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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 18:39

Aâma T1 - CouvertureUne fois n'est pas coutume, je suis en retard pour livrer une chronique pour K-BD. Ben oui, vous n'imaginez pas toute l'organisation qu'il y a derrière ce blog-là : déjà que se coordonner tout seul, ce n'est pas de la tarte, mais coordonner une dizaine de blogueurs, cela relève de la folie douce. Et bien souvent, fidèle à moi-même, je suis à la bourre. Parfois ça passe, parfois pas.

Pour le coup, pour Aâma, donc, ça n'est pas passé, et la synthèse a été faite sans ma chronique. Logique.

Mais mieux vaut tard que jamais, voici pour vous, ici, quelques mots sur la nouvelle bande dessinée de Frédérik PEETERS.

 

Découvert avec le touchant et intimiste Pilules Bleues, le jeune auteur suisse avait ensuite montré combien son champ narratif et graphique était large en prenant de la hauteur et de la distance avec Lupus, vaste saga inter-galactique où les relations humaines occupaient tout de même la place centrale.

 

 Pachyderme ou Château de sable ont continué de nous en convaincre, et tout cela nous amène aujourd'hui, logiquement, à Aâma. Un nom chantant et intriguant qui fleure bon le son primal et la science-fiction décalée. En plein dans le mille, donc.

 

Soit deux frères, Verloc et Conrad, aux vies et aux aspirations diamétralement opposées, que le destin remet sur la même route. Liés par un inévitable et pesant passé familial, ils se retrouvent à voyager ensemble, renouant avec une proximité depuis longtemps oubliée.

A leurs côtés (si, si, regardez bien la couverture !), Churchill, grand singe bavard et fumeur de cigare, et plus exactement robot dernière génération, vigilant et efficace garde du corps.

Chez PEETERS, le futur et ses accessoires sont toujours inattendus : vêtements, bâtiments, équipements... ne ressemblent à rien de connu ou d'imaginé, mais participent d'une implacable cohérence. Avec un naturel et une facilité qui ne sont pas sans rappeler MOEBIUS (qui vient d'ailleurs de nous quitter ce samedi...).

 

Conrad, à bord d'un vaisseau graphiquement étonnant, emmène donc son grand frère avec lui sur la planète Ona(Ji) sauver un groupe de scientifiques restés sans nouvelles depuis plusieurs années. La mission n'est bien sûr pas si simple, la situation sur la planète non plus, et une longue saga peut commencer... alimentée à la fois par la relation fraternelle, une intrigue politico-scientifique, et les nombreux flash-back qui nous révèlent les aléas de la vie de Verloc.

 

Technologies improbables, paysages époustouflants, créatures incroyables derrière lesquelles semble planer l'ombre des séries de LEO (Aldébaran en premier lieu), secrets de familles, complexité des rapports humains, étrangeté des rapports robots-humains... La liste des ingrédients est longue sans être étouffante, et PEETERS les compose avec une étonnante lisibilité malgré les nombreux va-et-vient narratifs.

 

Aâma attirera sans doute davantage les amateurs de 2001 l'odyssée de l'espace ou des Aventures de Valérian que ceux de Star Wars, mais il serait dommage de se priver d'une oeuvre aussi atypique, originale, prenante, et qui donne envie de lire et de connaître la suite - même si certains indices semblent laisser deviner une des conclusions.

Attendons la suite pour savoir si c'est le cas ! Et jetons un oeil sur le blog de la BD en attendant...

 

Champimages d'un autre monde.

 

Aâma T1 - Extrait 1

 

Aâma T1 - Extrait 2

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 15:32

Paris vs New York - CouvertureIl faudra qu'un jour je prenne le temps de créer une rubrique pour les "livres en images" qui ne sauraient dépendre des BD, romans, ou images de passage.

Alors en attendant, et à défaut, je les range au petit bonheur la chance.

 

Ainsi en est-il de Paris vs New York, de Vahram MURATYAN, qui a compilé en plus de 200 pages plus de 100 matches entre les deux capitales les plus célèbres du monde (aucun chauvinisme de ma part, bien sûr...).

Cafés, pâtisseries, mode, métro, monuments, voies de circulation, art, société, vie... Tous les aspects de ces mégapoles marquées par l'histoire et qui l'ont marquée se retrouvent en face à face, double page après double page, avec simplicité, justesse et talent : pas un trait ou une couleur de trop, juste de l'essentiel, avec intelligence et subtilité.

Certains pourraient crier à la facilité, les spécialistes et graphistes pourraient s'insurger, pour les non-inités que nous sommes - ou en tout cas dont je fais partie - c'est drôle, c'est beau, c'est bien trouvé, et ça donne envie d'arpenter de nouveau les rues des deux protagonistes.

 

Replongeons-nous dans les pages en attendant le voyage...

 

Champimages qui ping-ponguent

 

Paris vs New York - Extrait

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 15:15

le-canard-enchaine.jpg

 

Faites cette expérience : sortez de chez vous à 3 heures du matin. Il fait nuit, personne dans les rues. Mais au centre-ville, sous les Abribus, les pubs défilent imperturbablement dans un chuintement électrique... Le 12 janvier, à Niort, une joyeuse troupe de militants antinucléaires s'illustre en éteignant (sans abîmer, s'il vous plaît ! ) une centaine de ces publicités lumineuses sous Abribus. Leur but : dénoncer ce gaspillage d'électricité et, accessoirement, le gaspillage d'argent public de la ville. Parce que, 500 panneaux niortais à 13 kilowattheures, ça consomme (multiplier par 24 pour la France entière) ! Et parce que, évidemment, les kilowattheures sont payés par la municipalité. Et remboursés par JCDecaux, mais dans une certaine limite, bien sûr...

 

Cette action d'éclat intervient alors que vient de sortir, le 31 janvier, le tant attendu (et décrié) décret régulant la publicité extérieure (tout ce qui est affichage en plein air)... Décret qui réussit l'exploit de donner encore plus de place aux publicitaires, sous prétexte de les grenello-limiter. Ainsi, le mobilier urbain éteint par les antinucléaires sera non seulement maintenu, mais en plus il pourra rester allumé sans limite (alors qu'au départ le ministère avait évoqué une limitation entre minuit et 6 heures du matin). En outre, le décret autorise désormais les pubs numériques, comme les panneaux (dans le métro) ou méga-panneaux de 50 m² (dans les aéroports), qui, diffusant des vidéos, sont encore plus énergivores (et accessoirement perturbantes).

 

Ironie : fin décembre, le ministère a annoncé 27 mesures pour lutter contre le gaspillage énergétique, fustigeant la pollution visuelle nocturne dans les villes (qualifiée de "sapins de Noël" par la ministre "écolo" Kosciusko-Morizet). a partir du 1er juillet 2012, les magasins seront donc priés d'éteindre leurs enseignes entre minuit et 6 heures du matin. Mais les afficheurs, eux, pourront toujours s'en donner à coeur joie. Le Grenelle s'arrête à JCDecaux et ses amis...

 

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 15:14

28 fév 12 - Paris 1

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 09:31

22 fév 12 - La Londe 5

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 15:25

Le Pouvoir des Innocents T1 - CouvertureAlors que le Raging Bulles me permet de garder un oeil sur la dense actualité BD, K-BD m'offre de perpétuelles occasions de me replonger dans les titres d'hier ou d'avant-hier que j'avais pu laisser passer ou que j'ai lus il y a déjà un certain temps.

 

Le Pouvoir des Innocents entre dans cette deuxième catégorie : difficile de dire si j'ai découvert cette série dès sa sortie en 1992, ou quelques années après, mais un fort souvenir de lecture demeure. Personnages forts, histoire très construite, ambiances prenantes et oppressantes... Tous les ingrédients d'un grand livre.

[Et pour clarifier les choses, K-BD ne va pas se pencher prochainement sur cette BD, mais sur Urban, autre titre du scénariste. L'occasion de se repencher sur la première oeuvre qui l'a fait connaître !]

 

Le Pouvoir des Innocents, donc... New York, dans un futur par si lointain que ça (le futur des années 1990 ressemble d'ailleurs furieusement à notre présent).

Les paisibles quartiers résidentiels s'embrasent sous les coups (sic) de bandes désorganisantes fans de violence apparemment gratuite. Mais les milices privées s'organisent, et les bons pères de famille soucieux de la paix de leur foyer sont épaulés par la montante organisation "Le Pouvoir des Innocents".

La campagne municipale new yorkaise qui bat son plein s'embrase sur le thème de l'insécurité (toute ressemblance avec l'actualité française, etc...) entre un maire-candidat (bis) républicain, Gedeon Sikk, partisan du durcissement et de la répression, et une candidate démocrate, Jessica Ruppert, ancienne travailleuse sociale.

Les supporters new yorkais s'embrasent après les victoires successives de leur champion, Steven Providence, jeune afro-américain revenu de loin.

Et, surtout, la mémoire et l'esprit de Joshua Logan s'embrasent face à ses souvenirs, ces visages, ses douleurs, qui n'en finissent pas de le hanter depuis l'enfer vietnamien et les mois qu'il y a passés enfermé.

 

La guerre, la violence, la politique, la société. Les principaux éléments de la vie sont en place, campés par des personnages que l'on devine complexes et que l'histoire nous permet de découvrir peu à peu.

Derrière les drames humains passés et à venir - certains nous semblent terriblement inéluctables - s'agitent ombres et silhouettes d'un complot apparemment de très grande envergure : l'argent, dernier et principal ingrédient, ne pouvait être bien loin.

Toutes les facettes du pouvoir sont donc réunies, et les innocents ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

Mensonges et manipulations sur fond de tensions sociales et de misère galopante... Décidément, le Pouvoir des Innocents semble n'avoir jamais été autant d'actualité...


Cinq tomes ne seront pas de trop aux deux auteurs pour développer intrigues et personnages.

Luc BRUNSCHWIG, que l'on devine passionné d'un certain cinéma étasusien, exploite les grands thèmes des fictions et documentaires socio-politiques pour en faire un cocktail personnel et très efficace : les secrets sont nombreux, mais le rythme du récit évite de trop les faire traîner en longueur, et les personnages, tous plus complexes qu'il n'y paraît, surprennent le lecteur à tout bout de champ. Certaines situation ont un air de déjà-vu un peu trop prononcé, certaines métaphores sont un peu trop appuyées, mais le tout est particulièrement crédible, prenant, inquiétant, teinté d'une folie sourde qui semble laisser peu d'espoir.

 

Aux crayons, Laurent HIRN réussit à marier expressionnisme des visages (yeux très marqués, larmes et gouttes de sueur exagérées) et réalisme discret des décors, ces derniers s'effaçant la plupart du temps derrière les personnages. On peut se demander si son dessin efficace n'aurait pas été mieux servi par un noir et blanc plus prononcé que par les couleurs relativement conventionnelles qui nimbent l'ensemble. Ses compositions d'images et de pages sont puissantes, et rajoutent au rythme déjà dense de l'histoire.

 

Au final, le Pouvoir des Innocents est une série prenante, à lire d'un traite si possible, avec son lot de passages obligés mais aussi son lot de surprises et de suspense.

Cerise sur le gâteau, la sortie ces derniers mois de deux suites : Les Enfants de Jessica, et Car l'enfer est ici. Un nouveau souffle, un nouvel élan, et l'occasion de redécouvrir cette série certes classique, mais d'une qualité telle qu'il serait dommage de s'en priver.

 

Champimages qui cognent.

 

Le Pouvoir des Innocents T1 - Extrait 1


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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 08:08

&

Mono & Lobo - CouvertureSergio GARCIA est apparu sur la scène graphique française en 1996, avec son étrange Géographie martienne, aventure spatiale et humaine aux couleurs douces (dues à Lola MORAL, sa compagne) et aux airs moebiusiens, parfois.

 

Auteur touche-à-tout (diplômé des Beaux-Arts et en arts graphiques, il a travaillé dans la communication visuelle, l'animation, la mode...), il a profité de cette première aventure hexagonale, et de la fréquentation de certains festivals - dont celui de Solliès-Ville, où j'ai eu la chance de le rencontrer à plusieurs reprises - pour faire la connaissance d'autres auteurs protéiformes et innovants, dont Lewis TRONDHEIM.

 

Présentant à ce dernier Symphonie graphique, sa thèse universitaire portant sur la multi-linéarité narrative (si, si, vous avez bien lu !), il trouva un tel écho chez l'un des principaux artisans de l'OuBaPo qu'ils réalisèrent ensemble Les Trois Chemins, petite perle méconnue rangée au rayon "jeunesse" mais offrant aux lecteurs de tout âge une nouvelle expérience de lecture, inspirée des partitions musicales orchestrales. (Le troisième et dernier opus des Trois Chemins verra-t-il d'ailleurs le jour ? Au vu de la production chargée des deux auteurs, on peut malheureusement en douter...).

 

Poursuivant ses expérimentations, et les développant avec l'aide de son épouse Lola MORAL, elle aussi issue d'une pluri-formation visuelle, Sergio GARCIA semble avoir tenté d'aborder, avec Mono & Lobo, une nouvelle modalité narrative : la multi-linéarité inspirée des cartes routières et des plans de métro.

 

(Là, je vous laisse un temps pour digérer tout ça...)

 

Soit deux personnages, Lobo, le grand gentil loup, et Mono, le petit garçon.

Soit une balade à la campagne, en ville, au zoo.

Soit deux affiches recto-verso de la taille de 8 feuilles A4 juxtaposées, consituant au total 4 grandes cases de BD.

Soit, sur chacune de ces 4 immenses cases, une ligne narrative principale (le chemin suivi par les deux héros) et des tas de lignes annexes, les recoupant plus ou moins, comme les lignes 2 à 14 du métro parisien gravitant plus ou moins loin de la principale ligne 1. Ca y est ? Vous suivez ?

 

Vous voilà plongés au coeur de la dense trame narrative de cette histoire qui en est plusieurs, et qui met en scène, outre le duo principal, un lapin mangeur de champignons, des lutins, un mariage forestier, des singes, un flot de souris... Difficile d'être exhaustif tant les détails foisonnent, se cachent ou s'entrechoquent, sans jamais nuire à la lisibilité !

 

Servi par le graphisme frais et un peu enfantin de Sergio GARCIA - ce qui pousse souvent à cataloguer ses oeuvres dans la rubrique "jeunesse", rubrique dans laquelle, à tort, bien des adultes ne mettent pas les yeux - Mono & Lobo est un modèle d'inventivité, de richesse et de clarté, une bande dessinée à relire encore et encore pour en saisir toutes les subtilités, pour en capter tous les détails, et pour essayer d'en décrypter certains mystères - mais où vont toutes ces souris ? Mais pourquoi le chat et le canard ont-ils cette étrange relation ?

 

Loin d'être un exercice de style poussif et laborieux, Mono & Lobo est une aventure graphique intelligente et exigeante dans laquelle rien n'est laissé au hasard, et où tout concourt au plaisir et à la surprise du lecteur.

 

Preuve que le genre n'est pas près de sombrer dans la routine, et qu'il n'est pas nécessaire de déployer des trésors de technologie pour renouveler les codes de la BD et proposer de nouvelles pistes de lecture.

 

Du grand art.

 

Champimages qui surprennent encore et encore.

 

Mono & Lobo - Extrait 2

 

Mono & Lobo - Extrait 1

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 15:18

L'autoroute du soleil - Couverture 1 K-BD a décidé de placer son mois de février sous le signe de la collection Ecritures de Casterman. Une collection variée, parfois décriée car trop éclectique - d'aucuns diraient "fourre-tout" - mais qui a le mérite de proposer de beaux petits pavés issus des quatre coins du globe.

Une collection qui n'a pas non plus hésité à puiser dans le riche fonds de la maison d'édition. L'autoroute du soleil, de BARU, fait partie de ces titres qui ont ainsi connu une seconde vie.

 

1995. BARU a déjà une bonne dizaine d'années de création au compteur, et quelques précieux prix recueillis à Angoulême. Il fait alors partie de la petite poignée d'auteurs français auxquels l'éditeur japonais Kodansha - un des mastodontes de l'édition de mangas - propose un partenariat, en vue d'une publication des deux côtés de la frontière franco-nippone (TRONDHEIM fit partie du voyage, avec la Mouche).

Pagination sans limites, noir et blanc de rigueur : le chantre des quartiers populaires du nord-est et de la chronique adolescente et sociale peut s'en donner à coeur joie. Un beur à qui tout réussit, Karim, un jeune rouquin en admiration, Alexandre, un cadre de "l'élan national français", Faurissier, et un vrp infidèle, René Loiseau.

"Toutes les pièces importantes du puzzle sont en place (...). Plus tard, d'autres viendront s'y emboîter. En attendant, que la sarabande commence !"

 

Tout est dans le titre, ou presque.

L'autoroute ouvre la voie à un road-movie qui traverse la France en long, en large et en travers, des hauts-fournaux lorrains au littoral marseillais.


Le soleil ne brille pas pour tout le monde, mais il réchauffe, comme l'amitié naissante entre Karim et Alexandre, il brûle comme les idéaux malsains et les éclats de colère d'un Faurissier vengeur, ou il renaît de ses cendres comme l'esprit de Loiseau au fond de sa grande propriété du sud-ouest.

 

Quant à la voiture sur laquelle s'appuient nos deux héros - et qui a disparu sur L'autoroute du soleil - Couverture 2l'une des nouvelles couvertures, preuve à l'appui - elle évoque un des éléments récurrents de cette histoire qui ne tient pas en place : la belle mécanique. A deux ou quatre roues, elle accompagne notre duo voyageur, permettant même de nouer des amitiés de passage pourtant improbables.

 

Fuyant la colère de Faurissier, Karim - à qui aucune femme ne résiste, pour son plus grand malheur ! -  et Alexandre, - qui profite du voyage pour s'émanciper - font mille rencontres, des plus rudes aux plus douces, des plus sincères aux plus retorses, en se tenant toujours à distance des forces de l'ordre   - "quelle idée, aussi, de naître arabe !" - mais jamais assez loin du canon de l'arme qu'on leur braque un peu

trop souvent dans la nuque.

 

Sans jamais perdre de vue son propos lucide et critique - les hauts-fournaux qui s'effondrent, les extrémismes qui montent, la violence ordinaire, les trafics en tout genre - BARU, avec son talent et son humanisme habituels, parvient à maintenir son récit dans le registre de l'action et de l'humour.

Bien sûr, la vie est dure, et ses deux héros n'ont pas affaire à des enfants de choeur.

Mais malgré les coups durs, le découragement, et la violence crasse et animale qui leur colle aux basques, Karim et Alexandre avancent, rient, aux éclats même, et survivent, passant entre les gouttes - souvent - et entre les coups - parfois.

Quelques scènes un peu convenues - la banlieue en flammes, par exemple - échappent au cliché grâce à la foncière honnêteté de l'auteur, qui n'a pas son pareil pour parler de la France des oubliés avec ses tripes et ses souvenirs.

 

Graphiquement, BARU met son style inimitable au service de cette histoire non-stop : des décors - et surtout des voitures !! - presque hyperréalistes, pour accueillir des personnages aux gueules pas possibles et aux anatomies disloquées : de la vie, du mouvement et de l'expression avant tout, au détriment d'un réalisme plat et froid. Gueules renfrognées, yeux écarquillées : tous les moyens sont bons pour appuyer les propos et les émotions.

BARU joue à fond la carte du théâtre social.

 

15 chapitres, 430 pages : de quoi décourager les fainéants.

Et pourtant !

Pas une seconde de répit, des dialogues et des textes savoureux, des personnages plus vrais que nature - à en avoir froid dans le dos parfois - et un rythme effréné.

Tout ce qu'il faut pour traverser une France hors d'âge, perdue entre la fin des années 80 et le début des années 90, mais qui n'est pas sans rappeler celle, plus contemporaine, que le même BARU a mis en scène dans  Fais péter les basses, Bruno. Comme si certains personnages, certaines histoires, restaient sans âge et sans contexte.

L'amour, la mort, la violence, la vengeance. Et le rire.

Tragédie et comédie à la sauce BARU.

 

Un art subtil et rare qui lui a valu son grand prix à Angoulême en 2000.

Une année qui lui va bien, lui qui mène ses récits à 2000 à l'heure.

 

A vous d'en juger, sur l'autoroute du soleil.

 

Champimages qui bougent, qui pulsent.

 

L'autoroute du soleil - Extrait 1

 

L'autoroute du soleil - Extrait 2

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:06

12 fév 12 - Rails

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:06

10 fév 12 - Palmier 2

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