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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 08:08

La fièvre d'Urbicande - CouvertureSeptembre en K-BD étant placé sous le signe des Fauves d'Or d'Angoulême, après Maus - primé en 1988 - voici l'une des oeuvres-phares de la série des Cités Obscures : La fièvre d'Urbicande, de François SCHUITEN et Benoît PEETERS, primée en 1985.

 

Urbicande, la ville parfaite, la ville des villes, même, si l'on en croit son nom.

Bâtie de part et d'autre d'un large fleuve, repensée, redessinée, glorifiée par le talent de l'urbatecte Eugen Robick, dans un souci de majesté et d'harmonie, Urbicande n'attend plus qu'une chose : la construction du troisième pont, le plus oriental, qui permettra d'élégamment souligner la symétrie de la ville en reliant une nouvelle fois la ville mériodionale - riche, ordonnée, ensoleillée - à la ville septentrionale - sombre, encore chaotique, terrain potentiel de nouvelles expérimentations urbatecturales pour Robick.

Mais ce projet de troisième pont, autrefois contresigné par le Grand Rapporteur  et les Commissaires - représentants du pouvoir fort, organisé, inamovible qui dirige la ville d'une poigne d'acier - est aujourd'hui remis en cause. En effet, les tensions entre les deux moitiés de la ville sont de plus en plus fortes, les gens du Nord tentent de plus en plus de gagner les quartiers du Sud, et une surveillance accrue est nécessaire. Un troisième pont serait donc un point d'entrée supplémentaire, et une nouvelle source de risques.

 

Robick est furieux : son grand oeuvre est bancal, inachevé, imparfait. Symétrie, harmonie n'y ont plus leur place. "L'harmonie qui naguère s'établissait avec les deux ponts est aujourd'hui rompue. Un quartier complet paraît basculer dans le vide, faisant ressembler Urbicande à un grand oiseau blessé qui voudrait ne voler que d'une aile."

Sa fureur est telle qu'il n'accorde que peu d'importance à un étrange cube que des ouvriers viennent de lui remettre. Découvert dans un chantier, cet étrange objet, uniquement constitué d'arêtes métalliques étonnamment légères, attire en revanche bien davantage l'attention de Thomas Broch, ami et assistant d'Eugen.

Et quand le cube se met à croître - chaque sommet semblant bourgeonner - Broch se montre de plus en plus intrigué, présentant le danger, tant que Robick assiste impuissant à un spectacle contre lequel il pense qu'on ne peut rien faire.

"Je ne comprends pas que toi qui as toujours été favorable aux perspectives et aux symétries puisses supporter une monstruosité comme celle-là."

 

Commence alors, par cette expansion, le développement d'un réseau infini qui, peu à peu, étend ses excroissance partout dans le bureau de l'urbatecte, puis en dehors. Traversant murs, sols, corps, les éléments du réseau connectent peu à peu des lieux et des personnes qui, jusqu'alors, ne s'étaient jamais adressé la parole.

Ainsi Eugen fait-il la connaissance de Sophie, charmante voisine faisant commerce de charmes et porteuses de grandes ambitions pour son voisin.

Ainsi, surtout, les deux rives d'Urbicande menacent-elles d'entrer en contact, au grand dam du pouvoir en place et des militaires qui le servent.

 

Comment lutter contre ce cube expansionniste ? Que faire de ce réseau toujours plus étendu ? Entre les conservateurs, les idéalistes, les opportunistes, les solitaires, la tension monte...

Une seule question obsède Rubick : comment intégrer ce réseau à l'harmonie de la cité...

 

François SCHUITEN, fils d'architecte, a toujours fait montre d'un penchant prononcé pour les bâtiments et les villes. Après avoir fait ses armes avec Claude RENARD, il a retrouvé en Benoît PEETERS, qu'il connaissait depuis l'enfance, un parfait compagnon d'exploration des mondes et des cités de l'impossible : les Cités Obscures . Leur première histoire s'était intéressée à Samaris, ville-façade labyrinthique, changeante, déroutante. Urbicande, leur deuxième étape, s'établit aux antipodes : écrasante, immobile, froide, ordonnée. Une rigueur et une rigidité aspirant à marquer l'histoire mondiale de l'architecture et l'urbatecture pour les siècles à venir.

Mettant en images les délires d'Eugen Robick, SCHUITEN peut s'en donner à coeur joie : perspectives infinies, édifices monumentaux, il revisite les architectures totalitaristes de l'Europe des années 30 en les poussant à des extrémités et des dimensions inégalées. Robick est fou, utopiste, visionnaire : de son esprit ne peut jaillir que le dysproportionné.

Avec son trait fin et son traitement des ombres à l'aide de hachures - caractéristique des travaux d'ANDREAS, un de ses compagnons d'étude, à la même époque - SCHUITEN semble également rendre hommage aux graveurs du XIX°s - artistes auxquels la série des Cités Obscures rend souvent hommage.

Au croisement des époques et des influences graphiques et architecturales, le dessinateur crée donc, à partir d'éléments qui nous sont familliers, une ville et un monde déroutants car si proches et si différents de ce que nous connaissons, et servis par un réalisme tel que nous ne pouvons qu'y croire.

 

Au scénario, Benoît PEETER, fidèle à ses travaux précédents - roman et roman-photo notamment - se saisit d'un sujet qu'il retourne sous toutes ses facettes pour en tirer le meilleur. Une ville - apparemement volontairement - coupée en deux, alors que nous sommes en 1985 (le Mur n'est pas encore tombé). Au Sud et au soleil, l'ordre et la richesse. Au Nord et à l'ombre, le chaos et la menace (intéressante inversion du clivage Nord-Sud auquel notre monde nous a habitués).

Dans ce monde voué au retranchement, à l'isolement, où un pont de plus représente une menace, croît soudain ce réseau que rien ne peut arrêter - surtout pas la farouche et paranoïaque volonté protectionniste des politiques en place. Toutes les règles en vigueur volent en éclat, toute une organisation bascule.

D'ailleurs, dans cette ville régie par la verticalité des monuments et l'horizontalité des interminables avenues, ce réseau "oblique" - car le cube originel est posé de travers sur le bureau de l'urbatecte - fait tache, et donne soudain à l'environnement un aspect résolument ... penché (comme l'Enfant penchée que les auteurs imaginent en 1996).

Etudiant l'impact de l'homme sur son environnement, et vice-versa, PEETERS pousse à l'extrême les réactions des habitants d'Urbicande, la fièvre les gagnant peu à peu et les poussant à agir de manière totalement imprévisible.

 

Métaphore à plusieurs faces, la fièvre d'Urbicande est un récit construit avec une rigueur scénaristique et graphique faisant parfaitement écho au sujet.

Maîtres dans la mise en scène d'histoires urbaines, SCHUITEN et PEETERS ont su faire de l'architecture et de la ville des personnages à part entière.

Riches de références plus ou moins explicites - c'est d'ailleurs toujours un bonheur de lire ou d'entendre les auteurs à propos de leur travail, ce qui permet ensuite de le redécouvrir sous un nouveau jour - les histoires développées dans les Cités Obscures sont intéressantes et intelligentes, et sollicitent toute notre attention - tout en régalant nos yeux par les magnifiques dessins proposés.

 

Fidèles à eux-mêmes, SCHUITEN et PEETERS ont donné à cette bande dessinée de nombreux prolongements, comme La légende du réseau, épilogue présenté dans la dernière édition, ou le site internet Urbicande, pionnière tentative d'évoquer le réseau... sur le réseau. Rien n'est anodin.

 

A lire et à relire dans tous les sens.

 

Champimages fractales

 

(La synthèse sur K-BD)

 

La fièvre d'Urbicande - Extrait 1

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 07:09

Affiche Solliès 2011

 

Comme tous les ans en cette fin d'été, voici venu le temps du  Festival de BD de Solliès-Ville.

 

Pendant trois jours, plusieurs dizaines d'auteurs viennent à la rencontre de leurs lecteurs par des séances de dédicaces, des expositions, des tables rondes, des projections...

 

Nouveauté cette année : nos amis de  Contrebandes sont sur place, et accueillent de prestigieux auteurs !

 

Au programme des tables rondes que j'aurai une nouvelle fois la chance d'animer :

 

- samedi 27 août, 11h : la création d'une collection jeunesse en littérature et en BD, avec Louis JOUANNIGOT, Eve THARLET, Antoon KRINGS, Michel PLESSIX et le Dr BENGHAZI

 

- dimanche 28 août, 11h : 12 septembre, l'Amérique d'après, avec Françoise MOULY, Art SPIEGELMAN et Joe SACCO.

 

Deux très bons moments en perspective !

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 21:14

SPIEGELMAN - Maus - T1 - CouvertureAu risque de ne pas donner dans l'originalité, je ne peux m'empêcher de commencer cette chronique par ces mots : "attention, chef-d'oeuvre".

 

Avec un peu d'avance sur la programmation de K-BD - pour une fois ! - voici une des bandes dessinées que nous avons décidé d'aborder en septembre, à partir d'une sélection pour le moins prestigieuse : les Grands Prix du Festival d'Angoulême (il fallait bien tout un tas de majuscules pour une aussi illustre galerie !).

 

Maus.

Quatre lettres qui ont changé la vie d'Art SPIEGELMAN, et la face de la bande dessinée.

Pas seulement parce que, en tant qu'unique bande dessiné à avoir jamais reçu un Prix Pulitzer (en 1992), elle a permis à un genre encore et toujours (dé)considéré comme mineur d'acquérir de publiques lettres de noblesse, mais surtout par l'influence qu'elle a pu avoir sur toute une génération d'auteurs - notamment outre-Atlantique - et par la richesse de ses presque 300 pages, qui offrent une triple plongée dans l'art et dans l'histoire.

 

L'aventure commence en 1973, à travers une histoire courte dans un style réaliste qui permet à l'auteur un premier SPIEGELMAN - Maus - T2 - Couvertureexorcisme.

Mais c'est à partir de 1980, pour la revue Raw, qu'il a confondé avec son épouse Françoise MOULY, afin d'offrir un espace éditorial à une bande dessinée indépendante en mal de visibilité, qu'il se remet au travail, et se penche sur l'histoire. Sur les histoires. Celle avec un grand H qu'on lit dans les livres et qui colle à la peau de l'humanité, celle de son père, et celle de son rapport à son père et à son art.

Entreprenant l'immense tâche de collecter tous les souvenirs que son père a conservés de la deuxième Guerre mondiale, Art SPIEGELMAN, muni de carnets et d'un magnétophone, va consacrer à ce viel homme de plus en plus fatigué un nombre d'heures incalculable, afin d'avoir la vision la plus précise et la plus complète possible de ces tragiques années passées dans une Europe déchirée par la barbarie.

Emporté par les souvenirs, Vladek entraîne avec lui son fils dans les méandres de sa mémoire et, lui livrant un récit décousu, permet à Art de découvrir, en marge de l'Histoire, les blessures, les errances, les douleurs, qui ont fait de son père l'homme qu'il est à ce moment-là, irritable, lunatique, tantôt emporté, tantôt épuisé.

 

Deux tomes, dix chapitres, trois cents pages, onze ans de travail pour les réaliser, ne seront pas de trop pour essayer de vivre de l'intérieur le drame de tout un peuple, les Juifs-souris qui donnent leur nom à ce drame de papier, le drame d'un homme qui voit partir les siens, emportés par la guerre ou par la folie qui en a résulté, et celui d'un fils, et surtout d'un artiste, qui ne sait plus où se situer face à l'horreur, face à l'Histoire et face à son histoire.

Où s'achève le témoignage ? Où commence l'interprétation ? Que montrer ? Comment le montrer ? Faut-il tout montrer ? Comment respecter la mémoire, les personnes, la douleur muette que cette enquête de longue haleine fait remonter à la surface ?

 

SPIEGELMAN - Autoportrait à la planche à dessinComment résumer en quelques lignes un album qui est l'histoire de tant de vies - et de morts ?

Mon père saigne l'histoire / Et c'est là que mes ennuis ont commencé.

Gravité et légèreté dans ces deux sous-titres évocateurs.

La guerre et ses échos bien des décennies après.

Les plaies sont toujours vives.

 

En adoptant un style graphique épuré, en optant pour des animaux anthropomorphes, Art SPIEGELMAN ("l'homme miroir", ça ne s'invente pas...) a su tenir à distance l'insoutenable réalité des êtres pour amener les lecteurs dans l'espace du symbole, de la métaphore presque, faisant de chaque souris, de chaque chat, de chaque acteur de ce drame international, de chaque décor, le creuset de toutes les horreurs dont l'humanité a été capable depuis la nuit des temps.

En se mettant en scène face à son père, face à l'Histoire, face à sa table à dessin surtout, l'auteur a su montrer toute la difficulté d'un exercice pourtant indispensable, vital pour lui : faire face à l'Histoire, et à celle de sa famille.

Caché derrière son masque de rongeur - lui donnant une image qui lui colle encore aujourd'hui à la peau - SPIEGELMAN se dévoile plus que jamais, avec ses doutes, ses douleurs, ses révélations, ses colères, ses abandons, son insistance, son art enfin, surtout (là encore, ça ne s'invente pas !) qui lui permet de sublimer le drame historique et le genre autobiographique.

 

En renvoyant en permanence aux lecteurs son reflet face au miroir des histoires, Art SPIEGELMAN leur permet à leur tour de prendre place au coeur des événements dont Vladek se souvient et au coeur de la réflexion permanente que l'auteur entretient autour de cette mise en images.

 

Bouleversant, troublant, et faisant jaillir de multiples interrogations, Maus mérite bel et bien le statut d'oeuvre d'art, par son universalité, par l'intimité qu'il fait naître au sein de chaque lecture, et par les innombrables échos qu'il trouve au coeur de chaque lecteur.

 

On peut bien sûr continuer de vivre sans avoir lu Maus.

Mais on ne peut continuer à vivre à l'identique une fois qu'on l'a lu.

Notre rapport au monde et à ses représentations en est à jamais changé.

Et si la vie de Vladek peut nous paraître un modèle de persévérance encourageant, l'environnement dans lequel elle s'est déroulée nous rappelle combien l'Histoire est désespoir.

 

Une oeuvre à double face, dans laquelle nous ne ferons jamais le tour de tous les détails éparpillés dans les miroirs de l'image et du souvenir.

 

Champimages en profondeur.

 

SPIEGELMAN - Maus - Face au magnétophone 1

 

SPIEGELMAN - Maus - Souvenirs 1

 

SPIEGELMAN - Maus - Fatigué 2

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 08:31

Strip-Tease - CouvertureJoe MATT est radin. Extrêmement radin (voir la planche ci-dessous présentant ses secrets pour faire des économies). Mais il est pauvre. Très pauvre.

 

Joe MATT ne veut plus se contenter de coloriser des comics de super-héros, il veut devenir un grand auteur de bandes dessinées. Mais il est fainéant. Très fainéant.

 

Joe MATT, après des années à courir après l'amour, a une copine qui l'aime et le supporte. Mais il reste un obsédé sexuel ne pouvant s'empêcher de visionner des films pornos.

 

Oui, vraiment, Joe MATT ferait un parfait personnage de comics : traumatisé par une éducation trop religieuse, pétri de tabous et de paradoxes, acide, irritant, égocentrique, dépressif, complexe, scato, torturé. Un personnage à creuser pour aller au plus profond du labyrinthe de la psychologie humaine.

Ce qu'il a décidé de faire lui-même, à travers une oeuvre résolument autobiographique, entamée avec Peepshow, sans doute dans les années 80 - difficile de trouver une date exacte ! Comme quoi, internet ne sait pas tout...

 

Strip-Tease lui permet de parcourir les années 1987-1991, qui font la part belle à ses obsessions récurrentes (sic) : l'amour, le sexe, le travail, l'ambition, l'argent, la famille, la religion. Assemblés de toutes les manières possibles. Apparemment sans fard - mais n'oublions pas qu'il s'agit de bande dessinée, non d'un reportage scientifique ! - Joe MATT se livre avec ses maigres qualités et ses nombreux défauts, ainsi que quelques détails qui font rire les lecteurs - ses imitations de Donald, par exemple - mais excèdent ses proches.

Il en profite aussi pour, régulièrement, se plonger dans son enfance - auprès de sa mère catholique illuminée - et de sa sortie d'adolescence - à travailler aux champs avec un ami musclé, grand buveur, et peu regardant sur l'hygiène corporelle.

Le tout agrémenté d'un égo surdimensionné et d'un énorme complexe d'infériorité - notamment face à Robert CRUMB, qui s'invite dans une planche ou deux -, d'une course après l'amour, le vrai, et d'une incapacité à faire des efforts pour maintenir une relation, mais surtout d'un réel talent pour réaliser des mises en page originales et tourmentées - intitulées Playtime -  afin de casser l'ordonnancement orthogonal des planches de bande dessinée.

Son dessin plutôt caricatural sait se faire réaliste pour rendre hommage à certains personnages marquants de son histoire - le chat Nibard, sa douche Trish - ou pastiche lorsqu'il invite à sa case les grandes figures du comics - CRUMB, déjà cité, Garfield, SETH et Chester BROWN (que l'on peut apercevoir dans la case ci-dessous).

 

Strip-Tease : quatre-vingts pages de bonnes raisons pour détester Joe MATT, mais également pour apprécier son talent, sa vie misérable, et son génie pour la sublimer.

 

Il serait facile de dire qu'il y a un peu de Joe MATT en chacun d'entre nous.

C'est pourtant sans aucun doute le cas.

Encore faut-il reconnaître ses défauts, ce que l'auteur sait faire - avant de se lamenter dessus, d'ailleurs.

L'auto-dérision ne permet peut-être pas de guérir de ses névroses, mais si elle réussit à faire rire les lecteurs, c'est déjà ça.

 

Pour finir, certaines choses à savoir sur Joe MATT :

- d'après lui-même : il sautille en marchant / il se ronge les ongles des pieds / il aime faire semblant de réfléchir / il est imbu de lui-même / un jour il s'est déguisé en travelo

- d'après SETH : il est plein d'idées tordues / il confond grossièreté et franchise / il s'est déjà dessiné nu mais sans parties génitales. SETH conclut ainsi : "Je devrais peut-être mieux choisir mes amis".

 

Comme ça au moins...

 

Champimages qui montrent tout ... ou presque.

 

Strip-Tease - Extrait 1

 

Strip-Tease - Extrait 2

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 23:18

Est-ce à cause des embruns que les additions des restaurants de bord de mer sont aussi salées ?

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 14:45

Ce cher Dexter

 

 

"Qu'est-ce que le sommeil, en définitive, sinon le moyen de reléguer notre démence au fond de la trappe sombre de notre subconscient pour nous réveiller le lendemain prêt à manger un bol de céréales et non les gosses du voisin ?"

 

 

Jeff LINDSAY, Ce cher Dexter

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 14:37

28 juil 11 - Ardèche 15

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 14:12

Assez parlé d'amour

 

"Je comprends soudain ce que dit aussi ta phrase, en creux : qu'avec moi, tu quitterais la sérénité d'une éternité illusoire où les jours ne sont pas comptés pour un monde incertain où ils le sont tous."

 

Hervé LE TELLIER, Assez parlé d'amour

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 09:33

28 juil 11 - Ardèche 8

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 18:06

Dr Slump T1 - CouvertureL'été de la jeunesse continue de battre son plein sur K-BD.

Après  Garance, qui ouvre la danse (yeh, ça rime !), et en attendant  Toto l'ornithorynque (je vous laisse trouver la rime vous-mêmes), qui est venu patauger par ici il a peu, voici un des nouveaux titres choisis pour l'occasion : Dr Slump himself !

 

Comme quoi, le thème "jeunesse" couvre un large, très large éventail, et connaissant l'éternelle jeunesse de certains d'entres nous - qui a parlé d'immaturité ? - on pourrait l'élagir encore davantage...

 

Etrange impression que celle de lire un livre presque intégralement avec un petit air en tête, entêtant (sic), dont on ne peut se défaire.

Un air qui nous rappelle - et, avec un peu de recul, c'est plutôt effrayant !! - combien notre enfance fut bercée par les anime fraîchement importés, souvent massacrés, et largement diffusés sur nos ondes publiques ou sur "La Cinq", qui savait mieux que personne nous faire perdre passer nos mercredis après-midi en enchaînant adaptations de shôjo et de shônen pour le plus grand plaisir de nos petits yeux ébahis devant d'aussi belles et mouvementées - encore que - images...

 

Tout ça pour dire - comme quoi je sais faire simple, aussi !! - que de la première à la dernière page, j'ai eu en tête le fameux air " sacré professeur Slump, tu es un farceur...", preuve que les airs les plus stupides lointains ont la vie dure ! Au temps pour tous ces poèmes de notre grand répertoire classique que je n'ai jamais pu mémoriser.

Argh.

 

Bref.

Nous voilà donc dans le laboratoire du Doctor Senbei Norimaki, savant génial mais première source de moquerie de son quartier - parce quil a une tête clownesque, parce qu'il est très porté sur les jolies filles peu vêtues, parce qu'il a d'étranges manières, parce que c'est, en somme, un gentil raté... - qui met au point, en moins de deux pages, Aralé, robot aux allures de petite fille qui va fortement perturber son quotidien.

Espiègle, curieuses, débordant de vie et d'énergie, dotée d'une indispensable paire de lunette et d'une force herculéenne, Aralé va également perturber la vie de TOUS les habitants du village Pingouin : forces de l'ordre - qui fuient avec frénésie cette petite boule d'énergie cinétique qui met régulièrement, et bien malgré elle, en pièces leurs beaux véhicules - collégiens, vendeurs, animaux, voleurs...

Chaque confrontation d'Aralé avec ce vaste monde - et au-delà !! - est source de quiproquos - car le Dr ne veut pas que l'on sache qu'elle est un robot - et de gags souvent très très absurdes. L'humour japonais sous un jour qu'on lui connaît peu - même si bon nombre de manga, même les plus sérieux, cachent au coin d'une case un gag souvent en parfait décalage avec le reste.

 

La vie d'Aralé est également bien remplie par les créatures hautement improbables qui peuplent son univers - cochon annonçant au micro le lever du soleil, enfant-kappa pêchant dans la rivière locale, chorale d'animaux produisant le bruit de la cloche de l'école... - et par les folles inventions que son génial créateur, tel un Doraemon (un autre personnage dont je vous parlerai bientôt) des temps modernes, fait jaillir de ses doigts boudinés mais habiles au fil des épisodes.

 

 Akira TORIYAMA, mondialement connu père de Dragon Ball - et de tous ses avatars - a créé Dr Slump en 1980, et a connu le succès grâce à lui.

Avec un graphisme très épuré donnant souvent dans la caricature et la déformation (le fameux SD, super deformed !!) il prend un plaisir jubilatoire à mettre en scène un monde grouillant, tout en restant d'une parfaite lisibilité !

Les cases regorgent de détails tout en restant très aérées, et sans que la narration n'en pâtisse jamais.

 

Reste que la narration elle aussi a une fâcheuse tendance à partir dans toutes les directions, tant elle semble presque uniquement sous-tendue par la recherche du bon mot et du délire graphique, tous placés sous l'égide de l'absurdité la plus totale !

La plupart des histoires courtes regroupées dans ce première tome sont d'ailleurs sans aucun doute nées d'un jeu de mot plutôt foireux - et que les notes de bas de page permettent à nous, pauvres lecteurs non-nippophones, de comprendre - que l'auteur a voulu utiliser comme ressort humoristique - grâce aux nombreux sens qu'un même son ou mot peut revêtir dans la langue de MISHIMA - en l'agrémentant d'une vague tentative de cohérence narrative et d'élaboration d'un univers autour...

Et ça marche !!

 

Du haut de leurs trente ans, ces histoires courtes font encore rire.

Peut-être parce que TORIYAMA les a réalisées avec dynamisme et sincérité.

Peut-être surtout parce que, bien souvent, les gags sont très "pipi-caca", comme on dit, avec une once d'allusions sexuelles qui viennent couronner le tout. Rien que de très universel !

Non, Dr Slump n'est pas une bande dessinée politiquement correcte, car une petite fille - fusse-t-elle un robot - qui se promène avec une crotte à la main, ou un savant mettant au point des "lunettes à vision supra-organique" pour voir sous les vêtements et sous-vêtements des femmes, enfin, ma bonne dame, ça ne se fait pas.

Et pourtant, qu'est-ce que c'est drôle !!

Vous avez dit vulgaire ?

Voilà de quoi ouvrir un vaste débat sur la vulgarité aujourd'hui, débat dans lequel télévision et magazines "people" seraient forcément convoqués.

 

Mais je m'égare.

En tout cas, même si Dr Slump n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains, il constitue une parfaite entrée dans le monde de l'humour simple, sans cynisme ni méchanceté, avec une suffisante touche d'absurde pour que le monde paraisse un peu plus supportable.

Non mais.

 

Loin des sagas fleuves mettant en scène des pouvoirs cosmiques et des adversaires toujours plus grands/beaux/forts, Dr Slump est tout simplement une jubilatoire succession de gags, riches en trouvailles graphiques, en jeux de mots, en concentré d'humour sous toutes ses formes.

En mettant son imagination débordante et son immense talent au service du dessin comme du scénario, Akira TORIYAMA a su, en quatre ans, créer une galerie de personnages cohérente malgré tout, et faire de l'absurde un moteur narratif efficace même sur le long terme.

 

Personnages attachants, humour intemporel, parfaite maîtrise graphique : les mangaka ont encore bien du plaisir à nous apporter...

 

Champi'cha

 

Dr Slump T1 - Extrait

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