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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 06:56

12 oct 10 - Fleurs rouges et blanches 5

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 08:47

Pingouin Ware

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:02

Le Photographe T1 - CouvertureJ'ai découvert le travail d'Emmanuel GUIBERT en 1998, à travers l'intriguant La fille du professeur, impropable fable jaillie de l'esprit fécond de Joann SFAR. GUIBERT, à partir d'une palette chromatique dépouillée et d'effets graphiques très simples - essentiellement des lavis - donnait vie et poésie à des personnages séparés par les siècles - la fille d'un égyptologue et une momie.

 

Même si la technique a changé, la poésie demeure : dans Le Photographe, le trait est épais, très noir, et fait de chaque corps, de chaque motif, une calligraphie. S'y ajoutent les couleurs de Frédéric LEMERCIER, tout en simplicité, en aplats rendant hommage aux couleurs terre de pays que l'on imagine plongés dans la poussière : le Pakistan et l'Afghanistan.

 

Tout commence à Paris.

"Je dis au revoir à tout le monde. Aux gens de MSF.

A ma mère, qui emménage à Blonville.

A ma grand-mère, à Bienchen, la chienne.

Dans l'appartement parisien que ma mère vient de quitter, je photographie la chaîne stéréo, toute seule.

Voilà, au revoir Paris.

On est fin juillet 1986. Je prends l'avion et je m'en vais."

 

Didier LEFEVRE, photojournaliste, part en mission pour MSF. Objectif : couvrir une mission humanitaire reliant le Pakistan à l'Afghanistan.

 

Le-Photographe-T1---Extrait-2.jpg

 

Procédé riche et rare : un mélange de photographies et de dessins. Planches contact, petits formats ou demi-pages ponctuent le récit dessiné de GUIBERT : le bout du monde se dévoile en noir et blanc, par petits bouts de corps, de rues, ou de vastes paysages. Par des visages volés ou en face à face, lors d'une aventure humaine d'envergure : constituer une caravane reliant le nord du Pakistan à l'Afghanistan - alors en guerre contre l'URSS - pour apporter soins et médicaments aux plus démunis, dans les montagnes de cette partie du monde que l'on connaît surtout par les drames montrés dans les journaux télévisés.

 

Daniel LEFEVRE déploie un intense récit, à la fois sobre, précis, humble, détaillé, perlé d'humour et d'une grande sensibilité. Partageant ses étonnements, ses émotions et ses interrogations, il promène sur ses compagnons de MSF, sur les innombrables guides et gardes de la caravane, sur les personnes rencontrées, et sur les paysages traversés, son merveilleux objectif. Aventure humaine, aventure photographique, aventure professionnelle, constats et réflexions s'entrecroisent avec naturel et fluidité.

 

A cette multiplicité répond celle des images, parfait mariage entre le graphique et le photographique : le trait de GUIBERT, très appuyé, offre un parfait contrepoint aux noirs et blancs des photos, et la palette réduite de LEMERCIER apporte la fine touche de couleur nécessaire au renforcement de certaines ambiances plus poussiéreuses, plus glaciales ou plus étouffantes.

 

Le tout coule sans heurts, malgré la tension grandissante au fur et à mesure que la caravane progresse.

 

Chacun des trois auteurs livre la quintessence subtile de son travail : les clichés de LEFEVRE sont superbes, jamais voyeurs, jamais pompeux ; les dessins de GUIBERT servent au mieux un récit qu'ils ne cherchent pas à étouffer par une virtuosité malvenue, mais qu'au contraire ils magnifient par leur dépouillement ; la mise en page de LEMERCIER, qui sait alterner densité et respirations, informations et silences, donne à cette aventure humaine et artistique le rythme d'un coeur qui bat.

 

Epopée humanitaire, témoignage journalistique, expérimentation artistique : Le Photographe a tout pour séduire, fruit d'une collaboration entre trois hommes talentueux et modestes au service d'une histoire à vivre au plus près des protagonistes - rendons ici hommage aux hommes et femmes de MSF dont on parle peu mais qui font tant, loin de la lumière des projecteurs.

 

Quelques remerciements aussi à la collection Aire Libre, des éditions Dupuis, qui offre depuis plus de vingt ans un espace d'expression d'une grande liberté et d'une grande qualité. Le Photographe y est à sa place, en valeur, images et histoire servies par un travail éditorial de qualité.

 

Deux autres tomes complètent la trilogie.

L'aventure épique en grand-angle.

 

Champimages du bout du monde.

 

Le-Photographe-T1---Extrait.jpg

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 17:37

Un pacte avec Dieu - CouvertureJe ne crois pas avoir encore fait ici à  Will EISNER la place qu'il mérite : une des plus haut placées.

Outre le fait qu'il était encore il y a quelques années seulement un des doyens de la bande dessinée, lui qui était né en 1917 et qui dessinait toujours peu de temps avant sa mort en 2005, il fut l'un des plus grands théoriciens du genre, produisant de nombreux ouvrages sur le sujet, dans le souci de faire de la bande dessinée un medium totalement au service de l'expression. Il dispensa des cours pendant de très nombreuses années d'ailleurs.

 

Un pacte avec Dieu, titre d'une des quatre nouvelles recueillies par les éditions Delcourt, ne déroge pas à la règle qu'il a patiemment établie : tout concourt, case après case, page après page, à conjuguer décors, personnages, lettrages, bords de cases, pour exprimer au mieux la quintessence du récit.

 

Un récit très particulier dans la bibliographie de Will EISNER, puisque Un pacte avec Dieu fut un de ses premiers pas dans sa nouvelle carrière de biographe du Bronx de son enfance : après une première partie de carrière consacrée au personnage du Spirit et à l'illustration, l'auteur décida en effet de se pencher sur le quartier qui l'avait vu grandir, et qui avait accueilli plusieurs générations d'immigrants.

 

Un pacte avec Dieu est, en quelque sorte, la première pierre du grand édifice graphique qu'il bâtit au fil des ans, et qu'il regroupa sous le titre-phare de Big City.

New York la grande, l'immense, au plus près des plus petits, des plus humbles, entre les ruelles tortueuses et plutôt sales des quartiers les plus populaires.

 

"Au 55, Dropsie Avenue, dans le Bronx, à New York, non loin du métro aérien, il y avait cet immeuble... Comme tous les autres, il avait été construit vers 1920, quand les vieilles maisons décrépites du bas Manhattan ne suffisaient plus à loger le flux d'immigrants qui se déversait dans New York après la Première Guerre Mondiale."

 

Le ton est donné.

Dropsie Avenue sera bigarrée, creuset de toute l'Europe se déversant outre-Atlantique.

Au coeur de ce quartier pauvre et populaire (sic), EISNER porte un regard tout particulier sur la communauté juive, qu'il connaît comme sa poche, de l'intérieur. Et qu'il décrit avec lucidité, humour, et cruauté.

La romance, les affaires, la vie de couple, les espoirs, les arnaques... La vie sous tous ses angles, avec une crudité à laquelle la plupart de ses autres ouvrages ne nous avait pas préparés.

 

Ainsi, Un pacte avec Dieu montre toute la colère d'un homme qui a mis sa vie au service des autres, et qu'un cruel destin frappe malgré tout.

 

Chanteur de rue suit les pas, les espoirs, les mensonges et les illusions d'un artiste itinérant qui n'est pas tout blanc et dont l'histoire n'est pas si rose.

 

Le concierge est une plongée dans les entrailles d'un immeuble et dans le sordide qui peut y sourdre, alimenté par les travers et les tourments de l'esprit humain.

 

Cookalein brosse, le temps d'un été, les vacances à la campagne, seul ou en famille, pour se changer les idées ou pour trouver le conjoint idéal. Grand jeu de faux-semblants...

 

Quatre histoires courtes qui transpirent le vécu, un vécu qui colle à la peau, à la réalité, et d'où se diffuse une certaine cruauté : peu d'espoir à la clef, dans un monde noir et tourmenté que le trait inimitable du maître rend à la perfection, le trouble gagnant tous les éléments narratifs, n'épargnant ni les titres, ni la mise en case.

Une forme d'art total, preuve de l'extrême réflexion menée par EISNER sur son médium.

 

"Les histoires qui suivent décrivent la vie telle qu'elle était dans ces immeubles, pendant les années 30... Les méchantes années trente ! Ces histoires sont toutes véridiques."

 

Quand la méchante Histoire fait d'excellentes histoires, on en redemande.

 

Champimages patrimoniales.

 

Un pacte avec Dieu - Extrait 1

 

Un pacte avec Dieu - Extrait 2

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 06:41

artisanat-palestinien.jpg

 

L'association Varois pour la Paix et la Justice en Méditerranée organise une

 

EXPO-VENTE DE SOLIDARITE

 

Samedi 9 octobre 2010

De 10h30 à 12h

Devant le Café Culture à Toulon

(Rue Paul Lendrin)

 

Parmi les produits que VPJM nous propose régulièrement : des céramiques, de l'huile d'olive, du savon... Nous comptons sur vous.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 19:38

La Brigade Chimérique 5 - Couverture(Si vous avez manqué le début : 1 - 2 - 3 - 4)

 

La fin est proche... Les pions qui se sont mis patiemment en place commencent enfin à jouer leur rôle, mettant en branle de terribles engrenages prêts à broyer l'Europe, coincée entre le Dr Mabuse et Nous Autres.

 

Les héros du passé seront-ils à la hauteur ? Seront-ils suffisants ?

 

Les forces de l'ombre s'activent : le Club de l'Hypermonde, Palmyre la sorcière visionnaire, George Spad qui retrouve la mémoire - et nous découvrir ce qu'est devenue l'Espagne sous la botte de la Phalange...

 

Le Nyctalope sort de l'ombre, et s'en prend à l'Institut Curie. Quelle relation trouble Léo St Clair entretenait-il avec Marie ?

 

Quant à la Brigade Chimérique, il ne lui reste plus qu'à faire front. Sur le terrain. Enfin. Griffes, chevelure, lame et os blanchis au vent.

 

La fin est proche, et particulièrement incertaine...

 

Tout s'accélère dans cet avant-dernier tome. Presque un peu trop. Mais les événements sont d'une telle envergure ! Et pourtant, Serge LEHMAN et Fabrice COLIN trouvent toujours un peu de temps à consacrer à leur improbable couple de héros.

Les groupes se multiplient, les hasards se révèlent calculs, et toutes les forces se mettent en place pour le dernier acte.

 

Etrange sentiment de familiarité qui se dégage de tous ces noms : en quelques courts - trop courts ! - tomes, ils sont devenus indispensables, et tissent une toile de fond à laquelle on aurait envie de croire.

Le personnage du jeune fan qui apparaît dans les premières pages cristallise à lui seul l'engouement presque frénétique qui peut gagner les lecteurs de cette inattendue épopée... Et l'évocation des surréalistes en dit long sur une histoire qui échappe à bien des codes, une histoire... chimérique.

 

Le trait de GESS est toujours aussi efficace, quoique parfois un peu trop jeté, et les couleurs de Céline BESSONNEAU gagnent en intensité et en expressivité, même si tout le monde n'appréciera pas l'alternance entre aplats presque froids et effets spéciaux numériques.

 

Un récit toujours prenant, auquel on peut une fois encore reprocher sa trop grande brièveté... et ses couvertures cartonnées, alors que des couvertures souples auraient été une hommage supplémentaire à la littérature feuilletonniste, et un poids en moins pour nos portefeuilles.

 

Du grand art tout de même.

Du grand spectacle au petit format !

 

Champimages mouvementées.

 

La Brigade Chimérique 5 - Extrait

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 14:58

La Pès Rekin T1 - Couverture"Saleté de ville ! Maudite au point de ne pas être baptisée."

 

Quelque part sur l'île de la Réunion. Dans un coin sombre, sans doute, et à l'exotisme inquiétant : si l'on ne comprend pas tout-à-fait le titre, La Pès Rekin, on sent qu'il sonne de manière malsaine.

Le visage fermé du héros, aux doigts fermement fermés eux aussi sur le manche d'un couteau, confirment cette angoisse : le vent qui souffle dès la couverture est celui d'une sourde tempête à laquelle il semble difficile d'échapper.

 

Elle se lève entre Philippe, vieil alcoolique triste et agressif qui consacre ses jours et ses nuits à de sinistres activités animalières, et Nelson, jeune réunionnais fuyant un foyer violent et peu engageant.

Elle souffle comme un aboiement dans la nuit, entre colère et tristesse. Car les destins qui se croisent dans cette ville anonyme ne sont pas très heureux. Détresse, violence, misère.

 

Tandis que le sordide quotidien de Philippe se déroule, des images, par bribes, viennent éclairer la vie de Nelson, ses errances, ses peurs, et ses maigres rêves.

 

Stéphane PRESLE, qui a passé quelques années de son enfance sur l'île de la Réunion, brosse un portrait sans fard d'une île à la dérive, qui semble payer un lourd tribut à une situation économique et sociale plus que vacillante - les fruits pourris tombés de l'arbre du colonialisme sont longs, très longs à disparaître. Etoffant son récit de nombreux dialogues en créole - présentés dans un souci de compréhension, "au risque de passer par un fossoyeur du travail acharné et légitime que mènent les linguistes" - il confère aux personnages et aux situations une épaisseur et une authenticité poignantes. Peu d'espoir en pespective sous les tropiques.

 

 Jérôme JOUVRAY - qui a déjà collaboré avec le scénariste pour l'Idole dans la bombe - semble avoir davantage manié le noir que d'habitude : la nuit, les ombres, sont plus fortes, plus denses, plus marquées. Plus inquétantes. Elles font ressortir les regards parfois intenses de certains protagonistes. Le trait, tout en fausse simplicité, confère aux images une dimension presque expressionniste, parfois. Le découpage est dynamique, faisant la part belle aux ralentis ou aux accelérations, suivant le rythme cardiaque du jeune héros.

Les couleurs de Anne-Claire JOUVRAY jouent la carte de l'unité : pas de heurts, rien de criard, une sorte de brume qui n'est pas sans évoquer certains albums de Jean-Claude DENIS. Même si quelques fonds de cases sont parfois un peu froids.

 

La Pès Rekin : l'ombre des squales qui rôdent sur la quatrième de couverture transpire le sang et la peur. La vie nest pas rose dans la ville sans nom, mais le pire semble encore à venir... dans un deuxième tome qui clora le diptyque.

Le soleil des îles ne brille pas pour tout le monde.

 

Champimages qui tremblent.

 

La Pès Rekin T1 - Extrait

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 21:15

Notre mère la guerre T1 - CouvertureEtranges recoupements que les circonstances - les hasards ? - nous offrent parfois.

Alors que, pour  K-BD, je commençais la lecture de Notre mère la guerre, passait hier soir sur le petit écran - que je fréquente très peu, pourtant ! - le film Indigènes.

D'une guerre à l'autre.

 

Champagne pour tout le monde, en ce terrible mois de janvier 1915. Mais les bulles sont des bombes, et les saveurs subtiles celles de la boue crayeuse des plaines champenoises, donc.

Tandis que les sangs inonde les tranchées, chaque morceau de métal - baïonnette, balle ou obus - les irrigants de sa sinistre moisson, des femmes tombent. Sous d'autres coups. Entre d'autres mains. La mort s'invite sous toutes ses formes dans ce bal macabre.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, mais aussi homme de lettres et de foi, est dépêché sur les lieux des crimes. Menant l'enquête sur la sinistre série, il se retrouve au coeur de la boucherie.

Sur sa route, pour le guider dans les méandres de la terre blessée et des corps meurtris, le caporal Peyrac. Rude gaillard qui a en charge un groupe de jeunes repris de justice : Jolicoeur, Lemarchand, Fournier, Le Goan... "Quinze étourneaux qui n'avaient pas encore compris pourquoi on leur avait ouvert la cage."

 

KRIS, que l'on peut ranger dans la catégorie des scénaristes engagés, brosse une terrible valse à trois tomes. Que Notre mère la guerre T2 - Couverturedevient l'homme face à l'innommable ? L'impensable ? Plongé dans le plus terrible conflit que le monde ait jamais connu ? (cette "Der des Ders" qui ne fut malheureusement que la Première...) Sous la boue qui recouvre tout et tout le monde, qui unifie, sous les bombes et les balles et les coups qui pleuvent aveuglément sur des hommes devenus tous égaux, que reste-t-il de chaque individu ? Quelle part d'humanité face à l'horreur ? Quelle part de soi face à la masse ? En guidant les pas du lieutenant Vialatte, KRIS peut laisser libre cours à sa verve envolée, poétique et rugueuse, où chaque mot est chargé comme une motte du poids des batailles.

 

MAËL donne à cette terrible histoire les traits et les couleurs qu'il fallait : les visages sont anguleux, les chairs meurtries, les yeux hallucinés, et le terne voile des cendres et de la poussière recouvre le monde, même au coeur des nuits grises sans répit. L'aquarelle, à laquelle il semble avoir fait appel, diffuse une pâle lumière et fait la part belle à l'ombre, au sang et à la terre. "Depuis tout ce temps, j'en sens encore le goût et l'odeur". Là réside une des forces de son dessin : il touche tous les sens. Les explosions muettes résonnent à nos oreilles, la poussière s'immisce dans nos bouches qui s'assèchent au fil de la lecture. De quoi rendre la guerre, omniprésente dans les corps et dans les têtes, particulièrement charnelle.

 

Notre mère la guerre est une terrible aventure humaine : celle de toutes les plongées dans l'horreur, celle qui entraîne là où personne ne devrait aller, celle qui révèle parfois l'inattendu, l'insoupçonné, au plus profond de chacun. Mais à quel prix.

 

"Un homme n'est rien pour vous et la minute suivante vous êtes prêt à braver l'enfer pour lui, dans un élan spontané, instinctif... J'ai compris cette nuit-là à quel point l'héroïsme était chose si commune."

L'instinct. Peut-être ce qui reste quand on a tout perdu, quand tout semble perdu.

 

"Tout au long du chemin du retour, la guerre m'apparaissait sous un autre jour. Je n'en distinguais plus la poésie, l'épopée ou l'aventure. J'en comprenais seulement l'immense gâchis."

Un gâchis emportant avec lui tant d'hommes, mais également tant de femmes.

 

La folie, sous toutes ses formes, n'épargne personne.

 

Champimages de poussière.

 

Notre-mere-la-guerre-T1---Extrait-copie-1.jpg

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 19:28

Local - CouvertureToujours dans le cadre de la préparation du  Raging Bulles du 30 septembre prochain, voici Local - je ne vous cache pas que je ne présenterai pas les six albums dont nous parlerons la semaine prochaine. A la fois par manque de temps, et parce qu'à mes yeux tous ne méritent pas une chronique. Vivement qu'on en parle !!

 

Mais revenons à ce Local au nom apparemment si mal adapté : Megan, en effet, passe son temps à bouger. D'une ville à l'autre, aux quatre coins des Etats-Unis. D'une vie à l'autre.

Au fil des ans et des rencontres, la jeune fille se forge peu à peu un caractère, à défaut de vraiment se forger une identité.

Des hommes, des femmes, des amis, des amants, quelques mauvaises rencontres d'infortune, quelques bonnes surprises aussi, et toujours ce besoin de se "délocaliser".

 

Douze chapitres pour douze instants et instantanés de vie, et autant de destins croisés, plus souvent heurtés que caressés. Non pas que le monde tourne mal, mais en tout cas pas toujours très rond.

 

Une vie dense - le récit fait plus de 320 pages ! - une vie riche, une vie bancale. Une vie prenante - difficile de lâcher le livre avant la fin ! - et très intéressante. A la fois parce qu'elle nous parle, pour partie, de nous - je sais, c'est un élément qui revient souvent dans mes critiques, et pourtant.... - et parce que la galerie de portraits qui se dresse au long de cette vaste allée narrative est particulièrement vraisemblable.

 

 Brian WOOD a donc accompli un travail scénaristique particulièrement poussé, à la fois pour la richesse des personnages qu'il nous donne à voir, mais également pour tous les événements, toutes les errances, qu'il développe autour de son héroïne. Le passé s'invite parfois entre les vies, mais c'est surtout les espaces qui s'entrechoquent, comme autant d'échos aux déplacements incessants de Megan.

 

Ryan KELLY met son trait épais et charnel au service de cette histoire souvent intimiste. Les gros plans, sur les visages ou sur les mains, s'enchaînent sans jamais sombrer dans la répétition, et les personnages sont charpentés et charnels, aussi épais physiquement que psychologiquement. La photographie s'invite parfois au creux des cases, dessinant des décors discrets - car retravaillés à l'encre - ou composant des arrières-plans flous, des affiches usées, des tableaux tramés.

 

Local fait partie de ses rares oeuvres tout en chair à lire, toucher, vivre, dont les auteurs étasuniens ont le secret : tout y est non seulement juste, mais particuièrement poignant, et le flot nous saisit, nous entraîne, sans répit. Et on en redemande.

La vie en pleine face.

 

Champimages en force.

 

Local - Extrait

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 18:50

16 oct 10 - Soirée du conte - Toulon

 

 

A vos agendas !

J'annonce certains événements un peu en avance, certes, mais avec tout ce qui se passe à Toulon - on ne ricane pas, surtout... - il faut un minimum d'organisation si on veut profiter d'un maximum de choses !

 

Le Centre Social et Culturel du Centre Ancien organise donc

la 2ième soirée du Conte

le vendredi 16 octobre 2010

de 16h30 à 22h30

A la Maison de l'Enfance et des Arts

Place de la Visitation

(dans le centre ville de Toulon, entre le Cours Lafayette et les Remparts)

 

Organisée pour tous les publics, cette soirée sera animée par la  Compagnie Audigane et Jaso-M.

 

Comme indiqué sur la jolie silhouette de roulotte (une silhouotte ?), plus d'informations au 04 94 21 05 79.

 

Ils content (ah ah) sur vous...

 

Champ'il était une fois

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