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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:12
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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 14:00

Victoire---Couverture.jpgPrésentée il y a quelques temps pour une des cessions de notre Raging Bulle mensuel, Victoire, de  Greg BROADMORE, est une oeuvre hybride, mêlant textes, illustrations et bande dessinée.

Elle est surtout la porte d'entrée à l'univers déjanté de l'auteur néo-zélandais.

 

En effet, au-delà de la petite quarantaine de pages - vendues fort cher, au demeurant... Un papier aussi épais était-il nécessaire ? Peut-être, pour supporter la lourdeur - assumée ! - du message asséné au fil des pages par les propagandistes du  Dr Grordbort - se trouve un riche site internet plein de belles images, de rédactionnels qui ne se prennent pas au sérieux et, si vous êtes sages, de petits courts (sic) métrages d'animation particulièrement succulents.

 

Bien sûr, il ne faut pas être allergique au deuxième degré - voire plus... - et ne pas voir dans cet oeni (objet édité etc...) une véritable apologie pro-militaire, pro-colonialiste, raciste et violente. Bien au contraire : en mettant en scène le stupide Lord Cokswain - qui inonde si bien la jolie couverture que voilà de son arme à peine phallique, soulignant triomphalement ses autres attributs virils, à savoir la moustache et la pipe (re-sic) - BROADMORE illustre parfaitement le slogan When science meets violence qui accueille les visiteurs de son site.

Le Dr Grordbort est en effet un scientifique génial qui a su mettre au point un merveilleux arsenal de mort permettant de faire régner la paix - par la terreur et la désintégration - aussi bien contre les ennemis de l'intérieur - dont les robots ne sont pas les moindres - que de l'extérieur - habitants de la Lune, de Vénus, ou du moindre bout de caillou sur lequel une fusée terrienne serait en mesure de se poser.

 

Dialogues ampoulés, propogante éhontée, postures et expressions exagérése, textes particulièrement enlevés, à la Victoire - Extraitgloire de la science qui frappe et de la botte qui martèle, rien n'est épargné aux lecteurs pour faire les louanges de ce système avant-gardiste auquel nous avons un peu goûté il y a quelques siècles déjà... et auquel nous goûtons en fait toujours depuis, même si l'habillage a parfois changé - un costume trois pièces passe toujours mieux qu'un treillis, et un attaché-case qu'un fusil-mitrailleur.

 

Bref, cette joyeuse caricature, à la réalisation de laquelle BROADMORE a dû consacrer beaucoup d'énergie mais pour laquelle il a sans doute pris beaucoup de plaisir - je vous laisse le partager à travers certaines jolies formules, et certains détails au coin des images - est une belle et détournée manière de nous rappeler combien les humains et leurs dirigeants ont souvent été guidés par la bêtise crasse et le sentiment de supériorité.

 

Vivement que les premiers extra-terrestres débarquent pour être sûrs que, depuis les premiers colons (Christophe n'ayant été ni le premier, ni le dernier), notre bonne vieille espèce humain n'a pas changé ses habitudes en la matière.

 

Pourvu que ce ne soit pas un mal inter-planétaire !

 

Champimages qui ne se prennent pas au sérieux, mais qui grincent quand même...

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 23:21
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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 18:09

Nausicaa T1 - CouvertureEt si je profitais de la "récente" (2009, déjà...) réédition de Nausicaä, d' Hayao MIYAZAKI, pour vous en parler un peu ? Ca sera en plus l'occasion de continuer à mettre ma Tanière à l'heure japonaise, histoire de vous préparer à notre mois d'octobre sur K-BD.

 

MIYAZAKI est avant tout connu pour ses longs métrages d'animation et ses séries animées : Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, le Voyage de Chihiro, ou bien Heidi - et oui, il se cachait déjà derrière ce fameux dessin animé de notre enfance ! - lui ont assuré un succès grandissant au fil des ans, depuis les années 70, et lui ont permis de décrocher deux distinctions cinématrographiques internationales : l'Ours d'or à Berlin en 2003, et le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2005. Belle brochette de prestigieux animaux pour ce grand amoureux de la nature.

 

Pourtant, avant de se lancer dans l'animation, MIYAZAKI tenta d'abord de percer dans le manga. Mais la légende raconte qu'il aurait finalement brûlé ses premiers travaux, qu'il jugeait trop proches de ceux de TEZUKA.

 

Pourtant, en 1982, il reprend ses pinceaux - et tous les autres outils nécessaires, je suppose ! - pour entamer une longue saga en manga : Nausicaä de la Vallée du vent. La raison ? Nausicaä devrait être un long métrage d'animation, mais les financeurs ne veulent pas confier à un auteur dont ce serait la première oeuvre complète - scénario et réalisation de long métrage - une histoire directement écrite pour le grand écran, sans passer par la case manga - ce qui reste l'itinéraire traditionnel pour presque toutes les oeuvres dessinées au Japon.

Ni une ni deux, MIYAZAKI retrouve ses amours de jeunesse - l'encre et le papier - et livre par épisodes, comme il se doit, le premier tome des aventures de sa courageuse héroïne.

Dès 1983 (ou 1984, les dates divergent en fonction des sources), Nausicaä voit le jour dans les salles obscures, mais MIYAZAKI continuera d'en réaliser les aventures de papier jusqu'en 1995. Les lecteurs français n'auront alors à attendre que cinq petites années - ne ricanez pas, c'est peu, au vu du rythme de certaines traductions !! - pour voir Glénat publier en sept tomes l'unique manga du maître.

 

Oeuvre fondatrice et donc fondamentale, Nausicaä de la Vallée du vent porte en germe (ah ah) la plupart des thèmes de prédilection de MIYAZAKI : le guerre et la recherche désespérée de la paix, le rapport voire l'affrontement entre l'humanité et la nature, et un personnage féminin fort et courageux.

Fille du roi de la Vallée du vent, Nausicaä, pilote hors-pair, passe beaucoup de temps aux abords et dans la Mer de la décomposition, immense et profonde forêt qui ne cesse de s'étendre, et qui est protégée par les énormes, massifs et cuirassés Ômus. A l'écoute de cette nature devenue mortelle pour les humains, car elle dégage des spores qui envahissent les voies respiratoires, elle cherche à percer les secrets de cette agressivité pour ramener la paix entre les siens et leur environnement.

Mais la guerre fait rage, et l'Empire Tolmèque entend bien recruter, comme les anciens accords le stipulent, le "gunship" de la Vallée du vent, un petit et rapide aéronef que seul le souverain en titre peut piloter.

L'Empire aimerait également mettre la main sur un petit objet que la princesse de Péjite, une cité historiquement alliée, leur a soustrait. Ce petit objet aurait-il un rapport avec les vastes chantiers de fouille que les Tolmèques dirigent un peu partout pour retrouver les secrets de l'ancien temps ? Secrets qui pourraient avoir un rapport avec la catastrophe écologique qui a frappé le monde, et qui pourraient expliquer pourquoi la technologie semble avoir fait un bon en arrière...

 

Complexe, vous avez dit complexe ?

Complet plutôt, je crois. Et vous avez près de 900 pages pour y voir plus clair !

Avec une grande clarté scénaristique, MIYAZAKI met en place un univers à la géopolitique fouillée, avec ses guerres, ses alliances, ses rivalités, et surtout ses secrets. Frolant parfois le manichéisme, il met en place des civilisations bien définies, très riches, et fait évoluer leurs interactions avec brio et précision.

Loin de lui toutefois l'apologie de la violence et des champs de bataille : la mort n'est jamais belle sous ses pinceaux, et son héroïne recherche avant tout la paix. Mais, dans un univers aussi agressif - les humains entre eux, mais également contre la nature, et vice-versa - il est difficile de parvenir à la paix sans coup férir. D'autant plus que Nausicaä, bien que de la Vallée du vent, a un tempérament de feu : volontiers explosive face à l'injustice et aux militaires, elle devra apprendre la modération et la réflexion pour mener à bien son peuple, et surtout prendre la suite de son père mourant.

 

Graphiquement, MIYAZAKI semble presque avoir travaillé au crayon plutôt qu'à l'encre : les contours sont flous, les hachures nombreuses, nimbant personnages et décors d'une sorte de brume que les lavis sépia renforcent.

Au visage pointu et déterminé de son héroïne répondent les mines bonhommes des femmes du village, et les barbes fournies de son père, des techniciens, ou de maître Yupa, aventurier de retour parmi les siens. Cette pilosité des anciens n'est pas sans rappeler un certain "Oncle Moustache" élaboré dès ses premiers travaux par un certain TEZUKA !

En amoureux fou de la nature qu'il est, l'auteur nous livre de magnifique scènes forestières, majestueuses, fourmillant de détails végétaux et animaux - les insectes occupant le devant de la scène.

Passionné d'animation, il orchestre les nombreuses scènes d'action, de poursuite, de combat, avec un magistral sens du rythme et de la dynamique : peu de temps morts aux côtés de Nausicaä !

 

Vous l'aurez compris, même si elle peut parfois sembler graphiquement un peu inaboutie, cette série est indispensable pour qui souhaite découvrir les ferments des centres d'intérêts majeurs de MIYAZAKI.

De plus, en offrant un univers à la fois familier et surprenant, et surtout en développant une intrigue à l'échelle d'un monde entier, portée par la densité du nombre de pages, l'auteur peut donner la pleine mesure de son talent de conteur épique, en brossant ici une vaste saga digne de Dune, de Frank HERBERT, par exemple.

 

Laissez-vous porter par le vent de la Vallée, et accompagnez Nausicaä dans sa quête de connaissance et de paix. Vous ne serez pas déçus du voyage.

 

Champimages qui flottent, qui glissent, qui soufflent...

 

Nausicaa T1 - Extrait

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 17:46

Jenny HOLZER - Projections

 

Découvrez le site internet de Jenny HOLZER, tout en poèmes urbains aux quatre coins du monde...

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:32

Typographie

 

Découvrez le reste en cliquant sur l'image  (je vous laisse le plaisir de trouver où Dark Typor et ses amis se cachent sur le site).

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:26

Smell of booksMarre des e-books froids, impersonnels, grésillants, et surtout terriblement inodores ?

 

Qu'à cela ne tienne,  Smell of books a pensé à vous, et vous propose une large gamme de fragrance pour vous réconcilier avec le monde du plastique-verre-métal souvent désespérement insipide.

 

Quelques vaporisations - avec précaution -, un peu d'imagination, et le tour est joué !

 

Mais pourquoi personne n'y avait pensé avant...

 

De quoi réconcilier les rats de bibliothèque avec les nouvelles technologies.

 

Champi snif snif

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 18:57
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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 09:26

Le vagabond de Tokyo T1 - Couverture"Printemps 1978. A cette époque, moi, auteur de Dokudami, je vivais tant bien que mal en proposant une ou deux histoires par mois à diverses maisons d'édition.

_ Il faudrait vraiment que je signe pour un feuilleton... Le genre de mangas qui cartonnerait aujourd'hui ça serait un manga d'action violent et qui décoiffe ! Ou bien un méga récit de science-fiction ! Mais j'ai la flemme de dessiner des voitures et des armes... Et les vaisseaux spaciaux n'en parlons pas !"

 

Ruminant ces pensées quant à son avenir,  Takashi FUKUTANI erre dans un petit quartier résidentiel, à la recherche de l'inspiration et de la gloire. Et il trouve sur sa route la "Résidence Dokudami", vieille bâtisse délabrée qu'il pense abandonnée mais dans laquelle il rencontre un étrange habitant : Yoshio Hori, jeune brun moustachu - oui, oui, vous l'avez reconnu, l'homme que l'on voit sur la couverture ! - à qui il montre ses travaux. Jugeant ces planches invendables, il propose au mangaka de faire un manga sur lui !

 

"Ouais ! Les émotions et les rires doux-amers d'un célibataire en ville ! Chronique singulière et agitée d'une jeunesse bouleversante, entre plaisir et mélancolie ! (...) Des mecs comme moi, y en a des tas ! Ils se sentiront sûrement concernés !"

 

Et voilà l'auteur, face à sa créature - à moins que cette rencontre n'ait réellement eu lieu ? - traçant les grandes lignes de ce qui allait devenir Le vagabond de Tokyo : une série de tranches de vie peu reluisantes, mettant en scène un aspirant dessinateur de manga peut motivé et très, très fainéant.

 

Yoshio - car c'est bien de lui dont il s'agit - vit dans une pièce minuscule et insalubre, dans la fameuse "Résidence Dokudami". Passant le plus clair de son temps à dormir et à glander, il doit faire face à ses maigres obligations - payer son loyer, se nourrir - avec les rares yens qu'il arrive à récolter en travaillant sur des chantiers, ou, bien plus rarement, en vendant quelques planches.

A destin misérable, rencontres peu reluisantes : entre ses voisins - car ils sont nombreux à ne pouvoir se payer autre chose que les quelques tatamis* miteux que proposent la Résidence, ses collègues de passage - le travail journalier semble être la norme pour bon nombre de Japonais - ou les rencontres fortuites, Yoshio semble ne fréquenter que des paumés, des magouilleurs, des marginaux, des fous, ou des personnes en souffrance.

 

Loin de la violence intemporelle (Naruto, DragonBall) ou actuelle (Ichi the Killer), loin des grandes sagas à l'eau de rose (Candy) ou de science-fiction (XXth century boys), loin des chroniques de la vie lycéenne (GTO), Le vagabond de Tokyo plonge ses lecteurs dans le Japon de l'ombre, celui dont on ne parle jamais, que l'on imagine à peine, mais qui est sans doute celui d'une majorité de Japonais : chômage, détresse affective, maladies, troubles psychologiques, marginalité... Ils sont nombreux les laissés pour compte d'un système qui, obnubilé par la réussite, la répétition mécanique, la norme, préfère cacher ses déviances et ses originalités plutôt que les assumer.

Takashi FUKUTANI, qui a, comme son personnage, traversé une vie marquée par la solitude, le chômage, le rejet, les excès - il est mort à l'âge de 48 ans, en l'an 2000, d'un oedème pulmonaire implacable pour un corps et un esprit aussi affaiblis que les siens par des années d'alcoolisme et de dépression - était sans doute un des auteurs les mieux placés pour parler de ce Japon dont on ne parle jamais, celui des petits boulots sous-payés, des arnaques, de la prostitution et du proxénétisme, de l'homosexualité persécutée, des sectes... Car, en situation de faiblesse, on est facilement la cible de tous les vautours qui gravitent autour de la misère pour l'exploiter encore un peu plus, et la saigner une ultime fois.

Collectionneurs fous, fugueuses, travestis, gourous, escrocs : interminable galerie de portraits tous plus réalistes les uns que les autres.

Un réalisme tel que l'on finit par se demander si FUKUTANI a simplement inventé ces histoires et ses personnages... "Une chanson douce" commence par ces mots : "Cette histoire s'appuie sur des faits réels, mais les noms des protagonistes ont été modifiés. J'me la pète, hein ?"

Même s'il explique plus loin que cette histoire est arrivée à quelqu'un qu'il connaît, on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agissait peut-être de lui-même, et que, par extension, bon nombre des histoires qu'il raconte lui sont plus ou moins arrivées.

Le fait qu'il se mette parfois en scène, et surtout que son personnage aspire lui aussi à devenir mangaka sont des indices plus que probants.

 

Graphiquement, on pourrait presque taxer FUKUTANI d'académisme : décors très réalistes et détaillés, personnages bien campés pouvant passer d'un style ultra-réaliste à un style très caricatural, en fonction des situation.

Toutefois, le réalisme presque photographique des arrière-plans souligne les approximations de certains visages et de certaines postures, comme si l'anatomie n'était pas toujours parfaitement maîtrisée. Un plus pour ces histoires mettant en scène des personnages hors-norme.

La plupart du temps, le dessin se fait semi-réaliste pour réaliser les visages, et ainsi mettre en valeur, par de légères exagérations, les expressions des personnages.

Si l'auteur ne se prive d'aucune scène crue - le sexe, ou en tout cas les fantasmes sexuels, faisant partie des principales préoccupation de Yoshio - n'hésitant pas à mettre en scène des personnages nus, des relations sexuelles, des vibromasseurs, il use toutefois presque toujours d'une "censure graphique" - les parties les plus intimes des personnages disparaissant sous les coups d'une gomme - qui permet de ne pas choquer les lecteurs avertis mais toute de même sensibles. Le tout serait de savoir s'il s'agit d'auto-censure volontaire, d'une demande de son éditeur japonais, ou d'une des conséquences de sa traduction en France. A voir.

 

En ne se soumettant à aucune limite scénaristique ou graphique, FUKUTANI aurait pu réaliser une oeuvre malsaine. Pourtant, grâce à l'humour qui parsème les pages - et qui rend plus supportables les moments les plus difficiles - et surtout grâce à son héros sympathique et attachant malgré tout - malgré ses nombreux défauts, ses obsessions, son impuissance face au monde - l'auteur a réussi une oeuvre poignante, atypique, et profondément intéressante, qui nous éclaire sur la vie de bon nombre de Japonais, et peut-être sur celle des jeunes dessinateurs voulant se plonger dans la réalisation de manga.

Faire le parallèle entre la vie de Yoshio et celle du héros de Une vie dans les marges, de Yoshihiro TATSUMI, permet de suivre de près, et avec un certain recul, l'évolution de la société japonaise durant les cinquante dernières années.

 

Salutaire pour sortir des clichés que les médias entretiennent sur le "Pays du Soleil Levant", et pour trouver, derrière la froide fascination que le pays exerce toujours sur les Occidentaux, une touchante humanité.

 

Champimages en marges

 

(Remercions ici au passage les éditions du Lézard Noir qui, avec IMHO, réalisent depuis plusieurs années un extraodinaire travail de mise en valeur des auteurs de manga les plus atypiques).

 

* Au Japon, la surface des pièces se mesure en tatamis. Je ne dis pas ça pour faire mon malin, je l'ai appris en lisant ce manga. Qui a dit que la BD rendait inculte ?

 

Le vagabond de Tokyo T1 - Extrait 2

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 16:12

The Goon - T8 - Couverture Alors que le couverture du dernier tome paru en français de The Goon se teinterait presque de couleurs lumineuses - cachez ce jaune soleil que je ne saurais voir ! - le contenu en est résolument plus sombre.

Peut-être parce que le Goon, et Frankie, son éternel bras droit - un bras bien habile à distribuer les coups - partagent l'affiche avec des êtres encore plus sombres et tourmentés qu'eux (si, si, c'est possible ! ) : d'une part, Busard, avec lequel ils ont déjà eu maille à partir, mais qui aujourd'hui marche - et frappe - à leurs côtés, et de l'autre Labrazio, l'ennemi juré du Goon, revenu d'entre les morts (ce n'est certes pas le premier, mais il n'est pas des moindres).

Busard, oiseau de mauvais augure, comme toujours, vient porter au Goon des nouvelles de l'enfer - ou en tout cas du sous-sol de la forêt voisine, ce qui peut revenir au même dans le trou perdu où tout ce petit monde évolue, et surtout stagne - qui, évidemment, ne peuvent être bonnes.

Quant à Labrazio, fort d'une équipe toujours plus large, mauvaise, maudite, efficace, alliant puissance physique, cruauté et magie, il considère qu'il est grand temps de se montrer au grand jour - ou en tout cas à la glauque lumière qui en tient lieu.

 

Le village est maudit.

Le Goon est maudit.

Et la belle blonde qui est de retour par ici n'est pas la bienvenue.

 

Heureusement restent les enfants, amis du Goon de la première heure, toujours prompts à rires - de leurs belles dents avariées - et à mettre des pétards dans (presque) tous les orifices de l'horrible créature qu'ils ont attrapée dans une fosse de drainage. Il y en a qui savent s'amuser !!

 

Mais le rire ne dure pas. Pas plus que le bonheur. "Le bonheur, c'est pour les lavettes" confie Frankie, yeux fatigués, à son pote de toujours qui hésite à quitter cet endroit maudit.

Donc, si le bonheur lui-même n'est plus, ne reste que ... la guerre...

 

Noir, c'est noir.

Bien sûr,  Eric POWELL sait parsemer ses histoires courtes de dialogues croustillants et de situations drôles qui permettent de ne pas sombrer dans la dépression qui avale tout sur son passage, page après page.

 

"Mais Bill, ça se fait pas ! Tu n'peux pas tremper un chat de gouttière dans un seau de chocolat et l'becter !"

 

Bien sûr, ça castagne toujours autant, à l'aide de tous les objets qui peuvent croiser la route du Goon : hachoir, tuyau métallique, parpaing...

 

Mais le plaisir laisse souvent place à la tristesse, la noirceur, l'irrémédiable...

 

Et c'est pas l'histoire de Busard qui occupe la deuxième moitié du tome qui permet de vraiment retrouver sourire et entrain : personnage tourmenté s'il en est, Busard s'enfonce dans les entrailles d'un château maudit où la mort a élu domicile...

 

Si les histoires d'Eric POWELL se font plus grave, elles n'ont rien perdu de leur vigueur graphique : action à tous les étages, visages déformés, expressifs, succulents, et toujours une belle galerie de portraits. Espérons que l'humour sera de retour dans le tome suivant, car POWELL sait être très très sombre quand il le veut.

 

Pour patienter, et profiter d'une belle "morve vivante" comme on les aime, allez faire un petit tour sur le site du film qui est en préparation, notamment pour y voir ce petit extrait qui nous plonge parfaitement dans l'ambiance.

 

Vivement !

 

Champimages qui bougent encore.

 

The Goon - T8 - Extrait 1

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