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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 07:55

L'homme à la fenêtre - CouvertureOn connaît surtout  Lorenzo MATTOTTI pour les couleurs un peu pastel, un peu passées, de ses illustrations régulièrement portées en couvertures de magazines ou en affiches d'événements nationaux - Lire en Fête, par exemple.

La couverture de L'homme à la fenêtre peut d'ailleurs laisser penser que ce livre est l'une des nouvelles mosaïques oniriques et nostalgiques dont l'auteur italien a le secret.

 

Détrompez-vous.

Derrière cet homme qui marche (l'ombre de TANIGUCHI n'est pas très loin, d'ailleurs !) se cachent des pages en noir et blanc dans le plus pur style de Stigmates, du même MATTOTTI : un duel permanent entre l'épure et le chaos.

 

"Ce livre se voudrait un reflet de lumière. Mais je m'aperçois que le papier ne réfléchit pas ; il absorbe. Pardonnez-moi, donc, si je ne vous éclaire pas. A vous de trouver l'illumination dans cette surface de papier blanc."

 

Dans une ville en perpétuelle transformation, où les camions "emportent avec eux la poussière du monde", un homme regarde par la fenêtre.

Suspendu entre lectures, musiques, et énormes sculptures métalliques qu'il fait naître de matériaux de récupération, "le sculpteur" semble en apesanteur.

Autour de lui, des femmes, qui passent, qui partent. Quelques amis un peu plus ancrés dans le réel, comme le Philosophe, déjà alité, ou Myriade, nymphe réfugiée dans une serre immense où, peu à peu, la vue l'abandonne.

Ne restent que les odeurs, qui dessinent une étrange carte du souvenir sur le chemin de cet anonyme artiste.

Une carte lacunaire, dans laquelle s'invitent parfois quelques cauchemars ouvrant ou suturant certaines plaies de l'âme et du coeur. "Laisse donc le temps prendre soin de toi".

 

L'homme à la fenêtre - Extrait 2

De souvenir en parfum, de corps en corps-à-corps, le sculpteur poursuit son errance.

"Il m'arrive parfois de chercher à distinguer les contours exacts des choses, mais je ne parviens que rarement à les suivre longtemps sans que mon esprit s'égare."

 

Ses pas l'égarent aussi, le ramenant immanquablement vers la gare, vers un pont, vers une vieille maison, vers la décharge de ferraille où l'attendent oeuvres en devenir et ferrailleur irascible.

 

L'art et le souvenir de l'amour comme raisons de vivre ?

 

Etrange et flottant récit que cet Homme à la fenêtre. "Ce livre est né à la fin d'un voyage. Au cours de ce voyage, Mattotti et moi avons partagé, quelques années durant, beaucoup de poésie, un peu de rêve, une foule de paysages et quelques espoirs."

Lilia AMBROSI, scénariste touche-à-tout, nous livre une histoire suspendue, intrigante, portée par des phrases douces et mélodieuses, et qui laisse la place aux silences.

"Le dessin est désarmé, le texte très lyrique. Ces tons sont voulus".

En contre-point s'offre en effet le trait de MATTOTTI, va-et-vient permanent entre le dénuement, l'abstraction, et le choc insaisissable des lignes cicatrices, des lignes barbelées, qui meurtrissent vies et personnages.

La part laissée à la blancheur du papier laisse aux silences et aux odeurs l'espace nécessaire pour s'épanouir, pour envahir. L'image se fait son, parfum, souvenir, vibration tendue entre les corps et les histoires.

 

Depuis sa fenêtre, l'homme observe un monde qui, malgré ses incessantes transformations, change peu, lui.

Seuls les êtres semblent vraiment changer.

S'avançant vers l'inéluctable.

Vers une forme de paix, peut-être.

En tout cas vers l'oubli, l'obscur, le suspendu...

 

Champimages qui vibrent.

 

L'homme à la fenêtre - Extrait 1

 

L'homme à la fenêtre - Extrait 3

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 16:16

27 déc 10 - Bateau de lignes

 

(et désolé pour la pub bien malgré moi...)

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:24

La Ballade de la mer salée - CouvertureRemercions une nouvelle fois K-BD pour ses initiatives, qui me permettent de me (re)plonger dans certains incontournables de la bande dessinée...

 

Après le salutaire retour entre les étouffantes pages de  V pour Vendetta, nous voici en partance pour le grand large sur les premiers pas de Corto Maltese : la Ballde de la mer salée.

 

Entamée en 1967 dans le tout nouveau magazine Sgt Kirk, cette série au long cours jette les fondements d'une bonne partie de la saga maltesienne. En effet, autour d'une histoire de piraterie sur fond de déclenchement de la Première Guerre mondiale, se dessinent les portraits de deux des personnages les plus marquants et les plus attachants de Hugo PRATT : Corto Maltese et Raspoutine.

 

"Je suis l'océan Pacifique et je suis le plus grand. On m'appelle ainsi depuis très longtemps, mais ce n'est pas vrai que je suis toujours pacifique. Je me fâche parfois, et alors je donne une râclée à tous et à tout."

Dès les premières lignes se pose et s'impose le maître des lieux, qui baigne jusqu'au titre de l'épais ouvrage.

Entre les îles éparpillées sur le grand océan se joue un drame historique et humain.

Entre tempêtes et naufrages se rencontrent les acteurs malmenés d'une histoire tentaculaire, gravitant autour du La Ballade de le mer salée - Case 1mystérieux "Moine" que tous craignent et à qui tous obéissent.

Ce dernier, en affaire avec l'armée allemande, organise trafics de charbon et piraterie, dans cette immense étendue aquatique si pauvre en l'indispensable minerai qui actionne les vaisseaux de guerre. Raspoutine, impitoyable mercenaire aux ordres de l'homme au visage d'ombre, recueille à quelques jours d'intervalles trois naufragés : les jeunes Caïn et Pandora, cousins issus d'une riche et influente famille hollandaise, et Corto Maltese, en fort mauvaise posture dès sa première apparition.

 

Difficile d'égrener la longue liste des protagonistes qui vont et viennent au fil des pages : Slütter, le marin allemand, Cranio, le Fidjien aux idées indépendantistes, Tarao, le Maori naviguant grâce aux étoiles ou aux requins guides... Autant de personnalités et de destins que PRATT prend le temps de développer, porté par sa profonde humanité et par un nombre de pages conséquent.

 

La Ballade de le mer salée - Case 2Car voilà en effet une des forces du maître italien : en mêlant la grande et la petite H/histoire, il va et vient entre la grande Aventure et les chroniques presque intimes. Personne n'est laissé de côté, personne n'est décrit avec une simplicité manichéenne, et tous, en définitive, sont attachants.

 

La minutie de certains décors participe de cette magie : masques, tentures, huttes, dessinent un monde exotique et presque perdu où les hommes semblent se perdre entre les contes... S'y ajoutent les chants maori ou fidjiens qui ponctuent la navigation et évoquent une époque où le rêve marchait parmi les corps.

 

En contre-point de cette ambiance en demi-teintes se pose le trait précis d'Hugo PRATT : en digne hériter de Milton CANIFF, il brosse chaque case avec l'élégance de la perfection, alternant des visages ou des décors minutieusement fouillés à des scènes aux limites de l'abstraction, ombres et lumières s'affrontant pour dessiner nuances et silhouettes. De même qu'il balaie tous les genres narratifs, PRATT puise dans une vaste palette graphique pour sublimer au mieux chaque image, chaque instant.

 

La Ballade de le mer salée - Case 3

 

On pourrait reprocher à la Ballade de la mer salée d'avoir un peu vieilli, par certains dialogues ou certaines situations qui traînent parfois en longueur. Pourtant, à l'aune des plus de 160 pages, on ne peut qu'apprécier la modernité du trait et du souffle, l'intensité de l'élan, et la densité de l'histoire. Baignant entre les mondes (la grande aventure, l'Histoire, les mythes océaniens) et entre les styles, PRATT est bel et bien un des géants de la bande dessinée, et Corto Maltese l'un de ses plus fidèles avatars de papier.

 

"Corto Maltese pourrait aller, il n'a pas de patrie et c'est une homme libre qui sait beaucoup de choses..."

 

"Corto, Corto, Corto... Ce que j'aime le plus en toi c'est cette capacité que tu as de ne jamais perdre de vue le côté amusant des choses !"

 

Laissez-vous porter par les caprices du Pacifique, dont les sautes d'humeur imprègnent chaque scène et chaque caractère. Et plaisez-vous à imaginer les destins tourmentés de Corto, Rapoustine ou le Moine, figures semi-fantasmées d'un monde entre deux eaux, artisans et victimes d'une époque en plein bouleversement.

 

Ne reste alors plus qu'à se plonger dans la dense histoire du marin à la boucle d'oreille, brossée au fil de centaines de pages...

 

Champimages qui prennent le large

 

La Ballade de la mer salée - Extrait

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:35

Rouge T3 - Couverture Je vous ai déjà à plusieurs reprises parlé de  Johan TROÏANOWSKI, ami de presque longue date et illustrateur de talent, bouillonnant animateur de fanzines et de blog, expérimentateur fou de nouvelles techniques et narrations.

 

Le voici de retour sur les étals avec Rouge T3, petit format carré de la collection Bouille à Bisous, aux éditions Makaka.

 

Rouge est une petite princesse à la robe et la chevelure couleur feux. Glissée dans son long pull rayé - une des marques de fabrique de l'auteur ! - elle vit de courtes et sympathiques aventures un brin interactives dans un univers multiforme et multicolore.

 

La voici cette fois enlevée dans son sommeil par quatre mystérieux brigands tout de vert vêtus, qui l'emportent au fin fond de la forêt. Tout le royaume se lance à sa poursuite.

 

Servie par un trait dansant, et surtout par des couleurs aériennes portées par la magie de l'aquarelle, Rouge offre, comme dans les deux opus précédents, quelques passages destinés à laissé s'exprimer la liberté créatrice des lecteurs : un petit jeu par-ci, un petit dessin par-là... et le livre devient un objet plus personnel. L'exercice avait déjà beaucoup plu entre les pages de l'Arbre mime le vent pour plaire à ses feuilles, tranche de poésie champêtre que Johan et son père nous avaient offerte il y a quelques années.

 

Quand auteur et lecteurs se retrouvent au coin du jeu et de l'image, les histoires qu'ils se racontent, à voix basse, on la douceur acidulée des couleurs qui pétillent autour de ce Rouge titre et phare qui fait brûler les petits livres jeunesse d'un nouveau feu.

 

Champimages qui brillent.

 

Rouge T3 - Extrait

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 12:21

KBD - Entête Pluto

 

Après vous en avoir parlé ici, voici une chronique croisée par la riche équipe de  K-BD sur le tome 1 de la série Pluto, de Naoki URASAWA.

Plusieurs regards et plusieurs avis valent toujours mieux qu'un !

 

Champimages croisées.

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 06:57

RONET Marc - Table

 

Marc RONET, Table.

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 06:54

Harvey PEKAR

 

 

"Oui, la vie est une bataille perdue, mais en chemin on peut quand même gagner quelques escarmouches..."

 

 

Harvey PEKAR

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:32

Raging BullesMieux vaut tard que jamais, petit rappel de la sélection du mois de Raging Bulles, en vous rappelant que la session de décembre se tiendra

 

Jeudi 16 décembre 2010

A partir de 19 heures

A l'Arbre à Bulles

(face aux Halles, dans le centre ville de Toulon)

 

Au programme :

 

DAHL Ken, Monsters, Ed. L’employé du moi. 

 

DROOKER Eric, Blood song : A silent balad, Ed. Tanibi.

 

HYPPOLITE, Brako, Ed. Sarbacanne.

 

LUST Ulli, Trop n’est pas assez, Ed çà et là.

 

PENELLE Renaud, Venus Noire, Ed Emmanuel Proust, Coll Atmosphère.

SHAW Dash, Body World, Ed. Dargaud.

 

 

Un sélection hétéroclyte avec quelques alléchants pavés !

 

Nous comptons sur vous, pour partager ces livres autour de quelques verres dans un cadre des plus agréables...

 

Champimages qui bougent

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:41

All my friends are deadUne nouvelle petite perle d'humour découverte, comme il se doit, sur les étals de Contrebandes : All my friends are dead.

 

Humour et non-sens au rendez-vous, des dinosaures aux tables de salon en passant par les pirates - si, si, il y a un fil conducteur entre tout cela !! - servis par Avery MONSEN et Jory JOHN, qui se disent "friends. And neither is dead. Yet."

 

A lire au millième degré, et à lire en ligne ici ! Que demander de plus ?

 

Un tome deux, peut-être, car ce petit bouquin qui ne paie pas de mine se lit à la vitesse d'un éclat de rire...

 

Champilare.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 20:57

Mont Olympe

 

 

"Au plus élevé trône du monde, si ne nous sommes assis que sur notre cul."

 

 

MONTAIGNE, Les Essais.

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