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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 17:02

Pome - CouvertureAprès cette longue plage de silence, quoi de plus logique qu'une plongée dans le désert ?

Et surtout, quoi de plus agréable que d'errer aux cotés d'un ami et de son univers graphique ?

 

Rien de tel, donc, que Pome ou les petites choses pour me remettre en mots après mes semaines de remise en jambe.

 

Dernier ouvrage en date de  Johan TROÏANOWSKI, dont je ne saurai jamais assez louer le talent, Pome semble être un concentré des thèmes et des formes qui animent son oeuvre depuis déjà un certain temps.

 

Au commencement était une petite fille dans le désert, sous les étoiles. Surgit une étrange créature qui décida que le jour soit.

Et le jour fut.

Sable à perte de vue et soleil de plomb : la chaleur s'invite et pousse notre petite héroïne à parcours le monde et son gris uniforme à la découverte... de la couleur.

 

"Road-movie" graphique, Pome propose au lecteur une succession de rencontres entre la fillette toute de noir vêtue et les étranges habitants de son monde infini. Au programme, entre autres, des silhouettes déjà croisées : un épouvantail, un loup, une jeune femme en pleurs, un soupçon d'Alice... et quelques nouveaux invités, comme une valise ou un indien.

Loin de moi l'idée de reprocher à l'auteur ses récurrences : attaché à des personnages attachants, il sait les inviter régulièrement à ses concerts graphiques, leur proposant une mise en musique toujours nouvelle.

 

Elle est ici guidée par certaines profondes et riches influences de Johan, ses amours de BD de longue date : l'OuBaPo, Marc-Antoine MATHIEU, et surtout FRED, le grand FRED dont il faudra un jour que je rappelle la place tellement à part et tellement indispensable dans l'histoire de la BD.

Pourquoi l'OuBaPo ? Parce que la succession de rencontres n'est pas sans rappeler les itérations chères à Mister O, par exemple. Et parce que je sais que Johan a toujours aimé jouer avec la BD et ses codes.

Pourquoi Marc-Antoine MATHIEU ? Parce que Johan aime malmener la matière (feuille, encre...) pour le meilleur de l'histoire, comme le père de Julius Corentin Acquefacques avant lui.

Pourquoi FRED ? Parce que la poésie, parce que la magie, et parce que cette manie de mettre à mal le sens de lecture et les relations conventionnelles entre les cases.

 

Rassurez-vous toutefois : loin d'être une indigeste BD expérimentale, comme certains pourraient le reprocher à LECROART par exemple, Pome ou les petites choses est avant tout une belle histoire, au service de laquelle s'invitent des execices de style subtils et bienvenus.

Son dessin un brin enfantin risquerait toutefois de la cantonner au jeune public. Ne vous y trompez pas : non seulement cette BD est faite pour tous, mais elle vous rendra forcément plus sensibles et plus attentifs à tout ce qui grouille entre deux cases, entre deux pages.

 

De la BD belle et sensible qui, en plus, rend intelligent, on ne peut qu'en redemander !

L'auteur sera, en prime, au Festival BD de Solliès-Ville : une belle occasion de le rencontrer !

 

Champimages qui rêvent.

 

Pome - Extrait 1

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 06:32

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 01:03

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 09:59

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 00:24

Sac au dosD ou mon silence depuis quelques temps et pour encore quelques temps.

 

Et desole pour l absence d accents mais le clavier ne s y prete pas !

 

A tres vite !

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 19:09

Photomontages improbablesTout le monde ou presque connaît, dans notre beau sud de la France, l'histoire de la sardine réputée pour avoir bouché le port de Marseille.

N'y cherchez pas une explication rationnelle du genre "les Marseillais n'ont pas le sens de la demi-mesure" ou "en fait, il s'agissait d'un bateau nommé La Sardine". Considérez simplement que l'événement remonte à une époque pas si lointaine mais pourtant déjà presque oubliée où la nature savait se montrer généreuse à l'encontre de l'homme qui la respectait.

 

Cette époque généreuse, plantureuse même, faste et insouciante, c'est le début du XX°s. Le monde est alors encore tout euphorique des conséquences de différentes révolutions industrielles et de la mondialisation galopante (qui s'appelle alors plutôt, il faut bien l'avouer, colonisation) : l'homme est grand, beau et fort, et il peut tout, surtout l'improbable.

Ce surhomme évolue dans un environnement résolument surdimensionné qu'il sait toutefois maîtriser (même si l'un des deux protagonistes de la scène reproduite en couverture peut nous laisser en douter).

 

Animaux trop gros ? Qu'à cela ne tienne !

Plantes immenses ? On en fera de la soupe pour tous !

Glorieuse époque où l'on ne se démontait pas pour si peu. On s'en vantait, même ! C'est d'ailleurs dans ce but spécifique que se développèrent les "tall-tale postcards", aux Etats-Unis, entre 1908 et 1913. Très vite, alors que le tourisme se développe - modestement - le commerce des images-souvenirs à expédier prend son essor, et chaque région, puis chaque ville, puis chaque patelin, puis chaque trou finit par vouloir son bout de photo plus ou moins véridique, plus ou moins en couleurs, pourvu qu'il soit atypique et attractif, une parfaite publicité.

 

Quelques artistes se firent remarquer et finirent par exceller dans le genre : William H. MARTIN ou Alfred Stanley JOHNSON, dont la virtuosité technique (pour l'époque, les effets sont souvent bluffants) n'eut d'égale que l'imagination, voire la poésie.

 

Grâce à Alain WEILL et son Photomontages improbables, partez à la découverte de quelques dizaines de ces "cartes postales énhaurmes" qui ont survécu au passage du temps et qui, si elles ont pris quelques rides tout de même, sont les précieux témoins d'un temps révolu où l'on jouait à avoir les plus gros que le ventre et où on l'assumait pleinement.

 

L'auteur remarque avec regret que les Surréalistes, pourtant férus de photomontages, ne s'emparèrent pas vraiment de cette mode.

Remercions donc Plonk et Replonk, nos modernes et helvètes surréalistes, pour s'en être chargés à leur place, quelques quatre-vingts ans après. Preuve qu'il n'est jamais trop tard pour exagérer !

 

Champimages hors normes.

 

(On peut trouver cet ouvrage improbable à Contrebandes, la librairie de toutes les improbabilités !)

 

Photomontages improbables - Extrait sardine

 

Photomontages improbables - Extrait citrouille

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 17:25

Contes et décomptes - CouvertureAffiché au compteur du dernier Raging Bulles, le dernier Oupus d' Etienne LECROART, Contes et décomptes, était déjà sur mes étagères depuis sa sortie. On est fan ou on ne l'est pas.

 

Membre actif - et même hyper-actif ! - de l'OuBaPo, l'auteur nous propose un décompte - qui est plutôt un compte, d'ailleurs ! - à travers neuf exercices de style, dans la plus pure tradition des Ou-X-Po.

 

La longue et savante - forcément - préface de Jacques ROUBAUD (un OuLiPien de la première heure) remet le tout dans son contexte : les premiers pas de l'OuLiPo, la dimension graphique qui manquait parfois à certaines contraintes appliquées, les nouvelles voies ouvertes par LECROART.

 

Tout pourrait avoir jailli de l'Eodermdrome, dont vous aussi devez parler régulièrement lors des soirées mondaines, pentagone pentagrammatique dont les lettres sommitales E, O, D, R et M ouvrent tout un champ géométrico-poétique (si, si, j'insiste, poétique, même si tout le monde n'est pas de mon avis, ce qui est fort heureux, n'en doutons pas !).

Ne vous jetez par la fenêtre de votre système Windows (ah ah) tout de suite, le petit schéma sur la page reproduite plus bas vous éclaircira.

 

L'Eodermdrome, donc, point de départ d'une contrainte oulipienne basée sur le chemin réalisé sans lever le crayon entre les 5 sommets d'un pentagone. A chaque sommet une lettre, à chaque lettre l'initiale d'un vers, par exemple.

En bon OuBaPien - donc en bon auteur de BD aimant les contraintes au-delà des cases et des pages qui en sont déjà de belles ! - Etienne LECROART propose de disposer à chacun des cinq sommets du pentagone une case de BD et, en suivant le parcours Eodermdromatique, il en fait naître une planche de 11 cases. Une apparaît trois fois, les autres deux (donc je vous laisse faire le calcul (1 x 3) + (2 x 4) = 11), et le tout donne une histoire qui tient la route, et dont l'éventuelle vacuité - fruit de la répétition - est en adéquation avec le thème : le blabla autour de l'art contemporain.

 

Comme tout Ou-X-Pien qui se respecte, LECROART aime les défis, et passe donc à la vitesse supérieur en Eodermdromant à partir d'un hexagone, puis d'un heptagone. Les dévots puis les cuistres, autres spécialistes de la vacuité verbale, en prennent pour leur grade.

 

Longue est la liste des contraintes que l'auteur s'est donné (9, en tout, si vous avez bien suivi, déclinées parfois plusieurs fois).

Certes, je rejoins certains de nos Raging Bulleurs pour dire que certaines contraintes sont davantages textuelles que graphiques, comme le système booléen (Boole et Bill) ou l'adaptation du carré magique (2B²), dont les résultats sont tout de même drôles et virtuoses.

D'autres, au contraire, sont très graphiques, comme le Temps, qui prend en compte les questions de composition, de couleur et de mise en page, ou Compter sur toi, seul véritable décompte du recueil, la chronique d'une disparition qui affecte l'auteur et la forme de son récit.

 

Chapeau bas, enfin, pour les "carrés greco-latins", seule mise en pratique des contraintes transformatrices (quand l'auteur soumet à la contrainte des oeuvres pré-existantes), qui donne un nouveau souffle aux dessins et textes de FRED, PRATT, PEYO, WILLEM, et un romantique inconnu. LECROART rejoint en cela VANDERMEULEN, mais à travers d'albums d'auteurs différents.

 

Que les choses soient claires : Contes et décomptes n'est pas d'une lecture facile. De plus, parfois, il montre les limites du genre, quand la mécanique est un peu trop prégnante. Mais j'avoue que c'est le genre de défi intellectuel qui tient en éveil mes maigres facultés de lecteur : l'exploration de sentiers inexplorés, parfois bien tortueux, il faut le reconnaître, reste un plaisir rare et précieux.

 

Etienne LECROART fait partie de ces auteurs qui ne laissent pas notre cerveau tranquille. Remercions-le ! Et si, parfois, la froide mécanique relègue un peu l'âme au second plan, elle sait aussi faire naître la poésie avec une touchante et renouvelée fraîcheur.

 

Champimages qui comptent (bis !)

 

Contes et décomptes - Extrait 1

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 16:20

73304 - CouvertureL'été sera peut-être chaud, l'été sera peut-être beau, mais sur K-BD il sera surtout atypique. Pour ne pas dire inquiétant...

 

"Paranormal activity", nous promet-on pour août.

Avec 73304 - 23 - 4153 - 6 - 96 - 8, de  Thomas OTT, pour ouvrir le bal de l'intrigue.

 

Rien que de très banal pourtant dans les premières pages : une cellule, un condamné, et un petit bout de papier sorti d'on ne sait où, et que l'homme au regard triste et résigné place, un temps, entre les pages d'une Bible.

En parallèle arrive un fonctionnaire très propre sur lui : chemise blanche, cravate, chapeau, air sévère, gestes mesurés. Maître des destins, tapi dans l'ombre, il est le silencieux manutentionnaire de la chaise des condamnés. Immobile, il attend l'heure.

 

C'est une étrange suite numérique qui l'attend, en retour, au pied du terrifiant fauteuil.

15 chiffres réunis en six étranges séries. 15 chiffres sans queue ni tête (encore que) qui vont avoir sur notre homme de fer une bien étrange influence.

Un si petit bout de papier peut-il faire basculer une vie, le monde ?

On raconte que tout est chiffre, tout est mathématique. Qu'un grand ordre aux lois encore en découverte régit chaque vie, chaque seconde, chaque mouvement.

Cet ordre pourrait-il tenir sur quelques centimètres carrés de papier blanc et quelques traits d'encre noire ?

 

Toujours est-il que les chiffres, en plus ou moins grands groupes, vont faire leur apparition dans la vie du bourreau. Sur une affiche, une adresse, le collier d'un chien errant...

8h. Lever. Chien abandonné. Journal du jour. Adresse. Récompense ?

 

Case après case, chapitre après chapitre, sans un bruit, la marche imperturbable du destin se déroule. Chiffre, rencontre, chiffre, rencontre. Lieux improbables, femme fatale, casino, argent... Cela peut-il durer ? Quel est le prix à payer ?

Les huit chapitres suffisent à répondre à ces questions.

Et à faire basculer une vie.

 

Pas un mot, pas un son, juste des visages, des gestes et des lieux dans la narration de Thomas OTT : le monde du silence, étouffé, étouffant, écrasé par une implacable numérologie.

Une déroutante logique guide le récit, et lui fait suivre des sentiers inconnus ou oubliés, que le vernis de banalité nous rend pourtant familiers. Etrange manière de nous faire redécouvrir ces ruelles, ces arrêts de bus, ces bars miteux que nous croisons tous les jours mais ne voyons jamais vraiment. L'ailleurs est à nos portes, en somme.


Maître de la carte à gratter, l'artiste suisse écorche chaque image, scarifie ses personnages, ses décors, ses objets, n'épargnant rien ni personne de son scalpel. Visages marqués, lieux usés, objets hors d'âge : la vie n'a pas fait de cadeau.

Ce noir et blanc tremblant comme une vieille pellicule, un vieux disque, un vieux souvenir, recouvre les cases d'une inquiétante brume dans laquelle les corps se font cadavres, dans laquelle la réalité peut basculer en toute impunité.

Seul le noir est pur. Il jaillit rarement au sein des cases, mais les enserre, les étouffe, vide original et terminal. Comme un zéro graphique, moqueur, vomissant et avalant les images.

Images d'une telle intensité que le regard ne peut se contenter de les effleurer : chacune est une porte ouverte sur l'abîme.

 

73304 - 23 - 4153 - 6 - 96 - 8

Que pèse une vie face à la force des chiffres ? Que pèse une conscience ? Que pèse la réalité, finalement ?

 

Pas de leçon à retenir de Thomas OTT. Tout est possible, tout nous échappe, tout nous saute au visage, et le filet graphique et narratif que l'auteur a mis en place nous saisit et ne nous relâche qu'à la dernière case, lessivés par un trait fort et exigeant et perturbés par ces petits mystères du quotidien, ces petits riens qui peuvent nous faire basculer.

Effet papillon ? Oui, si le chaos est mathématique.

Logique.

 

Champimages qui comptent.

 

(Lire cette BD en écoutant les étranges compositions OuMuPiennes de The Third Eye Foudation rajoute à l'étrangeté de l'expérience...)

 

73304 - Extrait 2

 

73304 - Extrait 1

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 10:35

Ne vous fiez jamais au chauffeur de bus nuComment résister à un tel titre ? Surtout quand on sait qu'il s'agit d'une des nouvelles perles pondues par le Wombat (oui, la nature est pleine de surprises, n'en déplaise au rongeur bibliophile !) et que l'illustration de couverture a été confiée à Jean-Christophe MENU, monsieur L'Association (jusqu'à il y a peu, en tout cas), entre autres.

 

Sur les bons conseils (une fois n'est pas coutume) de Yves FREMION himself, je me suis donc plongé dans ce concentré d'aburdité dont seuls les anglo-saxons (et peut-être même spécifiquement les étasuniens) ont le secret. Jack DOUGLAS fait d'ailleurs partie de ceux qui ont inspiré Woody ALLEN à ses débuts, et même ensuite. Tout est logique. 

 

Des nouvelles courtes, parfois même très très courtes (une seule ligne, si si !), aux titres toujours évocateurs : "Tout ce que vous pouvez avaler pour deux cents dollars ou Vendez votre soeur et sortez dîner ce soir", "Débarrassez-vous de l'habitude d'être heureux : devenez écrivain !", "L'abominable homme des neiges, ou Maman a les plus grands pieds de la ville - qu'est-ce qu'elle s'est éclatée cet hiver au Tibet !"

 

Ces innombrables et hilarantes nouvelles (qui prennent d'ailleurs parfois l'allure de journaux intimes, de lettres aux parents, de pièces de théâtre ou de menu de restaurant) étaient nichées dans deux recueils ici réunis : Mon frère était fils unique, et Ne vous fiez pas à un chauffeur de bus nu, donc.

 

Morceaux (de chauffeur, bien sûr !) choisis :

 

"La vodka est la boisson la plus forte du monde. Quand vous entendez quelqu'un commander trois doigts de vodka, vous vous rendez compte sur-le-champ qu'il a dû en renverser sur les deux autres."

 

"L'Inde est plus connue sous le nom de Continent noir - enfin, si on fait abstraction de l'Afrique."

 

"Jetant un coup d'oeil par ma fenêtre, en cette glorieuse matinée d'automne, je sus immédiatement que c'était l'automne car tous les enfants de choeur de la ville perdaient leurs feuilles."

 

"Jeudi.

Cher Journal,

J'ai attendu devant le Stork Club toute la journée aujourd'hui, mais je n'ai pas vu Mildred en sortir. Elle n'en est pas sortie hier non plus. Ni le jour d'avant. Sais-tu, cher Journal - ça fait longtemps que je n'ai pas vu Mildred sortir du Stork Club. Presque six ans."

 

A siroter à petites gorgées, entre deux lectures plus sérieuses, histoire de détendre vos neurones tout en leur évitant la fracture.

 

Champi halluciné.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:11

Umbrella Academy T2 - CouvertureVous vous souvenez sans doute de la bande de sales gosses jaillie des entrailles de l' Umbrella Academy. Et bien comme si la presque apocalypse du tome 1 ne leur avait pas suffi, les revoilà dans un tome 2 intitulé Dallas, à juste titre (je vous laisse deviner pourquoi, je ne vais pas non plus trop vous mâcher le travail !!).

 

Bon, ok, de nos jours, les charmants bambins en costard queue-de-pie ne sont plus tout à fait des enfants de choeur, ni des enfants tout court. Mais, il y a dix-sept ans, ils étaient encore en culottes courtes. Spaceboy était encore un leader puissant et charismatique, Kraken avait déjà sale caractère, Rumeur avait encore une belle voix, Séance faisait déjà son intéssant en flottant au-dessus du sol, Numéro 5 jouait déjà au yoyo spatio-temporel, Horreur avait déjà d'étranges appendices qui lui jaillissaient du ventre, et Vanya Hargreeves se contentait de tirer quelques notes d'un violon.

 

De nos jours - dix-sept ans après, donc - on peut dire que pas mal de choses ont changé... Tous - ou presque - ont grandi, Spaceboy a perdu une partie de son corps et de son esprit, le caractère de Kraken n'a pas pris une ride, Rumeur a un joli petit carnet de notes, Séance se la pète entre deux séances médiumniques, et Vanya se remet tant bien que mal du tome 1.

 

Et Numéro 5, me direz-vous ?

Et bien, il est un peu au centre de l'album... De quoi bien complexifier une construction narrative déjà fort tourmentée par les flash-backs. Donc entre le présent, le passé, et les époques improbables où le petit brun a déjà ou pas encore traîné ses pieds, ça fait un paquet de moments et d'événements à suivre.

Cerise sur le gâteau, il semblerait que le duo de tueurs le plus efficace et le plus azimuthé de tous les temps, les célèbres Hazel et Cha Cha, ait été lancé à la poursuite de ce sacré coco qu'est Numéro 5 (ah ah).

Ca promet ! Et ça ne sera sans doute pas du goût de la petite famille décomposée !

 

On a tout, là ?

Ah non : manquent une explosion nucléaire, des singes qui parlent aux humains en toute tranquillité, la guerre du Vietnam, et une mystérieuse fondation Perseus qui fera sans doute parler d'elle bientôt...

 

Vous avez dit difficile à suivre ?

"J'ai tendance à penser que Dallas représente le véritable commencement de l'histoire de nos héros, et surtout, représente ce qu'Umbrella Academy, en tant que série, doit vraiment être".

C'est pas moi qui le dit, mais Gerard WAY, le scénariste à la belle voix.

Et j'avoue que cette embrouillamini d'idées qui s'entrechoquent à travers l'espace et le temps n'est pas pour me déplaire, car tout, finalement est "logique", bien huilé, et entretient un rythme des plus plaisants.

Le délire reste toutefois maîtrisé, et garde une teinte parfois grinçante, parfois amère.

"Le vide a dérobé ta place

Renonce à la vie".

 

Elle est bien triste, en définitive, la vie de super-héros, même en famille...

Où est la place de chacun ?

Si tant est qu'il en ait une...

 

Aux pinceaux, Gabriele BA s'éclate avec son néo-expressionnisme à la lame de rasoir. Le trait est anguleux, les explosions s'étalent, le sang coule par plaques... et pourtant rien ne heurte le regard ni la lecture. Le dessin se prête à toutes les situations et à toutes les époques.

Dieu, en guest star, a droit à un traitement de choix. En cette période de deuil post-Moebusien, la référence prend même un sens nouveau...

 

Bref, Umbrella Academy reste une série toujours très rock'n roll qui ravira ceux qui aiment les histoires qui bougent dans tous les sens, même les moins conventionnels (en gros, au-delà de la troisième dimension !), et qui met en scène une galerie pleine de surprises dont l'histoire promet de s'étoffer tome après tome.

 

Vivement la suite !

 

Champimages qui bondissent dans le temps.

 

Umbrella Academy T2 - Extrait 2

 

Umbrella Academy T2 - Extrait

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