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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 19:06
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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 23:23

Ghost stories - BoîteUne des dernières fois où je vous ai parlé de jeux - et je me rends compte que ça fait déjà un certain temps !! -, j'avais mis à l'honneur un auteur et un type de jeu : Antoine BAUZA et le jeu coopératif (avec  Hana-Bi).

 

Revoilà ce duo gagnant avec Ghost Stories, jeu coopératif se déroulant dans une Asie fantastique...

 

Tout se passait bien dans ce petit village bien tranquille, jusqu'à ce qu'un démon, Wu-Feng, décide d'y lâcher ses troupes fantômatiques, avant-garde de sa venue prochaine.

Comment de faibles villageois pourraient-ils faire face à ces hordes d'outre-monde bien décidées à hanter leurs demeures et à préparer l'avènement du démon ?

Débarquèrent alors quatre moines taoïstes, de vives couleurs vêtus, prêts à en découdre avec le mal. Katanas au clair, pouvoirs mystiques prêts à agir, et bénéficiant du soutien de la population, ces quatre héros se dressèrent sur la route du mal.

Mais rude était leur tâche...

 

Ghost Stories est donc un jeu coopératif qui permet à 4 joueurs (on peut jouer à moins, on peut même jouer seul, mais c'est vraiment à quatre que c'est le mieux) d'essayer de protéger un village des assauts de hordes de fantômes puis de leur maître démoniaque.Qui dit coopératif dit victoire ensemble : en gros, soit tout le monde gagne, en mettant en fuite Wu-Feng, soit tout le monde perd. Pas de demi-mesure.

 

Chaque personnage dispose d'un certain nombre de points de Qi (les points de vie), d'un jeton Yin/Yang (qui permet d'utiliser le pouvoir d'une case de village en plus, ou de "déhanter" une case qui a été hantée), et d'un jeton Tao offrant un bonus en combat. Chaque personnage dispose également d'un pouvoir spécial, en fonction de sa couleur. Ce pouvoir se décline en deux versions, suivant la face du plateau coloré avec laquelle on décide de jouer. Vert peut relancer certains dés, ou avoir un dé bonus. Rouge peut avoir des déplacements supplémentaires. Bleu peut avoir des actions supplémentaires. Jaune peut affaiblir les fantômes.

 

Le village est représenté par 9 tuiles, disposées 3x3, qui correspondent à 9 lieux différents offrant chacun un effet Ghost stories - Contenuparticulier (récupérer des points de Q, tuer immédiatement des fantômes, récupérer une statuette de Bouddha, obtenir le soutien de moines en prière, profiter des poudres de l'alchimiste pour gagner de nouveaux jetons Tao, faire appel aux gardes pour faire reculer certains fantômes, déplacer un des fantômes, ressusciter un moine mort, déhanter une case qui a été hantée).

 

Bordant le village, quatre plaques, aux couleurs des personnages. C'est là que se positionnent les fantômes au fur et à mesure de leur arrivée.

 

Parlons-en, des fantômes : 55 en tout sont prêts à en découdre avec les villageois et les moines. 45 qui précèdent WuFeng, et 10 qui le suivent. Charge aux joueurs de tenir bon pendant les 45 premiers, puis de défaire Wu-Feng avant que les 10 derniers ne soient apparus. Véritable défi.

Chaque fantôme est caractéristé par une couleur (bleu, rouge, vert, jaune, noir), une puissance (de 1 à 4), et peut avoir de 0 à 3 pouvoirs : pouvoir d'arrivée en jeu, pouvoir de maintien en jeu, pouvoir en cas de bannissement. Rares sont les effets positifs, même si une victoire contre un fantôme rapporte en général un petit bénéfice - point de Qi, jeton Tao, jeton Yin/Yang : que de l'indispensable !!

 

Dernier élément mystérieux que vous pouvez voir sur l'illustration : le dé noir. Le dé de malédiction. Dans certaines circonstances - arrivée, maintien, bannissement d'un fantôme - un joueur doit jeter ce dé et en appliquer le résulat : perte d'un point de Qi, des jetons Tao, apparition d'un fantôme, corruption d'une case du village. A eviter, donc !

 

Voyons comment se déroule un tour de jeu :

 

- le joueur dont c'est le tour regarde si sa plaque est pleine ou pas.

          * Si elle est pleine, il perd un point de Qi : trop de fantômes sont rassemblés en ce point du village, il faut en payer les conséquences.

          * Sinon, il doit piocher une nouveau fantôme, et le placer sur une plaque en fonction de sa couleur (bleu sur le bleu, rouge sur le rouge, etc...). Seule exception : les fantômes noirs se placent forcément sur la plaque de celui qui a pioché. Si une plaque est pleine et ne peut accueillir le fantôme qui vient d'être pioché, ce dernier est posé où il y a de la place...

 

- ensuite, il peut déplacer sont personnage sur une case voisine (orthogonalement ou en diagonale)

 

- il doit alors choisir une action parmi les deux suivantes :

          * utiliser l'action de la case village sur laquelle il se trouve.

          * attaquer le ou les fantômes se trouvant sur les emplacements en vis-à-vis (en gros, si le pion est sur la case centrale du village, il ne peut attaquer personne).

 

- le combat est simple : chaque fantôme a une puissance de 1 à 4. Le joueur lance 3 dés, et doit obtenir au moins autant de points de couleur que la puissance du fantôme. Sachant que les 6 faces d'un dé offrent les 5 couleurs de fantômes plus une face blanche, une face bonus. Comment détruit-on un fantôme de puissance 4 avec 3 dés ? En utilisant les jeton Tao de la couleur correspondante, qui peuvent venir en complément du résultat du jet de dé.

 

Au fait, certains fantômes sont des hanteurs - ce sont eux qui peuvent hanter les cases du village - mais le mieux sera que vous les découvriez par vous-même lors de votre prochaine partie !!

 

Difficile de rentrer davantage dans les détails sans pouvoir vous montrer plus précisément le matériel. Mais croyez-moi : Ghost Stories est un très bon jeu. Un jeu tendu à l'issue toujours incertaine : la victoire n'est jamais facile, même en mode "Débutant" (je ne vous cache pas que je n'ai pas encore osé tenter la version "Enfer", qui porte apparemment bien son nom !!).

Les joueurs sont en permanence obligés de réfléchir ensemble à la meilleur utilisation possible des pouvoirs et des éléments disponibles en fonction des situations.

Les fantômes sont nombreux, il y a différents Wu-Feng (différents "avatars", en fait...), donc les parties ne se ressemblent pas.

Un petit système de comptage des points en fin de partie peut permettre d'estimer le niveau de la victoire obtenue...

 

Si l'exposé des règles peut paraître complexe, quelques tours de jeu suffisent pour prendre en main les mécanismes de base de Ghost Stories. Le développement de LA stratégie gagnante prendra par contre beaucoup plus de temps, et pas sûr qu'il y ait vraiment une stratégie gagnante d'ailleurs...

Visuellement réussi, techniquement riche, voilà un jeu qui permet, en une heure, de vraiment chercher à optimiser pouvoirs et situations. Très plaisant. En général, on cherche à faire au moins deux parties d'affilée !

 

Des volontaires ?

 

Champi Ludi

 

(Vous pouvez venir le tester lors d'une de nos animations avec Les Yeux dans les Jeux !)

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 15:00

RencontresJeunesse2011

 

Et de 3 (3ème édition des Rencontres de la Jeunesse), et de 4 (4ème animation dans le Var pour le même week-end !).

 

Pour la troisième année consécutive, la ville de Toulon met sa jeunesse et ses associations à l'honneur : associations sportives, culturelles, environnementales, de loisir, de formation, d'insertion dans le monde du travail... Nombreuses sont les facettes de ce dense tissu associatif toulonnais !

 

En prime cette année, la mise en place d'une C@arte Jeune permettant aux jeunes de 12 à 25 ans de valoriser leur investissement dans la vie associative et citoyenne sous forme d'avantages en matière de transports, culture, permis de conduire...

 

Toulon bouge, et nous espérons que notre association  Les Yeux dans les Jeux y contribue !

 

Notre stand se trouvera sur la Place de la Liberté, mais vous pourrez également découvrir d'autres associations Place d'Armes et Place de l'Opéra.

 

Le tout samedi 1er octobre 2011 de 14h à 19h.

Nous vous attendons !

 

Champi et Compagnie

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 14:47

PICASSO - Mains et fleurs - Fête solidaire et fraternelle

 

Décidément, le week-end des 1er et 2 octobre 2011 sera bien chargé sur l'aire toulonnaise !!

 

A l'initiative du PCF du Var est organisée une grande Fête citoyenne et solidaire du samedi 11h jusqu'au dimanche soir.

 

Au programme : des débats (la santé, les lieux de travail, les transports, l'amiante), des spectacles (slam, musique, théâtre), des stands associatifs et syndicaux, un librairie, et bien sûr de quoi boire et manger !

 

Nous y serons présents le dimanche 2 octobre avec notre association  Les Yeux dans les Jeux.

 

Une occasion originale de découvrir ou de faire vivre la vie associative varoise, et de partager un moment de convivialité !

 

La fête aura lieu au Centre de Vacances "Les Salins de Fontenay", 2944 Route de Nice, à Hyères.

 

Champitoyen (et non pas pitoyable !!)

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 14:37

Aff Journée du livre gourmand 2011

 

Brignoles entre dans la danse des salons du livre.

La première édition est placée sous l'alléchant patronage de la gourmandise : Mots et mets vous attendent au sein de livres à dévorer.

 

Un programme plutôt délicieux :

- présentations de fruits et légumes oubliés

- ateliers de cuisine (tarama, scordalia, cuisine végétalienne, cuisine indienne)

- atelier de création de personnages et d'histoires à partir d'éléments naturels

- atelier d'écriture

- atelier BD avec notre association Equinoxe

- atelier de provençal

- atelier de calligraphie

 

Tout cela à Brignoles, Place Carami, le 1er octobre 2011, de 10h à 19h, grâce à l'énergie de l'association Les Ailes du Vent.

 

A table !!

 

Champimages et mots à savourer

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 14:29

Le Dessinoir 2011

 

Musique, poésie, dessin... L'art sous toutes ses formes se lance dans un marathon du samedi 1er octobre à 15h jusqu'au dimanche 2 octobre à 15h : 24h d'images et de son à Toulon, en accord, en improvisation, au CREP des Lices.

Tous les détails sur leur site - il vous suffit de cliquer sur l'image.

 

Champinoir

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 19:52

CHAIX et les étiquettes

 

"Légufrulabélosophie

(de Légufrux : vitamines ; Label : étiquette ; Sophia : sagesse)

 

Discipline visant à circonvenir la sagesse par le truchement d'une industrie à base d'étiquettes de fruits et d'étiquettes de légumes acquises de façon subreptice."

 

 

Etonnant CHAIX, découvert dans les pages de l'étonnant Tigre, qui compose de manière inattendue et psychédélique les petites étiquettes que l'on ignore sur nos fruits et légumes mais qui, réunies, forment des tribus colorées et expressives.

Retrouvez sa "légufrulabélosophie" en détails et en images en cliquant sur le petit aperçu ci-dessus.

 

Champimages qui revivent.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 23:38

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

 

"J'ai le sentiment que, moins [William Shakespeare] en dit, plus c'est beau. Savez-vous qu'elle est sa phrase que j'admire le plus ? "Le jour radieux décline et nous entrons dans les ténèbres."

J'aurais aimé connaître ces mots le jour où j'ai regardé les avions allemands atterir les uns après les autres, et leurs navires déverser des soldats jusque dans notre port ! Je n'arrêtais pas de me répéter : "Maudits soient-ils, maudits soient-ils." Je crois que penser au "jour radieux décline,et nous entrons dans les ténèbres" m'aurait un peu consolé. Je me serais senti mieux préparer pour affronter la situation ; au lieu de quoi mon coeur s'est liquéfié."

 

Eben Ramsey, in Mary Ann SHAFFER & Annie BARROW, Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 22:56

Table ronde 12 septembre

 

Petit compte-rendu de la table ronde que j'ai eu la chance d'animer le 28 août 2011 durant le Festival de BD de Solliès-Ville, autour du livre  12 septembre, l'Amérique d'après, recueil d'interviews, de textes et de bandes dessinées réalisés par des artistes français et étasuniens pour faire le bilan sur l'état des Etats-Unis dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, et pour porter un regard sur les Etats-Unis et le monde de demain.

 

De droite à gauche : Claude ARDID, grand reporter, Joe SACCO (Palestine, Journal d'un défaitiste, Gaza 1956), Françoise MOULY (co-fondatrice de Raw, directrice artistique du New Yorker) et Art SPIEGELMAN (co-fondateur de Raw, Maus, A l'ombre des tours mortes).

 

 

Joe SACCO, le public de Solliès-Ville ne vous connaît pas encore : pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

 

JS :

Je fais de la BD-journalisme sans m'être jamais vraiment interrogé sur cette appellation.

En fait, une fois mes études de journalisme terminées, je n'ai pas trouvé de travail. J'ai alors décidé de faire carrière dans la bande dessinée, car c'était mon hobby.

Je suis parti au Proche et au Moyen Orient pour y faire de la BD, mais je me suis aperçu que je m'y comportais comme un journaliste, et cela a influencé mon travail d'auteur.

En effet, il faut du temps pour faire une BD, et ce temps nécessaire est un plus pour le métier de journaliste, qui s'effectue en général dans l'urgence.

De plus, la BD permet de plonger le lecteur dans un autre monde : pas seulement dans le présent, mais également dans le passé. Et, par le dessin, le lecteur entre directement dans l'univers proposé.

 

 

A quand remonte votre première rencontre à tous les trois ? S'est-elle faite autour de votre revue Raw ?

 

AS :

Raw, que j'ai créé avec Françoise, a surtout été la conséquence de mon amour pour elle. Cette revue indépendante m'a permis de découvrir la BD européenne, que je ne connaissais pas du tout.

Le monde de la BD européenne a beaucoup changé à la fin des années 70.

Au Etats-Unis, la BD underground avait changé la règle du jeu, avec des auteurs comme Robert CRUMB notamment : il n'était plus nécessaire de réaliser des aventures, de penser aux jeunes lecteurs.

A cette époque, les jeunes auteurs européens étaient déjà très nombreux : en découvrant les comics underground, ils leur ont donné une grande visibilité dans la presse grand public européenne, alors qu'aux Etats-Unis, leur diffusion restait confidentielle.

Les auteurs européens faisaient également preuve d'un plus grand professionnalisme.

Jacques TARDI, Joost SWARTE, étaient des dessinateurs très différents l'un de l'autre et ils n'hésitaient pas à faire de nouvelles expérimentations.

Editer de tels auteurs dans les pages de Raw a permis à des jeunes comme Joe SACCO de leur montrer quelles nouvelles ouvertures étaient possibles en BD.

 

JS :

J'étais très intimidé par ce que je voyais dans les pages de Raw, mais j'y voyais également de nombreuses opportunités, de nouvelles possibilités.

Mon style graphique était toutefois plus proche de ce qu'on pouvait trouver dans le magazine Weirdo, édité par CRUMB, où l'on retrouvait ses BD.

A cette époque, de nombreux dessinateurs, dont je faisais partie, ont cherché une sorte de juste milieu entre Raw et Weirdo.

J'ai été très influencé par les auteurs européens découverts dans Raw, notamment par leur grand sens du design. Si l'on trouve beaucoup d'architectures dans mes dessins, c'est parce que me suis inspiré de cette tendance de la BD européenne.

 

 

Joe, à travers vos BD, Art, à travers vos illustrations pour le New Yorker, et Françoise, en tant que directrice artistique du New Yorker, quel rapport à l'actualité entretenez-vous à travers vos travaux ?

 

AS :

Le monde me connaît surtout pour Maus.

Ensuite, on m'interpelle en général sur mon rapport avec la politique. Or je ne peux pas parler de politique à travers mes dessins car je suis très très lent pour travailler.

Mon travail avec Françoise pour le New Yorker m'a permis de devenir rédacteur. Mais je n'aime pas les rédacteurs ! Sauf Françoise...

 

FM :

Le New Yorker est à contre-courant de tout le reste de la presse étasunienne, car il propose des dessins et non des photos en couverture. Par le dessin, nous voulons proposer un point de vue personnel, un commentaire d'auteur subjectif sur l'actualité, la société.

Le reste de la presse se bat à coups de grosses sommes pour faire la chasse à LA photo qui permettra de dépasser les autres.

Au New Yorker, nous demandons une idée à un artiste, loin du scoop, de l'instantané, de la vitesse à laquelle internet nous contraint de plus en plus.

Le New Yorker a une tradition longue de 87 ans : il offre ainsi un grand recul sur la société. Chaque auteur doit penser que chaque dessin doit pouvoir être vu dans le futur sans perdre de sa force, sans être trop dépendant d'un contexte précis et éphémère. Les couvertures du New Yorker sont un extraordinaire travail de portraits de mœurs.

 

JS :

En travaillant sur Palestine, je me suis rendu compte que même si l'actualité changeait, au fil des années, la structure historique restait en définitive la même, pour chaque épisode relatif au conflit au Proche Orient.

 

AS :

Il y a une grande différence entre Joe et moi : Joe a une psychologie mieux ajustée, et il porte sur le monde le regard d'un journaliste professionnel.

Moi, je suis un narcissique concerné par l'immédiateté, mais mon monde immédiat, ce sont mes parents, survivants d'Auschwitz.

Puis il y a eu l'une des mes premières couvertures du New Yorker : le baiser. Ce baiser n'a jamais existé : c'est une invention. Je suis parti du symbole du magazine, un homme portant un chapeau haut de forme, qui m'a conduit à dessiner un Juif, qui m'a conduit à dessiner ce baiser entre un Juif et une Afro-amércaine, avec tout le trouble qu'il peut susciter.

Le New Yorker était un journal sérieux, gentil, donc cette image était choquante pour son lectorat, comme une piqûre d'amphétamine. Je pense avoir introduit un changement dans l'ADN du New Yorker.

 

 

Dans le livre 12 septembre, l'Amérique d'après, il est question des attentats contre les Twin Towers et de leurs conséquences. Comment avez-vous vécu l'événement ?

 

AS :

L'interview que j'ai donnée pour le livre a eu lieu il y a longtemps. Je ne m'en souviens plus, et de toute façon je ne veux plus en parler. Je ne veux plus parler du 11 septembre. C'est une rhétorique de la guerre. Et je ne trouve pas que l'anniversaire des dix ans que l'on veut célébrer cette année soit intéressant.

 

FM :

Art a créé A l'ombre des tours mortes comme un aide-mémoire à la désorientation provoquée par les attentats. Mais au final, depuis, rien n'a changé. Art a voulu utiliser la BD, qui est un genre structurellement très organisé, pour mettre en scène le désordre.

Les planches de A l'ombre... n'ont pu être publiée aux Etats-Unis, car personne ne voulait d'une œuvre aussi percutante, et qui n'apportait aucune réponse.

Après le 11 septembre, le gouvernement étasunien a multiplié la propagande : Art l'a mis en avant dans sa BD, au risque de représailles...

 

AS :

Je suis entré dans une sorte d'exil intérieur, car il y avait beaucoup de censure et d'auto-censure aux Etats-Unis après les attentats.

Ce sont des journaux européens, dont le Courrier International, qui ont permis la publication de mes planches.

J'ai essayé de me faire l'ambassadeur de la voix de la raison.

Je voudrais maintenant faire une page en avance sur le prochain désastre à venir.

On m'a commandé une page pour célébrer les dix ans de l'attentat. J'ai représenté les deux tours sous les traits … de George W. BUSH et Barak OBAMA.

 

 

12 septembre, l'Amérique d'après, vous permet de donner votre vision de l'avenir de votre pays et du monde. Quelle est-elle ?

 

JS :

Dans un premier temps, j'ai voulu faire pour ce livre un essai exposant ce que je pensais des Etats-Unis et de leur avenir dans les cinq ans. Mais je me suis rendu compte que je me prenais trop au sérieux, et je ne voulais pas passer pour un con pompeux. J'ai donc finalement décidé de faire quelque chose de plus drôle.

Aldoux HUXLEY (Le meilleur des mondes) et George ORWELL (1984) sont mes auteurs favoris. Tout deux ont imaginé un futur ; j'ai repris leur approche, mais sur un mode humoristique. On y retrouve toutefois mes véritables sentiments sur l'Amérique d'aujourd'hui.

Pour cette BD, je me suis contenté de projeter un peu plus loin dans l'avenir ce que j'observe déjà aujourd'hui, en l'exagérant.

Ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'en Europe comme aux Etats-Unis, les élites tirent et tireront toujours leur épingle du jeu, même si le reste du monde sombre dans le cannibalisme.

Le gouvernement que j'imagine est toujours un gouvernement, mais il sert uniquement une élite. Avant, le gouvernement faisait des choses pour le peuple, mais cela s'érode.

Avant, les Etasuniens regardaient l'Europe comme un modèle social. Aujourd'hui, on voit que vous, Européens, êtes en train de tout perdre.

Si, dans ma vision, le gouvernement est devenu « l'Etaprise », c'est parce que je ne me fais plus d'illusions.

 

AS :

Joe a évoqué ORWELL, qui a imaginé un avenir de plus en plus probable.

Pour moi, le futur est une grosse botte qui écrase les visages humains. C'est pour ça que j'ai donné dans le livre une vision pessimiste.

En Europe, ça va mieux, pour l'instant.

 

FM :

Quand on vit à New York, il ne faut pas s'attarder sur la nostalgie. C'est une ville en développement permanent, il ne faut pas passer trop de temps à pleurer.

Dans son interview, Art déplore ce que notre quartier de New York est devenu. Notre fille vit dans un autre quartier, elle a quitté Manhattan au profit de Brooklyn, elle y mène une vie excitante.

D'une manière générale, le fait qu'il n'y ait pas aux Etats-Unis de prise en charge par l'Etat pousse peut-être les gens à faire davantage preuve d'inventivité, de combativité.

Je me dis que le futur sera, a minima, intéressant.

 

JS :

Je suis totalement pessimiste en ce qui concerne le futur.

Ironiquement, c'est l'élection d'OBAMA qui a été la goutte de trop.

Rien n'a changé.

Je ne sais plus...

 

AS :

Les Etats-Unis aujourd'hui, c'est Rome à la fin de son règne.

L'Europe est comme les colonies de Rome à l'époque : la décadence la touchera plus tard.

 

 

Un grand merci à vous !

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:35

equinoxe-logo-web-.jpg

 

Mieux vaut tard que jamais, un petit mot pour vous dire que notre association Equinoxe sera à la Médiathèque de Marignane (rue Figueres) ce samedi 17 septembre 2011 !

 

Au programme :

 

11h-12h : Les mille et un visages du manga - Histoire d'un genre (conférence)

14h-17h : Atelier manga, co-animé avec IB.

 

Si vous êtes dans le coin et que vous avez envie d'Orient...

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