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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 21:40

Rébetiko - Couverture"Quelques fumeurs de haschich ont rencontré la mort,

Lui demandent si aux enfers les gars s'amusent encore.

Dis, la mort, c'est comment, la vie, au fond de la nuit ?

Y a du fric dans l'Hadès ? On y boit du raki ?

Y a des chansons ? Du bouzouki ? Des fêtes ?

Des coups fumants ? Des coins sympas pour les Rébètes ?

Dis-nous, y a des poupées chez toi, des bonnes frangines

Qui prennent leur pied, soufflant le hasch par les narines ?

Dis-nous, la mort, sois bonne : les clodos, pauvres mecs,

Ils picolent aux enfers, ou sont au régime sec ?

Ceux qui arrivent chez toi dans la plus noire déprime,

Ils guérissent, dans l'Hadès, ou plongent au fond de l'abîme ?

Prends cette poignée de kif, du fort, du parfumé :

C'est pour nos potes en bas, qu'ils puissent un peu fumer."

 

Il n'est pas loin l'Hadès en 1936 quand, à l'heure où l'horreur sonne le glas de l'Europe, en Allemagne, en Italie, en Espagne, un dictateur nationaliste, Métaxas, prend le pouvoir en Grèce et entame, entre autres, une chasse aux Rébètes.

 

Artistes des deux rives qui ont la musique pour tout passeport, ces musiciens et chanteurs de la douleur hellène et d'ailleurs ont, depuis le début des années 20, fait naître, entre notes et fumée, le Rébétiko, sorte de fado oriental qui chante la douleur, la lancinante vérité à s'en étourdir le soir au fond des bars...

 

Chapeaux vissés sur leurs têtes, moustaches hétéroclites, les Rébètes errent la nuit d'un bouge à l'autre, glissant entre les mailles de la police et les vapeurs des narguilés. Serrant dans leurs mains leurs bouzoukis, leurs baglamas, dans leur gorge leur voix râpée par l'existence, dans leurs tripes un rythme qui tangue entre Egée et Pirée.

 

Markos sort de prison. Six mois à l'ombre. Le temps de composer, entre autres "Quand je serai premier ministre", petite touche d'acide sur mer tranquille au petit jour.

 

Batis, charmeur, blagueur, amoureux des belles et des Caryatides, accueille à bras ouverts.

 

Stravros, mystérieux, imprévisible, bagarreur au besoin allie à la musique un air de canaille.

 

Artémis, l'écorché, le hargard, le recroquevillé, fuis encore et encore, des cernes plein la vie.

 

Chien, mal à sa place, mal inspiré, mais à la voix si juste, se sent peu à peu partir, lassé de cette vie dans un pays saigné par la censure.

 

Le temps d'un nuit, les cinq amis se retrouvent, se battent, se disputent, se réconcilient, et chantent, surtout, jouent, dansent, comme si le temps n'existait plus.

 

D'où viendra leur salut ?

Des enregistrements qui permettront à leur musique de traverser les âges ? Mais "que peut signifier un frisson des bas-fonds entendu sur la 5° avenue."

Du soleil levant sur des poulpes fraîchement pêchés et de l'huile d'olive étendue sur du pain frais ?

Mais le jour se lève déjà, la nuit s'enfuit, le bruit des bottes se rapproche...

De leur talent et leur amitié qui tiennent malgré les temps qui grondent ?

Mais les fissures sont apparues, l'heure est à la clandestinité...

D'une femme accueillie pour un soir parmi eux ?

Mais...

 

Et quand bien même... Le salut est-il possible ou nécessaire pour un air né de l'ombre et la poussière ?

 

Vibrant  David PRUDHOMME, qui nous livre avec Rébétiko un magnifique hommage à la musique, à l'amitié, à l'histoire, à la lutte. 

Genre musical peu connu (mais je ne suis pas une référence en la matière, je l'avoue) le Rébétiko, autre déclinaison de la nostalgie méditerranéenne, nous envoûte du bout des crayons et de la plume de l'auteur.

Le dessin protéiforme, entre caricature et réalisme, brosse avec fidélité et énergie un pays de nonchalance et d'éclats.

Les couleurs, entre sépias et nuit, écrasent de chaleur ou figent dans le froid, évoquant les contrastes étonnants d'un climat aussi rude que ses hommes.

Le scénario, en roue libre grâce à la fastueuse pagination de Futuro, laisse le temps aux personnages, aux ambiances, à la musique, de prendre corps et aise.

Le rythme des images et du découpage, s'il fait la part belle aux concerts et aux chants, suspend aussi le temps, entre deux portes, entre deux volutes, entre deux regards, ou accélère les bousculades et les foulées dans cette histoire où la paix ne dure jamais longtemps. Il berce le lecteur, le plongeant dans un calme étrange, enfumé, légèrement tendu. Celui qui précède la tempête.

 

Une oeuvre qui a su toucher la Méditerranée qui vit en moi, et que chacun d'entre nous porte sans doute : généreuse, riche, capricieuse, contrastée... Pétrie d'humanité, en somme. Avec ses bons et ses mauvais côtés. Sous sa trompeuse placidité, cette mer nourricière cache un sale caractère et un farouche tempérament. De quoi survivre, de quoi lutter, de quoi se souvenir.

Elle est telle la musique de ces Rébètes entre deux mondes, Orient et Occident.

 

Rébétiko, l'occasion de découvrir ou redécouvrir une culture cachée, une musique que l'on peut écouter sur certains sites fort bien documentés (ici, ou , ou aussi !), et peut-être aussi de ne pas oublier que la Grèce n'est pas le mouton noir que l'on veut nous faire croire qu'elle est, en ces temps troublés, mais aussi, comme partout, terre de mélanges et de résistance.

 

Sous quelque forme que ce soit.

 

"Nos disques seront nos statues... nos sarcophages... Qu'ils vont vendre. C'est les légumes qu'on vend... Qui peut vendre des notes ? On ne vend pas le vent. Il disparaît !"

 

Champimages qui dansent en volutes

 

Rebetiko - Extrait 3

 

Rebetiko - Extrait 2

 

Rebetiko - Extrait 1


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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 17:25

Alessandro SANNA... je l'ai rencontrée.

Au bout des plumes et des pinceaux d' Alessandro SANNA.

 

Invité du mois par nos amis de Contrebandes, il occupe une belle place sur leur stand au Salon du Livre de Toulon.

 

Ca a commencé hier, continué aujourd'hui, et il vous reste demain dimanche 20 novembre pour profiter de son talent, au fil d'albums de toute beauté.

 

Faites le voyage au pays du geste suspendu entre deux mondes...

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:20

Umbrella Academy T1 - CouvertureS'il est bien un genre qui sait se renouveler, c'est bien le genre "super héros", je trouve. Outre-Atltantique, s'entend.

Umbrella Academy en est une nouvelle preuve.

"C'était l'année où Tom "La Tatane" Gurney a mis la pâtée au poulpe venu de Rigel X-9. Ca s'est passé à 21:38 (...) 43 enfants extraordinaires naquirent, mis au monde, aux quatre coins du globe, par des femmes bien souvent célibataires qui n'avaient présenté nul signe de grossesse."

Sir Reginald Hargreeves, milliardaire excentrique porté sur les sciences alternatives, part à la recherche de ces nouveaux-nés de l'étrange, en sauve sept, et les forme au sein de son "Umbrella Academy", afin qu'ils mettent leurs capacités spéciales au service de l'humanité.

A l'âge de 10 ans, ils passent à l'action, pour contrer une Tour Eiffel devenue folle (si, si, vous avez bien lu !).

Numéro 1, le leader, est à la fois très puissant et très intelligent. De quoi en irriter certains.

Numéro 2, le combattant, manie toutes les armes, fait de l'infiltration, et a un sacré mauvais caractère.

Numéro 3, la rumeur, peut en quelques mots modifier la réalité. Elle plaît également à plusieurs de ses "frères"...

Numéro 4, au teint blafard, communique avec les morts.

Numéro 5 voyage dans le futur, et est rarement présent (ah ah). Quel âge a-t-il, au juste, d 'ailleurs ?

Numéro 6, l'horreur, fait jaillir d'énormes tentacules de son ventre. Beurk.

Numéro 7, la pauvre, n'a aucun pouvoir - apparemment - mais elle joue très bien du violon.

Bizarres, vous avez dit bizarres ?

Le temps passe, les héros changent, les inimitiés demeurent, et un événement imprévu réunit l'équipe éparpillée. De nouveaux dangers surgissent. Les enfants prodiges reprennent du service. En famille.

 

Il fallait peut-être l'esprit éclaté d'une rock star pour apporter ce souffle inhabituel au comics (même si certains scénaristes pure souche, comme Alan MOORE - mon idôle, le saviez-vous ?? - Warren ELLIS ou Neil GAIMAN ont régulièrement agité le cocotier de la narration graphique, ou en tout cas de ses scénarios), ce que Gerard WAY, learder de My Chemical Romance (que mon ignorance musicale m'avait fait ignorer jusqu'à ce jour) a fait avec brio, tissant un histoire tout en sauts dans le temps, afin de mieux cerner les différents mystères dont il a émaillé son récit, et de comprendre pourquoi, "de nos jours", les relations entre les héros en sont arrivées là...

 

Au dessin, Gabriel BÀ, brésilien et moitié d'une paire gémellaire de dessinateurs, a opté pour un semi-réalisme anguleux qui rappelle les dessins animés atypiques de la fin des années 90-début des années 2000 (ou, plus lointainement, pour les ancêtres comme moi, des jeux vidéo comme Day of the Tentacle, ce qui ne nous rajeunit pas...).

 

De l'action, un peu de gore, beaucoup de mystère, et des réponses qui arrivent au compte-goutte, mais qui arrivent quand même : que demander de plus ?

 

Umbrella Academy : de quoi vous réconcilier avec les comics de super-héros, si vous ne l'étiez pas déjà. De quoi apprécier la classe et la sobriété d'un simple loup sur le visage plutôt qu'un flashy collant moulant.

Réjouissant.

 

Champimages qui ont du punch.

 

Umbrella Academy T1 - Extrait 2

 

Umbrella Academy T1 - Extrait 1

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 16:28

8 nov 11 - A quai

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 00:38

BANSKY - Save or Delete

 

Quand BANKSY milite pour Greenpeace.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 16:51

Soil T1 - Couverture"Cette histoire se déroule dans une "ville nouvelle" (...) ville dortoir artificiellement construite dans le but de créer de nouveaux centres et d'éviter la surpopulation des centres villes. (...) De nouvelles villes ont ainsi subitement surgi de nulle part, et avec elles des témoignages de phénomènes étranges."

 

Atsuhi KANEKO, a qui l'on doit le déjanté et tarantinesque  Bambi, a décidé d'installer l'histoire de Soil dans une petite ville banale comme on peut en recontrer dans bon nombre de pays dit "développés" : villes tracées au cordeau où règne l'uniformité des rues, des jardinets, des façades, et des habitants. En apparence.

 

Soil Newton n'échappe pas à la règle : des rues parfaitements orthogonales, des maisons semblant se répéter à perte de vue, et des familles modèles les peuplant. Tout ce petit monde vivant son petit quotidien sous l'oeil bienveillant et attentif des délégués des habitants, garant de l'ordre et de la bonne entente.

 

Pourtant, une nuit, tout bascule.

Suite à la chute d'un pylone électrique.

Suite à la courte période sans électricité qui en a résulté.

 

Au matin, presque rien n'a changé.

Presque.

La gentille famille Suzuchiro manque à l'appel.

Et un étrange monticule de sel trône dans la chambre de leur fillette.

 

Etrange. Le mot est lâché.

Regards en coin, gouttes de sueur, école en émoi, masque bariolé qui contemple tout cela...

Et d'autres disparitions : un agent de police venu voir ce qui se passait sur place, durant la nuit.

Un jeune garçon qui traînerait peut-être dans des bâtiments désaffectés, en périphérie.

 

Le vernis qui recouvre Soil Newton a profité de l'obscurité pour commencer à s'effriter. Qui sait quand il va s'arrêter.

 

Dans Bambi, KANEKO avait mis son dessin atypique au service d'une histoire surprenante mais particulièrement dynamique, où l'humour et l'énergie sans fin de l'héroïne secouaient le lecteur de la première à la dernière page.

 

Dans Soil... il est particulièrement étonnant - presque perturbant ! - de voir que ce même graphisme (qui n'est parfois pas sans rappeler celui de Charles BURNS) installe une atmosphère lente, pesante, et finit par instiller un malaise dont on ne peut se défaire. Le cerne noir qui clot chaque visage, chaque corps, chaque décor, campe tous les éléments du drame avec intensité et détachement, comme si tous les protagonistes étaient résolument étrangers les uns aux autres.

Les trames, plutôt rares et discrètes, font la part belle aux aplats, qui écrasent les images de leur blancheur ou leur noirceur.

 

Le découpage de KANEKA n'est pas étranger à l'ambiance anxiogène qu'il pose par petites touches, case après case, à l'aide de détails insolites ou dérangeants : micro-tremblements, commissures des lèvres, insectes, gestes... Tout est bon pour déstabiliser le lecteur et le mettre mal à l'aise.

 

De même que l'un des principaux protagonistes, l'inspecteur Yokoi, ne cesse de chercher à choquer sa partenaire, le lieutenant Onoda, en lui parlant constamment de sexe, en la dévalorisant, et en se tripotant régulièrement aisselles et entrejambe... à tel point que les images finiraient presque par dégager une sale odeur !

 

Oui, la saleté... Voilà ce qui semble se dégager de ces images au noir et blanc pourtant impeccables : la saleté. La pourriture. La corruption. Derrière les sourires, derrière les façades, flotte la fange.

Un cloaque de secrets que les policiers vont agiter, et peu à peu faire éclater. A leurs risques et périls.

 

Quitte à dévoiler des mystères et des horreurs encore plus anciens.

Soil Newton n'est peut-être pas jaillie de rien finalement. Et ses racines s'enfoncent peut-être un peu trop profondément...

 

Champimages qui dégoulinent.

 

Soil T1 - Extrait

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 16:16

23 oct 11 - Port Toulon 4

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 15:48

Suprême T1 - CouvertureCela fait très très longtemps que je veux vous parler de Suprême, un des personnages peut-être les moins connus d'Alan MOORE. Et puis, vous savez ce que c'est, le temps passe, le livre reste bien rangé coincé entre d'autres, et un beau jour on se lève un matin avec un peu moins de cheveux et un peu plus de temps et on se rend compte qu'on en a oublié une bonne partie (du livre, bien sûr, pas de cheveux, encore que...).

 

Donc on s'y replonge, et cette fois on se promet de ne pas oublier.

Et c'était il y a un mois.

Et toujours rien.

Alors hop, je me donne un grand coup de pied, je m'incline devant la grandeur du Maître du scénario - et je pèse mes mots ! - et en avant.

 

Suprême, c'est Superman à la sauce MOORE. Invincible, doté des pouvoirs les plus fous, Suprême essaie de sauver le monde depuis les années 30. Depuis qu'une étrange météorite est tombée dans le jardin de ses parents, dans le petit village de Littlehaven, quelque part au plus profond des Etats-Unis...

 

Année après année, Suprême a eu à faire face à des ennemis toujours plus nombreux, forts, inattendus.

Année après année, Suprême a pu compter sur des alliés toujours plus nombreux, forts, inattendus.

Année après année, Suprême a été mis en scène par des auteurs toujours plus ... etc.

 

Etrange destin que celui d'un super-héros de papier presque centenaire, dont les aventures ont été modelées par des auteurs eux-mêmes modelés par leur époque : quels points communs entre le Superman ou le Batman des origines (la fin des années 30) et ceux de nos jours ? Leurs silhouettes ont changé, leurs tenues ont changé, leur mentalité aussi... Ils ont vu passer d'innombrables adversaires et acolytes, ils ont voyagé à travers mille univers, ils sont morts parfois, pour mieux revenir peu ensuite.

 

Suprême est comme eux. Suprême est l'essence du super-héros. Jouet des différentes époques, différentes modes, différents styles.

Mais comme Alan MOORE ne saurait se contenter d'un simple hommage aux auteurs et aux genres qui ont marqué l'histoire des comics depuis les années 30, il assortit le tout d'une histoire d'amnésie - le Suprême des premières pages ne se souvient plus de rien - et de troublants allers et retours dans le temps.

Avec, à la clef, bien des réponses aux nombreux mystères qui émaillent les centaines de pages de ce pavé.

 

Le Maître a su s'entourer, pour faire vivre le surhomme à différentes époques, d'une armada de dessinateurs ayant su plier leur style aux contraintes des différentes époques : naïveté des années 30, expressionnisme des années 50 et des Horror Tales, hypermusculatures des années 90... A chaque époque ses travers graphiques - et chromatiques ! - rendus à merveille par Joe BENNETT, Rick VEITCH, Alex ROSS...


A chaque époque aussi ses scénarios et ses dialogues, ses méchants et ses intrigues... MOORE a su à chaque fois se couler à la perfection dans les différents moules taillés par les auteurs qui l'ont précédé, et qui ont fait du genre ce qu'il est aujourd'hui.

 

Véritable réflexion sur le rapport d'un sur-super-héros au pouvoir, au temps, à ses responsabilités, Suprême est donc aussi - surtout ? - un voyage à travers l'histoire des comics, tous genres confondus.

Une nouvelle fois, Alan MOORE nous démontre l'étendue de son talent et nous fait partager, à travers un exercice de style particulièrement riche, son incroyable culture.

Avec, en prime, une petite mise en abyme à travers l'avatar humain de Suprême, Ethan Crane, dessinateur de comics. Au moins la boucle est bouclée !

 

On en redemande - et le tome 2 m'attend d'ailleurs depuis déjà un certain temps !

 

Champimages à travers l'espace et le temps

 

Suprême T1 - Extrait 1

 

Suprême T1 - Extrait 2

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 11:17

L'Histoire de France pour les nuls - CouvertureAllez hop, dans la foulée de la présentation de la BD, une première pour moi : un petit jeu concours !!

A la clef : un exemplaire du tome 1. Comme ça vous pourrez vous faire une idée par vous-mêmes de cette nouveauté.

 

Quatre petites questions ci-dessous.

Pour y répondre : m'envoyer un petit message via le lien "Contact" en haut à gauche de la page. Facile comme tout !

 

On va se donner deux semaines en tout, histoire qu'un maximum d'entre vous ait le temps de participer : seront donc acceptées le réponses jusqu'au vendredi 11 novembre 2011 inclus.

 

C'est parti :

 

Question 1 : en 390 avant J-C, les Gaulois attaquent Rome. Souhaitant assaillir le Capitole de nuit, par surprise, ils voient leurs plans déjoués par :


a/ des chiens

b/ des oies

c/ des éléphants

d/ des gardes

 

 

Question 2 : le mot "Auvergne" vient du nom d'une tribu gauloise. Laquelle ?

 

a/ les Auvergnes

b/ les Auvergnants

c/ les Avenes

d/ les Arvernes

 

 

Question 3 : le nom de Vercingétorix, le plus célèbre des chefs gaulois, signifie :

 

a/ le roi suprême de ceux qui marchent à l'ennemi

b/ le grand roi des tribus unifiées

c/ le chef de guerre

d/ le conquérant des Gaulois belliqueux

 

 

Question 4 : pourquoi Clovis décida-t-il de se convertir au christianisme ?

 

a/ pour faire plaisir à sa femme Clotilde, qui était chrétienne.

b/ pour plaire à l'empereur romain qui était chrétien.

c/ pour remercier Dieu qui avait répondu à son appel alors qu'il perdait une bataille.

d/ pour pouvoir aller à la messe tous les dimanches.

 

A vous de jouer !

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 10:46

L'Histoire de France pour les nuls - CouvertureJ'ai depuis longtemps entendu parler de la célèbre collection "Pour les nuls", vaste entreprise de vulgarisation de tous les domaines, des méandres de l'informatique à la fabrication des plus beaux macramés, en passant par le vin, la mécanique auto ou le bridge (ne riez pas, une liste exhaustive se trouve par ici, et vous consaterez que j'ai à peine exagéré...).Je ne m'y étais pourtant jamais vraiment penché (loin de moi toutefois la prétention de croire que c'est parce que je n'en avais pas besoin !).

 

Il semblerait que L'Histoire de France pour les nuls soit un de leur titre-phare, d'où leur décision d'en proposer une adaptation en BD. En douze tomes précisément.

Voici un petit aperçu du premier, intitulé Les Gaulois.

 

En une page plus que résumée, la Préhistoire est expédiée : d'une étincelle à la sédentarisation, six cases semblent suffire. Dommage. Se pencher sur les spécificités de la préhistoire "française" aurait pu être intéressant. Mais sans doute moins accrocheur (vendeur ?) que de parler des grands blonds moustachus qui galopent à bride (et braies !) abattue en couverture : nos ancêtres les Gaulois.

 

Vers le milieu du V°s avant J-C, ces braves chevelus "qui ne craignent pas la mort" envahissent le territoire sur lequel les Celtes se sont installés quelques temps auparavant. Guerres, tueries, mais "il serait injuste de ne montrer les Gaulois que sous certains aspects barbares".

Ouf ! Nos ancêtres n'étaient pas que des sauvages sanguinaires, mais aussi de brillants artisans, des précurseurs en matière de démocratie, et de solides défenseurs de la culture orale.

 

Tout aurait pu se passer immuablement dans le meilleur des mondes s'il n'y avait eu les Romains, d'une part - qui se font envahir à plusieurs reprises, dans un premier temps, avant de prendre leur revanche - et surtout ces innombrables autres tribus barbares (au sens hellénique du terme) qui ont passé une bonne partie de l'Antiquité à passer et repasser sur l'Europe comme s'il s'agissait surtout d'un grand champ de bataille.

 

La suite, vous pourrez la lire au fil de ces 48 pages qui condensent mille ans d'histoire environ, de l'arrivée des Gaulois dans ce qui n'est pas encore la France, jusqu'à la mort de Clovis en 511.

 

Graphiquement, rien à redire : le trait de Gabriele PARMA est classique mais efficace, sans erreurs notables. Il fait certes la part belle aux visages belliqueux et aux scènes de combat, mais l'Histoire s'est, il est vrai, souvent écrite dans le sang.

Les décors ne sont pas aussi dépouillés que ce que l'on pourrait craindre dans ce genre d'album, et la mise en couleur est de facture plus que correcte

 

Le découpage de Dan POPESCU est lui aussi conventionnel, sans effets particuliers, et donc efficace, garantissant une lecture fluide.

 

Le scénario est assez dense, les textes nombreux, mais pas autant qu'on pouvait s'y attendre dans cet exercice un peu didactique : certes, les personnages expliquent parfois un peu trop leurs actions et leurs motivations aux lecteurs, mais Laurent QUEYSSI a su distiller les nombreuses informations sans noyer les images. Plutôt appréciable.

 

Au final, une BD qui pourrait faire écho à la célèbre série l'Histoire de France en BD, éditée par Larousse à la fin des années 70, mais qui ne lorgne pas vers un style trop nostalgique : dessin dynamique, mise en scène rythmée, et données historiques relativement récentes prises en compte. Un peu plus loin de la quasi hagiographie traditionnelle vis-à-vis de nos ancêtres grands, blonds et vigoureux, un peu plus près de la complexité historique des échanges démographiques et des enjeux politiques de l'époque.

 

Quelques pages de texte complètent l'album par des anecdotes sur les Gaulois, par un petit aperçu de ce qui se passait ailleurs dans le monde à la même époque - un regard élargi plus que salutaire ! - et une petite liste de noms de dieux, par Teutatès !

 

Bien sûr, on reste dans une approche de l'histoire mettant en avant les événements - surtout les batailles - et les hommes - surtout les chefs de guerre - plutôt que la société dans toute sa richesse, mais qui sait si cette approche-là, souvent présente dans des séries plus précises (Les passagers du vent, de François BOURGEON, pour ne citer qu'elle), ne finira pas par trouver sa place plus largement entre les cases, un jour prochain.

 

Champimages du temps qui passe.

 

L'Histoire de France pour les nuls - Extrait

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