Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 21:48

Labyrinthe MagiqueComment ça je ne parle plus de jeux par ici ?? Mais j'aimerais bien vous y voir, moi : tant de livres à lire, de jeux à jouer, de plats à goûter, et si peu de temps pour en parler !

 

Bon, là il est quand même temps que je me donne des coups de pieds là où je pense, tout de même.

Et le fait que de temps en temps, pour notre association Les Yeux dans les Jeux, je me mette à parler jeux sur les ondes de Radio Active (pour l'émission Le Masque et les Feutres), me pousse à remettre cette rubrique au goût du jour.

 

En avant donc pour plonger dans le Labyrinthe Magique !

 

Soit 4 petits magiciens (le bleu, le rouge, le jaune et le vert) - mais on peut jouer tout seul - placés aux quatre coins d'un plateau carré.

Il fait sombre, et les magiciens vont avancer à tâton pour récolter les ingrédients dont ils ont besoin pour composer leur potion magique.

Les fameux ingrédients, tirés d'un sac en tissu noir, sont disposés un par un ou deux par deux sur le plateau, sur les symboles correspondants.

 

La chasse peut alors commencer : à tour de rôle, chaque joueur lance un dé à six faces, et va avancer son pion de 1 à 4 cases, toujours orthogonalement, en glissant sur le plateau.

Pourquoi glisser ? Parce que la longue robe des magiciens traîne au sol, c'est bien connu.

Et surtout parce que chaque magicien traîne sous ses pieds, et sous le plateau de jeu, une petite boule métallique qui tient par magie... et par magnétisme, avant tout !

 

Vous vous souvenez qu'il fait sombre ?

Or, dans le noir, on voit mal les obstacles.

Qui sont ici matérialisés par des petits murs en bois placés... sous le plateau de jeu !

Donc, si, au cours d'un déplacement, un magicien tente de passer "à travers un mur"... sa boule d'énergie magique tombe !

Il faut alors retourner à la case départ, et se souvenir de l'emplacement de tous les murs pour ne pas les heurter de nouveau.

 

Vous avez dit difficile ?

Oui et non !

Oui parce que la mémoire spatiale à laquelle il est fait appel n'est pas souvent sollicitée dans les jeux.

Non car la difficulté est modulable : nombre de murs placés sous le plateau de jeu, nombre d'ingrédients à récolter pour gagner la partie.

 

Et voilà, le tour est joué ! (ah ah).

Ne vous reste plus qu'à enfiler votre chapeau pointu, à enfourcher votre boule d'énergie magique, et en route pour les sombres couloirs du labyrinthe !

 

Parents, méfiez-vous : vos bambins apprentis-magiciens risquent bien de se révéler plus malins que vous ! A vous de faire renaître la magie qui est en vous...

 

Champi Ludi

Repost 0
3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 18:20

le-canard-enchaine.jpg

 

Cette semaine, au Salon de l'agriculture, Sarkozy est allé serrer les pognes avec d'autant plus d'entrain que les 3 millions de ruraux l'ont plutôt à la bonne. Rappelez-vous, en janvier, notre président leur avait réchauffé le coeur en s'énervant contre les règles environnementales trop "tatillonnes", qu'il avait promis de lever. Toutes ces contraintes qui empêchent de polluer en rond à coups de pesticides et d'engrais chimiques ou de faire pousser comme des champignons des porcheries industrielles et des poulaillers géants. La veille de l'inauguration du Salon, il en a resservi une louche : "Il y a trop de suspicion à l'endroit des agriculteurs. Ce qui pose problème, ce sont les contrôles tatillons sur des textes parfois difficiles voire impossibles à appliquer et pouvant donner lieu à interprétation." Mais Sarko fait mieux : il a fait une croix sur la ministre de l'Ecologie. Le 23 février, Nathalie Kosciusko-Morizet, NKM pour les intimes, a abandonné son poste - sans être remplacée - pour devenir porte-parole du candidat-président. La France va donc vivre pendant deux mois sans ministre de l'Ecologie. Et vive le Grenelle !


Voilà qui tombe bien, au moment où la France ferraille avec Bruxelles pour continuer d'interdire la culture du maïs transgénique MON 810. Et au moment où l'Europe vient d'ouvrir une procédure d'infraction contre nous pour non-respect de la directive "nitrates", plus précisément à cause de notre manque de zèle à lutter contre la prolifération des algues vertes en Bretagne, essentiellement provoquée par les pollutions agricoles.


Et, pendant ce temps-là, le Grenelle de l'environnement se dégonfle façon baudruche. A commencer par la marche arrière sur la promesse de réduire de 50% l'utilisation des pesticides les plus dangereux dans les dix ans à venir. En octobre 2011, notre ministre de l'Agriculture, Bruno le Maire, annonçait la couleur : "Nous devons adapter un certain nombre d'objectifs qui ne sont pas atteignables..."


Au Salon de l'agriculture, il y a deux ans, Sarkozy avait annoncé son programme en matière d'écologie : "L'environnement, ça commence à bien faire." Enfin une promesse tenue !

 

Le Canard Enchaîné, 29 février 2012

Repost 0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 19:09

viral : poison d'avril.

Repost 0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 10:35

HOKUSAI - VagueCela fait des années qu'au printemps Toulon a des airs de pays du soleil levant : le Cartoonist, en son temps, puis Mang'azur, à sa suite, en ont fait une tradition.

 

Cette année, en prime, le  Mesclun (haut lieu des actitivés associatives et ludiques de notre petite ville) est de la partie, et propose un mois d'avril entre saké et sakura (comme je me la pète, moi !).

 

Vernissage le vendredi 6 avril 2012 à partir de 18h au Mesclun, donc, pour découvrir deux expositions : Découverte du Japon et Un air de Japon.

 

Le programme est bien rempli, et présenté en détails ici.


Notez que la conférence du mardi 24 avril à 18h sur l'histoire du manga sera donnée par votre humble serviteur.

 

Allez, à vos kimonos !

 

Champimono

Repost 0
29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 10:43

 

Télérama.fr

 

"Nous sommes le dimanche 25 mars, il est 19h09. Je me suis donné une heure (pas plus) pour écrire cette chronique à laquelle je pense, par intermittence mais de plus en plus, depuis le rappel de Télérama. C’est une contrainte formelle que je me fixe parce que le sujet est aussi vaste que la ligne de train qui relie Madras à New Delhi que j’ai prise en 1981 sur laquelle j’ai toujours eu envie de revenir pour écrire un livre, sauf que Tabucchi l’avait déjà fait et qu’il est mort ce soir. Je tiens sa mort pour l’événement le plus important des actualités du jour, voire de la semaine (...)

 

Quand la politique n’est que de la communication, quand les journalistes rivalisent de faiblesses, elle devient pornographique."

 

Denis ROBERT

 

Le reste est à lire ici.

Repost 0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 17:22

Alain CLEMENT

 

Merci Alain CLEMENT

Repost 0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:43

Nu-men T1 - CouvertureQuel point commun peut-il y avoir entre le Journal, une des BD autobiographiques pionnières en France, poignante, déchirante même, réalisée en noir et blanc au début des années 90, et Nu-Men, récit de s-f (ou d'anticipation à moyen terme) hyper-protéiné mêlant mutations et complot mondial ?

 

L'auteur, bien sûr, Fabrice NEAUD, qui dès le premier tome du Journal évoquait un récit de s-f en germe, mais également certains de ses thèmes de prédilection : les corps masculins musculeux et l'autoportait (vous ne tarderez pas à croiser un personnage lui ressemblant étrangement !).

 

Dans un futur pas si éloigné que ça, comme bien souvent dans ce genre de récit, le monde est plus que jamais au bord du chaos : les mégalopoles (voire téra, voire tératopoles !!) croûlent sous le poids des laissés pour compte qui n'en peuvent plus, certains pays ont été rayés de la carte, certains peuples ont définitivement disparu, les médias, plus omniprésents que jamais, jouent à outrance la carte de la provocation, l'armée et les milices privées remplacent plus que de raison la police en sous-effectifs et surpassée, et des hommes en noir au service d'un étrange projet scientifique qui ne fait pas dans la dentelle - on n'utilise pas des tractopelles impunément ! - surveillent de très près certains phénomènes inexpliqués.

 

Justement, ce jour-là, c'est un phénomène plus qu'inexpliqué qui frappe l'Europe : un quartier soulevé par des émeutes se retrouve au coeur d'un tremblement de terre... et d'une étrange apparition lumineuse et dévastatrice (turgescente, aussi, pour le coup, mais c'est une autre histoire).

Les hommes en noir débarquent, certains militaires en prennent pour leur grade, surtout s'ils ont eu le malheur de trop en voir, quant à la population, celle qui a survécu mais qui en a aussi trop vu se retrouve embarquée manu militari.

 

Au milieu du tout cela, le Sergent Csymanovic, avec son air faussement bovin et ses bras et cuisses (et tout le reste aussi, d'ailleurs !) hypertrophiés, sauve une fillette.

Et entre de fait tête la première dans les délicats et dangereux rouages de la sombre mécanique à l'oeuvre depuis plusieurs années.

 

Bases secrètes, écrans à profusions, vocabulaire technologico-futuriste (JODO et MOEBIUS ne sont pas loin !) mais crédible quand même, violence, tensions sociales, et projet scientifique peu avouable...

Tous les ingrédients sont là. Bien dosés, dynamiques, portés par un récit qui offre peu le temps de souffler.

Bien sûr, le Sergent Csymanovic n'est pas qu'une montagne de muscle : il concentre aussi tous les traits du héros traditionnel. De manière peut-être un peu archétypale.

Autour de lui, des hommes souvent bas du front - le parti politique du Front européen, qui bénéficie du soutien de près de 30% de la population, n'y est sans doute pas étranger - et des femmes de caractère (notamment le soldat Savolainen et le docteur ... "pas de nom"), entre lesquels les dialogues fusent, efficacement la plupart du temps - il faut faire passer un grand nombre d'informations ! - mais avec là encore quelques clichés de trop parfois (dans les propos des émeutiers ou des jeunes du quartier du port, par exemple).

 

NEAUD mène toutefois bien sa barque, avec un futur malheureusement crédible et une intrigue en apparence un peu simpliste mais suffisamment riche pour se laisser lire et nous laisser nous interroger sur la suite.

 

Graphiquement, on retrouver le trait précis et souvent photographique de l'auteur du Journal, qui brosse bon nombre de portraits poussés, dessine d'impressionnantes villes de demain, et foisonne en graffiti et publicités envahissantes.

Petit bémol toutefois au niveau des fonds de case parfois un peu trop vides, et que la couleur de Jérôme MAFFRE, souvent très (trop ?) froide ne parvient pas à animer.

 

Au final, un album inquiétant, car derrière le fantastique à l'oeuvre se tapissent les nanotechnologies et les avancées techniques et bio-chimiques les plus probables et les plus liberticides. Un album qui fait mouche même si le héros semble un peu trop bon et les méchants un peu trop méchants (avec la palme pour un avatar de Crâne Rouge qui nous rappelle combien NEAUD aime les comics depuis bien longtemps !), et même si les secrets à peine dévoilés fleurent bon le énième complot mondial.

 

Attendons toutefois la suite pour totalement juger.

 

Enfin, le titre, déformation de "New-Men", est-il bel et bien un clin d'oeil de plus de la part de l'auteur pour les corps masculins dans leur plus simple appareil ? La scène de la salle de sport semble aller dans ce sens... Y a pas de mal à se faire plaisir, en même temps ! Et à aller à l'encontre des clichés misogynes souvent en vigueur dans le genre.

 

Champimages musclées dans un monde de brutes

 

Nu-Men T1 - Extrait 2

Nu-Men T1 - Extrait 1

Repost 0
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:17

Souleu 2012

 

www.souleu.org

Repost 0
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 21:36

Il était une fois en France T1 - CouvertureAprès un mois de mars passé à batifoler dans l'espace et le temps, K-BD a décidé d'arpenter les chemins malheureusement moins exotiques et plus récurrents de la guerre.

Bien sûr, la tradition belliciste est longue, plongeant ses racines il y a très très longtemps, dans une lointaine galaxie, comme dirait George LUCAS.

Un peu plus près de nous - dans le temps comme dans l'espace - la guerre s'est toujours fait la part belle dans l'histoire de l'humanité, s'immiscant dans les moindres situations où les individus étaient plus de... un. Sans exagérer.

 

Reconnaissons toutefois au XXème siècle un certain nombre de records en la matière qu'on aurait bien aimé ne pas avoir à enregistrer.

Mais l'Histoire est faite, à nous de faire avec.

(Ecrivant ces mots me vient une composition des  Ogres de Barback, Pour Tant qu'il y Aura des Hommes. J'aborde rarement la musique dans ces pages, en tant qui piètre mélomane, mais tout semble tellement faire sens ici... "C'est ce siècle qui fera date, et qui fera tache.")

 

A l'image de ce siècle dont nous sortons à peine, et que le monde saignera pendant encore quelques siècles, s'avance la couverture d'Il était une fois en France : peu de lumière, en arrière, et l'ombre qui s'avance, au milieu de débris métalliques suspendus entre deux guerres mondiales.

Le corps encore dans la clarté, mais le regard tourné vers le noir horizon, se tient l'homme dont Fabien NURY et Sylvain VALLEE ont décidé de raconter l'histoire. La complexe histoire. Un homme qui, en somme, pourrait être une des incarnations de l'Histoire, dans toute sa multiplicité, sa duplicité, ses incohérences, ses accès, ses faiblesses.

 

Joseph Joinovici.

Né avec le siècle, ou presque.

Né dans le sang.

Persécuté à travers l'Europe entière, à ne plus savoir où poser ses souliers usés, son inculture, et sa débrouillardise.

Son bagou également, son sens de l'à-propos, son adaptabilité, et une terrible rage de vivre, quel qu'en soit le prix.

 

"Mon pays, c'est ma famille. Les autres peuvent crever."

Au moins les choses sont claires.

Sa femme, ses deux filles, son frère.

Famille très réduite.

Et l'aimer ne l'empêchera pas de la malmener.

 

Quant aux autres... Des alliés temporaires, des solutions, des tremplins. Utilitariste, le Joseph ? Opportuniste, le Joinovici ?

Mais comment lui en vouloir ? On le serait à moins.

Alors pourquoi le traquer, dès 1947, lui qui a armé la Résistance et sauvé tant de Juifs du terrible et ultime voyage ?

 

Parce qu'il a trahi ? Qu'il a fait le jeu des envahisseurs aussi ? Parce qu'il a corrompu, manipulé, ruiné, et peut-être pire ? (le tome 1 ne dévoile pas tout, quand même !).

Parce qu'il était un homme complexe dans un monde complexe ?

 

Mais les motivations des juges et policiers de la DST qui le traquent ne sont pas simples non plus.

Rien n'est simple.

Et peut-être moins à cette époque qu'à aucune autre.

Difficile, dans ce cas, de faire la part entre le vrai et le faux.

Si tant est que ce soit possible.

Et que ça ait un sens.

 

Sautant en permanence entre les époques, de 1905 à 1965 (au moins) et entre les contrées (de la Russie à la France, entre autres), Fabien NURY semble avoir réuni la dense documentation nécessaire pour essayer, à travers la vie - houleuse - d'un homme, de nous faire plonger dans le chaos de l'Histoire.

Lentement, avec une précision horlogère, il installe personnages et situations sur le grand échiquier européen de l'époque.

Avant comme après la Seconde Guerre Mondiale, les forces en présence sont nombreuses et puissantes, mais Joinovici, qui a, c'est le moins qu'on puisse dire, grandi dans l'adversité - et dans le sang - s'est forgé la roublardise et la détermination nécessaires.

S'ajoutent à cela sa maîtrise progressive des deux nerfs de la guerre, le métal et l'argent, et le voilà rapidement à la tête d'un vaste empire économique et d'influence. Malfrats et policiers, hommes d'affaires et politiciens, tous sans frontières, finissent par lui manger dans la main.

 

De la détermination, le juge Jacques Legentil (hum hum...) n'en manque pas, quand il s'attaque à cet empire et à la bonne réputation de son empereur. Mais suffira-t-elle face à un homme aussi puissant, organisé, et calculateur ?

 

L'Histoire nous l'a peut-être dit, l'histoire nous le dira sûrement, forte déjà depuis 5 tomes depuis 2007.

 

Au dessin, Sylvain VALLEE a pris le parti d'un trait semi-réaliste très abouti à la fois souple et efficace : les décors sont bien plantés, les personnages très expressifs, et malgré la très vaste galerie de portraits, rares sont les personnages que l'on pourrait confondre.

Jonglant avec les époques, il rajeunit ou vieillit les différents protagonistes avec une vraisemblance qui force le respect.

Les lieux passent aussi au filtre des ans avec un sens du détail qui en dit long sur le travail documentaire sans aucun doute réalisé par les auteurs. Pas de surenchère pour autant : juste ce qu'il faut quand il faut. Un ustensile, un véhicule, une affiche, un peu de mobilier urbain, et les lieux et les dates s'imposent.

 

Malgré de longs passages bavards (et pour cause !), VALLEE se permet des respirations graphiques à travers quelques grandes cases où plongées et contre-plongées ont la part belle, ou par un étirement de la narration grâce à des découpages très efficaces (je pense notamment à la planche 53 et, en m'y repenchant, je constate que ce cher Jacques sembler porter son alliance à la main droite, avant de la perdre dans la dernière case. Allons bon...).

 

Au final, un premier tome à la fois riche et alléchant, qui enterre bien vite toute facilité manichéenne au profit du lent démontage de la complexité de la vie et des hommes qui s'y agitent.

Malgré le grand nombre de lieux, d'époques et de personnages, les auteurs ne perdent pas les lecteurs, et les sauts dans le temps, plutôt que de donner le tournis, renforcent l'intrigue et son côté... intriguant.

 

Ne me reste plus qu'à me plonger dans la suite de cette histoire au long cours, dense travail d'orfèvre, plongée au coeur des heures les plus noires de notre histoire, et des méandres de l'esprit humain.

 

L'heure est décidément au chaos (allez faire un tour du côté de  Minus pour vous en convaincre !).

 

Champimages à travers les âges...

 

Il était une fois en France T1 - Extrait 1

 

Il était une fois en France T1 - Extrait 2

Repost 0
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 13:22

Minus - CouvertureLa cuvée mars 2012 du Raging Bulles est décidément très bonne : après  Masqué et  le bus, voici donc Minus ! (ça rime !).

 

"Du mal à dormir ces temps-ci.

Je déteste quand je me réveille cinq minutes avant la bonne heure.

Je déteste mon réveil, aussi.

Et dans pas longtemps...

... je vais me détester moi.

Voilà."

 

Dès la première page,  RICA donne le ton (tiens, ça sent la contrepèterie tout ça...) : un peu de blanc, beaucoup de noir, et surtout la noirceur tapie au coeur (oui, oui, du coeur !) du "héros" - ou en tout cas du personnage principal - qui n'en peut plus de voir les femmes - et leur corps - passer devant lui.

 

Non pas qu'il soit moche ou solitaire (sic).

Loin de là.

Malgré de petites périodes de "disette", comme il dit (ah ah), le bougre - "Minus, comme l'a surnommé son père, ça aide à se forger un caractère... - a plutôt du succès auprès de la gent féminine, qu'il croise essentiellement au boulot - où il "n'en branle pas une", comme il dit - ou dans les bars qu'il fréquente seul ou entre collègues - un peu de "lubrifiant social" ne fait jamais de mal !

 

Voilà, en gros, la vie de notre homme : sept heures de glande quotidiennes derrière un bureau, des conquêtes d'un soir, voire d'une nuit, mais faut pas abuser quand même, une bonne connection internet - "j'ai juste dû apprendre à cliquer de la main gauche" -, sans oublier un voisin brutal et bas du front. Et une petite clé à garder à l'abri des regards indiscrets.

 

Quel secret peut bien se tapir derrière une vie si misérable ?

Jusqu'où ce Minus, qui a fini par être le premier à se rabaisser, peut-il aller ?

Et pourquoi a-t-il si peur des regards en coin que lui lance sa collègue Virginie ? Parce qu'ils ouvrent sur un horizon qu'il a décidé de se boucher, à grands coups de fantasmes - assouvis - sordides et de frustration permanente ?

 

Noir de noir, ce monde savamment organisé et qui cache, derrière une apparente routine satisfaisante, le moteur de l'auto-déchéance...

 

A grands coups d'encre nuit, RICA plonge son héros, ses proches, son décor, dans une ombre tenance et rampante, qui dévore corps et visages sans répit : le bureau, l'appartement aux volets clos, les bars enchaînés... Peu de place pour le grand air et le ciel bleu, qui ont de toute façon eux aussi un air de famille avec les marées noires. Tout est huileux, les facettes les plus sordides de la vie collent à la peau, et les rares éclats de blanc qui surnagent ne tiendront pas longtemps.

 

Graphiquement, les lignes torses des lieux et des corps semblent passées dans la moulinette de Charles BURNS ou de TANXXX : étrange mélange de distance et de proximité, visages séduisants sans être beaux, le charnel comme on l'aime le moins invite à franchir des seuils qu'on laisse d'ordinaire à la lisière de notre champ de vision.

RICA installe sa dérangeante banalité chez nos voisins de palier.

 

Le résultat fait parfois sourire, mais surtout grincer, et le malaise, porté à bras-le-corps par le dessin comme par l'histoire finit par transpirer par tous nos pores.

Le gros insecte qui nous accueille en couverture ne nous ment pas : dans Minus, ça grouille, ça grouille... Jamais les pulsions de vie, ou en tout cas de sexe (nuance) n'ont été aussi proches de celles de mort. De la poussière à la poussière, ou en tout cas de la chair à la chair...

 

La fin est un peu étonnante, mais n'ôte rien aux qualités d'un album dérangeant, qui fait écho, dans un autre genre visuel, au film Shame sorti il y a quelques mois.

 

Définitivement l'homme est un chaos...

 

Champimages qui creusent au noir.

 

Minus - Extrait 1

Minus - Extrait 2

 


 


Repost 0