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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:53

Festival BD La Seyne 2012Petit compte-rendu de la table ronde que j'ai eu la chance d'animer au  Festival Bulles en Seyne le 10 juin 2012, avec  Jean-Marc PONTIER.

 

 

 

Jean-Marc, tu es enseignant, docteur en littérature, auteur de BD, essayiste en BD également... De nombreuses facettes autour de la BD. A quand remonte ta première expérience en la matière ?

 

Le Chevalier Araignée, avec Jules VIPALDO, en 2005, est ma première BD publiée. Mais 20 ans avant, j'avais réalisé un premier projet, refusé par les éditeurs.

Le dénominateur commun de tous mes travaux est le rapport entre le texte et l'image, comme ma thèse sur le poète, romancier et peintre Max JACOB, par exemple.

Dans une telle démarche, la BD s'est imposée.

 

 

Dans tes Nouvelles penchées, Martin, « le cancre », dessine sur les tables de son collège, sans pouvoir s'arrêter. Es-tu toi aussi entré en BD par la pratique, ou d'abord par la lecture et l'analyse ?

 

Le Cancre est une nouvelle autobiographique. Adolescent, au collège, j'écrivais à même la table. J'enluminais les tables.

Dès l'âge de douze ans, je réalisais des BD, mais sans jamais les achever.

Je ne saurais toutefois dire si c'est le dessin ou l'écriture qui est venu en premier.

 

 

Lorsque tu crées une histoire, qu'est-ce qui te vient en premier ?

 

J'ai la plupart du temps une approche graphique rapide, spontanée.

Dans Peste blanche, un récit plus long que ce que je fais d'ordinaire, j'ai dû davantage travailler mon sujet, pour ne pas lasser le lecteur.

Mais de manière générale, mon trait est à la limite du symbole, de l'idéogramme : je cherche à restituer le sens en dehors de tout langage courant. C'est bien souvent le texte qui va générer le signe.

Dans certaines nouvelles, parfois, je pars de ou j'utilise certaines photos ou illustrations. Un matériau visuel.

 

 

Quelle place occupe le texte, pour toi, dans le processus créatif ?

 

J'aime la narration pure, la belle écriture. On la retrouve d'ailleurs plus facilement dans la prose que dans le dialogue.

J'essaie, en BD de sortir de l'approche, devenue classique, du texte sous sa seule forme dialoguée. Dans ma première BD, d'ailleurs, le texte se trouvait en-dessous de l'image.

 

 

Dans tes histoires, tu convoques souvent plusieurs arts : la poésie, la peinture, la musique... Et tu t'es consacré à des auteurs intéressés par différentes disciplines artistiques. La BD est-elle, pour toi, la mieux placée pour conjuguer les mots et les images, et pour traiter du rythme ?

 

La BD est pour moi une sorte d'opéra silencieux. L'opéra est un art total, complet, qui conjugue tous les autres.

La musique crée un rythme. Elle fait partie de mes passions.

Raconter une histoire nécessite de créer une rythme aussi. Avec la contrainte de l'ellipse inhérente à la BD.

J'ai opté pour des nouvelles très courtes, entre 2 et 8 pages, qui peuvent évoquer les différentes plages d'un CD.

Peste blanche est différent, et m'a permis de mettre en place un autre rythme, d'autres articulations.

Je m'intéresse également à la question de la déformation du corps et du rythme de cette déformation.

 

 

Du corps de la femme, par exemple ?

 

La question du corps féminin traverse l'art depuis des siècles.

Je trouve ça beau, un corps de femme.

Dans Peste blanche, l'histoire d 'amour ne devait pas durer plus de trois ou quatre pages, mais l'histoire globale ne tenait pas la route. Au final, l'histoire d'amour occupe près de la moitié du livre.

J'aime également le corps féminin parce qu'il entre en résonance avec la dimension érotique de l'amour, une dimension qui entraîne la nécessité de l'oubli.

 

 

Dans Peste blanche, justement, tu associes littérature, mots, tags et amnésie, comme dans la planche-corps de Marie : « NE M'OUBLIE PAS ». Babel n'est jamais loin, comme chez David B.

 

Sexuel et textuel sont très liés, et dans Peste blanche, le rapport charnel à la femme fait écho au rapport à la ville.

Babel est le symbole de la mémoire qui passe par les mots.

Cela me rappelle une anecdote : chez ma mère, il y avait une étiquette sur une étagère. On pouvait y lire le mot « étagère ». Il s'agissait de nommer chaque chose. Je me suis alors demandé ce que deviendrait un monde où la mémoire des mots disparaîtrait.

Peste blanche est également une évocation forte du rapport au passé. Quand j'étais étudiant, des fouilles archéologiques ont eu lieu à Marseille. Je fréquentais des archéologues lorsque une nécropole étrusque a été exhumée ; le passé ressurgissait, après avoir été enseveli.

Il en a été de même pour les fosses communes de la Peste Noire lorsqu'elles ont été redécouvertes.

Le passé avait été recouvert, puis découvert, puis de nouveau enseveli. Et recouvert de béton. Comme une mémoire de nouveau disparue.

 

 

Peste blanche se passe à Marseille. Tu as travaillé sur le peintre et conservateur marseillais Marcel ARNAUD (1877-1956). Quel rapport entretiens-tu avec la ville de Marseille ?

 

Malgré moi, le Sud s'est toujours imposé.

J'ai été très inspiré par CAMUS, et je connais bien les paysage méridionaux, je les aime beaucoup.

J'adore la ville de Marseille, car tout peut s'y passer.

 

 

Parlons un peu maintenant de ton travail d'essayiste. Tu t'es penché sur les œuvres de David B. et de Nicolas de CRECY, deux auteurs aux univers graphiques très différents. Pourquoi ?

 

David B. et Nicolas de CRECY sont deux pionniers de la nouvelle BD.

Je me suis intéressé à eux alors que je réalisais des chroniques BD pour Radio Active. Je me suis rendu compte qu'avec ces deux auteurs, il y avait une matière immense, et les étudier s'inscrivait dans la continuité de mes travaux universitaires.

En 2009, à Angoulême, j'ai rencontré les éditeurs de PLG, qui venaient d'éditer un livre sur BAUDOUIN, un artiste que j'aime beaucoup.

Je me suis alors dit que je pouvais en faire de même avec d'autres auteurs dont l'œuvre me touchait. Mais je ne me serais pas senti autorisé à écrire sur eux, ni sur quelque auteur que ce soit, si je n'avais pas été auteur moi-même.

Par ailleurs, le fait d'être enseignant a compté dans ce travail d'analyse : j'aime transmettre ce que j'aime. Je pouvais et devais donc faire ces livres.

 

 

A travers certaines des tes nouvelles, et surtout à travers certains des ateliers BD qui tu animes avec tes élèves, on retrouve un certain attachement à l'OuBaPo (Ouvroir de Bande Dessinée Potentielle) et à ses techniques : la contrainte, le gaufrier (système de mise en page où toutes les cases ont les mêmes dimensions)...

 

La contrainte est toujours génératrice et intéressante.

Avec mes élèves, autour des films de Stanley KUBRICK, elle m'a permis d'obtenir des productions très riches, par des élèves qui souvent ne dessinaient que peu ou pas.

J'aime m'appliquer des contraintes à moi-même, pour certaines nouvelles par exemple, comme dans La Chute (Nouvelles penchées), où je suis parti de radiographies de ma femme.

L'avantage avec mon éditeur Les Enfants Rouges, c'est que j'ai une totale liberté de création, qui me permet de présenter et de voir édités de tels travaux.

 

 

Quels sont tes projets en cours et à venir ?

 

Je travaille actuellement à un roman graphique intitulé Sur la main.

En matière de monographie, j'aimerais peut-être travailler sur Joann SFAR, même si cela surprend beaucoup de gens dans mon entourage, notamment à cause de son succès. Un succès qui suscite une certaine jalousie dans le monde de la BD.

J'ai également un projet un peu hybride autour de la ville de New-York, né après un voyage de trois semaines là-bas, l'an dernier. Ce serait une fiction sous forme de prose illustrée.

 

 

Merci Jean-Marc.

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 14:47

Va te marer chez les GrecsC'est un intellectuel qui se dispute avec son père. "Salaud ! tu te rends compte du tort que tu m'as fait ! Si tu n'étais pas né, j'aurais hérité de mon grand-père !".

 

Philogelos, l'humour à travers les âges...

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:09

Contrebandes - Anthony PASTORJe vous en avais parlé après avoir lu  Hotel Koral.

Cette fois, je vous invite à venir découvrir ses originaux à la Librairie Contrebandes : Anthony PASTOR y est à l'honneur jusqu'au 22 septembre 2012.

 

4 oeuvres, 4 techniques, mais toujours un univers à la fois familier et décalé, quelque part entre deux Amériques.

 

En prime, l'auteur sera là le samedi 15 septembre, parfaite occasion pour évoquer ses ouvrages, avoir une belle dédicace, et boire un coup, comme nos chers Contrebandiers nous en ont donné l'habitude.

Pas de quoi se plaindre, en somme !

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 14:48

Portugal - CouvertureEntre été et rentrée, K-BD a décidé de se pencher sur des tranches de vie sur papier.

Entre deux tons et de saison, Portugal fait partie de la sélection. Belle occasion pour moi de sauter sur ce pavé manqué à sa sortie.

En route...

 

Portugal, c'est un voyage au pays des voyages.

Celui de Simon, encore enfant, avec ses parents, pour retrouver une famille bruyante et peu assortie. Un accent chantant, méditerranéen, sort par une fenêtre, entre deux éclats de voix. Son père, mutique comme souvent, fume en silence sur la terrasse. "Mais qu'est-ce que tu veux que je dise..."

 

Celui de Jean, ce silencieux fumeur caché derrière ses lunettes noires, qui retrouve son frère et sa soeur bien malgré lui pour le mariage de sa nièce, quelque part en Bourgogne. Il était si bien au boulot, à tout contrôler, noyé dans une dense activité pour ne pas penser.

 

Celui d'Abel, enfin, le grand-père, ouvrier portugais parti en France, avec son frère Manuel, et jamais retourné au pays, sans qu'on sache pourquoi. Glissant ainsi kilomètres et Pyrénées entre deux branches de la famille.

 

Celui de Simon, enfin (bis), devenu presque adulte, mutique comme son père et ayant perdu le goût de faire des livres.

 

Trois générations enfermées dans l'éloignement et l'errance, dans la fuite et le silence. Un simple voyage au Portugal suffira-t-il à les réunir, malgré le temps, la distance, la mort ?

 

C'est dans un festival de BD à quelques kilomètres de Lisbonne que tout commence vraiment. "Plus de vingt ans que je n'étais pas venu. (...) J'étais fasciné et heureux. Un vrai crétin. Et je me demandais bien d'où venaient cette étrange colère, puis cette douce mélancolie qui m'étaient tombées dessus sans crier gare en moins de 24 heures".

Les mots et les traits reviennent entre ruelles ensoleillées et musique des conversations.

"Je ne m'étais jamais senti aussi seul. Mais j'étais bien."

 

Tant pis pour la vie à deux lentement esquissée avec Claire, tant pis pour les projets professionnels proposés par des amis pour subvenir à ses besoins. L'avenir de Simon, caché quelque part dans le passé familial, doit passer par des retrouvailles, en Bourgogne, puis par un retour "aux sources".

 

 

Qu'il est difficile de présenter un récit-patchwork naviguant entre les époques et les générations !

Qu'il est délicat de ne pas tomber dans le cliché pour évoquer l'errance et le voyage intérieur, le héros (et l'auteur ?) cheminant aussi bien sur les routes que dans sa tête.

Et pourtant, il serait dommage de résumer Portugal à une série de clichés : récit intimiste, chronique familiale, carnet de voyage...  Cyril PEDROSA a mêlé tout cela avec une telle sincérité et un tel talent qu'on ne peut lui reprocher de manquer d'originalité.

 

Bien sûr, Portugal prend la forme d'un voyage initiatique à la découverte des siens, de son passé, et donc de soi-même. Mais plus qu'une ôde béate et convenue à la famille ou à la nostalgie, c'est avant-tout la mise en scène et en images brillante d'une quête, d'un pays, et d'une certaine âme.

Le lecteur a évidemment envie de savoir pourquoi Simon et les siens en sont là, mais il se fait vite rattraper par le simple plaisir d'errer dans les ruelles des villages, de s'arrêter sous un arbre ou au jardin, et de baigner dans les voix à la fois mystérieuses et cousines des Portugais.

Fidèle et méticuleux observateur du quotidien, l'auteur restitue, dans les cases ou par quelques extraits de ses carnets de croquis, les ambiances et les visages qui l'entourent en France et qui l'ont sans aucun doute assailli au Portugal. Postures, voix, bribes de conversations, décors composent un arrière-plan toujours cohérent, crédible, et jamais étouffant.

 

Cette subtilité se retrouve dans la délicatesse et la retenue qui animent les traits : ni trop ni trop peu, le bon équilibre entre ligne dense et ligne claire.

Le tout servi par une mise en couleur impeccable (en partie réalisée par RUBY, coloriste) qui confère à chaque scène une ambiance forte.

En prime, certains passages (oniriques, contemplatifs, introspectifs) bénéficient d'un traitement graphique différent qui leur confère originalité tout en conservant leur homogénéité avec le reste de l'album.

 

Mise à distance de sa propre vie, Portugal est sans doute également une mise en abyme de sa vie d'artiste par PEDROSA : Simon écrit, dessine, observe, et nous regarde l'espionner par-dessus son épaule.

 

Le récit est dense mais nous ménage souvent de larges plages graphiques dans lesquelles souffler, quitte à se noyer.

L'immersion est totale au Portugal car les dialogues sont restés en "v.o." pour le plus grand plaisir de notre oreille (oui, on peut entendre l'accent lusitanien avec les yeux !).

Et si le tout peut parfois paraître un peu long, comment aurait-il pu en être autrement pour évoquer tant de gens, tant de temps, et tant de rencontres ?

 

En plus d'être une belle histoire et une belle démonstration de variété graphique au service d'un récit, Portugal est une réelle incitation au voyage, qu'il soit introspectif, ou simplement au pays de nos cousins occidentaux des bords du Tage.

En route, donc.

 

Champimages en voyage.

 

Portugal - Extrait 2

 

Portugal - Extrait 1

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 09:23

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 11:28

Town Boy - CouverturePas plus tard qu'hier, ou peu s'en faut, je vous avais parlé de Kampung Boy, du Malaisien LAT. J'avais alors évoqué une suite, éditée dès 2005 par Tête Rock Underground.

 

Le premier opus des aventures autobiographiques du jeune LAT s'achevait sur son départ du "Kampung", son village natal. Un gros bus l'emportait vers la grand ville, vers le collège.

 

C'est donc très logiquement que le second tome s'intitule Town Boy : "Je suis devenu citadin à l'âge de 10 ans".

Début des années 60. LAT, attendant que sa famille, restée au village, ait les moyens de le rejoindre à Ipoh, occupe les murs d'un pensionnat. Mais cela ne dure pas : ses parents le rejoignent moins d'un an après, heureux acquéreurs d'une maisonnette dans un de nouveaux lotissement amenés à fleurir en banlieue.

 

Son récit se concentre alors sur deux moments-cléfs de sa vie.

 

A 13 ans tout d'abord, lorsqu'il rencontre Frankie, jeune Chinois qui lui fait découvrir la musique rock : Rick NELSON, Bill HALEY, Elvis PRESLEY endiablent leurs samedis après-midi, et accompagnent leurs chorégraphies sommaires en jouant du manche à balai sur fond de restaurant chinois.

Inséperables, les deux garçons sillonnent, toujours à vélo, les innombrables avenues d'Ipoh. Autant d'occasions pour LAT de montrer, avec son sens du détail et de l'humour, bon nombre de scènes de la vie urbaine : agents de la circulation, boutiques et boutiquiers, passants... Tout le monde y passe, brossé par un trait toujours très énergique.

 

Planqués derrère des lunettes de soleil, les deux adolescents partagent leurs 17 ans entre le lycée et les filles. Enfin, surtout LA fille.

"Pour tout dire, les types de ma classe n'étaient pas vraiment au-dessus de la moyenne..."

LAT s'y fait toutefois de nouveaux amis, et découvre sa matière préférée : l'art, enseigné par un professeur persuadé que "l'art est partout... Même le corps nu d'une femme peut-être de l'art". De quoi alimenter les fantasmes de cette jeune génération nourrie d'images venues d'Europe et d'Amérique du Nord.

Ses camarades ne sont peut-être pas au-dessus de la moyenne, mais ils se prêtent parfaitement au jeu de la tendre caricature auquel l'auteur nous a habitués. Il fait donc de chaque activité parascolaire un grand moment d'humour : natation, criquet, lépidoptérophilie, rhétorique... et surtout la fanfare.

D'ailleurs, sous quelque forme que ce soit, la musique continue d'occuper une place importante dans la vie du jeune Malaisien, qui s'en va danser dès que possible, espérant au passage décrocher un rendez -vous avec LA fille...

C'est aussi à cette époque qu'il se décide : "Je veux être un artiste... Un bon artiste... Un artiste reconnu." Le lire entre ces pages est bien la preuve qu'il a atteint son but.

Ses camarades reconnaissent d'ailleurs déjà, à l'époque, ses qualités artistiques. C'est même grâce à cela qu'il attire l'attention de la plus jolie fille du lycée. La belle Normah... Premier rendez-vous, premiers conseils de dessin, puis le cinéma, la littérature...

 

Avec Town Boy, LAT met en lumière les années charnières qui semblent l'avoir définitivement placé sur la voie qu'il n'a cessé de suivre depuis : dessiner, encore et encore, et faire de l'art à partir de tout ce qui l'entoure. Loin de tout académisme, il met son trait souple et dynamique au service de la ville et de la vie de son adolescence. Souvent un peu moqueurs, ses portraits n'épargnent personne, pas même la belle Normah dont les grands yeux de biche aux interminables cils sont tout de même un peu ridicules. Mais, finalement, personne ne pâtit de ce traitement qu'il est le premier à s'appliquer. Rire de tout et tout le monde avec respect...

 

En complément, la préface offre une petite page d'histoire, deux recettes sucrées à tenter de toute urgence, et un petit florilège de poésie malaise. Histoire de s'immerger un peu plus...

 

Dans Town Boy, Tête Rock Underground annonçait la parution de Yesterday & Today et de Mat Som. Il semblerait que ces ouvrages n'aient jamais vu le jour.

C'est fort dommage, car le talent de LAT, éclatant dans les deux tomes de ses chroniques d'enfance, mériterait d'être plus largement diffusé et reconnu en France. Ce serait l'occasion de découvrir ses dessins de presse et d'humour (même si, d'une certaine manière, les deux Boy en donnent un bon aperçu).

Peut-être faudrait-il relancer l'éditeur...

 

Champimages qui bougent et qui s'ancrent.

 

Town Boy - Extrait 1

 

Town Boy - Extrait 2



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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 09:45

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 09:49

Solliès-Ville 2012 - Affiche terminéeJ'ai la chance, cette année encore, d'animer les deux tables rondes qui auront lieu durant le festival BD de Solliès-Ville.

 

Au programme :

 

- samedi 25 août 2012 à 11h : la BD espagnole

Avec Juanjo GUARNIDO et les auteurs qu'il a invités.

 

- dimanche 26 août 2012 à 11h : BD et films d'animation

Avec Juanjo GUARNIDO, Man ARENAS, Miguelanxo PRADO et Patrice GARCIA.

 

Pour ceux qui voudraient se replonger dans les deux tables rondes de l'an dernier : la BD jeunesse et 12 septembre, l'Amérique d'après.

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 09:33

Solliès-Ville 2012 - Affiche terminée

 

Le  Festival BD de Solliès-Ville, ça commence très très bientôt, demain en l'occurrence !! Du 24 au 26 août 2012, le village accueille la 24ème édition de cet incontournable rendez-vous des amateurs de BD.

 

Parmi les nombreuses animations proposées (expositions, dédicaces, stands de libraires, tables rondes...), petit coup de projecteur sur les fanzines, auteurs et associations venus de toute la région :

Léon - Johan TROÏANOWSKY - Anachronique - Hellebore - BD mon azur - Kipsek - Rêves de bulles - Fanny La Cerise- L'Auberge Floue - Rage Website - Oh la belle bleue - Siarina

 

De multiples talents couvrant le très large champ des arts graphiques : des artistes et des oeuvres pour tous les goûts ! Vous pouvez d'ailleurs avoir un petit aperçu général de tous leurs styles ici.


A vous de venir les soutenir !


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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 17:02

Pome - CouvertureAprès cette longue plage de silence, quoi de plus logique qu'une plongée dans le désert ?

Et surtout, quoi de plus agréable que d'errer aux cotés d'un ami et de son univers graphique ?

 

Rien de tel, donc, que Pome ou les petites choses pour me remettre en mots après mes semaines de remise en jambe.

 

Dernier ouvrage en date de  Johan TROÏANOWSKI, dont je ne saurai jamais assez louer le talent, Pome semble être un concentré des thèmes et des formes qui animent son oeuvre depuis déjà un certain temps.

 

Au commencement était une petite fille dans le désert, sous les étoiles. Surgit une étrange créature qui décida que le jour soit.

Et le jour fut.

Sable à perte de vue et soleil de plomb : la chaleur s'invite et pousse notre petite héroïne à parcours le monde et son gris uniforme à la découverte... de la couleur.

 

"Road-movie" graphique, Pome propose au lecteur une succession de rencontres entre la fillette toute de noir vêtue et les étranges habitants de son monde infini. Au programme, entre autres, des silhouettes déjà croisées : un épouvantail, un loup, une jeune femme en pleurs, un soupçon d'Alice... et quelques nouveaux invités, comme une valise ou un indien.

Loin de moi l'idée de reprocher à l'auteur ses récurrences : attaché à des personnages attachants, il sait les inviter régulièrement à ses concerts graphiques, leur proposant une mise en musique toujours nouvelle.

 

Elle est ici guidée par certaines profondes et riches influences de Johan, ses amours de BD de longue date : l'OuBaPo, Marc-Antoine MATHIEU, et surtout FRED, le grand FRED dont il faudra un jour que je rappelle la place tellement à part et tellement indispensable dans l'histoire de la BD.

Pourquoi l'OuBaPo ? Parce que la succession de rencontres n'est pas sans rappeler les itérations chères à Mister O, par exemple. Et parce que je sais que Johan a toujours aimé jouer avec la BD et ses codes.

Pourquoi Marc-Antoine MATHIEU ? Parce que Johan aime malmener la matière (feuille, encre...) pour le meilleur de l'histoire, comme le père de Julius Corentin Acquefacques avant lui.

Pourquoi FRED ? Parce que la poésie, parce que la magie, et parce que cette manie de mettre à mal le sens de lecture et les relations conventionnelles entre les cases.

 

Rassurez-vous toutefois : loin d'être une indigeste BD expérimentale, comme certains pourraient le reprocher à LECROART par exemple, Pome ou les petites choses est avant tout une belle histoire, au service de laquelle s'invitent des execices de style subtils et bienvenus.

Son dessin un brin enfantin risquerait toutefois de la cantonner au jeune public. Ne vous y trompez pas : non seulement cette BD est faite pour tous, mais elle vous rendra forcément plus sensibles et plus attentifs à tout ce qui grouille entre deux cases, entre deux pages.

 

De la BD belle et sensible qui, en plus, rend intelligent, on ne peut qu'en redemander !

L'auteur sera, en prime, au Festival BD de Solliès-Ville : une belle occasion de le rencontrer !

 

Champimages qui rêvent.

 

Pome - Extrait 1

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