Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 09:33

28 juil 11 - Ardèche 8

Repost 0
8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 18:06

Dr Slump T1 - CouvertureL'été de la jeunesse continue de battre son plein sur K-BD.

Après  Garance, qui ouvre la danse (yeh, ça rime !), et en attendant  Toto l'ornithorynque (je vous laisse trouver la rime vous-mêmes), qui est venu patauger par ici il a peu, voici un des nouveaux titres choisis pour l'occasion : Dr Slump himself !

 

Comme quoi, le thème "jeunesse" couvre un large, très large éventail, et connaissant l'éternelle jeunesse de certains d'entres nous - qui a parlé d'immaturité ? - on pourrait l'élagir encore davantage...

 

Etrange impression que celle de lire un livre presque intégralement avec un petit air en tête, entêtant (sic), dont on ne peut se défaire.

Un air qui nous rappelle - et, avec un peu de recul, c'est plutôt effrayant !! - combien notre enfance fut bercée par les anime fraîchement importés, souvent massacrés, et largement diffusés sur nos ondes publiques ou sur "La Cinq", qui savait mieux que personne nous faire perdre passer nos mercredis après-midi en enchaînant adaptations de shôjo et de shônen pour le plus grand plaisir de nos petits yeux ébahis devant d'aussi belles et mouvementées - encore que - images...

 

Tout ça pour dire - comme quoi je sais faire simple, aussi !! - que de la première à la dernière page, j'ai eu en tête le fameux air " sacré professeur Slump, tu es un farceur...", preuve que les airs les plus stupides lointains ont la vie dure ! Au temps pour tous ces poèmes de notre grand répertoire classique que je n'ai jamais pu mémoriser.

Argh.

 

Bref.

Nous voilà donc dans le laboratoire du Doctor Senbei Norimaki, savant génial mais première source de moquerie de son quartier - parce quil a une tête clownesque, parce qu'il est très porté sur les jolies filles peu vêtues, parce qu'il a d'étranges manières, parce que c'est, en somme, un gentil raté... - qui met au point, en moins de deux pages, Aralé, robot aux allures de petite fille qui va fortement perturber son quotidien.

Espiègle, curieuses, débordant de vie et d'énergie, dotée d'une indispensable paire de lunette et d'une force herculéenne, Aralé va également perturber la vie de TOUS les habitants du village Pingouin : forces de l'ordre - qui fuient avec frénésie cette petite boule d'énergie cinétique qui met régulièrement, et bien malgré elle, en pièces leurs beaux véhicules - collégiens, vendeurs, animaux, voleurs...

Chaque confrontation d'Aralé avec ce vaste monde - et au-delà !! - est source de quiproquos - car le Dr ne veut pas que l'on sache qu'elle est un robot - et de gags souvent très très absurdes. L'humour japonais sous un jour qu'on lui connaît peu - même si bon nombre de manga, même les plus sérieux, cachent au coin d'une case un gag souvent en parfait décalage avec le reste.

 

La vie d'Aralé est également bien remplie par les créatures hautement improbables qui peuplent son univers - cochon annonçant au micro le lever du soleil, enfant-kappa pêchant dans la rivière locale, chorale d'animaux produisant le bruit de la cloche de l'école... - et par les folles inventions que son génial créateur, tel un Doraemon (un autre personnage dont je vous parlerai bientôt) des temps modernes, fait jaillir de ses doigts boudinés mais habiles au fil des épisodes.

 

 Akira TORIYAMA, mondialement connu père de Dragon Ball - et de tous ses avatars - a créé Dr Slump en 1980, et a connu le succès grâce à lui.

Avec un graphisme très épuré donnant souvent dans la caricature et la déformation (le fameux SD, super deformed !!) il prend un plaisir jubilatoire à mettre en scène un monde grouillant, tout en restant d'une parfaite lisibilité !

Les cases regorgent de détails tout en restant très aérées, et sans que la narration n'en pâtisse jamais.

 

Reste que la narration elle aussi a une fâcheuse tendance à partir dans toutes les directions, tant elle semble presque uniquement sous-tendue par la recherche du bon mot et du délire graphique, tous placés sous l'égide de l'absurdité la plus totale !

La plupart des histoires courtes regroupées dans ce première tome sont d'ailleurs sans aucun doute nées d'un jeu de mot plutôt foireux - et que les notes de bas de page permettent à nous, pauvres lecteurs non-nippophones, de comprendre - que l'auteur a voulu utiliser comme ressort humoristique - grâce aux nombreux sens qu'un même son ou mot peut revêtir dans la langue de MISHIMA - en l'agrémentant d'une vague tentative de cohérence narrative et d'élaboration d'un univers autour...

Et ça marche !!

 

Du haut de leurs trente ans, ces histoires courtes font encore rire.

Peut-être parce que TORIYAMA les a réalisées avec dynamisme et sincérité.

Peut-être surtout parce que, bien souvent, les gags sont très "pipi-caca", comme on dit, avec une once d'allusions sexuelles qui viennent couronner le tout. Rien que de très universel !

Non, Dr Slump n'est pas une bande dessinée politiquement correcte, car une petite fille - fusse-t-elle un robot - qui se promène avec une crotte à la main, ou un savant mettant au point des "lunettes à vision supra-organique" pour voir sous les vêtements et sous-vêtements des femmes, enfin, ma bonne dame, ça ne se fait pas.

Et pourtant, qu'est-ce que c'est drôle !!

Vous avez dit vulgaire ?

Voilà de quoi ouvrir un vaste débat sur la vulgarité aujourd'hui, débat dans lequel télévision et magazines "people" seraient forcément convoqués.

 

Mais je m'égare.

En tout cas, même si Dr Slump n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains, il constitue une parfaite entrée dans le monde de l'humour simple, sans cynisme ni méchanceté, avec une suffisante touche d'absurde pour que le monde paraisse un peu plus supportable.

Non mais.

 

Loin des sagas fleuves mettant en scène des pouvoirs cosmiques et des adversaires toujours plus grands/beaux/forts, Dr Slump est tout simplement une jubilatoire succession de gags, riches en trouvailles graphiques, en jeux de mots, en concentré d'humour sous toutes ses formes.

En mettant son imagination débordante et son immense talent au service du dessin comme du scénario, Akira TORIYAMA a su, en quatre ans, créer une galerie de personnages cohérente malgré tout, et faire de l'absurde un moteur narratif efficace même sur le long terme.

 

Personnages attachants, humour intemporel, parfaite maîtrise graphique : les mangaka ont encore bien du plaisir à nous apporter...

 

Champi'cha

 

Dr Slump T1 - Extrait

Repost 0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 20:55

Stephane THIDET- Sans-titre - Bibliothèque de pierre

 

 

Stéphane THIDET, Sans titre.

Repost 0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 20:49

Underwatersculpture

 

Quelque part au fond de la mer des Antilles, Jason de CAIRES TAYLOR a imaginé un étrange musée sous-marin, jardin de sculpure entre deux eaux où la nature, grâce aux poissons, sel et coraux, reprend peu à peu ses droits, animant ces fantômes pétrifiés d'une vie inattendue et nouvelle.

 

A visiter depuis votre bureau, en attendant d'y plonger un jour.

Repost 0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:21

Ta mère la pute - CouvertureTa mère la pute.

Comme ça, de plein fouet, en couverture.

Sur cette vaste butte qui bouffe tout l'espace, tout l'horizon, qui empêche de voir plus loin que le terrain vague et les barres.

 

TMLP.

Insulte suprême dans ce petit monde clos, "1100 logements divisés en 4 cités distinctes, chacune avec des noms de poètes qu'on lira jamais", où, chaque fin de mois, certains silhouettes féminines se pressent vers un arrêt de bus. Là, victimes de la misère, du chômage ou d'un mari envolé, elles cherchent à joindre les deux bouts malgré tout, dans ce coin de nuit que tout le monde déserte pour ne pas croiser un regard connu.

 

Même les mômes évitent. Ils ont trop peur, trop compris.

Des mômes des années 80, paumés, en bande.

"Nous à la base, on n'est pas des méchants ni des dangereux... Tout juste des branleurs des fumistes disaient nos profs, mais pas des mômes méchants."

Ils traînent, jouent au foot encore et encore, se lancent des défis à la con, fuient les ados qui aiment les maltraiter et le sadique barbu qui rôde dans les bois voisins.

 

Ils traînent, se cherchent, et se réconcilient toujours, pour faire face à ceux d'une autre cité, ou autour de la musique.

De la cassette.

"On fonctionnait et avançait avec des compromis on se démerdait en fait. Puis un jour tout a basculé... A cause de Barry White."

Une dispute, un mot de trop. Il en faut rarement plus.

 

Avec TMLP,  Gilles ROCHIER nous plonge dans l'univers de son enfance, ni très rose ni très joyeux, mais dans lequel lui et ses potes réussissaient à être heureux malgré tout.

A travers quelques allers-retours entre hier et aujourd'hui, il soupèse le poids de ce passé qui colle aux basques, et celui des changements qui ont transformé visage et recoins sombres des cités.

Avec son trait tremblé et son dessin souvent caricatural, il anime une galerie de portraits riche, inquiétante, attachante, résolument humaine et vivante.

Les gros plans offrent des visages déformés par une certaine colère rentrée, une violence latente, et une vie difficile.

Les plans s'ensemble se heurtent encore et encore aux tours, aux murs, parfois à un salutaire mais inquiétant océan de verdure.

Et les phrase qui s'enchaînent à un rythme atypique, dans les bulles ou les récitatifs, donnent un drôle d'accent, une étrange mélodie à ce conte dramatique de l'enfance.

Les lavis beiges et gris, couleur terrains vagues ou murs malades, prolongent cette ambiance un peu bancale, un peu brouillon, à la fois hors du temps et terriblement contemporaine.

 

La boucle se boucle avec une fête "vingt ans après".

Profil bas.

Rencontre inattendue, le temps ne fait qu'un tour.

"Je me retrouve là, j'ai 14 ans. Et j'ai froid."

 

Sa mère la nostalgie...

 

Champi entre beige et gris.

 

Ta mère la pute - Extrait

Repost 0
1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 18:15

Oscar Wilde et le jeu de la mortAmis de Bruce LEE et/ou de Kill Bill, passez votre chemin : le "jeu de la mort" dont il s'agit ici ne s'accommode pas d'un survêtement jaune et noir passé à la postérité suite à une disparition mystérieuse et à un retour sanglant.

 

Amis d'Oscar WILDE, des romans policiers, des bons mots, et du premier tome des aventures de notre auteur-enquêteur (mais si, souvenez-vous,  Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles !), vous êtes par contre bel et bien au bon endroit.

 

Voici en effet le deuxième opus des aventures du dandy perspicace, toujours flanqué de son comparse et admirateur Robert Sherard.

Ses pas nous conduisent dans le Londres embrumé de 1892. Sa pièce L'Eventail de Lady Windermere est un succès depuis quelques mois déjà, mais ne lui attire pas que des amis.

Pourtant, prompt à jouer aux jeux les plus risqués, Oscar Wilde ne craint pas d'inviter à sa table, au sein du très distingué Club Socrate qu'il a mis sur pied, les plus jaloux.

Le voilà donc, un beau soir de mai, entouré de treize convives - portant à quatorze le nombre de participants, la supersitition est sauve ! - proposer de jouer à l'inattendu et déroutant "jeu de la mort" : chaque participant note, sur un bout de papier, le nom d'une personne qu'il aimerait voir morte.

Tous les papiers sont regroupés dans un chapeau, puis tirés l'un après l'autre. Le jeu consiste alors à essayer de deviner qui a désigné chacune des cilbles...

Mais, bien vite, le jeu se fait macabre, certains noms apparaissant avec une inquiétante répétition...

 

Comme lors de sa précédente mise en scène du plus lettré des enquêteurs, Gyles BRANDRETH offre à ses lecteurs une véritable énigme qu'Agatha CHRISTIE ou Arthur CONAN DOYLE n'auraient pas désavouée. D'ailleurs, le père de Sherlock Holmes est de nouveau de la partie, rappelant, par moment, les étranges similitudes entre sa créature de papier et l'illustre Oscar.

De plus, en spécialiste éclairé et volubile de WILDE, BRANDRETH sait nous faire partager, à travers descriptions, situations et bons mots, son admiration pour l'écrivain. Difficile de rester insensible au charme de son à-propos, de ses tirades, de son élégance et de ses goûts vestimentaires ou gastronomiques.

 

Bien sûr, une bonne partie de l'action se déroule "entre hommes", dans des clubs distingués où l'on reste entre soi, mais les femmes, notamment Constance WILDE, y jouent tout de même un rôle - même si elles sont avant tout les "épouses de...". Constance est d'ailleurs l'objet de nombreuses, trop nombreuses peut-être, attentions...

Bosie, Bram Stoker, sont également de la partie, sans oublier Shakespeare, qui apparaît régulièrement au détour d'une phrase.

 

Humour, érudition, énigme : tous les ingrédients sont réunis pour faire de Oscar Wilde et le jeu de la mort une réussite complète, qui réjouira les amateurs de casse-tête autant que de bons mots.

Bien que l'action se déroule parfois en dehors de la capitale, Londres est le principal décor de cette nouvelle aventure du détective en flanelle, et joue inconstestablement l'un des premiers rôles. Le petit plan proposé en ouverture est d'ailleurs le bienvenu pour suivre au plus près les déplacements des deux héros.

 

Laissons pour terminer la parole au roman - et à ses protagonistes.

 

"L'esprit de sérieux est le péché originel du monde. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l'histoire aurait été bien différente... et tellement plus plaisante."

O. WILDE

 

"Considère un nom illustre comme le joyau le plus précieux que tu puisses posséder, car l'estime est comme le feu : une fois que tu l'as obtenue, tu peux facilement la conserver, mais si tu la laisses s'éteindre, il te sera difficile de la retrouver. La méthode pour avoir bonne réputation est d'oser être tel que tu souhaites que l'on te voie."

SOCRATE

 

"J'ai passé deux appels ce matin, Robert. Tout deux longue distance, ce qui explique pourquoi je suis un peu enroué."

O.WILDE

 

Champi au pays du dandy

Repost 0
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 14:26

26 juil 11 - Châteauvallon

Repost 0
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 13:43

Toto l'ornithorynque T1 - CouvertureAprès un mois de juillet consacré à "la mort",  K-BD a décidé de placer le mois d'août sous une influence un peu plus primesautière : la jeunesse. Ou plus exactement la BD jeunesse.

Vaste champ, que notre petite équipe de chroniqueurs a d'ailleurs eu bien du mal à défricher : à quel âge s'arrête la jeunesse ? (éditorialement parlant). Où se situe la frontière entre album jeunesse et bande dessinée ?

 

Parmi les quelques titres que nous avons finalement retenus - et que vous aurez le plaisir de découvrir au fil du mois à venir - se trouve le désormais célèbre et forcément incontournable Toto l'ornithorynque, de  YOANN et Eric OMOND.

 

Un beau matin, dans un petit coin isolé et tranquille de la forêt australienne, Toto découvre que la rivière qui coulait sous les fenêtres de sa jolie tanière a disparu, ne laissant derrière elle qu'un lit boueux dans lequel seuls de rares vers et crevettes - délicieux constituants des repas de notre héros - demeurent encore.

Ni une ni deux, il part réveiller son ami Wawa, le koala, et les voilà partis en quête du responsable de cette catastrophe aquatique.

 

Mais la route est longue jusqu'à la source du problème, et semée de mystères, d'embûches et de rencontres.

Heureusement que le vieux wombat, résident permanent du pied du grand arbre magique, confie aux deux amis trois brins d'écorces à même de les aider.

Heureusement aussi que la forêt abrite d'autres animaux courageux bien décidés à prêter main-forte à Toto et Wawa et à la accompagner jusqu'au bout : Chichi, Riri, ou même Fafa - à vous d'imaginer de quels animaux il peut bien s'agir !

Ils ne seront pas de trop pour mener l'enquête et essayer de sauver la rivière...

 

Une histoire toute simple, toute fraiche, et très exotique : voilà ce qu'Eric OMOND livra en 1997 à son comparse. En choisissant l'Australie pour toile de fond, le scénariste savait pouvoir compter sur la fascination pour l'inconnu, sur un large et énigmatique bestiaire, et sur une culture graphiquement magique. Avec ce premier tome très dynamique, il met en scène une road story relevant à la fois de la quête initiatique et de la constitution d'un groupe - six autres tomes reprenant ces personnages complétant les aventures de Toto.

 

Aux pinceaux, YOANN, grand amateur de couleur directe, s'en donne à coeur joie : avec un style arrondi et légèrement épuré, il brosse une forêt, une rivière, une végétation, des cieux, avec chaleur et générosité. La galerie de personnages qui y évolue est peinte avec douceur, tendresse et humour. La manière dont il campe son héros, à la silhouette si reconnaissable, est une belle réussite.

Puisant avec bonheur dans le catalogue de l'extraordinaire faune australienne, il sait aussi se plonger, le temps d'une scène, dans les mystères de la peinture aborigène, faisant alors la part belle aux ocres et aux géométries blanches.

 

En somme, une histoire touchante, drôle, attirante par l'étrangeté de ses décors et de ses protagonistes, et où la magie - par ces trois brins d'écorces ouvrant sur le passé, le présent et le futur - est aussi un moyen de se questionner sur la vie.

 

De la bande dessinée jeunesse élégante et intelligente : que demander de plus ?

 

Champimages du bout du monde.

 

Retrouvez la synthèsde de K-BD ici !

 

Toto l'ornithorynque T1 - Extrait

Repost 0
24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 13:02

De lignes en ligne

 

Entre deux stations, en quelques secondes ou quelques minutes, des dessinateurs se penchent chaque jour sur leurs contemporains.

Endormis, avachis, concentrés, ailleurs, plongés dans un livre, un souvenir, un paysage, une conversation, une rencontre, ils sont des millions à peupler les entrailles de la capitale...

Et ils sont quelques dizaines, sur des trajets quotidiens ou exceptionnels, à les croquer : en noir et blanc, en couleurs, au crayon, au stylo, au feutre, à la plume...

 

Autant de techniques différentes pour autant de lignes, de visages, de voyages.

 

Nicolas BARBERON, croqueur souterrain, a décidé de collecter et de mettre en ligne certaines de ces oeuvres d'un instant.

Ligne par ligne - les 14 du métro, les 5 du RER -  delignesenligne nous invite à un voyage au coeur de ces odyssées de chaque jour que vivent les explorateurs des transports en commun.

 

Les styles sont variés, la qualité inégale, mais le tout, compilé, livre le portrait infini d'une vie et d'une ville qui n'en finissent pas de vibrer, de voyager, ne trouvant parfois le répit ou le repos que le temps d'un bout de siège, entre deux quais, entre deux rames.

 

Une métroscopie attentive et sensible.

 

Un kaléidoscope attachant.

 

Champimages en mouvement.

Repost 0
22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 16:47

Le roi Léo T1 - CouvertureJe vous ai déjà à plusieurs reprises parlé par ici d'Osamu TEZUKA, dieu du manga et des mangaka, grand rénovateur et révolutionneur du genre à partir des années 40.

 

Les éditions Kaze ont décidé de rééditer l'an dernier l'une des oeuvres phares du maître : Janguru Taitei, le roi Léo.

 

Dans la jungle africaine, Pandja, le grand lion blanc, fait régner la terreur parmi les tribus et les chasseurs occidentaux : farouche défenseur de la nature et de tous les animaux qui la peuplent, il lutte sans merci contre ces hommes qui n'ont de cesse de capturer ou chasser ses congénères.

Rapide, malin, il n'est mis à bas que par la traîtrise et la ruse de certains de ses adversaires.

Sa femelle, encagée, est envoyée à Londres. Mais elle porte en son sein le futur Léo, qui a hérité du courage et de l'intelligence de son père, et que le destin ramènera sur la terre de ses ancêtres...

Ajoutez à cela une expédition partant à la recherche de pierres rares et précieuses, et un rival qui ne voit pas d'un bon oeil le retour du fils blanc en terre africaine, et le tableau est complet : la grande aventure peut commencer.

 

A partir de cette histoire d'héritage et de vengeance, Osamu TEZUKA, fidèle à lui-même, a développé un récit de longue haleine, porteur de profondes valeurs humanistes et naturalistes. Bien sûr, le discours est parfois un peu manichéen - les gentils animaux contre les méchants humains, les gentils scientifiques contre les méchants chasseurs - mais TEZUKA sait aussi se moquer de tous ses personnages, y compris de son héros, qui sait se montrer tour à tour trop prétentieux ou trop peureux - mais il faut bien reconnaître qu'il est encore bien jeune.

 

60 ans après, l'oeuvre est restée fidèle au génie et aux travers de son auteur, ce qui peut ne pas être du goût de tous.

Le dessin, très dynamique, est souvent caricatural, permettant de tracer en quelques traits les caractères des principaux protagonistes : les méchants ont des têtes de méchants - qui semblent tout droit sortis de dessins animés de Tex Avery ! - et les gentils des têtes ... de gentils (même s'ils peuvent avoir mauvais caractère !).

L'histoire avance par petits bonds incessants, péripéties sans fin - on sent le rythme feuilletonnesque derrière chaque page - qui peuvent lasser le lecteur actuel.

Le scénario alterne moments de grande intensité dramatique et pauses humoristiques parfois incongrues : scène cocasse au milieu d'un incendie, dialogue surprenant alors que tout semble perdu ("Hé ! Hé ! Il est trognon ! Et tout blanc avec ça ! _ Faut bien, c'est un manga en noir et blanc ! On pouvait pas lui mettre de couleur de toute façon !").

En véritable amoureux de la nature - n'oublions pas qu'il a une formation universitaire scientifique - TEZUKA sait décrire parfois avec minutie la faune et la flore de cette Afrique sauvage.

 

A ceux qui pourraient s'inquiéter de la manière caricaturale dont le mangaka représente et fait parler les Africains, la préface rappelle que "le contexte social a beaucoup évolué depuis l'époque où ce manga a été réalisé, et certaines expressions, qui était parfaitement acceptables à l'époque, peuvent sembler étranges de nos jours."

Une manière de désamorcer toute éventuelle polémique "à la Tintin au Congo".

 

Il semblerait que cette réédition ait pour but d'enrichir la collection "KIDS" que Kazé a créée pour sensibiliser les plus jeunes aux manga, et aux manga patrimoniaux.

Soit.

En effet, le format est plus grand, et les onomatopées ont été revues à plus grande échelle que dans la première traduction.

Mais pourquoi avoir conservé le parti-pris d'une transposition du sens de lecture ? Car non seulement tous les personnages deviennent gauchers - c'est ce qui arrive quand on imprime les pages "en miroir" ! - mais surtout cela semble supposer qu'un enfant ne serait pas capable de passer d'un sens de lecture occidental à un sens de lecture oriental... Alors qu'il semblerait plutôt que ce soient les adultes, sclérosés par des années de pratique de la lecture de la gauche vers la droite, qui aient le plus de difficultés à prendre le contre-pied de leurs habitudes !

Le choix du Roi Léo pour une telle collectiion n'est, de plus, pas forcément le plus pertinent, car l'histoire se montre parfois violente, et met en scène des personnalités et des enjeux complexes. Un Doraemon aurait été peut-être plus adapté !

 

Par ailleurs, il est intéressant de voir ce Roi Léo comme un rappel de l'antériorité de l'oeuvre de TEZUKA sur l'adaptation non réconnue comme telle qu'en firent les studios Disney en 1994. Rendons à César...

 

Au final, malgré certains de ses travers narratifs et graphiques, le Roi Léo reste une bande dessinée encore très moderne, preuve du génie avant-gardiste dont son auteur sut faire preuve. Un véritable vent épique souffle sur cette histoire riche, dense, dynamique, mouvementée, ponctuée de salutaires touches d'humour, qui met au premier plan la complexité de la vie, des personnages, de leurs motivations et de leurs actes. Agissant parfois de manière très humaine, le jeune Léo pourrait bien constituer un équilibre entre nature et humanité auquel TEZUKA était peut-être très attaché.

 

Un héros attachant, donc.

 

Champimages du patrimoine

 

Le roi Léo T1 - Extrait

Repost 0