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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 08:54

Moins d'un quart de seconde pour vivre - CouvertureDernière étape du mois de l'OuBaPo sur K-BD : Moins d'un quart de seconde pour vivre, de Lewis TRONDHEIM et Jean-Christophe MENU, membres fondateurs de la célèbre maison d'édition "alternative".

 

Historiquement, Moins d'un quart... n'est pas à proprement parler une oeuvre OuBaPienne, ou alors seulement par anticipation - comme l'étaient les acrostiches du XVIII°s, par exemple - car, réalisée avant l'établissement de l'honorable OuBaPo en tant que tel : la bande dessinée parut en janvier 1991 - elle fait en cela partie des premiers titres édités par la maison d'édition l'Association naissante - alors qu'il fallut attendre octobre 1992 pour que plusieurs auteurs de BD et théoriciens - presque tous membres de l'Association - institituent et formalisent l'OuBaPo.

 

Ces considérations historiques étant faites, plongeons-nous dans le vif du sujet...

 

Un homme, assis sur un rocher, ce trouve interpellé par ce dernier. Puis par un crapaud inerte sur un nénuphar. Puis par ses propres pensées. Avant que ne surgisse un ermite fou reclus dans sa cabane au bord de mer...

 

Tout cela vous paraît décousu ?

Tout l'art des deux auteurs - surtout de Lewis TRONDHEIM - va consister à tisser peu à peu des liens logiques entre ces éléments disparates, en une succession de strips de quatre cases.

Vous suivez toujours ?

 

Mais et l'OuBaPo dans tout cela ?

Il se cache dans le fait que chaque strip est consituté de ... quatre cases identiques ! Et que seules quatre images différentes sont utilisées.

Ou plutôt auraient dû être utilisées.

Car TRONDHEIM, jugeant trop limité le potentiel de ces quatre cases initiales, en demanda quatre autres à MENU.

Ce qui nous donne les ingrédients suivants :

 

Moins d'un quart de seconde pour vivre - huit cases

 

Fort de ces huit cases, TRONDHEIM pouvait continuer sa création jusqu'à atteindre l'objectif de 100 strips qu'il s'était fixé. Sachant que, à quelques exceptions près, chaque strip est donc constitué de quatre cases identiques.

Petit tour d'horizon :

- soit un "rocher-question" qui interpelle notre "héros" tout en se questionnant sur la mort.

- soit notre héros face à un crapaud qui ne lui répond que par onomatopées ou par un mutisme éloquent.

- soit notre héros face à la lune, et surtout face à lui-même.

- soit la cabane de l'ermite qui nie tout ce qu'il ne voit pas.

- soit notre héros face au "rocher-question" pour parler de la pluie ou du beau temps.

- soit notre héros face à la cabane de l'ermite pour deviser sur la réalité et l'illusion.

- soit notre crapaud perclus de dilemmes, et qui, au final, ne fait rien.

- soit notre héros plongé dans un trou et en grande conversation avec un homme des profondeurs.

 

Autant de situations qui vont naître une série d'interrogations sur la vie, la mort, l'amour, la solitude, le choix, la réalité, la folie... Comme un petit cheminement philosophique mâtiné d'humour - le strip étant un "genre" historiquement dévolu à l'humour, preuve en sont les "comic strips" du début du XX°s aux Etats-Unis.

 

Comme toujours avec les OuXPo, la contrainte est génératrice d'inattendu et de nouveauté.

Ici, la répétition - on pourrait parler d'itération iconique, telle qu'elle est définie dans l'Oupus 1 de l'OuBaPo, paru en 1997, recueil de réflexions théoriques sur le sujet - contraint TRONDHEIM à exploiter au maximum les potentialités de chaque image, en les accompagnant de textes parfois répétitifs, mais la plupart du temps drôles et inventifs - depuis près de vingt ans, l'auteur s'est imposé comme un dialoguiste de premier ordre.

 

Il trame donc, au fil des cent strips proposés, une réflexion cohérente, dont le fil conducteur, ce personnage à la chevelure hirsute, croise ceux de son étrange environnement.

Cent strips : suffisamment de matière pour prendre une intéressante ampleur sans pour autant se faire rattraper par la lassitude.

Cent strips : autant de tours de force pour renouveler, encore et encore, un matériau graphique limité.

Cent strips : cent occasions de développer des dialogues qui auraient presque pu se suffire à eux-mêmes s'ils n'étaient pas ponctués d'indispensables silences rajoutant à la profondeur, la gravité, la dérision ou l'absurde, faisant bien de Moins d'un quart ... une oeuvre en BD et non une oeuvre dialoguée.

 

Les parallèles et les suites de cet "exercice de style" sont nombreux.

Je vous en épargne ici la liste exhaustive, mais je ne doute pas que, mus par la curiosité, vous vous plongerez dans ce précieux Oupus 1 ou, plus simplement, que vous chercherez, dans les nombreux "strips humoristiques" qui nous entourent - Garfield, Peanuts, Calvin & Hobbes, le Chat, Psycho Park... - les occurrences d'un procédé qui, sous des apparences presque uniquement textuelles, cache, par le rythme de la narration graphique séquentielle, une des plus riches spécificités de la bande dessinée.

 

Champitération iconique.

 

Moins d'un quart de seconde pour vivre - Extrait 1

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 11:35

Vieille Voiture

 

... à vous de deviner pourquoi !

(Ca faisait longtemps que mon humour ravageur n'avait pas sévi...)

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 15:14

En cuisine avec Alain Passard - Couverture"Pour tous mes plats, je fais un bouquet. Tu vois, regarde. Ca a quelque chose à voir ensemble. J'aime faire un tableau à cru."

 

 Alain PASSARD vient de disposer tous les ingrédients dont il va avoir besoin pour réaliser une recette sur un plateau blanc. Essentiellement des légumes, qui proviennent de jardins qu'il a fait développer. Les formes et les couleurs se marient déjà, entre les produits bruts. Les tonalités se rencontrent bien, le plat sera bon.

 

Le chef prend un peu de recul, se pause le temps d'apprécier la nature morte qu'il vient de composer, mains sur les hanches, puis, l'air satisfait, gourmand, entreprenant, il saisit d'un geste sûr ustensiles et condiments nécessaires.

Vastes sautoirs, pour que les morceaux de légumes ne se chevauchent pas.

Larges cuillers, pour remuer avec douceur.

Feux bien maîtrisés pour que la cuisson se fasse sans heurts, et qu'il puisse la surveiller à l'odeur, au bruit, et à la vue de la petite fumée qui s'immisce hors des plats.

 

Aux couleurs succèdent les parfums, puis les goûts, qui assaillent Christophe BLAIN dans le recoin de cuisine où il essaie de ne pas gêner sans perdre aucune miette.

Crayon et carnet en main, il note, croque, déguste les gestes, les mots du chefs et de son armada de cuisiniers et serveurs. Avant de se faire croquer à son tour par les odeurs et les plats qui lui font perdre la raison et l'équilibre...

 

On sait depuis longtemps que la gourmandise n'est pas un vilain défaut. Christophe BLAIN nous montre qu'elle est, en plus, un alléchant moteur créatif aussi bien du côté des chefs que de celui des maîtres... de la bande dessinée.

Avec un trait un peu plus jeté que d'habitude, et des bulles à profusion, qui pétillent sur les pages comme du beurre frémissant, l'habile auteur restitue avec fraîcheur et énergie l'univers de la grande gastronomie dans lequel il s'est immergé - pour son plus grand plaisir - plusieurs mois durant.

 

Alternant recettes, tranches de vie de cuisine, et virées au grand air - dans les deux "jardins" de la Sarthe et de l'Eure où fruits, légumes et aromates poussent dans les meilleures conditions possibles - il met son coup de crayon palpitant au service des coups de génie d'un des grands noms de la cuisine : Alain PASSARD.

Ce dernier, amoureux fou des produits de la terre, et du geste juste pour leur faire exprimer le meilleur d'eux-mêmes, théâtralise avec emphase, générosité, mouvement et talent les préparations dont il a le secret et qui voient s'associer noms et saveurs de manière parfois improbable : betterave et mûre, tomate et ... foin !

 

Plongée admirative mais objective dans le dur monde de la haute gastronomie, En cuisine avec Alain Passard est tout à la fois un reportage passionnant, un portrait fidèle d'un homme intriguant, enthousiaste et génial, et une ôde à la simplicité végétale : de bons et simples produits, manipulés avec attention et amour, font naître de bons plats d'autant plus inattendus qu'on pensait avoir fait le tour des fruits et des légumes de nos terroirs.

 

En réservant les couleurs presque exclusivement aux aliments et aux décors, Christophe BLAIN renforce l'idée que le chef et ses cuisiniers ne sont là que pour faire éclater dans les assiettes la force et les mystères de la terre, à travers ces plantes qui, une fois passé le seuil de la cuisine, se changent en oeuvres d'art.

Il a fait de En cuisine ... un livre qui non seulement ouvre l'appétit, mais donne envie de se mettre aux fourneaux, en tout simplicité, en attendant d'aller faire un tour aux champs.

Ainsi, dès le livre refermé, je me suis essayé à la "galette de pommes de terre façon pizza aux crudités et parmesan", et je me suis pris à tendre le nez et l'oreille vers les copeaux en train de dorer dans la poêle...

 

De quoi retrouver un peu d'intimité avec nos assiettes !

 

Champi miam

 

En cuisine avec Alain Passard - Extrait

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:39

Les-Sous-Sols-du-R--volu.jpgIl y a quelques temps - plus de quatre ans, en fait, comme le temps passe ! - je vous avais brièvement parlé des  Sous-sols du Révolu, intelligente contribution de Marc-Antoine MATHIEU au projet que le Musée du Louvre avait confié à différents auteurs de bande dessinée.

 

Dans le cadre du mois de l'OuBaPo que nous réalisons avec K-BD, je me suis replongé dans cette bande dessinée de génie - oui, pour moi, M-A M fait partie des génies de la bande dessinée - afin de vous en parler un peu plus profondément.

 

Dans un XIXème siècle qui n'est pas sans rappeler celui des Cités Obscures, Eudes le Volumeur a été dépêché pour réaliser l'expertise la plus exhaustive possible d'un musée caché derrière ses multiples noms et leur histoire : "Le Musée du Révolu", "Le Voulu Démesuré"...

Comme les lettres de son nom, ses niveaux souterrains se sont mélangés, au fil des âges, et ce brave Volumeur, accompagné de Léonard, commis à son service, va avoir fort à faire pour, niveau après niveau, percer les secrets du plus vaste des musées du monde.

 

"Dépôt des moules", "Atelier de restauration", "Département des copies"... M-A MATHIEU profite de cette improbable plongée - partant du principe que le Louvre actuel ne serait que la partie émergée d'une immense iceberg muséal - pour présenter les différentes facettes de la vie d'un musée, et en pousser les logiques à l'extrême, jouant des mots et des situations avec son inventivité habituelle.

 

Cette mise en profondeur permet d'ailleurs de nombreuses mises en abyme, que ce soit de l'oeuvre dans l'oeuvre, dans "La réserve du tableau", ou de la bande dessinée dans l'art - et réciproquement - dans "L'entrepôt des cadres".

Car M-A MATHIEU, qui est également scénographe, ne manque pas de nous rappeler combien la proximité de cadres et de tableaux sur un même mur peut évoquer... une planche de BD ! Il convoque d'ailleurs, en toute discrétion, le grand Piet MONDRIAN, donc les compositions géométriques affleurent à chaque page.

 

A propos de composition, d'ailleurs, les quelques informations glanées à la page 48 nous permettent de prendre un peu de recul sur l'ensemble des pages de l'album, et de constater que, à quelques exceptions près, elles constituent toutes une variation différente sur le gaufrier de 3 x 3 cases qui apparaît parfois.

 

Voici donc l'OuBaPo dans toute sa splendeur, mais sans se montrer : un procédé formel préalable a entraîné la création des Sous-sols du Révolu. Un procédé sur l'essence même de la bande dessinée : la mise en cases et en pages.

Avec, en prime, une réflexion sur l'art et, surtout, sur toutes les facettes du dispositif muséal.

 

Cerise sur le gâteau, apprécions la qualité d'impression de l'album qui permet à l'auteur, et surtout à ses personnages, de s'enfoncer dans des salles parfois toujours plus obscures, où les corps se fondent presque totalement avec la noirceur environnante, révélés par l'éclat des bulles qui, fidèles bornes des récits graphiques, ponctuent chaque case.

 

Une nouvelle preuve du talent de Marc-Antoine MATHIEU, de sa maîtrise de la bande dessinée, et de sa capacité à retourner un sujet dans tous les sens pour en tirer toutes les potentialités.

Les Sous-sols du Révolu, véritable Rubik's Cube graphique.

A lire et à relire sans fin...

 

Champi, le velour médusé

 

Les Sous Sols du Révolu - extrait 2

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 09:59

Bulles en Seyne 2011

 

3ème édition de Bulles en Seyne, le festival BD qui sent bon le mistral et les embruns,

 

Samedi 11 et dimanche 12 juin 2011

Parc de la Navale

La Seyne sur Mer

 

Rencontres avec les auteurs (une quarantaine), expositions, animations, espace fanzines, cosplay...

 

Tous les détails sur leur site internet.

 

En prime, une table ronde sur la BD et le ciné, dimanche 12 à 11h, en présence d'auteurs et de bédéphiles locaux (que vous avez peut-être déjà croisés lors de nos  Raging Bulles mensuels !). Un sujet d'actualité au vu de l'actualité très chargée en la matière !

 

Quand la BD fleure bon l'arrivée de l'été...

 

Champimages du bord de mer

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 10:46

Domaine Turenne

 

Une fois n'est pas coutume, voici une nouvelle rubrique pour vous faire partager une autre de mes passions - mais quand dort-il, devez-vous vous demander ? Bien trop souvent, malheureusement...

 

Nous voici donc réunis aujourd'hui autour d'un ami cher qui accompagne bien volontiers lectures ou parties de jeux : notre ami Bacchus.

 

Il se niche au creux des caves et des salons les plus agréables de la région, mais aussi, et surtout, entre les rangées de vignes et les vieilles bâtissent qui parsèment avec bonheur notre beau terroir varois (un peu de chauvinisme gastronomique n'a jamais fait de mal !).

 

En route pour le premier domaine d'une sans doute longue série, qui sera alimentée (hips) au gré de mes virées viniphiles.

 

Nous voici quelque part entre Cuers et Pierrefeu, à l'entrée du  Domaine Turenne.

La maison est modeste, cachée loin de la route principale, mais son coeur est précieux.

Il nous est ouvert et offert par Philippe BENEZET, qui parle de la terre, de la vigne et de son vin avec une généreuse et discrète érudition : qualité des sols du département ; différents procédés mis en oeuvre - assemblage, vinification - pour obtenir des vins qui lui plaisent ; avis éclairés sur le vin de manière générale, sur les goûts, le plaisir...

 

A la carte, peu de bouteilles différentes, mais toutes chargées d'une histoire.

Le blanc, mariage de Vermentino et de Petite clairette "du Var", mêle rondeur et pétillant.

Le rouge, entre Mourvèdre et Carignans, offre saveurs multiples et complexes et fraîcheur presque fruitée.

Je n'ai pas goûté le rosé, mais s'il est à l'avenant du reste, il doit être délicieux.

 

Mention spéciale pour la cuvée "Les Gravoches" - nom de ce mélange spécifique de terre argileuse et de cailloux calcaires qui plaît tant à la vigne - qui donne un rosé d'un séduisant vermillon, et un rouge où le fruit cuit caresse le cacao torréfié.

 

Quant au nom, je vous livre une petite anecdote en attendant que vous n'alliez l'entendre de la propre bouche du vigneron : Monsieur de Turenne n'est peut-être pas passé par ici, mais il avait donné son nom à la chocolaterie familiale de Sedan, dans le "Grand Nord". La chocolaterie a fermé, mais le nom est resté.

 

Comment ne pas faire confiance à une famille qui a vu naître entre ses mains du chocolat et du vin ?

 

A déguster entre amis, forcément...

 

Cham'hips

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 16:21

Notes pour une histoire de guerre - CouvertureDans une Italie toute en gris, Christian, Julien et P'tit Kalibre traînent loin des villages marqués par une guerre sans nom mais dévastatrice.

Sous un ciel de plomb comme les terribles années que le pays semble traverser, ils trafiquent, entre ruines et maquis, gardant leurs distances avec les troubles et les désastres.

"Saint-André. Saint-Julien. Saint-Martin. Chez nous, tous les villages ont des noms de saints. Quand ils en bombardaient un, ça donnait l'impression qu'ils avaient fait du mal à quelqu'un, pas à un village ou à une ville, à une personne vivante."

 

De maison abandonnée en chiens errants, ils finissent pas croiser la route de Félix, au Happy Days, discothèque hors du temps peuplée par d'inquiétants miliciens.

Impressionné par P'tit Kalibre, dur comme la pierre qui a façonné sa vie à grands coups, Félix embauche le trio pour de petites missions en ville.

La ville.

Rêve inaccessible pour Christian, le blondinet qui a tellement toujours manqué de tout que tout l'y ébahit.

Evocation pour Julien d'une certaine aisance révolue.

Terrain de jeu meurtrier pour P'tit Kalibre qui entend bien s'y faire une place.

 

Tous les éléments du drame sont en place.

Mus par un impitoyable et implacable destin, pressenti par d'étranges rêves récurrents...

 

Avec sa sensibilité et son talent habituels, GIPI livre, dans Notes pour une histoire de guerre, une forte et dense aventure humaine.

Forgés par des itinéraires très contrastés mais qui les ont rassemblés en une amitié virile et parfois violente, les trois héros, malmenés par une guerre qu'ils ne connaissent que comme toile de fond, se trouvent pris au piège de la pègre, qui sait si bien faire son lit en marge des zones de combat, et qui fait valser armes et argents comme d'autres troupes et obus.

A travers une mise en page plus conventionnelle que dans Ma vie mal dessinée, GIPI met à profit ses meilleurs atouts pour rendre cette histoire percutante et poignante : des dialogues au couteau, auxquels font écho des récitatifs de caractère ; des onomatopées nombreuses et parfaitement intégrées aux images qui renforcent l'ambiance de chaque situation avec une efficace retenue ; un dessin semi-réaliste qui confère aux décors comme aux personnages une identité puissante et heurtée ; une utilisation des lavis grisâtres qui, lorsqu'elle bascule ou s'efface, plonge efficacement le lecteur dans le souvenir, le suspendu ; un sens du découpage et du cadrage qui confère à la narration un impressionnant dynamisme.

 

Autant d'éléments qui concourent à faire de cette Notes... une histoire complexe mais parfaitement menée, une histoire forte dans laquelle les principaux protagonistes sont traités avec profondeur et, malgré leurs tempéraments durs, douceur.

 

De la bande dessinée rocailleuse et réaliste - même si le contexte est un peu hors du temps, un peu étrange - mais qui rappelle avec justesse - une cruelle justesse - les méfaits qu'une guerre peut provoquer sur tout un pays, toute une société, mais également, et surtout, sur chacun de ses membres.

 

De la bande dessinée à saisir à deux mains jusqu'à se couvrir de cette poussière triste et collante qui tombe des destins brisés...

 

Champi dans une histoire de guerre

 

Notes pour une histoire de guerre - Extrait

Notes pour une histoire de guerre - Extrait 02

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 16:16

entete-maison-close

 

Un nouveau mois commence sur le blog de K-BD, et avec lui arrive un nouveau thème.

Juin sera sous le signe de l' OuBaPo, Ouvroir dont je ne cesse de vous parler, ne faites pas les ingénus.

Ce thème riche et forcément protéiforme s'ouvre avec La Maison Close, dont je vous avais parlé il y a peu.

Une nouvelle occasion de confronter différents regards, différentes sensibilités, autour d'oeuvres atypiques qui ne laissent pas indifférents.

 

La suite sera également haute en couleurs, avec au programme Les Sous-Sols du Révolu, Moins d'un Quart de Seconde pour Vivre, et Cercle vicieux.

Un régal !

 

A vous de "joulire" !

 

Champi Ouvreur

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 11:46

Red Fang - Wire

 

Chroniques de la destruction volontaire (pensez à cliquer sur l'image !), par Red Fang.

link

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 09:43

Tony Chu T1 - CouvertureTony Chu - "Chew", dans la version originale, un nom bien plus explicite - , modeste enquêteur de la police de Philadelphie, est cibopathe : il lui suffit de croquer dans un aliment pour revivre en quelques secondes toute l'histoire du fruit, légume, poisson ou morceau de viande piqué au bout de ses couverts, de la petite graine à son assiette. Spectacle supportable dans le cas d'une pomme ou d'une carotte, déjà plus difficile à vivre pour un bon steack, par exemple. Seules les betteraves, pour une raison inconnue, trouvent grâce à ses yeux. Elles constituent donc une part non négligeable de son alimentation.

 

Frère du célèbre et médiatique cuisinier Chow, Tony officie dans un monde où l'élevage, la commercialisation et l'ingestion de poulet sont rigoureusement interdits depuis une terrible épidémie de grippe aviaire. Il traque sans relâche trafiquants en tout genre et tenanciers de restaurants illégaux.

 

Alors qu'il s'apprête à interpeller un des barons du trafic de volaille, il fait la rencontre du mystérieux et imposant agent Mason Savoy, agent spécial du R.A.S. (Répression des Aliments et Stupéfiants, bien sûr). Ce dernier, au vu du palmarès et surtout des capacités de l'agent Chu, ne tarde pas à lui proposer d'intégrer son service. Et à lui apprendre à se servir de son extraordinaire capacité de manière plus efficace et ... bien moins conventionnelle.

 

Le moins que l'on puisse dire, et le sous-titre en annonce bien la couleur, c'est que Tony Chu est une série poltiquement peu correcte, qui mêle théories du complot, manipulations gouvernementales et enquêtes policières sur fond de cannibalisme utilitaire.

Le ton est toutefois suffisamment léger, et le dessin suffisamment semi-réaliste, pour que le lecteur ait davantage le sourire que la nausée.

 

 John LAYMAN, dans la lignée d'un Warren ELLIS ou d'un Ben TEMPLESMITH, a mijoté une histoire mêlant anticipation presque crédible et pur délire.

 Rob GUILLORY, de son trait souple qui n'est pas sans rappeler tout un pan du dessin animé contemporain, a su mettre cet aventure en images sans aucune censure mais avec la distance graphique nécessaire pour que jamais nos estomacs ne se retournent. Il a en prime su parfaitement illustrer les instants où, après une bouchée, Tony se retrouve plongé dans un kaléidoscope d'images et de sensations envahissantes.

 

Personnages originaux parfois agréablement caricaturaux ou cartoonesques, situations étranges, absurdes, probables et improbables, riches, intrigues suffisamment emberlificotées pour être intéressantes sans perdre le lecteur : Tony Chu est une série qui commence plutôt bien, et qui laisse planer suffisamment de mystère pour qu'on ait envie de lire la suite.

Ca tombe bien, elle est déjà sortie !

 

Vous en reprendrez bien un morceau ?

 

Champi en sauce

 

Tony Chu T1 - Extrait

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