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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:28

Chances with WolfesA intervalles réguliers, mais plusieurs fois par mois, les Loups New yorkais concoctent d'étranges mix musicaux thématiques.

Vous trouverez sans doute votre bonheur parmi les 181 épisodes de cette atypique expérience sonore doublée d'une belle galerie lupine à travers les formes et les âges.

Chaque composition dure très, très longtemps, et peut tranquillement vous conduire jusqu'au bout de la nuit... Si les hurlements intermittents ne vous effraient pas.

 

Champi-mix

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 17:12

L'armure du Jakolass - CouvertureDécidément, la saison est propice à certains auteurs. En ce moment, c'est bel et bien Manu LARCENET qui a le vent en poupe ! (voire "en poulpe", si l'on se plonge dans le livre ci-contre...).

Après  Le retour à la terre, pour K-BD, voici L'armure du Jakolass, pour l'actualité. Dans la toute nouvelle série "Valérian par...", aux éditions Dargaud.

 

Ah, Valérian... La simple évocation de notre cher agent spatio-temporel (et de sa douce collègue) allume des étoiles dans mes yeux, et me fait remonter dans ma presque prime jeunesse (sans commentaire), quand, pré-adolescent, je découvrais les joies et les mystères de ces univers tricotés par les incroyables Pierre CHRISTIN et Jean-Claude MEZIERES. De l'aventure ! De l'exotisme ! Et quel exotisme ! MEZIERES est, à ce sujet, l'égal d'un MOEBIUS je pense ! Des intrigues pas toujours faciles à suivre (merci monsieur CHRISTIN !). A chaque tome des aventures de Valérian et Laureline, le lecteur en avait pour son argent : personnages attachants, mystères, grandes questions philosophiques ou politiques, cases fourmillant de détails...

De la BD dense et intelligente ne prenant pas ses lecteurs pour des buses.

 

Bien sûr, avec le temps, les parutions se sont espacées. Le trait de MEZIERES s'est fait plus ouvert, plus lâché. Et les histoires de CHRISTIN ont parfois suivi des multidirections difficiles à suivre. Mais la magie a toujours été au rendez-vous. Teintée d'humour, d'humanisme, de subtilité et de justesse.

Des aventures à mettre entre toutes les mains.

 

Et là, que voilà ? Un amour de jeunesse (comme ça j'exagère ??) entre les mains d'un de mes auteurs préférés ? Nulle jalousie à l'horizon, rien que de la jubilation !

Vite, plonger dans l'hyper-espace inter-iconique  ! (que voilà une formule qui en jette, hein ?)

Et que c'est bon ! Ils sont venus, ils sont tous là : Valérian, bien sûr. Laureline, évidemment, toujours aussi présente et attachante. Les Shingouz, Monsieur Albert... Ne manque que le Transmutteur Grognon, en somme !

Mais pourquois Valérian est-il petit, pourvu d'un gros nez et d'une moustache qu'un anthropologue du poil pourrait qualifier de "franchouillarde" ? Et que fait-il à boire des coups Chez Francisque (ah ah) avec son pote Jean-Pierre ? Et pourquoi s'appelle-t-il René ?

 

Vous expliquer le pourquoi du comment ici vous priverait d'une partie du plaisir de la lecture de cet album. Mais dites-vous bien que tous les ingrédients auxquels on pouvait s'attendre sont là et bien là : de l'exotisme, nourri par le Sens de la Vis, Donjon Parade, ou Blast, dans lesquels LARCENET a pu s'en donner à coeur joie. Une intrigue complexe malmenant le temps, l'espace, les corps, et mettant en jeu une géopolitique intergalactique crédible (si, si, cette phrase a un sens !). Et la poésie et le sens du décalage dont LARCENET a toujours su faire preuve.

 

Graphiquement, l'auteur est à un nouveau carrefour, quelque part entre Chez Francisque et Le retour à la terre, mais avec un traitement des ombres et des hachures qui va parfois chercher du côté de chez L'artiste de la famille ou Blast.

L'histoire est menée tambour battant, est riche en rebondissements, et des petits effets aux grandes conséquences nous surprennent à plusieurs reprises.

Comme toujours avec LARCENET, les personnages sont attachants et ont un caractère bien trempé. Prix spécial pour René le crétin (des astres) alcoolique et pour Laureline, dont l'auteur donne une version que ses créateurs ne renieraient sans doute pas.

 

Saluons également le travail de Jeff POURQUIE (Des méduses plein la Tête, Ciao Pékin) dont les couleurs rehaussent l'ensemble à merveille, alternant densité du vide et simplicité des tête à tête.

 

L'armure du Jakolass, une réussite, dense, drôle, touchante, avec ce qu'il faut de clins d'oeil pour que les bédéphiles scrutent tous les arrière-cases, et surtout avec un immense respect pour CHRISTIN, MEZIERES, et leur univers.

Du grand LARCENET, comme toujours.

 

Champimages en hyper-espace.

 

L'armure du Jakolass - Extrait 1

 

L'armure du Jakolass - Extrait 2

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 17:52

La ligue des gentlemen extraordinaires - Century tome 2 - CVous voyez ? Je ne vous avais pas menti ! La Ligue... Century, tome 1, mettait en place tous les éléments pour une suite toute en couleurs.

Et quelles couleurs !

De l'éclatant, du virevoltant, de l'acide, du brillant, du mouvement... bref, du psychédélique ! Bien loin de l'ombre qui a toujours plané sur la mythique équipe (si l'on excepte la belle gelée rouge que les martiens avaient semée dans la Tamise, mais si, souvenez-vous, à la fin du tome 4 !).

En même temps, il ne pouvait en être autrement, en cette belle année... 1968 !!

 

Oui, oui, vous avez bien lui ! 58 ans ont passé depuis le tome 1, mais Miss Murray, Orlando et Quatermain "fils" n'ont pas pris une ride. Pourquoi ? Comment ? vous trouverez bien quelques explications dans les premières pages - et vous en déduirez donc, par la même occasion, pourquoi la fille du capitaine Nemo a, elle, subi le poids des ans... - mais rien ne vaudrait la lecture des Black Dossiers, encore intraduits, mais sur lesquels j'ai pu mettre la main grâce à mon envoyé spécial Dom. La classe.

 

Revenons à nos moutons multicolores.

Donc revoilà le trio - et possible "ménage à trois", en cette époque de toutes les expériences ? - de retour dans un Londres relifté et relooké, qui n'a toutefois pas perdu certaines habitues, notamment l'occultisme et les complots.

Car Oliver Haddo, mage séculaire dont l'ombre rôdait déjà dans le premier tome, n'a pas dit son dernier mot. Son grand plan n'a toujours pas abouti, mais il se pourrait bien qu'une nouvelle étape soit franchie, au sein de la débauche de drogue, alcool, sexe, bruits, couleurs qui s'est emparée de la capitale anglaise...

Epoque oblige, il se pourrait fort que certaines des rock-stars les plus célèbres soient impliquées dans tout cela. Et que tout finisse en musique...

 

Bon, vous vous en serez douté, ce nouvel opus ne m'a pas déçu.

Plus riche de références que les précédents - question d'époque sans aucun doute ! - plus riches de délires aussi - même remarque - ce tome 2 ne laisse de répit ni à l'oeil ni au cerveau : les époques s'enchevêtrent, les plans aussi, et les héros, soudain noyés dans un monde qui, malgré leurs tenues vestimentaires, les dépasse, ne sont plus que de petites marionnettes bien faibles. Même la distance et arrogante Mina perd de sa superbe et de sa contenance. Le choc des générations peut-être.

Bref, Alan MOORE sait encore nous surprendre, et tirer la substantifique moelle d'une époque et d'un lieu (et ce n'est pas ce cher Norton qui me contredira !) pour l'assaissonner à sa sauce érudite et inattendue.

Courez d'ailleurs vous procurer la magnifique monographique que les éditions Dargaud viennent de lui consacrer : de quoi peut-être (un tout petit peu) mieux comprendre ce géant faiseur d'univers.

 

Quant à  Kevin O'NEIL, de plus en plus inspiré, il nous livre un psychédélisme intrigant et malsain, et atténue légèrement son trait anguleux pour mieux nous lancer ses images au visage.

Il continue incontestablement de se faire plaisir et, jonglant avec les époques comme son scénariste, nous plonge dans les dernières pages au coeur d'années 70 désenchantées...

 

Nouveau saut dans le temps prévu pour le tome 3, qui devrait se passer au début des années 2000.

Vivement !

 

Enfin, comme pour le tome 1, le livre s'achève par quelques nouvelles présentant de nouveaux membres de l'illustre équipe intervenus entre les deux tomes... ou les deux sagas.

Y a pas à dire : y en a à lire !

 

Champimages extraordinaires.

 

La ligue des gentlemen extraordinaires - Century tome 2 - E

 

La ligue des gentlemen extraordinaires - Century t-copie-1

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:43

Fumisteries"Un jour un passant débonnaire

 Ayant rencontré Georges Ohnet,

Fut mordu, soudain, au poignet,

Par ce romancier sanguinaire ;

Il conserva dix mois la trace de ses dents...

 

Morale

Quand Ohnet mord, c'est pour longtemps."

 

 

WILLY, Le Chat Noir, 29 octobre 1892.

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 22:38

Vieilles canailles - CouvertureDans les années 90, les éditions Vents d'Ouest eurent la bonne de publier deux oeuvres phares mais à l'époque méconnues de la bande dessinée hispophone : Cybersix, de Carlos TRILLO et Carlos MEGLIA, et Spaghetti Brothers, du même TRILLO mais avec Domingo MANDRAFINA aux pinceaux.

 

La première série, servie à merveille par le graphisme expressionniste de MEGLIA, narrait les aventures d'une cyborg aux prises avec son géniteur dans une ville tentaculaire au coeur de l'Amérique du Sud. Et en profitait pour s'interroger sur l'essence de l'humanité. Rien que ça !

 

La seconde, portée par la finesse du dessin réaliste de MANDRAFINA, suivait les pas d'une famille de cinq frères et soeurs italiens émigrés à New-York : Amerigo, l'aîné, violent, mafieux; Caterina, belle, actrice; Frank, le curé, parfois virulent, surtout envers son grand frère; Carmela, la terne femme au foyer; et Tony, le petit dernier, le flic. La famille Centobucchi au grand complet.

Humours, rancoeurs, secrets de famille... TRILLO avait saupoudré avec talent tous les ingrédients de la grande saga new-yorkaise.

Dix ans plus tard, Vents d'Ouest décida de rééditer la série en tronçonnant les quatre tomes originels (pour en faire... seize !!! Bonjour les épiciers !) et en barbouillant de couleurs criardes le beau noir et blanc de MANDRAFINA (comme ils l'avaient fait quelques années avant pour Bloodline, massacrant le noir et blanc d'Alberto VARANDA...).

 

Avant cette opération-destruction était parue Vieilles canailles, deux tomes permettant au duo d'enfer d'accorder un dernier sursaut à cette intenable famille.

Nouvelle réédition en cette année 2011, mais sans les affres du découpage et du coloriage : Vents d'Ouest, qui s'est peut-être rendu compte de son erreur passée, a opté pour une belle intégrale en noir et blanc.

Le rêve.

Le rêve américain, même.

Enfin presque...

 

Trente bonnes années se sont écoulées depuis la première tétralogie (mais si, Spaghetti Brothers, suivez un peu !). James, le fils de Carmela, est scénariste pour la télévision. Il rend de temps en temps visite à son oncle Amerigo, qui perd peu à peu la boule dans un hospice. Et il ne perd aucune miette des récits qu'il récolte contre glaces et sandwiches et qui lui permettent de peu à peu reconstituer l'histoire familiale : de nouveaux secrets, de nouvelles révélations, et la surprise de retrouver, tant d'années après, les membres de famille Centobucchi.

Que sont-ils donc devenus ?

Vous avez 183 pages pour le découvrir.

183 pages de pur plaisir, entre éclats de rire et grincements de dents - et quelques coups de feu, tout de même, on ne se refait pas ! -, à travers des histoires que l'on croirait avoir déjà vues mille fois au cinéma mais qui sont toujours fraîches et surprenantes.

Le temps a-t-il apaisé les tensions au sein de la famille.

Pas vraiment.

Au contraire, même.

Les cinq frères et soeurs sont-ils plus tendres avec leurs descendants qu'entre eux ?

Pas plus.

 

Carlos TRILLO tricotait et détricotait déjà la trame chronologique dans Spaghetti Brothers. Il continue de se livrer avec brio à cet exercice, enchaînant présent et passés avec fluidité. Ses personnages, toujours aussi forts, toujours aussi impressionnants, ont magnifiquement vieillis, et continuent de donner matière à des histoires toujours plus complexes. Pour la plus grande joie mais aussi au grand dam de James.

 

Domingo MANDRAFINA s'en donne lui aussi à coeur joie, multiplant les gros plans sur les visages marqués et marquants de ses héros. Son trait, digne héritier du classicisme réaliste, ne se fige jamais, et palpite d'une vie qui déborde de chaque geste, chaque mimique, chaque poche sous les yeux fatigués de cette incroyable fratrie. Si les décors sont rares, ils sont toujours justes et soignés.

 

Cerise sur la gâteau graphique, TRILLO se permet une petite mise en abyme à travers son personnage-scénariste qui s'interroge sur la possibilité d'écrire l'histoire de sa famille. Quoi qu'il puisse en penser, la suite lui prouvera que oui !!

 

Digne équivalent des grandes sagas fondatrices cinématographiques, Vieilles Canailles, que l'on peut lire indépendamment des Spaghetti Brothers - en en attendant une réédition correcte ! - offre un excellent moment de lecture, à la fois drôle et pertinent en matière d'observation des moeurs familiales. D'une famille particulière, certes, mais quand même. Vous aurez toujours moyen de retrouver un petit air de famille dans l'un ou l'autre des personnages.

Rien qu'un tout petit, rassurez-vous.

Sinon, courez...

 

Champimages au long fleuve agité.

 

Vieilles canailles - Extrait 2

 


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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 22:06

Topor - Projecteur"La clé de l'énigme m'a été livrée par le facteur. Un facteur ordinaire, sans prétention philosophique ou métaphysique. En signant l'accusé de réception de je ne sais quelle menace d'huissier, une idée m'a frappé : et si c'était le facteur, le courrier, au lieu de sa lettre merdique ?"

Qu'est-ce qu'un facteur ? Un fonctionnaire des postes, mal payé, un humble serviteur obéissant aveuglément à une volonté qui n'est pas la sienne, manipulé par le hasard des adresses inscrites sur ses enveloppes, allant de-ci de-là distribuer les sentences du destin.

Pourtant, le facteur est un individu possédant sa propre enveloppe charnelle, sa propre adresse, légèrement timbré, anonyme. Il a lui-même toutes les caractéristiques d'une lettre.

Si le messager constitue le message, quelle en est la teneur ? Qui l'a envoyé ? Quel en est le destinataire ?

Une évidence a surgi dans mon esprit embrumé par le sommeil : les facteurs sont mes semblables, mes frères. Artiste, facteur, quelle différence ? Celui-là sera-t-il facteur demain ? Peut-être emploie-t-il déjà ses dimanches à peindre des chefs-d'oeuvre ou à bâtir des palais, à composer des vers ou à jouer du violon ? Et moi, suis-je encore l'artiste que je prétends être ? Ne ferais-je pas un facteur convenable ?

La totalité des êtres humains, aussi bien que les facteurs, sont le message et le messager. Y compris le salopard d'huissier qui prétend me saisir.

Oui, nous sommes du courrier.

Certains, au vu de leur corpulence, évoquent davantage des colis que des lettres. Parfois, les vies sont si brèves qu'on songe à des télégrammes, d'autres si longues, si remplies, qu'elles font penser à des romans-fleuves. A qui sont-elles destinées ?

La triste condition humaine ne nous laisse aucune illusion à ce sujet. Notre but final commun est la terre, puisque la mort se trouve inscrite comme une adresse dans nos gènes.

Le volumineux courrier humain, distribué quotidiennement dans les cimetières, a sans aucun doute notre planète pour destinataire.

Avec quel particulier notre Terre entretient-elle une correspondance aussi fournie ?

_ Dieu, bien sûr ! s'empressent de répondre les croyants.

Séduisant, mais guère logique.

Pour le croyant, Dieu a fait l'homme à son image. Imagine-t-on Dieu dans une enveloppe timbrée ? Et si le Dieu dans lequel il a foi a créé la Terre, il doit avoir l'apparence d'une grosse boule plutôt que celle d'une bulle, fût-elle pontificale.

Que cette boule soit d'essence divine ou pas, peu importe. Le ou les mystérieux correspondants, desquels nous émanons, sont assurément des astres lointains. Sinon pourquoi écrire ?

Où se trouve le timbre dans tout cela ?

Mais c'est notre esprit, notre âme si l'on préfère. Oblitérée dès la naissance, la délivrance de la mère, comme on dit, celle qui délivre le courrier.

Les astres, dont la lumière nous parvient souvent bien longtemps après leur disparition, nous ont acheminés par voie génitale, plus lente que la lumière mais plus sûre et moins chère, pour donner de leurs nouvelles à un membre de leur famille dispersée dans l'univers par le Grand Bang et - qui sait ? - peut-être pour le prévenir du désastre imminent.

Il est donc possible de répondre aux trois questions fondamentales posées par notre existence :

1. D'où venons-nous ?

Des astres ou du désastre.

2. Que sommes-nous ?

De la matière épistolaire intergalactique.

3. Où allons-nous ?

En Terre.

Il devient aisé de résoudre le fameux problème : "Quel est le sens de notre vie?"

RELATER CE QUI S'EST PASSE AILLEURS IL Y A FORT LONGTEMPS.

Voilà pourquoi nos vies nous paraissent si absurdes. Et les animaux, me direz-vous ?

Il n'y a qu'à les écouter deux secondes pour deviner qu'ils sont des conversations téléphoniques en langage codé."

 

Rolond TOPOR, Vaches noires.

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 09:10

Hotel Koral - Couverture 1J'ai découvert le travail d'Anthony PASTOR il y a peu, avec Las Rosas, bande dessinée fleuve (d'aucuns parleraient sans doute, avec une pointe de préciosité, de "roman graphique") ancrée des deux pinceaux dans le réalisme graphique et la réalité sociale des Etats-Unis des oubliés, oeuvre sélectionnée dans le cadre du Prix littéraire des lycéens et apprentis 2012 PACA.

 

Ayant fait part de ma très agréablement surprise face au traitement narratif et graphique de cette bd - dont je vous reparlerai peut-être par ici un de ces jours - à mon libraire préféré, il m'a invité à lire  Hotel Koral, ce que j'ai fait.

Comme toujours, mon libraire avait raison. En même temps, il faut dire que c'est un gars formidable - et sa compagne est tout aussi formidable, et son rayon est la littérature jeunesse, sachez-le.

 

Si le cadre n'est pas très différent de celui de Las Rosas - un petit bout d'Etats-Unis quelque part hors du temps, hors de tout - le traitement graphique est aux antipodes : deux cases par page, de la couleur, des hachures, et le texte relégué aux périphéries. Un traitement presque photographique. Pour une histoire tragique qui pourrait relever du documentaire.

 

"Est-ce que tu sais ce qu'il y avait ici avant qu'on construise l'hôtel ?

_ J 'sais pas... Un terrain vague ?"

 

"Hôtel Koraaaaaaaaal, terminus !"

 

Tout le monde descend.

Surtout Marilyn, brune cachée derrière de larges lunettes noires.

Par la fenêtre de l'autocar, elle a déjà tout vu : les panneaux, le motard, le vieil homme à casquette. Elle ne tardera pas à rencontrer le vieil homme au chapeau mou.

Tout est déjà en place. Tout peut se jouer.

 

Un large bâtiment peu peuplé.

Une piscine, un grillage, quelques retraités sur des chaises longues.

Une moquette usée, un papier peint hors d'âge, un tenancier trop gras, une femme de ménage trop fatiguée.

Dehors, un restaurant. Peut-être deux.

Un marchand d'armes.

Un motard.

Un chien errant aux yeux brillants qui effraie les habitants.

 

Marilyn n'en finit pas d'interpeller son père, planqué quelque part dans sa tête. Elle l'a toujours déçu. L'heure est venue de changer tout ça. De se venger ?

Son enquête le lui permettra peut-être.

Peut-être.

 

Dès la couverture, l'étrangeté graphique nous saute aux yeux : scènes trop figées, visages en trop gros plans. Malaise. Il y a quelque chose de pourri au royaume du rêve américain.

Casque, casquette, chapeau, lunettes noires.

A chacun son accessoire pour se couper du monde.

De l'histoire.

Mais Marilyn veut savoir.

 

Il y a eu une guerre un jour, peut-être.

Qu'en reste-t-il ?

 

Le rythme et le découpage qu'impose Anthony PASTOR accroissent ce malaiase : étrange lenteur, mystère derrière les visages, cadrages attirant notre attention sur d'insignifiants détails qui changent un quotidien anodin en espace inquiétant.

Que se cache-t-il derrière les silences et l'anonymat ?

Une étonnante chronique de ce no man's land qui pourrait être à quelques mètres de chez nous, dans une de ces zones industrielles et commerciales qui montent la garde à l'orée de nos villes.

 

"Cahin-caha

Le chien va et vient

Dans le village

Chaque nuit

Il gratte aux portes

Certains le nourrissent

D'autres lui jettent des pierres

Qu'importe

Ils savent tous

Qu'ils ne s'en débarrasseront pas

Il est déjà mort."

 

Champimages qui font froid...

 

Hotel Koral - Extrait

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 09:00

Transmetropolitan - screens 

 

 

"Très jeune, mes yeux remplis d'images peintes ou gravées n'ont jamais pu se rassasier et les mondes pourraient finir avant que je devienne iconoclaste."

 

 

 

Charles BAUDELAIRE, Mon coeur mis à nu

Découvert sur l'étrange site de Pierre LEGUILLON

(Merci à Warren ELLIS et Darik ROBERTSON pour le visuel)

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 18:11

Le retour à la terre T1 - CouvertureIl y a quelques temps - plus de deux ans et demi, pour être exact, ce qui ne nous rajeunit pas, moi encore moins que vous d'ailleurs - je vous avais un peu parlé de la série  Le retour à la terre, réalisée par le duo Manu LARCENET et Jean-Yves FERRI.

 

K-BD ayant décidé de placer janvier 2012 sous le signe du strip humoristique, histoire que la nouvelle année commence du bon pied, je saisis l'occasion pour revenir sur le premier tome de cette série drôle et fraîche que je conseille à toutes celles et tous ceux qui seraient susceptibles de succomber à la morosité, ou qui vivent mal leur récent installation à la campagne.

 

Comme son nom l'indique, Le retour à la terre est l'histoire d'un jeune couple, Manu Larssinet, dessinateur de BD (aucun lien de parenté, bien sûr) et Mariette, qui, lassés de la vie citadine bruyante et stressante, ont quitté Juvisy pour les Ravelles.

 

L'échangeur, les tours, le Virgin Megastore, ont cédé la place à la nature, à une vieille maison, et au silence.

Surtout.

Sauf quand il est troublé par du Francis Cabrel.

Et à pas mal de neige en hiver, aussi.

 

Heureusement que la population locale, étrange mais accueillante, a tout prévu pour permettre aux jeunes citadins de s'intégrer rapidement et folkloriquement : eau de vie, patois local ("Karoutcho", pour n'en citer que le mot le plus usité), abattage de châtaigniers, beaux yeux de la boulangère...

Rien que du sain, rien que du bio.

 

Et il faut bien cela au pauvre Manu pour essayer de supporter ce nouveau cadre de vie, si différent de celui qui a bercé sa tendre enfance : la psychose le guette, et trouver refuge dans les cartons toujours pas rangés n'y change rien. Mais l'ermite, mystique réfugié dans les arbres, pourra peut-être l'aider...

 

Vous l'aurez compris, l'humour, qui fait le sel du genre "comic strip", est au rendez-vous à chaque page dans Le retour à la terre. Un humour basé sur les situations improbables, les rencontres incongrues, et surtout sur les difficultés d'acclimation du personnage-auteur.

 

Bien sûr, les histoires ne sont pas autobiographiques, et illustrent avant tout le regard que Jean-Yves FERRI a porté sur le déménagement - et surtout l'emménagement !! - de son ami.

Pourtant, certains détails, certaines situations, laissent les lecteurs dubitatifs : et si... ?

Peut-être faudrait-il alors voir dans cette bande dessinée un nécessaire exutoire au trouble que le déracinement a semble-t-il provoqué chez LARCENET. Exutoire magnifié par l'humour et la poésie dont FERRI sait faire preuve - on ne lui a d'ailleurs pas confié la reprise d'Astérix pour rien ! - d'autant plus en milieu rural (je vous renvoie aux Enquêtes d'Aimé Lacapelle pour finir de vous en convaincre).

 

Après avoir connu une période créatrice bicéphale, alternant oeuvres intimistes et autobiographiques (Presque, Dallas cow-boy, l'Artiste de la famille...) et oeuvres humoristiques (Bill Baroud, Robin des Bois...), LARCENET semble avoir trouvé un entre-deux touchant et pertinent, avec Le combat ordinaire ou Le retour à la terre.

Si ses dernières oeuvres le voient renouer avec sa double identité d'auteur (avec Blast d'une part et Valérian vu par... d'autre part) espérons que FERRI et lui continueront à nous faire profiter de leurs drôles et émouvantes collaborations.

 

A lire sans modération.

 

Champimages à la campagne.

 

Le retour à la terre T1 - Extrait 1

Le retour à la terre T1 - Extrait 2

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:18

Jacksonpollock.org

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