Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 13:49

Raging Bulles - Logo

 

Après la pause estivale - durant laquelle personne n'a dû manquer de lire un bon paquet de BD, entre autres ! - revoici, pour la ... (roulements de tambour) xème année consécutive le retour du Raging Bulles !

 

Il se déroulera toujours le dernier jeudi de chaque mois (on ne change pas les bonnes habitudes), ce qui donne pour septembre un rendez-vous

 

Jeudi 27 septembre 2012

A partir de 19h

A la Cave de Lilith (rue Paul Lendrin) à Toulon

 

Au programme :

 

GUEDIN Dav & CRAOMAN, Colo Bray-Dunes 1999, Ed. Delcourt.

 

TSUTSUI Tetsuya, Prophecy #1, Ed. Ki-oon.

 

 TRONDHEIM Lewis & BONHOMME Matthieu, Texas Cowboys, Ed. Dupuis.


SFAR Joann, Tokyo, Ed. Dargaud.

 

 SHIGA Jason, Vanille ou chocolat, Ed. Cambourakis.

 

DENIS Jean-Claude, Zone Blanche, Ed. Futuropolis.

 

 

 

Bonne lecture et à très bientôt autour d'un ou plusieurs verres !

Repost 0
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:54

L'oeuvre de Dieu, la part du DiableOn peut lui reprocher ses travers, ses récurrences, ses pavés, ses obsessions, mais il serait je crois difficile de ne pas trouver dans la dense bibliographie de John IRVING au moins un livre qui nous aura touché.

 

Je n'avais pas parlé ici du Monde selon Garp, de l'Epopée du buveur d'eau ou de la Veuve de papier, qui furent tous, à un moment ou un autre, des compagnons de voyage...

 

Il en a été de même pour L'Oeuvre de Dieu, la part du Diable.

 

Je n'en dirai rien, n'en dévoilerai aucune ligne.

Simplement lisez-le.

Il y a de fortes chances qu'un passage parle un peu de vous.

Parce qu'un roman d'IRVING, c'est toujours un concentré d'humanité, avec ses bons et ses mauvais côtés, ses failles, ses sourires, ses douleurs.

Avec toujours, en plus, un amour profond pour la littérature. Histoire d'alimenter encore et encore notre envie de lire...

Repost 0
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:20

Les Enfants Fichus - Couverture(Bon, encore un livre inclassable, mais je ne vais pas épiloguer de nouveau, n'est-ce pas... Donc tant que je ne créerai pas une nouvelle rubrique de type "des mots et des images" ou "livres inc(l)assables", je rangerai ces olni dans la bien chargée rubrique "BD", et puis voilà !!)

 

Non, non, je ne connaissais pas  Edward GOREY avant qu'on m'offre ce livre (donc, de nouveau, merci pour le cadeau !!).

Un trou de plus à ajouter à mon gruyère culturel (enfin, à mon emmental culturel, si j'en crois les puristes fromagers !), enfin, un trou plus ou moins bouché à présent.

 

Donc Edward GOREY - qui n'a pas hésité, à certaines époques, à signer Edward PIG, par exemple, le bougre ! - est né en 1925 et est mort en 2000 "sur son sofa" (je cite). Il a plus ou moins passé sa vie à écrire et dessiner en se nourrissant de tout ce qui passait à sa portée, de Louis FEUILLADE à Buffy contre les vampires en passant par le New York City Ballet ou Fantômas.

 

Tim BURTON, avec sa Triste Fin du petit enfant huître (entre autres) fait partie de ses nombreux héritiers plus ou moins directs, maltraitant ses petits héros avec une plume généreuse en hachures et en vers sordides.

On pourrait placer Guillaume BIANCO et son désormais célèbre Billy Brouillard dans la famille des héritiers deuxième génération.

 

Bon, et les Gashlycrumb Tinies, dans tout ça ?

Et bien, ils sont venus, ils sont tous là, dès la couverture, de Amy à Zillah, tristes, blafards, presque tous bien peignés, vêtus de leurs robes plissées et jolis complets ou, parfois, de leurs haillons. L'entre-deux siècles ne traînait pas qu'avec la haute.

 

Appréciez le grand et sombre porte-parapluie, le seul qui sourit, foulard au vent mauvais : il a laissé venir à lui les petits enfants gris qui, par étourderie, malheureux hasard ou profond ennui, se sont enfoncés dans la nuit.

Car au pays d'Edward GOREY, tout est fichu dès la première seconde, puisque tout est danger : un tapis, une porte, une pêche.

La vie est dure, mais la mort se marre, pour compenser.

 

"J'ai tué beaucoup d'enfants dans mes livres", disait-il.

Certains de se contemporains le lui reprochèrent (The Gashlycrumb Tinies sortit en 1963). Charge à nous de nous montrer un peu plus intelligents et un peu plus subtils, surtout en ce jour de rentrée des classes, où le thème des enfants est servi à toutes les sauces dans les médias.

Avec GOREY, ne nous reste plus qu'à les déguster !!

 

Champimages qui riment et qui grincent.

 

Les Enfants Fichus - Extrait 2

 

Les Enfants Fichus - Extrait 1

Repost 0
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:05

C'est un intellectuel, un chauve et un coiffeur qui voyagent ensemble. Ils bivouaquent dans un endroit désert et décident de faire des tours de veille de quatre heures chacun pour surveiller leurs affaires. C'est au coiffeur que revient la première veille et, pour s'amuser, il rase l'intellectuel pendant son sommeil ; puis il le réveille, une fois son quart terminé. L'intellectuel, en se réveillant, se gratte la tête et s'aperçoit qu'il n'a plus un cheveu. "Ah !, s'écrie-t-il, ce maudit coiffeur s'est trompé : au lieu de me réveiller, il a réveillé le chauve."

 

Va te marrer chez les Grecs.

 

 

Preuve que l'humour absurde existe depuis que l'humour existe !! Au moins !

 

Repost 0
2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 17:28

Sabine - Couverture"Ce voyage se raconte à haute voix en prenant l'accent d'un ailleurs inconnu".

 

En peu de pages et peu de mots la note est donnée : Sabine est placée sous le signe du voyage et de l'exotisme.

 

Au regard de la préface, toutefois, l'ailleurs a un petit air d'hémisphère sud, quand même :


"J'habite une blessure sacrée

J'habite des ancêtres imaginaires

J'habite un vouloir obscur

J'habite un long silence

J'habite une soif irrémédiable

J'habite un voyage de mille ans

J'habite une guerre de trois cents ans [...]"

Aimé CESAIRE

 

Nous voilà donc prévenus : l'ailleurs nous attend un peu partout, surtout au détour d'une page, et il a la voix et la saveur de ce que l'on ne rencontre qu'un peu plus loin.

 

A vous donc d'imaginer la prononciation correcte du nom "Moabi", le petit village où vit Anys "à la langue fatiguée", car depuis que son chien est mort, il a arrêté de parler.

Heureusement que Sacha, "la bouche pleine de mensonges", entend tout ce que pense Anys : ça facilite les échanges !

Le trio ne saurait être complet sans Blanca, la jolie orpheline à l'oeil gauche surdimensionné et à la longue frange noire.

 

"Blanca rêve de devenir une sirène. Ma grand-mère lui a dit qu'il lui suffirait de rester sous la pluie... Sasha et moi, on n'ose pas lui dire que ce n'est pas possible."

 

Et pourtant, elle en sait, des choses, la grand-mère d'Anys.

 

Qu'importe.

Les trois sont inséparables, parlent de la pluie (qui fait les sirènes), du beau temps (qui fait pousser les baobabs), de la paix, de l'amour, tout ça...

 

Survient alors l'impensable mais inévitable : Grand-Mère l'Autre, la plus âgée de tout le village, la plus sage, la plus débordante d'histoires, meurt un beau matin. Ou peut-être était-ce hier (sic).

Cérémonies, recueillement, et tant de questions pour Anys et ses deux amis...

 

Voulant savoir où pouvait bien être passée l'âme de Grand-Mère l'Autre, ils décidèrent de remonter le cours de son histoire et du fleuve.

De se rendre à Sabine, ville mystère par-delà la forêt, où personne n'est plus allé depuis bien longtemps.

 

La route est longue, les rencontres nombreuses, et chaque buisson, chaque arbre, chaque voyage est une histoire à lui tout seul.

Parfait pour que les trois pélerins de s'ennuient pas.

Parfait surtout pour les aider peu à peu à percer les secrets de Grand-Mère l'Autre, ou en tout cas une partie des secrets de l'Histoire. Des histoires.

 

Entre arbres démesurés aux branches tourmentées et poissons flottant entre deux airs, Aniy, Sasha et Blanca vont traverser les mondes d'ici et d'ailleurs, quelque part entre les contes.

 

Maya MIHINDOU nous avait prévenu, et elle a bien tenu promesse : Sabine nous emmène au pays des histoires à raconter plus qu'à lire, dans cette Afrique intemporelle où les légendes marchent au côté des voyageurs.

En lançant ses héros sur les routes tracées par les griots, elle nous fait découvrir la richesse de ces contes nés au pied des arbres.

 

Pour servir au mieux une telle liberté de ton, elle fait appel à une large palette graphique : du noir et blanc, de la couleur, de petites cases juxtaposées, de grandes doubles pages, et quelques photos pour terminer.

A la fois conte illustré, poème, théâtre, bande dessinée, Sabine est d'une joyeuse inclassabilité (décidément, c'est de saison !).

On croise parfois certains travers graphiques (l'omniprésence des yeux, tout un symbole ! , ou la tendance de la moindre courbe à se développer encore et encore et s'enrouler à tout ce qui bouge...) mais le tout dégage une force, une fraîcheur et une envie totalement envoûtantes.

 

Née au Gabon en 1984, âme voyageuse, Maya MIHINDOU a su trouver dans Venusdea la collection qu'il lui fallait pour partager ses errances intérieures et les cristalliser en un bel objet au format carré et à la texture soyeuse qui avait attiré mon attention au Festival BD de Solliès-Ville il y a un an déjà.

 

Ne vous laissez pas rebuter par l'étrangeté qui se dégage de certains dessins et par l'aspect non-conventionnel de bien des pages : Sabine est un voyage ouvert à tous, où chacun apporte un peu de soi.

 

"Aussi longtemps que les hommes ne seront pas complets et libres assurés sur leurs jambes et la terre qui les porte, ils rêveront la nuit."

Paul NIZAN.

 

Champimages à voix basse

 

Sabine - Extrait 1

 

Sabine - Extrait 2

 

 



Repost 0
1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 08:17

Les vrais histoires de l'art - CouvertureIl est souvent des objets livresques un peu inclassables qu'on se retrouver à lire et à apprécier mais que l'on ne sait pas forcément étiqueter.

Joie de l'écriture sans limites et sans dogme, mais au moment du rubricage, il faut bien avouer que cela questionne...

Ne voulant pas ajouter de nouvelle rubrique à la longue liste déjà trop fournie de ma petite Tanière, je me vois donc dans l'obligation de sélectionner Les (vraies !) histoires de l'art dans la catégorie "Bandes Dessinées", ce qui n'est finalement pas si stupide, puisqu'il s'agit bien d'histoires en bandes (de 3 cases) qui ont été dessinées (au sens large du terme, j'en conviens).

Cela pourrait d'ailleurs être l'occasion de rouvrir le débat jamais tranché sur "qu'est-ce qu'une BD", mais vu que la profession ne s'est toujours pas accordée sur la question depuis plusieurs décennies, on doit pouvoir s'en passer.

 

Les (vraies !) histoires de l'art, c'est la vérité, toute la vérite, enfin la vérité sur l'origine des plus célèbres et des plus classiques chefs-d'oeuvre picturaux de l'histoire de l'art européen.


Pour le Cri, de MUNCH, crie-t-il ? A cause d'un coup de vent malheureux !

 

Pour Vincent (Van GOGH, bien sûr) a-til aussi bien rangé sa chambre ? Touchez-en deux mots à sa mère !

 

Pour ARCIMBOLDO a-t-il peint les Quatre Saisons de la sorte ? Jetez un oeil à la météo !

 

Au total, 23 tableaux ont vu leur mystère dévoilé par le malicieux Sylvain COISSARD, qui a remis au goût du jour le jeu du "avant/après", en imaginant le "pendant" humoristique de la chose. Il aurait presque fallu présenter chaque "histoire" page par page pour laisser au lecteur le soin d'imaginer, à partir du "avant", comment on allait en arriver au "après"...

Aux pinceaux, Alexis LEMOINE, qui a dû longuement jouer de la palette graphique et du logiciel de retouche d'image, retrouve les styles, les genres et les tics de près de 20 artistes ayant exercé du XV° au XX°s.

 

Beau voyage dans l'art et le temps qui, en réintroduisant un peu d'humour là où s'était installée la monotonie d'un certain classicisme, redonne envie d'aller voir ces chefs-d'oeuvre, et pourquoi pas d'appliquer à leurs voisins un traitement similaire. Histoire (vraie !) de...

 

Champimages qui jouent avec l'histoire.

 

Les vrais histoires de l'art - Extrait 1

Repost 0
1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 08:14

champi-clin-d--oeil.jpgJe viens de mettre en place une nouvelle rubrique dans ma petite Tanière : Tables Rondes BD. Comme ça vous pourrez retrouver plus facilement les comptes-rendus !

 

Bonne lecture.

Repost 0
1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:53

Festival BD La Seyne 2012Petit compte-rendu de la table ronde que j'ai eu la chance d'animer au  Festival Bulles en Seyne le 10 juin 2012, avec  Jean-Marc PONTIER.

 

 

 

Jean-Marc, tu es enseignant, docteur en littérature, auteur de BD, essayiste en BD également... De nombreuses facettes autour de la BD. A quand remonte ta première expérience en la matière ?

 

Le Chevalier Araignée, avec Jules VIPALDO, en 2005, est ma première BD publiée. Mais 20 ans avant, j'avais réalisé un premier projet, refusé par les éditeurs.

Le dénominateur commun de tous mes travaux est le rapport entre le texte et l'image, comme ma thèse sur le poète, romancier et peintre Max JACOB, par exemple.

Dans une telle démarche, la BD s'est imposée.

 

 

Dans tes Nouvelles penchées, Martin, « le cancre », dessine sur les tables de son collège, sans pouvoir s'arrêter. Es-tu toi aussi entré en BD par la pratique, ou d'abord par la lecture et l'analyse ?

 

Le Cancre est une nouvelle autobiographique. Adolescent, au collège, j'écrivais à même la table. J'enluminais les tables.

Dès l'âge de douze ans, je réalisais des BD, mais sans jamais les achever.

Je ne saurais toutefois dire si c'est le dessin ou l'écriture qui est venu en premier.

 

 

Lorsque tu crées une histoire, qu'est-ce qui te vient en premier ?

 

J'ai la plupart du temps une approche graphique rapide, spontanée.

Dans Peste blanche, un récit plus long que ce que je fais d'ordinaire, j'ai dû davantage travailler mon sujet, pour ne pas lasser le lecteur.

Mais de manière générale, mon trait est à la limite du symbole, de l'idéogramme : je cherche à restituer le sens en dehors de tout langage courant. C'est bien souvent le texte qui va générer le signe.

Dans certaines nouvelles, parfois, je pars de ou j'utilise certaines photos ou illustrations. Un matériau visuel.

 

 

Quelle place occupe le texte, pour toi, dans le processus créatif ?

 

J'aime la narration pure, la belle écriture. On la retrouve d'ailleurs plus facilement dans la prose que dans le dialogue.

J'essaie, en BD de sortir de l'approche, devenue classique, du texte sous sa seule forme dialoguée. Dans ma première BD, d'ailleurs, le texte se trouvait en-dessous de l'image.

 

 

Dans tes histoires, tu convoques souvent plusieurs arts : la poésie, la peinture, la musique... Et tu t'es consacré à des auteurs intéressés par différentes disciplines artistiques. La BD est-elle, pour toi, la mieux placée pour conjuguer les mots et les images, et pour traiter du rythme ?

 

La BD est pour moi une sorte d'opéra silencieux. L'opéra est un art total, complet, qui conjugue tous les autres.

La musique crée un rythme. Elle fait partie de mes passions.

Raconter une histoire nécessite de créer une rythme aussi. Avec la contrainte de l'ellipse inhérente à la BD.

J'ai opté pour des nouvelles très courtes, entre 2 et 8 pages, qui peuvent évoquer les différentes plages d'un CD.

Peste blanche est différent, et m'a permis de mettre en place un autre rythme, d'autres articulations.

Je m'intéresse également à la question de la déformation du corps et du rythme de cette déformation.

 

 

Du corps de la femme, par exemple ?

 

La question du corps féminin traverse l'art depuis des siècles.

Je trouve ça beau, un corps de femme.

Dans Peste blanche, l'histoire d 'amour ne devait pas durer plus de trois ou quatre pages, mais l'histoire globale ne tenait pas la route. Au final, l'histoire d'amour occupe près de la moitié du livre.

J'aime également le corps féminin parce qu'il entre en résonance avec la dimension érotique de l'amour, une dimension qui entraîne la nécessité de l'oubli.

 

 

Dans Peste blanche, justement, tu associes littérature, mots, tags et amnésie, comme dans la planche-corps de Marie : « NE M'OUBLIE PAS ». Babel n'est jamais loin, comme chez David B.

 

Sexuel et textuel sont très liés, et dans Peste blanche, le rapport charnel à la femme fait écho au rapport à la ville.

Babel est le symbole de la mémoire qui passe par les mots.

Cela me rappelle une anecdote : chez ma mère, il y avait une étiquette sur une étagère. On pouvait y lire le mot « étagère ». Il s'agissait de nommer chaque chose. Je me suis alors demandé ce que deviendrait un monde où la mémoire des mots disparaîtrait.

Peste blanche est également une évocation forte du rapport au passé. Quand j'étais étudiant, des fouilles archéologiques ont eu lieu à Marseille. Je fréquentais des archéologues lorsque une nécropole étrusque a été exhumée ; le passé ressurgissait, après avoir été enseveli.

Il en a été de même pour les fosses communes de la Peste Noire lorsqu'elles ont été redécouvertes.

Le passé avait été recouvert, puis découvert, puis de nouveau enseveli. Et recouvert de béton. Comme une mémoire de nouveau disparue.

 

 

Peste blanche se passe à Marseille. Tu as travaillé sur le peintre et conservateur marseillais Marcel ARNAUD (1877-1956). Quel rapport entretiens-tu avec la ville de Marseille ?

 

Malgré moi, le Sud s'est toujours imposé.

J'ai été très inspiré par CAMUS, et je connais bien les paysage méridionaux, je les aime beaucoup.

J'adore la ville de Marseille, car tout peut s'y passer.

 

 

Parlons un peu maintenant de ton travail d'essayiste. Tu t'es penché sur les œuvres de David B. et de Nicolas de CRECY, deux auteurs aux univers graphiques très différents. Pourquoi ?

 

David B. et Nicolas de CRECY sont deux pionniers de la nouvelle BD.

Je me suis intéressé à eux alors que je réalisais des chroniques BD pour Radio Active. Je me suis rendu compte qu'avec ces deux auteurs, il y avait une matière immense, et les étudier s'inscrivait dans la continuité de mes travaux universitaires.

En 2009, à Angoulême, j'ai rencontré les éditeurs de PLG, qui venaient d'éditer un livre sur BAUDOUIN, un artiste que j'aime beaucoup.

Je me suis alors dit que je pouvais en faire de même avec d'autres auteurs dont l'œuvre me touchait. Mais je ne me serais pas senti autorisé à écrire sur eux, ni sur quelque auteur que ce soit, si je n'avais pas été auteur moi-même.

Par ailleurs, le fait d'être enseignant a compté dans ce travail d'analyse : j'aime transmettre ce que j'aime. Je pouvais et devais donc faire ces livres.

 

 

A travers certaines des tes nouvelles, et surtout à travers certains des ateliers BD qui tu animes avec tes élèves, on retrouve un certain attachement à l'OuBaPo (Ouvroir de Bande Dessinée Potentielle) et à ses techniques : la contrainte, le gaufrier (système de mise en page où toutes les cases ont les mêmes dimensions)...

 

La contrainte est toujours génératrice et intéressante.

Avec mes élèves, autour des films de Stanley KUBRICK, elle m'a permis d'obtenir des productions très riches, par des élèves qui souvent ne dessinaient que peu ou pas.

J'aime m'appliquer des contraintes à moi-même, pour certaines nouvelles par exemple, comme dans La Chute (Nouvelles penchées), où je suis parti de radiographies de ma femme.

L'avantage avec mon éditeur Les Enfants Rouges, c'est que j'ai une totale liberté de création, qui me permet de présenter et de voir édités de tels travaux.

 

 

Quels sont tes projets en cours et à venir ?

 

Je travaille actuellement à un roman graphique intitulé Sur la main.

En matière de monographie, j'aimerais peut-être travailler sur Joann SFAR, même si cela surprend beaucoup de gens dans mon entourage, notamment à cause de son succès. Un succès qui suscite une certaine jalousie dans le monde de la BD.

J'ai également un projet un peu hybride autour de la ville de New-York, né après un voyage de trois semaines là-bas, l'an dernier. Ce serait une fiction sous forme de prose illustrée.

 

 

Merci Jean-Marc.

 

Repost 0
31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 14:47

Va te marer chez les GrecsC'est un intellectuel qui se dispute avec son père. "Salaud ! tu te rends compte du tort que tu m'as fait ! Si tu n'étais pas né, j'aurais hérité de mon grand-père !".

 

Philogelos, l'humour à travers les âges...

Repost 0
30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 16:09

Contrebandes - Anthony PASTORJe vous en avais parlé après avoir lu  Hotel Koral.

Cette fois, je vous invite à venir découvrir ses originaux à la Librairie Contrebandes : Anthony PASTOR y est à l'honneur jusqu'au 22 septembre 2012.

 

4 oeuvres, 4 techniques, mais toujours un univers à la fois familier et décalé, quelque part entre deux Amériques.

 

En prime, l'auteur sera là le samedi 15 septembre, parfaite occasion pour évoquer ses ouvrages, avoir une belle dédicace, et boire un coup, comme nos chers Contrebandiers nous en ont donné l'habitude.

Pas de quoi se plaindre, en somme !

Repost 0