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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 08:15

LAMY - Zèle de la justice

 

Romain LAMY pour Télérama.fr

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 23:10

Raging BullesCa y est, c'est officiel,  Raging Bulles, évoqué par ici il y a peu, s'intalle à Toulon. Pour un bon bout de temps j'espère !

 

Le premier round aura lieu

jeudi 30 septembre

à partir de 19h

à la Librairie Contrebandes

(qu'on ne présente plus !)

 

Au programme, les critiques croisées des 6 ouvrages suivants :

 

Acqua Alta, par Schmitt. 

Arzach T1 - L'Arpenteur, par MOEBIUS.

Bienvenue T1, par Marguerite ABOUET et SINGEON.

Cerebus, par Dave SIM.

La pes rekin T1, par Stéphane PRESLE et Jérôme JOUVRAY.

Local, par Brian WOOD et Ryan KELLY.

 

Une sélection riche et hétéroclyte, qui a a priori tout pour plaire.

 

Les échanges - entre critiques, que j'ai pour mission de modérer ! - et avec le public (que nous espérons nombreux, surtout pour cette première !!) auront lieu autour d'un ou deux verres, histoire d'échauffer les esprits, mais pas trop.

 

Pour info, à partir de 18h, la Librairie Contrebandes aura accueilli le vernissage de l'exposition "Tables d'artistes" qui bat son plein dans différents lieux toulonnais (plus d'infos ici).

 

La BD n'a jamais quitté Toulon.

Il semblerait qu'en cette rentrée, elle décide de prendre un peu plus de place.

Ce n'est pas moi qui m'en plaindrai...

 

Champimages qui débattent

 

(note : le visuel n'a rien à voir avec le blog de Raging Bulles. Ce n'est qu'un clin d'oeil, en attendant le logo qui devrait arriver sous peu).

 

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 21:29

banniere-kbd-neon-rougeLa Nef des fous, deuxième !

 

Après la critique unique, juste ici, voici la critique croisée sur K-BD : que demander de plus ?

 

Bonne lecture !

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 15:42

17 sept 10 - Castellet 2

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 15:00

David Boring - CouvertureJ'ai déjà évoqué par deux fois dans ces "pages" le nom de Daniel CLOWES. Il était donc plus que temps d'enfin lui consacrer un article à part entière.

 

En attendant de présenter Ghost World, le livre qui le fit connaître en France - et dont le film du même nom fut tiré - voici David Boring.

 

L'histoire d'un garçon en apparence froid et ordinaire, qui partage son appartement avec Dot, une amie de longue date. Dot est lesbienne. David est obsédé par les postérieurs féminins. Dot est en butte à l'incompréhension d'un autre âge de bon nombre de gens. David rejoue encore et toujours un inoubliable été de son enfance.

 

Et surtout, il essaie d'échapper à sa mère tyrannique, et d'un peu mieux comprendre qui était son père, auteur de comics à l'oeuvre parcellaire.

 

Débarquent alors Whitey, un ami d'enfance, "un jeune blanc-bec cynique en quête de sociabilité après avoir été le punching-ball de toute l'école", et Wanda, rencontrée par hasard dans le bus, durant une scène "d'une immobilité cristalline".

 

Le décor est planté, les personnages commencent déjà à s'agiter vainement, et les thèmes chers à l'auteur affleurent au bout de quelques cases : frustration, désir, étrangeté, évoluant en heurts dans un monde raide, figé, sclérosant. Seul espoir de changement : une guerre mystérieuse, des attentats dont "on" parle, mais tout semble si loin...

 

La mort de Whitey et la disparition de Wanda bouleversent l'ordre des choses. Les obsessions de David l'entraînent toujours trop loin, Dot essaie de maintenir à flot.  Le reste du monde en décide autrement...

 

Au fil de ses différentes oeuvres, Daniel CLOWES semble être devenu un spécialiste des âmes tourmentées chancelant dans un monde castrateur et indifférent.

La réalité n'est jamais à sa place, les schémas cohérents jamais au rendez-vous, et la complexe psychologie des personnages déteint sur la trame même de l'univers.

David cherche et se cherche. Il se perd souvent, entre l'énigme des cases des comics de son père, et les petits symboles laissés par Wanda. Son obsession labyrinthique l'emporte au plus profond de la noire froideur humaine, au-delà du compréhensible.

C'est sans doute cela : Daniel CLOWES est un patient trameur et détrameur des pulsions, qu'il observe, mêle, démêle avec l'inerte distanciation dont il a le secret, servie par des récitatifs riches et oppressants, et un trait glacial, un peu raide, qui fait la part belle aux regards et aux zones d'ombres.

 

Bien sûr, il y a une histoire. Une enquête.

Bien sûr, tout cela avance, lentement, sûrement, repère par repère.

Pourtant, le malaise demeure et croît au fil des pages, des rencontres, des hallucinations de David, des tensions physiques ou émotionnelles entre les personnages.

 

Difficile de sortir indemne des récits de Daniel CLOWES, qui touche au plus profond de nous, au plus enfoui, au plus douloureux. Là où la mémoire s'étiole pour nous faire oublier nos instincts primaires.

Et, finalement, veut-on savoir ce qui se cache vraiment derrière le regard sans vie de David Boring ?

Mais a-t-on vraiment le choix...

 

Champimages en noir, et blanc, et gris foncé...

 

David Boring - Extrait

 

(Cet extrait en v.o. nous permet de constater que les cases soi-disant extraites des comics du père de David étaient en couleur dans l'édition étasunienne. Dommage que les petits gars de Cornelius n'aient pas conservé ce parti-pris pour l'édition française...)

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 11:02

Bienvenue - CouvertureJe ne vous ai pas encore parlé, je crois, de Raging Bulles. C'est un projet qui a vu le jour à Bordeaux, a grandi à Marseille, et vient maintenant prendre quartier à Toulon.

Un rendez-vous mensuel pour parler BD : je ne pouvais pas manquer ça !

4 critiques, un modérateur (votre humble serviteur, pour le coup), et six albums récents autour desquels débattre chaque dernier jeudi du mois.

 

Bienvenue, de Marguerite ABOUET et SINGEON, fait partie de la première sélection 2010-2011.

Bienvenue n'est pas qu'un hommage à un personnage à modeler créé par mon copain Richard. Je crains d'ailleurs que les auteurs ne connaissent pas, ou peu, ce bonhomme-là.

Ils ont choisi ce nom hors du commun - bien que "figurant sur le calendrier français" - pour leur héroïne en baskets rouges.

Jeune étudiante aux Beaux-Arts, Bienvenue peine à joindre les deux bouts, et ne sait pas vraiment où elle veut aller.

Alors elle se laisse porter par son entourage : sa cousine Lola, avec laquelle elle partage un très petit appartement offrant aussi peu d'intimité à l'intérieur que vis-à-vis des nombreux - et envahissants - voisins de palier. Son amie Rachel, qui vit dans un immeuble très très bourgeois gardé par une concierge très très irrascible. Son ami Olga, qui n'a pas choisi la vie amoureuse la plus simple. Et sa mère, qui vit retirée à la campagne, et qui cherche à faire revenir sa fille à ses côtés.

Sans compter les innombrables rencontres qui émaillent ces premières semaines très mouvementées : une femme dans le métro, un père de famille pour lequel elle fait du baby-sitting, un professeur un peu rude, les autres femmes de l'immeuble, les jeunes hommes de passage...

 

Vaste et riche galeries de portraits et de vies croisées, parfaitement orchestrée par Marguerite ABOUET. La vie qu'elle a déjà insufflé à sa série Aya de Yopougon se retrouve ici, dans les paysages parisiens, avec la même acuité, la même justesse, et une certaine causticité - Bienvenue cultivant l'acidité avec méticulosité. Les situations sont toutes plus probables les unes que les autres, tout en restant originales, et les dialogues, bien que parfois un peu trop écrits, sonnent très justes. Comme si la scénariste s'était parfaitement glissée dans la peau de chaque protagoniste, et dans des milieux très très différents. Une vraie caméléone !

 

Le trait de SINGEON est à l'image de l'histoire : dynamique, sachant mêler le détail et l'épure, et faisant la part belle aux expressions des visages - exercice d'autant plus difficile quand les visages se résument à quelques traits ! Les décors savent foisonner ou s'effacer au gré des besoins de la narration, et quelques images pleine page rythment avec justesse un récit souvent très dense. Les fonds noirs s'invitent parfois au milieu des hachures, conférant aux cases une densité supplémentaire, mais ils savent aussi laisser la place aux grands aplats colorés composés par le dessinateur et par Clémence.

 

Inutile de chercher dans les pages de Bienvenue le souffle de l'aventure ou de l'humour à chaque case : les auteurs nous offrent avant tout un portrait éclaté de tout un monde gravitant autour de Paris. Rencontres, questions, silences, secrets, sourires... Une comédie humaine des temps modernes, en somme. Avec justesse.

Très plaisant, à défaut d'être vraiment dépaysant.

 

Champimages de nos vies.

 

[En prime, un lien vers le site de l'association créée par Marguerite ABOUET : Des Livres pour Tous.]

 

Bienvenue - Extrait

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 08:26

Le-Voyage-d-Anna-Blume-copie-1.jpgAnna est à la recherche de son frère, qui est parti et qui a disparu.

 

Elle débarque dans une immense cité anonyme frappée par la ruine, la faim, la folie. Avec distanciation, elle décrit la société de survie et de désespoir qui s'y est développée, avant d'y sombrer.

Car la "Cité de la Désolation" (citée en avant-propos, empruntée à Nathaniel HAWTHORNE) est un ogre implacable et sans répit.

 

Après avoir suivi Paul AUSTER dans les rues new-yorkaises, nous voilà juste derrière son épaule, lui-même lisant d'un regard faussement détaché le journal rédigé par Anna, dans un grand cahier bleu qui compte trop peu de pages.

 

Dans cette interminable cité à laquelle on ne peut penser sans imaginer les immenses gratte-ciel de New-York, le froid, la misère, la détresse rôdent bien plus sûrement que des meutes de loups.

Un gouvernement instable et fantôme entretient un semblant d'ordre coercitif et incohérent, et des groupes plus ou moins importants, plus ou moins structurés, organisent un recyclage généralisé ou un acheminent accéléré vers la fin.

 

Et, entre folie(s) et décombres, Anna cherche William.

Un chemin parsemé d'embûches et de rencontres. De bribes d'espoir ou de faux radeaux.

 

Le titre original de l'oeuvre, In the Country of Last Things, en dit long sur la fin du monde qui semble se profiler à chaque page. Dans cette ville atopique et atemporelle, tout est à la fois suspendu et en lent effritement. Chaque souffle désagrège des morceaux de vie, chaque mot tombe comme un nouveau flocon de cendre dansant au-dessus du dernier brasier.

L'ailleurs d'où Anna vient, et auquel elle adresse son journal de voyage, se perd dans une nébuleuse qui n'existe sans doute plus que dans la mémoire. Perdu derrière des murailles que l'armée surveille et surélève.

 

Livre des illusions et de l'inéluctable fin, La Voyage d'Anna Blume en serait presque suffocant, s'il n'était pas aussi bref. Heureusement. Ne disposant que d'un seul cahier, Anna n'a pu tout nous (d)écrire. Heureusement. Le froid commençait à s'immiscer.

 

"J'ai essayé de tout faire tenir, d'arriver au bout avant qu'il ne soit trop tard, mais je me rends compte maintenant que je me suis très lourdement trompée. Les mots ne permettent pas ce genre de choses. Plus on s'approche de la fin, plus il y a de choses à dire. La fin n'est qu'imaginaire, c'est une destination qu'on s'invente pour continuer à avancer, mais il arrive un moment où on se rend compte qu'on n'y parviendra jamais. Il se peut qu'on soit obligé de s'arrêter, mais ce sera uniquement parce qu'on sera à court de temps. On s'arrête, mais ça ne veut pas dire qu'on soit arrivé au bout."

 

Champittéraire

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:04

Des hommes et des dieux

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 09:55

Paul à la campagne - CouvertureQu'on le veuille ou non, nous sommes tous sous l'influence des médias, même quand on chercher à garder nos distances. Le recul, le libre-arbitre, l'esprit critique, tout ça...

Ainsi, la petite polémique autour de l'attribution du Prix du Public à un presque inconnu du public français lors du Festival d'Angoulême 2010 était parvenue à mes oreilles :  Michel RABAGLIATI, auteur de BD à part entière depuis plus de dix ans, pourtant, voyait enfin son oeuvre, essentiellement connue au Québec, reconnue outre-Atlantique. Il était temps.

 

En attendant de me plonger dans le Paul à Québec qui a marqué le palmarès 2010, j'ai décidé, avec méthode - et non pas obsession psycho-rigide, que les choses soient claires ! - de me plonger dans le premier opus de cette série sans en avoir l'air : Paul à la campagne (dont l'auteur évoque très bien la genèse ici).

 

Paul, sa femme et sa petite fille s'en font à la campagne, par les routes encombrées et les villes tentaculaires. Ils rendent visite au père de Paul. Ce bref voyage dans l'espace ouvre les portes à de nombreux allers-retours dans le temps, quand Paul était enfant. Que c'est lui qui occupait le siège arrière de la voiture. Qu'il découvrait ce coin de campagne. Qu'il profitait de la vie et de la nature en compagnie de sa famille, de ses amis...

 

Une telle entrée en matière pourrait paraître simpliste, voire simplette. J'espère surtout qu'elle reflète la touchante simplicité qui se dégage du récit et du trait de Michel RABAGLIATI.

Dans un style très épuré et très lisible, l'auteur jongle avec les va-et-vient de la mémoire et de l'histoire comme on se laisserait porter par un rêve éveillé.

Pas d'aventure avec un grand A, pas de rebondissements à chaque coin de page. Juste la vie, comme elle va, comme elle vient, avec ses moments de doute, de joie, de tendresse, de tristesse, et ce petit fil qui se déroule lentement mais sûrement, en cycles et en spirales, vibrant d'échos et de surprises.

 

Rien de nouveau sous le soleil de la BD preque autobiographique, pourraient râler certains. Et pourtant... Le trait a ses spécificités, et son charme. Le rythme de la narration nous berce sans heurts mais sans effet lénifiant non plus. Et Michel RABAGLIATI sait alterner humour et gravité, sans caricature.

 

Paul à la campagne est suivi d'une histoire plus courte, Paul apprenti typographe, hommage à un métier en voie de disparition, et surtout à l'amour entre un père et son fils.

 

Des lectures salutaires, donc, à la fois par leur humanité - une valeur que j'apprécie toujours beaucoup dans mes lectures - mais aussi pour le frais bain de francophonie québécoise dans lequel nous plongent la plupart des bulles.

 

Comme une touche d'exotisme au coin du quotidien.

 

Champi de la Belle Province.

 

Paul à la campagne - Extrait

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 09:08

Table ronde Métamorphose

 

Comme je vous l'avais indiqué il y a quelques temps, j'ai de nouveau eu la chance et l'honneur d'animer deux tables rondes durant le  Festival de BD de Solliès-Ville.

 

Voici un petit (et parcellaire) compte-rendu de l'échange qui a eu lieu autour de la collection Métamorphose, chez les éditions Soleil. Cela a eu lieu le 29 août 2010.

 

Vous pouvez retrouver, sur la petite photo ci-dessus, de droite à gauche,  Man ARENAS, Barbara CANEPA,  Jérémie ALMANZA (au micro) et  Claire WENDLING.  Giovanni RIGANO était aussi de la partie, mais s'est caché le temps de la photo !

 

Bonne lecture, et encore grand merci à ces talentueux auteurs de s'être prêté à l'exercice...

 

 

Comment vous est venue l'envie de faire de la bande dessinée ?

 

Barbara CANEPA :

Au départ, j'ai fait de l'illustration. Mais c'était trop fixe, et j'avais besoin de pouvoir développer des histoires, des personnages. La BD me semblait offrir la même liberté que le roman, à ce niveau-là.

Après 15 ans à faire de la BD, je me rends compte que le genre est encore assez fermé à la narration. J'ai donc ressenti le besoin de me tourner vers des livres plus proches des romans.

J'ai toujours éprouvé un grand amour pour les livres, et pour les livres anciens. Je les collectionne, et cela participe sans doute de la culture européenne du livre.

J'ai aussi éprouvé le besoin de communiquer davantage avec le public, tout en faisant quelque chose de plus libre.

La BD est un métier solitaire : il faut être porté par l'amour pour pouvoir le faire. Cet amour, cette envie de communiquer ont pu s'épanouir dans l'édition, qui est un bon moyen de communiquer avec le public, mais aussi avec d'autres artistes.

A présent, je pense que la prochaine étape de mon évolution créatrice et professionnelle est dans le livre plus classique, peut-être le roman..

 

Claire WENDLING :

J'ai toujours dessiné des petits univers à m'approprier, comme des maisons de poupées. Dessiner une famille, des animaux de compagnie.

Ce que je dessinais à l'époque où je suis entré dans le milieu profesionnel était adapté à la BD qui se faisait à ce moment-là.

J'ai alors travaillé avec des scénaristes. C'était plaisant, mais je me sentais davantage illustratrice qu'auteure de bande dessinée. Je réalisais des BD pour faire plaisir aux scénaristes.

Je me suis toujours contenté des rencontres avec mes créations, mes copains de papier. Comme j'étais fille unique, ils peuplaient mon environnement parfois désert.

Je n'ai jamais trop été dans la communication, car je n'en éprouvais pas le besoin.

Je cherche avant tout à travailler avec les gens que j'aime, dans le but de leur faire plaisir. Ce qui peut paraître un peu enfantin...

 

Comment est née la collection Métamorphose ?

 

BC :

J'étais fille unique, et j'ai été très tôt orpheline de père, comme Claire. Pour passer le temps et lutter contre la solitude, je dessinais beaucoup. J'en ai fait mon métier.

Toutefois, même si j'aime être seule, je ne peux pas vivre sans les autres. J'ai toujours trouvé la solitude pesante, et j'ai traversé des phases de dépression, ressentant un manque de relation.

A cela s'ajoute ma curiosité boulimique. Or, à quarante ans, je me suis rendu compte que je ne pourrai pas tout faire, que je ne pourrai pas mener tous les projets que j'avais en tête à quinze ans. C'est aussi pour cette raison que j'ai eu envie de travailler avec les autres.

La charte graphique de la collection Métamorphose a quelque chose de victorien. Mon grand-père était collectionneur de vieux livres ; or, ces livres-là manquent beaucoup aujourd'hui, ou alors il faut aller chercher du côté des livres d'art, qui coûtent beaucoup trop cher.

Je voulais faire des beaux « vieux » livres qui resteraient abordables.

 

Comment s'est faite la rencontre entre Barbara CANEPA et les autres auteurs de la collection ?

 

Giovanni RIGANO :

Je connais Barbare depuis bien longtemps, depuis l'époque où nous travaillions pour les studios Disney. Il y a trois ans, elle m'a demandé de participer à la collection. Elle a vu des esquisses dans le style art déco et le style gothique, que j'avais faites pour un autre projet, et elle m'a donné son feu vert pour réaliser un livre dans sa collection.

 

Jérémie ALMANZA :

J'ai rencontré Barbara en même temps que Guillaume BIANCO, à Angoulême. J'ai présenté mon book à Guillaume, et il m'a tout de suite proposé un projet. Barbara nous a laissé carte blanche.

La difficulté a surtout été de travailler avec Guillaume, car sa vision graphique s'opposait à la mienne.

 

BC :

En fait, Guillaume réalisait un storyboard, avec des orientations graphiques qui allaient parfois à l'encontre des envies graphiques de Jérémie. Il lui a fallu comprendre – et accepter – l'univers graphique de Jérémie.

La difficulté pour moi réside souvent dans le fait de choisir une couverture : le dessinateur me fournit plusieurs dessins, pensant que certains seront appropriés, mais c'est moi qui doit trancher sur ce point.

C'est sans doute pour cette raison que je préfère travailler avec des amis, avec lesquels on peut plus facilement expliquer et négocier certains éléments.

 

CW :

J'ai rencontré Barbara il y a bien longtemps.

J'avais déjà réalisé ce carnet de croquis, Daisies, aux Etats-Unis, et Barbara a demandé à le faire paraître en France chez Soleil.

Ce livre, ce dernier livre, est celui dont je suis le plus fière, car c'est une amie qui s'en est occupé.

 

Manuel ARENA :

J'ai commencé mon blog il y a quatre ou cinq ans, pour présenter l'évolution de mon projet sur le Faune. Un jour, j'y ai reçu un commentaire kilométrique : Barbara prenait contact avec moi – après plusieurs mails auxquels je n'avais a priori pas répondu.

Elle m'a apporté la garantie de pouvoir voir mon projet rapidement traduit en plusieurs langues. Ce dont j'avais besoin, car j'ai une vie très internationale ! (Je suis né en Belgique, d'une famille d'origine espagnole et je travaille essentiellement en Allemagne !) Et je voudrais que mes amis, que ma famille, en Allemagne ou en Espagne, puissent rapidement découvrir Yaxin et le Faune.

Je pensais que je n'aurais besoin que de six mois de travail pour boucler le projet... et il m'en a fallu près de vingt-et-un ! Heureusement que, ayant travaillé dans le milieu du film d'animation, j'ai l'habitude des rythmes intenses !

Recevoir un prix ici, à Solliès-Ville, alors que mon album n'est pas encore sorti [Man a reçu le prix Révélation 2010], me fait me sentir comme Barak OBAMA recevant le Prix Nobel : tout reste à faire.

 

Plusieurs d'entre vous ont déjà travaillé dans le monde du film d'animation. Quelle influence cela a-t-il eu sur votre travail d'auteur de BD ?

 

CW :

Cela m'a appris l'efficacité.

J'ai beaucoup aimé la mentalité dans le milieu de l'animation : les gens éprouvent un véritable amour pour le dessin, sans se prendre pour des artistes qui font des livres avec leur nom dessus, sans avoir la grosse tête.

Je m'y sentais comme dans une grande famille.

 

BC :

J'ai travaillé pour les studios Disney, où régnait un très grand professionnalisme, et où les exigences étaient très importantes - avec un salaire conséquent en contre-partie. Deux ans de travail dans ces studios valent bien dix ans ailleurs : c'est une école très dure, mais très formatrice ! Durant la première année, il fallait apprendre à dessiner TOUS les personnages Disney, dans leurs moindres détails, leurs moindres proportions.

Le mauvais côté, c'est que Disney, comme Warner d'ailleurs, porte une grosse marque de fabrique. On y manque de liberté.

Je pense que mon trait, sous cette contrainte, en a été conditionné.

Par contre, j'ai appris à tout animer, même les objets ! Et savoir rendre une chaise expressive, c'est très utile !

 

MA :

J'ai baigné dans l'univers de l'animation dès mon enfance.

Je suis né à Bruxelles. La BD était dominée par le Journal de Tintin, la ligne claire. C'était quelque chose de très sérieux.

Lorsque je suis allé en Espagne, j'ai découvert les dessins animés qui passaient à la télévision, alors. Notamment Marco, réalisé par l'équipe qui avait déjà créé Heidi. Le duo TAKAHATA-MIYAZAKI.

Je suis ensuite retourné en Belgique, pour travailler. J'ai rencontré un production qui adaptait des BD en dessins animés, notamment les Schtroumpfs. J'ai commencé à dessiner des layout, avant de me consacrer au design.

En 1988, j'ai reçu deux claques : j'ai découvert Mon voisin Totoro, que j'ai dû bien regarder quinze fois d'affilée, et Akira quelques mois après. Je me suis alors senti comme Claude MONET face aux estampes japonaises, et je me suis rendu compte que je ne pourrais pas faire de la BD classique comme celle que l'on trouvait en Belgique.

En attendant de pouvoir poursuivre ma BD, j'ai continué à travailler dans le dessin animé.

Et finalement, avec le temps et la maturité, le Faune a peu à peu vu le jour. Et quand la collection Métamorphose m'a donné carte blanche, j'ai pu franchir l'ultime étape.

 

Quelques mots sur vos prochains projets ?

 

CW :

J'ai un projet en cours chez Soleil, avec Clotilde [VU], à qui je veux faire plaisir.

Peut-être qu'ensuite, je me consacrerai à un nouveau projet avec Barbara.

Je me sens bien avec toute cette équipe, j'essaie de les voir souvent.

Ça me rassure de continuer à être dessinatrice. J'ai parfois du mal à me comprendre, alors ça me fait du bien si d'autres arrivent à me comprendre.

 

JA :

Je travaille actuellement sur le deuxième tome de Eco, avec Guillaume BIANCO.

Je prépare également une petite BD chez Delcourt, dans le même genre que Aristide broie du noir.

 

BC :

Notre prochaine sortie sera Yaxin et le Faune.

Ensuite devrait paraître une nouvelle édition des Contes Macabres, de Benjamin LACOMBE, avec une nouvelle nouvelle illustrée.

La suite de Billy Brouillardest prévue pour le mois de novembre 2010.

Je travaille également à un épais volume de 232 pages sur l'univers de Sky Doll: de quoi satisfaire de nouveaux lecteurs en attendant la sortie du quatrième et dernier tome. Il comportera 22 pages d'histoires inédites et 40 pages d'hommages. Son format sera un peu plus petit que celui des albums.

A travers le miroir, variation autour d'Alice au pays des merveilles, devrait paraître au début du mois de décembre 2010.

Enfin, End, sur lequel je travaille depuis plusieurs années, devrait voir le jour au printemps 2011.

Après mon intense collaboration avec Alessandro BARBUCCI, j'ai eu du mal à entamer une nouvelle collaboration. Nous étions complémentaires, j'avais pris trop d'habitudes à ses côtés...

 

MA :

Je commence à travailler sur la suite du Faune, mais chaque tome sera indépendant des autres. Il aura un rapport avec le monde des nymphes.

Je prépare aussi un album un peu éducatif, pour les tout petits, qui tiendrait un peu de l'herbier.

Enfin, j'aimerais pouvoir partager mon amour pour certains auteurs disparus : Pablo NERUDA, Federico GARCIA LORCA... J'aimerais également pouvoir adapter Roméo et Juliette en BD. En respectant le texte intégral. Ce ne sera pas une mince affaire...

 

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