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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 09:53

Tintin au Congo - Couverture"Que dirais-tu d'un voyage au Congo ? [...] Nous ferions des explorations scientifiques, nous chasserions les fauves, nous traverserions les torrents, nous cheminerions dans les profondeurs des forêts, tu ne penses pas que ce serait un reportage sensationnel, cela ?"


29 mai 1930. Cela fait à peine un mois que Milou et son maître sont rentrés du "Pays des Soviets" que, déjà, le petit chien blanc souffle à Tintin une nouvelle destination. Son choix n'est pas anodin : offert à l'Etat belge par le roi Léopold II en 1908, le Congo belge, comme on l'appelle alors, manque cruellement de main-d'oeuvre européenne. Rédacteur en chef du Vingtième Siècle, prestigieux quotidien catholique dont est issu Le Petit Vingtième dans les pages duquel Tintin a vu le jour (ouf !), l'abbé WALLEZ, mentor d'HERGE, pense susciter des vocations parmi l'important lectorat des Aventures de Tintin en lui proposant de suivre le reporter sur les routes africaines.

 

Si l'on en croit Benoît PEETERS dans son très riche et documenté Hergé, fils de Tintin, HERGE "n'aimai(t) pas les coloniaux qui revenaient en se vantant de leurs exploits. Mais (il) ne pouvai(t) s'empêcher de considérer les Noirs comme de grands enfants." (p.79).

 

Le ton est donné : l'auteur envoya bel et bien son héros au Congo, mais sans grand enthousiasme, pourvu de la maigre documentation récupérée au Musée du Congo de Tervuren, et plein d'un paternalisme colonialiste aujourd'hui déplacé.

 

Il est toujours délicat de se replonger dans l'oeuvre d'HERGE, car les sujets de débat sont nombreux, animés par les fervents défenseurs de l'homme, de son oeuvre et de ses droits, et ses détracteurs, d'autant plus nombreux eux aussi que l'album est ancien.

Tintin au Congo est un album encore plus sensible dans la mesure où, ces dernières années, et pas plus tard qu'il y a deux mois, il a été au centre de nombreuses polémiques.

Mais chaque chose en son temps.

 

Pourquoi aborder cet album ? Parce qu'il fait partie des titres que K-BD a retenus (après un certain nombre de débats, là encore !) pour son thème "L'Afrique en BD" (à ce sujet, vous avez déjà pu lire ici les chroniques de Kililana Song et de Ida).

 

Parlons de l'album en lui-même, peut-être : prépublié entre juin 1930 et juillet 1931 dans les pages du Petit Vingtième, à raison de deux planches par semaine, il offre aux jeunes (et catholiques) lecteurs belges un voyage en noir et blanc dans l'Afrique de tous les clichés.

Tintin, héros acclamé aux quatre coins du globe et courtisé par les journaux du monde entier, enchaîne les trophées de chasse (par centaines !) et les lieux communs sur l'Afrique, avec ses populations incrédules et assistées, pétries d'admiration pour les Blancs, leurs croyances au mieux risibles, au pire dangereuses, et la mission civilisatrice que les Occidentaux tentent d'y mener.

Le scénario, dans la droite ligne de toute la production de la fin du XIX°siècle, entretient la veine feuilletonniste et humoristique : les gags s'enchaînent très vite, il y a peu de fil conducteur (même si, dans la version redessinée de 1946, l'ombre du tome suivant, Tintin en Amérique, plane dès les premières pages), et le tout semble particulièrement décousu (logique).

 

Formellement, la version d'origine est dans la continuité de Tintin au pays des Soviets : dessin en noir et blanc, ligne encore peu assurée (mais peut-on le reprocher à un auteur totalement autodidacte en la matière ?), mise en page sommaire, textes extrêment redondants par rapport à l'image.

La version redessinée et mise en couleur de 1946 offre des planches bien plus dynamiques, un trait plus définitif (la "ligne claire" a fait du chemin), et HERGE a eu l'intelligence de retoucher les passages les plus "délicats" en matière de respect des peuples (petit exemple ci-dessous).

 

Tintin au Congo - Extrait 2

 

Ceci étant, la deuxième version, telle qu'on peut la trouver encore aujourd'hui en librairie ou dans les bibliothèques, continue de faire débat et de susciter polémiques ou hostilités.

La plus virulente a été portée jusque devant les tribunaux par Bienvenu MBUTU MONDONDO. Procédure fleuve et médiatisée initiée en 2007 et suivie de près par Actua-BD.

La plus récente a mis en cause la Bibliothèque pour la Jeunesse de Stockholm, qui voulait extraire de ses bacs toute la série des Tintin, et par extension toute oeuvre pouvant donner une image dégradante d'autres peuples ou de certaines catégories de popoulation, comme les homosexuels, par exemple. Là encore Actua-BD a apporté un éclairage intéressant.

 

Outre les questions financières qui, concernant l'oeuvre d'HERGE, font facilement les gros titres (en matière de droit d'auteur notamment), les questions éthiques sont elles aussi nombreuses. Faudrait-il interdire Tintin aujourd'hui ? Faudrait-il assortir les albums de la première époque de documents explicatifs replongeant le lecteur dans le contexte d'origine ?

 

On pourrait pousser le débat un peu plus loin peut-être (même si je pense qu'il ne se développera pas ici, mais nous le mènerons sans doute sur K-BD !) en se demandant à la fois "qui sont les lecteurs de Tintin aujourd'hui" et "d'autres bandes dessinées contemporaines ne véhiculent-elles pas elles aussi des clichés réactualisés" ?

 

Pas sûr qu'HERGE et son époque aient été moins "racistes" que la nôtre (peut-être le furent-ils différemment). Pas sûr que les lecteurs d'aujourd'hui lisent Tintin au Congo sans aucun recul (ou alors ils n'ont aucun recul sur rien, notamment sur la violence de bon nombre des produits culturels qu'on leur met entre les mains et les yeux).

Pas sûr, de toute façon, que les Aventures de Tintin intéressent encore vraiment les plus jeunes, qui se retrouvent surtout avec de tels albums entre les mains sans doute parce que leurs parents les leur ont offert, par nostalgie ou effet de masse.

 

Alors, faudrait-il interdire Tintin au Congo ? Je ne pense pas.

Faudrait-il l'assortir de documents explicatifs et contextuels ? Pourquoi pas, même si leur impact serait sans doute limité.

Tintin au Congo véhicule-t-il des clichés dangereux pour l'image des peuples africains ? Des clichés, bien sûr. Dangereux, j'en doute. Contrairement au lecteur des années 30, celui du début du XXI°siècle a un vision un peu plus riche et plus large du monde qui l'entoure.

Du moins peut-on l'espérer.

 

On n'a pas fini d'en parler.

 

Champimages qui font couler beaucoup d'encre.

 

(au fait, c'est moi ou Tintin a l'air plus bronzé sur la couverture de l'album que dans la case dont elle est tirée ?)

 

Tintin au Congo - Extrait 1

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:48

Viktor HERTZ - The Beatles

 

 Viktor HERTZ propose des " pictogram rock posters", mais pas que.

Ciné, musique, numérique passent dans sa moulinette graphique et pictographique pour le plaisir des yeux.

 

A vous de jouer !

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 18:37

"Daniel Gélin, c'est un torrent intrépide avec plein d'affluents, plein de courants contraires, un flot ininterrompu. Sa vie n'est pas un long fleuve tranquille. Daniel Gélin, c'est un pays à lui tout seul avec une géographie originale. La Loire s'est jetée dans la Rance et la Rance s'est mêlée à la Seine. Aussi peu maîtrisable que la Loire, aussi secret que la Rance, aussi séduisant que la Seine, Daniel Gélin, avec la seule cohérence de sa vitalité, nous dit que le fleuve est immense et qu'on aurait tort de ne pas s'y noyer."

 

François MOREL, Les compliments.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 18:14

Poèmes de terrever laine

 

trois mailles à l'endroit

trois mailles à l'envers

ainsi tricote-t-on

un pull au ver

 

 

Le couverture ne nous trompait pas :  Olivier DOUZOU et  Anouk RICARD nous proposent de les accompagner au pays de la poésie qui joue sur les mots et les vers.

 

Déclinés sous toutes leurs coutures, les petits asticots tantôt modelés, tantôt dessinés, tantôt bricolés, racontent le temps qu'il fait, le temps qui passe, et grignotent les pages et les conventions pour mieux nous surprendre, même si certains jeux de mots sont un peu attendus.

 

L'inventivité d'Olivier DOUZOU est toutefois toujours au rendez-vous, et Anouk RICARD y répond à merveille par ses trouvailles visuelles.

 

Bon, un dernier (ver, bien sûr) pour la route :

 

palindrome

 

un rêve de ver nu

c'est par exemple

d'être habillé de la tête aux pieds

comme un homme

mais c'est le monde à l'envers

pour un ver d'être vêtu

 

un rêve de ver nu

c'est un palindrome

 

 

Petite touche philosophico-entomologique pour finir :

"L'égalité, la seule égalité en ce monde, l'égalité devant l'asticot."

Jean-Henri FABRE.

 

Une nouvelle petite merveille peaufinée par les éditions du Rouergue.

On en redemande !

 

Champi véreux ! (c'est de saison)

 


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:54

Stupide VautourPetit jeu de cartes rapide et malin, Stupide Vautour est la réédition d'un jeu paru il y a une dizaine d'années.

Utilsant système d'enchères et bluff, il fait partie de ces jeux simples à apprendre mais intéressants à jouer que j'apprécie.

 

Chaque joueur (de 3 à 5) dispose de 15 cartes dont les valeurs vont de 1 à 15. Chaque carte ne servira qu'une seule fois et permettra de participer à 15 enchères différentes. Le jeu ne dure dont que 15 tours, soit au maximum 15 minutes.

 

Les 15 cartes successivement mises aux enchères ont des valeurs négatives (de -5 à -1) ou positives (de 1 à 10). Le but du jeu étant, à la fin de la partie, d'avoir le total (positif, bien sûr !) le plus élevé.

 

Une fois que les cartes "points" ont été mélangées et placées en un paquet central face cachée, on retourne la première : la première enchère peut commencer.

Chaque joueur va alors miser secrètement une de ses cartes "enchères" pour essayer de remporter (ou pas !!) l'enchère :

- pour remporter une carte de valeur positive, il faut avoir joué la carte "enchère" la plus forte.

- pour ne pas remporter une carte de valeur négative, il faut ne pas avoir joué la carte "enchère" la plus faible.

 

Vous me suivez ?

 

Donc, pour gagner la carte "8 points", si les cartes "enchères" jouées sont le 5, le 7 et le 11, c'est le 11 qui gagne.

Et pour ne pas gagner la carte "-2 points", si les cartes "enchères jouées sont le 6, le 8 et le 9, c'est le 6 qui la remporte, et qui s'en mord les doigts.

 

Intervient alors la petite subtilité sadique qui fait tout le sel du jeu : lorsque les joueurs révèlent leurs cartes, si deux cartes de même valeur sont jouées, elles s'annulent et sont retirées de l'enchère... Et là ça change tout : ceux qui pensaient gagner la carte la plus forte en ayant joué leur 15 la voient leur passer sous le nez, et celui qui avait joué une forte carte, pensant ainsi échapper au terrible "-5", se retrouve à l'empocher.

 

En effet, si la carte à gagner est un -3, et que les trois joueurs ont joué 1, 8 et 1, comme les deux 1 s'annulent, ne reste que le 8... qui remporte la carte alors qu'elle est négative.

Argh.

 

Il faut donc toujours bien choisir sa carte en essayant d'anticiper sur ce que les autres vont jouer, pour ne pas jouer la même chose !

 

Calculs et bluff garantis autour de la table !!

 

Jeu simple, donc, parties rapides, tension bien dosée : Stupide Vautour a tout du jeu apéritif addictif dont on peut enchaîner les parties sans se lasser.

Penser à changer d'adversaires de temps en temps pour ne pas devenir fou comme eux !

 

Un jeu à retrouver lors des animations proposées par notre asso Les Yeux dans les Jeux.

 

Champi Ludi.

 


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:09

Gringos Locos - Couverture"1948, quelque part au Nouveau Mexique..." Un sol rouge, un cactus, des rochers majestueux à l'arrière-plan, le tout dessiné avec une ligne assez claire : aucun doute, nous sommes dans une nouvelle aventure de Lucky Luke.

Mais que fait cette voiture dans le décor ? Fumante, de surcroît ?

Et qui sont ces trois gars assis en train de dessiner et peindre ?

Rien moins que Joseph GILLAIN, André FRANQUIN et MORRIS (Maurice de BEVERE pour les intimes). Ah, MORRIS. Je me disais bien qu'il y avait du Lucky Luke dans l'air, tout de même !

 

Le grand public le sait peu - moi-même, je ne l'ai appris qu'hier, comme dirait GOTLIB - mais les trois auteurs partirent ensemble battre la poussière étasunienne lors d'une mémorable et exotique épopée. Crayon et bonne humeur au vent, le trio, accompagné d'Annie, la femme de Joseph, et de leurs quatre enfants, découvre le Grand Canyon, San Diego, et le Mexique, où ils s'installent un temps, profitant des joies de l'aguardiente et du pulque, entre autres.

 

Car ces hommes sont certes dessinateurs de talent mais aussi bons vivants. Avec chacun une facette qui vient compléter le portrait de cette hydre tricéphale : GILLAIN est un boulimique touche-à-tout, FRANQUIN un rêveur romantique, et MORRIS une pile électrique.

Quelques moments oniriques nous dévoilent certaines de leurs angoisses, quelques moments euphoriques leur permettent de s'en donner à coeur joie, et quelques passages presque documentaires semblent dévoiler la légende en train de se faire : FRANQUIN jetant les premiers traits du Gaston à venir, GILLAIN hésitant à reprendre le Spirou qu'il avait confié à FRANQUIN en 1946.

 

Et c'est là, entre réalité et légende (ou fiction), que le bât blesse pour les enfants de GILLAIN : ces derniers ont retardé la parution de Gringos Locos de plusieurs mois car ils considéraient que la mémoire de leur père, leur mère, et leurs amis, n'était pas respectée.

D'où un dossier de plusieurs pages en fin d'album, apportant le point de vue (souvent contradictoire) de Benoît GILLAIN.

De son côté, YANN, le scénariste - connu pour ses partis-pris souvent tranchés et non-consensuels - a pu répondre aux reproches qu'on lui fait à travers des réponses en fin d'album et deux longues interviews dans Casemate.

 

Je n'entrerai pour ma part pas dans la polémique, et bien qu'une petite feuille volante, à l'ouverture du livre, nous rappelle que "l'album que vous tenez entre les mains n'est pas un documentaire scientifique", je me contenterai de garder à l'esprit que Gringos Locos est avant tout une oeuvre de fiction, fiction qui s'appuie toutefois sans aucun doute sur bon nombre de faits réels et avérés par les auteurs eux-mêmes, que YANN a longtemps côtoyés.

Qu'il ait parfois regroupé certaines anecdotes pour entretenir le rythme du récit est compréhensible. Qu'il ait cherché à nuir à la mémoire des trois auteurs serait en revanche étonnant quand on connaît le respect et l'admiration qu'il leur voue, et quand on constate la tendresse avec laquelle il les met en scène.

 

Graphiquement, Olivier SCHWARTZ nous offre une ligne claire et dynamique descendant en droite ligne de l'école de Marcinelle. Son style est dynamique, loin d'être vieillot, et confère à ses personnages la large palette d'expressions et de mouvements nécessaires au traitement parfois burlesque de leur histoire.

Mais lui aussi respecte et rend hommage aux trois auteurs, et l'on sent bien, derrière chaque trait, tous les albums de Lucky Luke, Spirou ou Gaston lus dès son plus jeune.

Les décors sont efficaces, fourmillant parfois de petites scènes vivantes, et la couleur de Fabien ALQUIER fait la part belle aux différentes lumières.

 

Auteurs mythiques, GILLAIN, FRANQUIN et MORRIS ont bercé notre enfance - en tout cas la mienne ! - grâce à leur talent et leurs héros vivants et attachants.

Avec Gringos Locos, YANN et SCHWARTZ ont réussi le pari de donner à ces hommes les mêmes qualités que leurs créatures de papier.

Loin d'écorner leur mémoire, ils leur ont rendu un hommage graphique, scénaristique, et profondément humain, dont les trois auteurs seraient sans doute fiers.

 

Champimages qui se souviennent en souriant.

 

Gringos Locos - Extrait 0

 

Gringos Locos - Extrait 1

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 12:24

Sailor Twain

L'Hudson, ses charmes, et surtout ses mystères... Amoureux du fleuve mythique, Mark SIEGEL nous invite, en deux langues, s'il vous plaît , à un voyage au fil de l'eau et des pages de son site internet.

 

Outre la pré-publication des planches de Sailor Twain, la sirène dans l'Hudson (en attendant une publication en français début 2013), l'auteur nous offre tous ce qu'il faut pour se replonger dans l'époque et l'ambiance : vieux extraits de journaux, bijoux, morceaux de musique...

Autant de pierres apportées à un édifice nostalgique et documentaire dense et particulièrement intéressant, propice au voyage dans le temps et la poésie.

 

Son dessin en noir et blanc, tout en douceur, fait écho aux illustrations d'époque et au nimbe mystérieux qui voile la surface de l'eau au petit matin.

 

En prime, l'auteur raconte l'orgine de certaines idées ou images, répond aux commentaires qu'on pourrait lui laisser, et enrichit régulièrement la longue liste de ses sources d'inspiration.

 

Beau voyage à faire depuis son bureau en attendant de tenir le livre entre les mains... puis d'aller jeter un oeil en chair et en os (??) au fleuve chargé d'histoire.

 

Champimages qui voyagent.

 

Sailor Twain - Extrait

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 07:35
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 07:48

Blast 2 - CouvertureAlors que le tome 3 de Blast n'est sorti que depuis quelques jours (bon, ok, semaines), il était plus que temps de revenir sur le tome 2, L'apocalypse selon saint Jacky.

 

Rapide retour vers le premier tome pour y voir plus clair dans une série des plus sombres : Polza Mancini, obèse, marginal, vagabond, doit rendre des comptes à la police. On ne sait pourquoi qu'au compte-goutte. Ca a un rapport avec une certaine Carole Oudinot. Pour laquelle on craint le pire.

 

Mais l'animal est borné, renfrogné, à la fois sur la défensive et dans la douleur la plus profonde. Alors il ne faut pas le brusquer, il faut l'écouter et, si besoin, se plier à certains de ses désirs. Au risque parfois, pour les inspecteurs, de perdre leur sang-froid.

 

Voilà donc les enquêteurs bien obligés d'entendre tous les détails de sa longue errance, sa longue déchéance à leurs yeux, par une sorte de retour à la terre (ah ah), à une certaine animalité, voire à un état primal pour beaucoup inaccessible mais que Polza recherche. Et subit.

Le Blast.

 

Polza est peut-être un monstre, mais il souffre, sous les coups que le monde lui porte en permanence. Alors il lutte comme il peut, vacillant, monolithique, s'infligeant des violences plus dures que celles que les hommes lui infligent. Plus dures que les jets de pierre, la maladie de son père, le mercure dans une rivière...

Accidents, effractions, automutilations ponctuent sa jeunesse et sa vie, marquant son cuir et son esprit aussi sûrement que celui d'un pachyderme, nouvelle figure symbolique qui fait son apparition dans son ciel délirant, aux côtés des colosses Moai de l'île de Pâques.

 

Fatalement, de fuite en extrême, Polza finit par croiser la route de saint Jacky, dealer violent, marginal et bibliophile. Après un premier contact des plus houleux, le revendeur de folie et d'oubli lui ouvre les portes de son antre et de son commerce. Il lui permet ainsi de renouer avec les mots, l'esprit. Et de découvrir, le temps d'une brève nuit, le monde de la musique qui fait vibrer et qui transporte.

"La douceur des premiers instants m'étonna. Deux guitaristes menaient une conversatin, ondoyante et légère. (...) Puis l'univers devint un mur de son... Vertical, infranchissable... Cyclopéen."

 

Polza n'est pas au bout de ses errances, de ses douleurs, de ses expériences. Plus il avance et plus il souffre, plus il ouvre les portes de son passé qui saigne. Difficile de faire autrement pour les policiers que d'attendre, d'entendre, jusqu'à savoir. Mais le corps dysproportionné du suspect est à l'image de tout ce qu'il a encaissé : bien plus que n'importe qui d'autre aurait pu supporter.

Physique hors du commun, vie hors du commun, folie hors du commun aussi sans doute, entre violence et poésie.

La route dans la vie et l'esprit de Mancini est encore longue.

 

Une nouvelle fois,  Manu LARCENET a plongé ses plumes et pinceaux dans le noir de la nuit et de la cendre.

Le trait est un peu moins charbonneux que dans le tome 1, mais laisse rarement aux cases et aux lecteurs les nécessaires espaces de respiration : l'image suffoque, étouffée par le trop plein qui piège et pousse le héros. Les rares moments de pause basculent dans la couleur de mauvais souvenirs ou du Blast qui annonce l'apocalypse.

La dense pagination permet à l'auteur d'insérer dans son récit de grandes illustrations pleine page toujours aussi fortes : ciel chargé, pierre millénaire, peau parcheminée... La matière dans laquelle est taillée Mancini transpire à travers l'image.

Sa rencontre avec saint Jacky fait partie des légendaires duels au sommet : deux figures, deux plaies, deux rocs dont le contact ne peut que provoquer des étincelles à même d'allumer toutes les mèches de la fin du monde. Deux êtres du bas-côté dont les propos choquants évoquent aussi la vie, son essence, son but. Philosophie de chemin de traverse qui restera dans la gorge de plus d'un. Une fois qu'on a goûté au Blast, à l'apocalpyse, à l'absolu, la vie des autres a-t-elle encore de l'importance ?

 

Moins surprenant que le tome précédent (toutefois, si la surprise graphique est passée, le plaisir demeure !), Blast T2 continue de creuser au plus profond de la vie de son héros cabossé (doux euphémisme). Cette plongée nécessaire pour reconstituer peu à peu le fil des derniers événements auxquels il a été mêlé s'apparente à une plongée aux enfers : on ne peut pas dire que Mancini ait été gâté.

Difficile de reconnaître qu'il a décidé de faire face de la meilleur manière possible - si tant est qu'il y en ait une ... - mais la voie qu'il a empruntée, complexe, douloureuse, tourmentée, en fait une excellente matière pour ce récit intimiste et rugueux dans lequel, sans doute, affleurent bon nombre de souvenirs de l'auteur.

 

Cela fait bien longtemps que LARCENET a prouvé qu'il était un des plus grands auteurs de BD français du moment. Chaque tome de Blast le prouve. Vivement la lecture du troisième opus.

 

Champimages qui sombrent.

 

Blast 2 - Extrait 1

 

Blast 2 - Extrait 2

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 10:27

FILMographie

 

Souvenez-vous... C'était ici, c'était hier, c'était sur grand écran.

 

Du noir et blanc cinématographique aux couleurs photographiques des rues, le cinéphile Christopher MOLONEY arpente New York et retrouve les trottoirs, avenues, allées croisées au fil de décennies de productions étasuniennes.

 

Si vous avez reconnu Fisher King, ci-dessus, empressez-vous d'aller jouer à ce jeu de piste-devinettes dans la Grande Pomme grâce à cette riche et poétique FILMography.

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