Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
  • Contact

Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





Contacts

26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 22:51

Asterios Polyp - CouvertureJe sais que je ne présente ici, la plupart du temps, que des bandes dessinées qui m'ont plu. En essayant toutefois - même si ce n'est pas dans mes habitudes - de raison garder.

Pourtant, face à Asterios Polyp, je me dois de crier au génie...

 

Curieux parcours que celui de David MAZZUCCHELLI, auteur passé des anatomies surdimensionnées de Daredevil ou Batman à un quasi-minimalisme architectural.

 

Entre deux superpositions presque antagonistes de bleu et de rose, sur la couverture, se pose le suffisant Asterios Polyp. Architecte sur le papier, mémoire phénoménale, ayant un avis sur tout, et surtout un avis, Asterios est un survivant. L'unique survivant, même, du couple qu'abritait le ventre de sa mère. Chargé du lourd fardeau de son frère Ignazio, il s'est bâti une vie d'excellence, structurée par un manichéisme à tout cri, essentiellement articulé autour du couple "linéaire/plastique".

 

Pourtant, tel la météorite ayant mis fin au règne des dinosaures, un incendie venu du ciel fait voler en éclat sa vie et ses certitudes : le voilà contraint de fuir son bel et bien organisé appartement new-yorkais, et de errer dans la nuit et sous la pluie.

L'occasion de se mettre au vert, et de faire le point sur une vie bien remplie et pourtant si vide...

 

Ses parents, bien sûr, du firmament à l'abîme. Ses différentes conquêtes amoureuses au sein de l'université où il a enseigné. Hana, plasticienne réservée, géniale, attachante, inoubliable. Ses théories, bien sûr. Son frère, inséparable fantôme. Et tout le reste.

 

Sur sa route, Stiff et Ursula Major. Lui, garagiste pétri de néologismes et de bonnes intentions. Elle, diva (auto)suffisante et (auto)critique, aussi cultivée que psychologue. Suffisamment de qualités pour permettre à Asterios de finir d'ouvrir les yeux.

 

Asterios Polyp est, à juste titre, présenté comme le grand oeuvre de David MAZZUCCHELLI. Une vie consacrée à un destin. A une histoire bâtie comme un labyrinthe tantôt tour, tantôt spirale, MAZZUCCHELLI fait correspondre un traitement graphique insaisissable : jouant de tous les signes de l'alphabet graphique, il alterne, dans les scènes de rencontres et de disputes, notamment, les corps hachurés ou en volumes géométriques, les corps calligrammes ou nébuleux.

Troublant effet de caractère(s) doublé d'une subtile constitution des bulles et des textes qui attribue intonations et accents particuliers à chaque protagoniste. MAZZUCCHELLI a poussé la bande dessinée dans ses limites expressives : tout est limpide mais rien n'est facile, tout est évident mais rien n'est fortuit. Chaque lettre, chaque signe au service d'une histoire, et vice-versa. Aucune fausse note, juste la parfaite harmonie entre le fond et la forme, entre le linéaire et la plastique...

De même que Asterios Polyp semble faire écho à la vie de son auteur, le livre est une sorte de mise en abyme formelle de la fiction qu'il déroule.

Se dégage alors un trouble supplémentaire : comment une bande dessinée où tout est si bien à sa place, au service d'une vie où tout est si bien rangée, peut-elle autant déstabiliser ?

Peut-être parce que la perfection n'existe pas. Ou alors seulement pour finir par montrer ses propres limites, créant un paradoxe qui fait tout reprendre à zéro.

Comme la vie d'Asterios, sans doute.

 

Asterios Polyp fait partie de ces trop rares livres dont la lecture relève avant tout de l'expérience : sens aux aguets, nous avançons au sein d'une construction savamment orchestrée où tout s'emboîte avec une perfection presque malsaine.

Délicieusement traître.

Magistralement captivant.

 

David MAZZUCCHELLI a fait partie des auteurs ayant rendu hommage à Will EISNER dans un ouvrage paru en 2005.

Il a fort justement reçu l'an dernier un Eisner Award pour Asterios Polyp.

C'est assurément un des plus grands.

A vous de constater par vous-même.

 

Champimages qui vibrent.

 

(Une BD de la sélection d'octobre de Raging Bulles)

 

Asterios Polyp - Extrait

Repost 0
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 22:49

26 oct 10 - Mouton Lego

Repost 0
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 19:26

L Illusionniste

Repost 0
25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 12:13

Wilson - CouvertureIl y a peu, je vous parlais de Daniel CLOWES et de ses univers psychotiques et glacés ancrés au plus profond des Etats-Unis.

L'actualité - et, de fait, la sélection du Raging Bulles d'octobre - mettent de nouveau cet auteur qu'on imagine fort discret sous les feux des projecteurs.

 

Voici donc Wilson, quarantenaire acariâtre à lunettes, qui avance dans une vie décousue en dévidant un long monotone acide et amer à la fois. S'adressant la plupart du temps à des inconnus croisés dans un café ou les transports en commun, il commente sa vacuité quotidienne et ses envies de rien, avec quelques thèmes récurrents : la presque unique femme à avoir partagé sa vie, et ses parents - surtout son père. Pour une fois. Etonnant chez CLOWES !

Le voilà donc malgré tout, de fil en aiguille, et de page en page, en route vers son passé. Bien peu reluisant, mais plein de surprises, y compris pour lui.

 

Etrange objet que nous livre ici Daniel CLOWES - difficile de s'attendre à moins, il est vrai !

Le trait noir de David Boring ou Comme un gant de velour pris dans la fonte laisse la place à la couleur, dans des tons parfois pastels, moins froids que ceux de Ghost World. Presque chaleureux ... Un comble pour une vie aussi glaciale que celle de Wilson, misanthrope égocentrique à la morale douteuse, voire absente.

 

S'adonnant à un inattendu exercice de style, CLOWES compose cette histoire au long cours - qui s'étale sur plusieurs années - à l'aide de presque gags en une planche, avec titres indépendants et micro-chutes de bas de page, à raison d'environ six cases par planche. L'OuBaPophile que je suis ne saurais s'en plaindre.

D'autant que, d'une page à l'autre, le trait change, oscillant entre le réaliste chirurgical et distancié qui caractérise l'auteur à une style cartoonesque et caricatural qui semble rendre hommage à certains comic strips des années 50 (comme Andy Capp, par exemple).

 

Ce va-et-vient stylistique, cette structure humoristique au service d'une vie misérable, autant de nouveaux outils que CLOWES manie avec son brio et son ironie habituels pour renforcer la froideur et la distance qui transpirent de chacune de ses oeuvres.  Plus cynique peut-être à travers ce Wilson que, d'un premier abord, on pourrait presque croire optimiste, mais qui se révèle aussi cynique et désespéré, sinon plus, que les autres albums.

 

"La nature fait si bien les choses qu'elle change les lucides en cyniques pour leur permettre de survivre", a écrit Arturo PEREZ REVERTE. Wilson est sans doute à ranger dans cette catégorie des oeuvres de survie, dans un monde qui ne prête pas à rire.

Tiens, et si on relisait un peu de TOPOR maintenant...

 

Champimages qui grincent.

 

Wilson - Extrait

Repost 0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 19:07

Château de sable - CouvertureLe monde à l'envers. En quelque sorte. Dès la couverture.

 

Une petite crique, dans un coin tranquille de France, sans doute.

Mer calme, petites dunes recouvertes de fougères.

Légère brise.

Un homme arabe passe entre des fourrés.

Une jeune femme se déshabille au bord de l'eau et s'élance dans une nage délassante.

Du sang coule. Du nez de l'homme.

 

Arrive une petite famille. Puis une autre. Puis une autre...

Et cette crique tranquille, étrange centre de gravité, se referme lentement, mais sûrement. Sans échappatoire ?

 

Difficile d'en raconter davantage sans déflorer l'histoire distillée par Pierre Oscar LEVY, documentariste qui s'essaie ici à la bande dessinée. Une sorte de huis-clos en plein air, lentement envahi par l'angoisse, l'inéluctabilité, l'illogique. Trois ou quatre générations réunies sur une petite plage où tout devrait se dérouler sans heurts, et où tout bascule. Doutes, petites haines et mesquineries ne sont jamais loin, n'attendant qu'un grain de sable pour gripper la machine sociale et les certitudes.

 

Avec Lupus,  Frederik PEETERS avait commencé à nous habituer à l'étrange. Une étrangeté presque justifiée par le caractère "science-fictionnesque" de l'histoire.  Pachiderme était déjà plus dérangeant, car l'improbable s'invitait dans un univers très proche du nôtre, quelques années dans le passé. Château de sable est profondément "malaisant" et angoissant car il se déroule à quelques mètres de chez nous, quelque part au bord de l'eau. Lieu ordinaire, personnages ordinaires, et pourtant rien ne va plus. Jamais son trait si organique, si vibrant d'une vie venue d'ailleurs, n'aura été aussi pénétrant : surface de l'eau, étendue de fougères, méduse de passage, et ces visages au plus près qui n'en finissent pas de changer.

 

Fragile château de sable à l'image de notre raison : aussi haut qu'il puisse monter, il n'en demeure pas moins un fragile édifice que l'écume finit toujours par éroder et mettre à bas.

 

Un livre qu'on referme boule au ventre et mains moites.

Et si tout cela n'était qu'un livre.

Espérons.

 

Champimages qui vibrent en profondeur.

 

(Une BD de la sélection d'octobre de  Raging Bulles).

 

Château de sable - Extrait

Repost 0
23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 10:25

Fais péter les basses, Bruno - CouvertureQue voilà un titre qu'il est beau ! Et pas uniquement parce qu'il fait écho à un prénom qui me tient à coeur...

Un titre aux lettres grasses, épaisses... Un titre qui bouge, qui envoie, qui en jette. Qui apostrophe le lecteur et lui annonce contenu explosif qu'il tient dans les mains...

 

Fais péter les basses, Bruno ! est en effet un condensé d'énergie : pas un temps mort dans cette histoire de braquage parfaitement orchestrée par le grand BARU - qui n'a pas été promu Grand Prix du Festival BD d'Angoulême 2010 pour rien !

 

Tout commence et tout finit quelque part en Afrique, dans un petit village qui vit au rythme des touristes et des matches de foot des enfants. Slimane, petit prodige du ballon rond, repéré par un joueur en vacances, décide de tenter le grand voyage en clandestin vers la France...

 

Quel rapport avec Zinédine, fraîchement sorti de prison, boule à zéro et boule de haine qui veut mettre sur pied un casse sur les conseils d'un co-détenu ? Quel rapport avec Fabio, Gaby et Paul, vieux de la vieille à qui on ne la fait plus mais qui se sont rangés des voitures et des camions blindés ?

Sans compter la large galerie de seconds rôles qui défilent, s'en vont, viennent, en un touchant ballet humain...

 

Voilà un des incroyables talents de BARU : mêler les destins les plus divers avec justesse, humour, tendresse. Deux générations de malfrats - placés, dès la page de garde, sous l'exquise égide de Georges L. et Michel A., entre autres - une rasade de constat social - l'immigration clandestine, la vie des sans-papiers - et la vie de tous les jours, à pleines mains, à pleines dents, de la petite équipe de foot de campagne aux rues encombrées des villes.

 

Tout s'enchaîne à toute vitesse, sans fausse note, sans baisse de rythme, et l'on s'attache même à celles et ceux que l'on ne croise que le temps d'une image ou deux, telles les trois tenancières de la grande casse où Slimane a trouvé refuge...

 

BARU sonne juste et fort, et son trait énergique sert parfaitement cette histoire à perdre haleine : dessins parfois minimalistes, lignes anguleuses, visages facilement expressionnistes... Sans oublier les dialogues ciselés à la perfection.

 

De la BD efficace, attachante, prenante, poignante, jusqu'à la dernière case.

 

BARU est un grand. Un très grand. Parce qu'il a toujours fait une place d'honneur aux plus petits.

Merci à lui.

 

(Une BD de la sélection d'octobre 2010 de Raging Bulles).

 

Fais péter les basses, Bruno - Extrait

Repost 0
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 17:45

le-canard-enchaine.jpg

 

Lorsqu'ils ont appris, jeudi dernier, qu'à Montreuil un lycéen de 16 ans venait de recevoir un tir de Flash-Ball dans l'oeil, les parents de Pierre ont eu un moment d'accablement. "Avec tout ce qu'on a fait..." Cela fait bientôt trois ans qu'à Nantes leurs fils a été victime du même drame et qu'il n'y voit quasiment plus d'un oeil. Trois ans qu'ils bataillent pour que le flic qui a tiré - ainsi que sa hiérarchie - soit poursuivi en justice (il passera bientôt en correctionnelle), trois ans qu'ils mènent une campagne d'information tous azimuts, conférence de presse, livre, blogs, "pour qu'au moins ça ne recommence plus". Et ça a recommencé. Et ils ont aussitôt pointé les ressemblances : dans les deux cas, il s'agit de très jeunes gens, Pierre avait 17 ans, Geoffrey en a 16. Dans les deux cas, c'etait lors de mouvement sociaux, manif contre la réforme de l'université il y a trois ans, contre la loi sur les retraites aujourd'hui. Dans les deux cas, les gamins ne faisaient pas vraiment dans l'ultraviolence : Pierre manifestait sur les pelouses du rectorat, Geoffrey poussait une poubelle dans la rue devant son lycée (certes ce n'est pas bien mais cela mérite-t-il de se retrouver un mois à l'hôpital avec de multiples fractures, nez, sinus, pommette gauche et oeil en danger ?). Dans les deux cas aussi, les préfets se sont empressés de prétendre que la blessure était légère...

 

C'est au milieu des années 90 que les services de police et de gendarmerie spécialisés dans les situations extrêmes comme le Raid ou le GIGN ont inauguré le Flash-Ball. En 2002, le ministre de l'Intérieur Sarkozy prône son usage massif : "Quand les policiers en sont équipés, les voyous ne viennent pas les chercher. Dire que la police doit rester républicaine, ce n'est pas la condamner à l'inefficacité" (Le Monde, 31/05/2002). Le Flash-Ball ne tue pas : il mutile à vie, il brise des vies, c'est vachement républicain. Et les flics choisissent bien leurs cibles : ce gros pistolet de super-cow-boy, ils ne le dégainent jamais contre les métallos, pêcheurs ou agriculteurs. Mais contre des jeunes, lycéens, étudiants, squatteurs. En plus de Geoffrey et de Pierre, il y a eu Joachim Gatti, l'an dernier, à Montreuil, Joan, à Toulouse, et ce jeune de 16 ans en 2006 à Clichy-sous-Bois. Combien en faudra-t-il ? Combien d'yeux perdus, de gamins à la vie foudroyée, de larmes, de cris de rage avant que soit interdit l'usage de cette arme ? Saisie entre autres par Dominique Voynet, maire de Montreuil, la Commission nationale de déontologie de la sécurité a pondu, après enquête, un avis, en février dernier, dans lequel elle dénonce "l'utilisation du Flash-Ball dans la cadre d'un rassemblement sur la voie publique" et son "degré de dangerosité totalement disproportionné". Autant pisser contre un commissariat. La preuve : après "l'incident" de jeudi dernier, le préfet de police Michel Gaudin a juste enjoint ses hommes d'employer le Flash-Ball "avec parcimonie et discernement, ce qui est difficile à apprécier lorsqu'on est face à de très jeunes gens".

 

Faut avoir l'oeil, chef !

 

Jean-Luc PORQUET, Le Canard Enchaîné, 20/10/2010

Repost 0
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:01

Cinémas du Liban 2010En parallèle avec la manifestation marseillaise organisée par l' AFLAM, l'association  VPJM organise au cinéma le Rocher à La Garde

 

Les écrans du cinéma libanais

Samedi 23 et dimanche 24 octobre 2010

 

Au programme :

 

Samedi 23 octobre - 15h

Beyrouth Fantôme

Ghassan Salhab

France/ Liban,1998, couleur, 35mm, 1h56

Avec Aouni Kawas, Darina El Joundi, Rabih Mroueh, Carole Abboud, Hassan Farhat

 

Le Liban, à la fin des années 80. Le conflit libanais semble s’éterniser. Après dix ans d'absence Khalil ressurgit à Beyrouth. Son retour sème l'émoi, le doute et la colère chez ses proches et ses compagnons de lutte, qui l’avaient cru mort.

 

Premier long-métrage de Ghassan Salhab, figure de proue de la nouvelle génération de cinéastes libanais, cette oeuvre s’est imposée pour ouvrir ce week-end que nous consacrons à ce cinéma.

 

Remarqué pour son écriture très originale, ce film mêle la fiction et le documentaire en donnant la parole aux comédiens, qui racontent de manière très personnelle leur jeunesse pendant la guerre.

Ghassan Salhab n’hésite pas à remuer la mémoire d’un passé douloureux  que beaucoup souhaiteraient enfouir.

 

Samedi 23 octobre - 17h30

Bosta

Liban, 2005, couleur, 35mm, 1h50

Avec Rodney El Hadad, Nadine Labaki, Nada Abou Farhat, Omar Rajeh, Bshara Atallah, Lilane Nmeri, Mounir Maleeb, Mahmoud Mabsout, Raya Meddine

 

Ce road-movie musical raconte l'histoire de sept vieux amis de classe, réunis après une séparation de quinze ans, pour reformer leur ancienne troupe de « dabké » et parcourir le Liban dans le but de présenter une forme techno de cette danse traditionnelle. Ils embarquent dans un vieux car d'école repeint pour un périple qui va les confronter à eux-mêmes et aux identités multiples du pays. 

 

Adoptant la forme musicale et un ton léger, Philippe Aractingi aborde des thèmes difficiles tels que la tolérance entre les religions, la relation au père, l'homosexualité et la position de la femme dans la société libanaise. 

 

Il y a plus de trente ans, un massacre à l’intérieur d’un bus (« bosta ») devait déclencher une guerre civile au Liban qui aller durer 17 ans. Véhiculant un message de renouveau et de réconciliation, Bosta sorti au Liban après la guerre de 2006, s‘est retrouvé en première place au box office local. Une première pour un film libanais !

 

Après Bosta, vers 19h30, une petite assiette sera servie pour 5 euros. Réservation conseillée (denis-ecrin@wanadoo.fr ou 06 73 34 35 66).

 

 

 

Samedi 23 octobre - 20h30

West Beyrouth 

Ziad Doueiri 

Belgique/France/Liban/Norvège, 1998, couleur, 35mm, 01h45min

Avec Rami Doueiri, Mohamad Chamas, Rola Al Amin, …

 

Beyrouth, le 13 avril 1975 : premier jour de la guerre civile. Tarek, Omar et May, de confessions différentes, vivent à Beyrouth-Ouest, partie musulmane de la ville. L’école fermée, les trois adolescents traînent dans leur quartier, filmant en super 8 le champ de bataille qu’est devenue la ville. Ils feignent, chacun à leur façon, d’ignorer le drame qui se joue sous leurs yeux. Débordant de joie de vivre et d’insouciance, les trois adolescents seront pourtant happés par l’engrenage de la violence.

 

Dimanche 24 octobre -17h30

 

Sous les bombes

Philippe Aractingi

France/Liban, 2008, couleur, 35mm, 1h30

Avec Nada Abou Farhat, Georges Khabbaz, Bshara Atallay

 

Zelna vit à Dubaï. En plein divorce, elle décide d'envoyer son fils Karim chez sa soeur, à Kherbet Selem, un petit village du Sud Liban, pour le protéger des disputes conjugales. Quelques jours plus tard, la guerre éclate. Folle d'angoisse, Zelna part aussitôt pour le Liban via la Turquie. Mais avec le blocus, elle n'arrive au port de Beyrouth que le jour du cessez-le-feu. Elle y rencontre Tony, le seul chauffeur de taxi qui accepte de la mener dans le Sud...

 

Très beau film. Tourné dans l’urgence pendant et après les bombardements de juillet 2006, mêlant fiction et documentaire, le film témoigne avec une très grande force mais avec finesse du désarroi d’un pays à nouveau dévasté. Ce film a représenté le Liban aux oscars de 2009.

Repost 0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 16:04

Arkham Asylum - CouvertureLes super-héros trouvent rarement asile par ici - à quelques exceptions près ! - surtout les plus vénérables.

Pourtant, par la magie - que de nombreux créateurs d'outre-Atlantique pourraient, à raison, davantage qualifier de malédiction !! - du quasi-inexistant droit d'auteur sur ces personnages d'un autre âge, il leur arrive parfois de passer entre les mains de génies qui, à partir de pots séculaires, font des soupes explosives épicées de modernité.

 

Ainsi en est-il de Batman, l'un des plus anciens et des plus récurrents super-héros de la bande dessinée étasunienne. Personnage graphiquement sans limites - ah, le mystère du masque et l'esthétique de la cape ! - et psychologiquement instable et peu manichéen, donc foncièrement intéressant, Batman est passé sous mille plumes, mille crayons, mille pinceaux, pour le pire mais aussi pour le meilleur.

En 1986, Frank MILLER l'avait définitivement changé avec son Dark Knight.

 

Trois ans plus tard, un des couples les plus détonnants de la bande dessinée anglo-saxone en livrait sa version.

A ma droite,  Grant MORRISON, scénariste azimuté de séries comme The Invisible ou  The Filth.Textes enlevés, personnages tourmentés, narrations multi-linéaires... Le bonheur du lecteur labyrinthique. Toute ressemblance entre lui et Spider Jerusalem ne serait que fortuite...

A ma gauche, Dave McKEAN, génial chaînon manquant entre la peinture, le dessin, la sculpture, la photographie, la narration graphique... Une sorte de cocktail, à lui tout seul, de tout ce qui pourrait se faire de mieux et de plus inattendu en matière d'arts visuels. Dynamiteur de contes pour enfants avec Neil GAIMAN, auteur de l'incroyable pavé Cages. Un OVNI.

 

Le tout placé sous l'égide de l'asile d'Arkham - Arkham Asylum, dans la langue du Joker - hommage au tourmenté H.P. LOVECRAFT qui distillait folie et horreurs tentaculaires dans tous les murs de toutes les maisons de cette petite ville de son univers.

 

Une plongée dans les entrailles d'un institut psychiatrique très particulier, aux méthodes innovantes, à l'histoire troublée, et aux pensionnaires tous moins fréquentables les uns que les autres : Double Face, Gueule d'argile... et bien sûr... le Joker.

Une plongée dans le passé éparpillé d'Amadeus ARKHAM, fondateur de la discutable instituation.

Une plongée au coeur de l'âme de Batman, entre noirceur et tourbillon, passé fragmenté et présent éclaté...

 

Les démons se succèdent sur la route du sombre justicier, et les pires ne sont pas forcément ceux qui rôdent dans les couloirs de l'asile.

 

Qui mieux que Grant MORRISON pour raconter la folie sous toutes ses formes ?

Qui mieux que Dave McKEAN pour l'illustrer à la perfection, dans ses moindres détails et ses innombrables brumes ?

 

Difficile de sortir indemne d'une telle lecture - de telles lectures, d'ailleurs, car une seule n'y suffit pas : richesse des images, des compositions, complexité des textes, multiplicité des références... Le lecteur n'est pas pris pour un imbécile.

Tout au plus est-il pris dans la toile d'une araignée narrative insaisissable, effrayante, et terriblement séduisante.

La folie guette...

 

Du grand art à l'état pur, remis au goût du jour par l'excellent travail éditiorial de Panini.

Et si on y replongeait ? Une toute dernière fois...

 

Arkham Asylum - Extrait

Repost 0
19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 15:49

Raging BullesAprès une première édition rondement menée en septembre dernier, voici venue la deuxième manche de notre  Raging Bulles toulonnais.

 

Au programme : toujours quatre critiques et votre humble serviteur en guise de "modérateur", pour s'affronter autour de six nouveaux titres :

 

Asterios Polyp, de David MAZZUCCHELLI, aux Editions Casterman.

 

Fais péter les basses, Bruno ! de BARU, aux Editions Futuropolis.

 

Julius T1, de Xavier DORISON, Alex ALICE et Robin RECHT, aux Editions Glénat.

 

Le château de sable, de Frédérik PEETERS et Pierre Oscar LEVY, aux Editions Atrabile. 

 

Wilson, de Daniel CLOWES, aux Editions Cornélius.

 

Yaxin - Le Faune Gabriel, de Man ARENAS et Dimitri VEY, aux Editions Soleil, coll. Métamorphose.

 

Ce Raging Bulles d'octobre aura lieu

 

Jeudi 28 octobre 2010

A partir de 19h

A la librairie Contrebandes

 

Nous vous y attendons !

Repost 0