si l'on tente de replacer l'histoire dans un contexte historique précis et fort, dans lequel les enjeux concerneraient la place des enfants et celle des homosexuels dans une société rigide et conventionnelle, il m'est difficile de trouver Frances intéressant : non seulement, comme je l'ai indiqué, parce que tout à un sérieux air de "déjà vu", mais aussi parce que l'auteure semble avoir tellement appuyé le cliché qu'il en devient caricatural. Les seuls hommes qui gravitent autour de cette histoire sont un frère alcoolique, un père de famille effacé et un grand-père sénile.

La communauté lesbienne n'est pas épargnée non plus, avec ses regards en coins, ses moqueries et ses travers vestimentaires ou capillaires.

 

Une lecture décevante, donc, peut-être desservie par le fait qu'il s'agit de la première oeuvre de la dessinatrice suédoise. Pas sûr toutefois que la curiosité me pousse tout de suite à plonger dans d'autres pages de la même plume.

Dommage.

 

Champimages raides et usées.

 

Frances T1 - Extrait 0Frances T1 - Extrait 1Frances T1 - Extrait 2

Repost 0
14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 12:09
Repost 0
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 10:47
Repost 0
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 19:50

Léon la Came - Couverture"Comment va-t-il, Pilick ?

_ Etat stationnaire, monsieur...

_ Léon, Léon... C'est moi, Gégé ! Oh mon Léon ! Mon bon pépé ! Regarde ce qu'ils ont fait de toi..."

 

Quoi qu'ils lui aient fait, il le leur a bien rendu, le Léon. Et pas qu'un peu. Il faut dire qu'à presque 100 ans, on a encore de la ressource pour en faire baver aux siens, surtout quand ils ont pris le contre-pied de ce qu'on a bâti.

 

Voyez donc ! Léon(ce) Houx-Wardiougue, pionnier du patronat social, solidaire des employés, dont le fils tyrannique Aymard a patiemment défait l'oeuvre pour assoir l'empire industriel et cosmétique qui est le sien aujourd'hui.

 

Léon qui revient alors qu'on ne l'attendait plus, à un moment plutôt délicat pour la famille Houx-Wardiougue, car les temps sont durs, les affaires aussi, et les inespérés repreneurs Japonais ne verraient peut-être pas d'un bon oeil le retour du "patron rouge".

De quoi donner des sueurs froides au gros Aymard, mais surtout de quoi secouer le pauvre Géraldo-Georges, fils de, et donc petit-fils de, dont les innombrables difficultés (intestinales, relationnelles, familiales, comportementales...  toute sa vie, en fait !) vont peut-être trouver solution grâce à ce retour providentiel.

 

La galaxie H-W ne s'arrête toutefois pas là : il faut compter avec Nadège, la soeur de Gégé, son mari "Viateur" (à quoi bon avoir un prénom quand on n'est pas considéré) et leurs enfants Béranger, la petite vingtaine à mèche à la mode, et Jean-Guy, le nabot à casquette de rappeur.

 

L'apocalypse peut commencer. En effet, Léon a dans ses bagages de quoi pulvériser l'ordre familial établi : passé de patron membre du PCF, vie de baroudeur, culture de cannabis, vices multiples, secrets à profusions, et une furieuse envie de faire chier son fils et de déniaiser son petit-fils (Gégé, donc, vous suivez toujours ?), lequel s'est vu confier la campagne de communication de l'entreprise familiale (tout est très familial chez les H-W, n'est-ce pas ?), avec le soutien bien sûr de l'Agence Tétra-Clarke et de son "designer number one", Jean-God-Michel (oui, le trait humoristique est parfois un peu appuyé...).

 

Personne n'est au bout de ses surprises avec les lubbies de l'ancêtre, qui souffre en plus de quelques hallucinations auditives, et dont la fin de vie n'est pas non plus de tout repos pour lui.

 

Bref, Sylvain CHOMET a pris un malin plaisir à concentrer, à travers les quatre générations de la famille H-W, une bonne partie des caractéristiques du XX°siècle finissant (la BD sortit en 1995), entre le marteau politique des années 30 et l'enclume ultra-libérale des années 90.

Bien sûr, la plupart des personnages sont caricaturaux, mais ils le sont juste comme il faut, avec la mesure nécessaire pour que, sous leurs traits théâtraux, ils laissent transpirer un irréfutable réalisme : le cynisme cruel des agences de communication, la destructrice entreprise de détricotage des droits des ouvriers, le tout baignant dans un univers gris de banlieues ("ça fait un quart d'heure que nous roulons et j'ai l'impression de ne pas être sorti du garage !") et vérolé d'affiches publicitaires.

Le ton est mordant, fait souvent sourire en grinçant des dents, car le propre de la comédie humaine est de gratter là où ça fait mal.

 

Le trait de Nicolas de CRECY (dont c'était le quatrième album, seulement) est lui aussi grinçant et grimaçant à souhait : les visages des personnages sont autant de masques marqués et malléables (Foligatto est sorti quatre ans avant), les délires provoqués par "les cigarettes de pépé" sont autant d'occasions pour lui de laisser son trait voguer au fil des déformations, et le tout est assorti d'une palette chromatique limitée oscillant entre le vert marécage et l'orangé automnal qui évoquent aussi bien la chambre d'hôpital que l'anti-chambre de l'enfer.

Chaque pli, chaque objet, chaque case déborde d'une vie vibrante, et les visages, que les cadrages mettent à l'honneur dans la plupart des cases, nous livrent le portrait d'une humanité peu ragoûtante, guignolesque.

 

Au final, Léon la Came fait partie de ces chefs-d'oeuvre (la BD fut primée à Angoulême en 1996) caractérisés par l'adéquation parfaite de la forme et du fond et la virtuosité scénaristique et graphique : les deux auteurs font mouche, et la BD se relit avec toujours autant de force et de plaisir.

Léon la Came fut le premier tome d'une cinglante trilogie, complétée par Laid pauvre et malade et Priez pour nous, quelques années plus tard. Autant d'autres occasions de disséquer la société et de tricoter des histoires familiales troubles et troublées.

 

Les albums sont aujourd'hui épuisés, mais gageons que Casterman, indépendamment peut-être des tensions qui sont apparues entre les auteurs depuis (suite à la sortie des Triplettes de Belleville), pourra en jour nous en faire de nouveau profiter.

 

En tout cas, dans le cadre du mois "Nos petits vieux" initié par K-BD, Léon la Came occupe une place de choix, car rarement centenaire aura été aussi avant-gardiste.

 

(En la matière, je vous renvoie à un autre centenaire littéraire, pour le coup !).

 

Champi ridé.

 

Léon la Came - Extrait 1

 

Léon la Came - Extrait 2

Repost 0
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 18:05

Raging Bulles - Logo

 

Vacances (en vue) ou pas vacances, le  Raging Bulles poursuit inlassablement sa route.

Toujours le dernier jeudi du mois, soit le 25 avril, à partir de 19h30 (30 minutes plus tard que d'habitude, et ce sera le nouvel horaire à partir de maintenant, notez-le !) toujours à

la Cave de Lilith

rue Paul Lendrin

à Toulon

 

Au menu ce mois-ci :

 

MARIOLLE Mathieu &  DUARTE Kyko, Dans la paume du diable, ed. Glénat.

 

PEARSON Luke, Loin des yeux, ed. Nobrow.

 

MORELLO Tom &  HEPBURN Scott, Orchid, ed. Panini Comics.

 

VAUGHAN Brian K. & STAPLES Fiona, Saga T.1, ed. Urban Comics.

 

YOSHIMOTO Kôji, Santetsu, 11 mars 2011, après le cataclysme, ed. Glénat.

 

BOLLEE Laurent-Frédéric &  NICLOUX Philippe, Terra Australis, ed. Glénat.

 

Je savais que j'avais fait un "triplé comics" avec cette sélection, mais je n'avais pas fait gaffe au "triplé Glénat".

Il faudra que je sois plus vigilant sur la variété !

 

Bonne lecture en tout cas !

 

Raging Champi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 08:05

23h de la BD

 

Week-end de changement d'heure oblige, le week-end dernier avaient lieu les  23h de la BD (petit frère des désormais célèbres 24h du presque même nom).


Sous nos latitudes, l'événement fut orchestré, entre autres, par l'Atelier Parrallèle, qui a réuni la crème de ses apprentis-auteurs pour ce marathon d'écriture et de dessin.


En passant par ici, vous pourrez avoir un aperçu des centaines d'inscrits qui ont participé à l'édition 2013, et vous pourrez même profiter de leurs productions.

Les résultats sont bien sûr inégaux, mais inventivité et talent plus ou moins épanoui sont au rendez-vous.

Repost 0