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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:59

Dictionnaire des verbes qui manquentSous ces mystérieuses lettres se cache le Dictionnaire Des Verbes Qui Manquent, indispensable complément à nos bibliothèques ludottéraires.

 

A mi-chemin entre les mots-valises et les (entre parenthèses), ces dignes descendants des plus beaux fleurons oulipiens émaillent la page comme une mosaïque syntaxique.

 

Un exemple pour le plaisir et pour la route :

 

S'arbriter

Se mettre sous un arbre pour s'abriter de la pluie.

 

Pas toujours trè original, certes, mais en tout cas toujours élégant.

 

Champi & et les mots en liberté

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 23:18

14 mars 10 - Arbre 4

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 21:58

La course au mouton sauvageLa course au mouton sauvage... Voilà bien encore un de ces titres improbablement poétiques dont Haruki MURAKAMI a le secret.

Un secret qui toutefois a des airs de recette.

Non qu'il ne soit pas plaisant de goûter à la cuisine qui nous agrée, mais lorsque les plats se suivent de trop près, on frôle la satiété.

 

Or, ce cher mouton partage quelques points communs avec l'oiseau à ressort dont je vous parlais il y a quelques mois : un homme suspendu entre quotidien et vide, une femme mystérieuse aux étranges prémonitions, une puissance politico-occulte, une quête...

Certes, des éléments bien imprécis que l'on pourrait combiner à l'infini sans sombrer dans la répétition.

Mais lorsqu'ils sont liés par le style caractéristique de l'auteur, ils ont un goût de déjà vu - si je puis dire.

 

Ne boudons toutefois pas notre plaisir : l'écriture est fluide, agréable, riche en tournures et trouvailles, et les situations glissent avec délice de la banalité à l'inattendu. Que le narrateur, jeune publicitaire tokyoïte, se retrouve contraint de retrouver la trace d'un mouton entr'aperçu sur une photo et portant une drôle d'étoile sur son dos n'a finalement rien d'étonnant.

Car MURAKAMI sait tisser des univers où tout peut arriver sans que finalement cela ne nous semble incongru.

Le temps se dilate ou se rétracte à loisir, les regards s'accrochent ou se perdent, les personnages aussi...

 

Un récit comme toujours porté par une profonde affection pour toute la culture du monde ("Un écrivain russe disait que, si le caractère pouvait s'altérer quelque peu, la médiocrité demeurait identique pour l'éternité. Ils sont quelquefois très avisés, ces Russes. C'est sans doute qu'ils ont tout l'hiver pour gamberger."), par un humour décalé et délicat, et un délicieux sens de la formule ("Le train (...) transportait au total une quinzaine de passagers. Tous ligotés l'un à l'autre par les solides liens de l'indifférence et de l'ennui.")

 

Un plaisir à goûter par intermittence, donc. Souhaitable retenue qui fera durer d'autant plus longtemps l'attachement à ce poète de l'à-côté.

 

Champici et là

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 19:20

Les derniers jours d'un immortel - CouvertureJ'écoute souvent les conseils de mon libraire préféré - que je ne présente plus ... Bon, allez, si : Gilles, de Contrebandes ! Etonnant, non ? - et une fois encore j'ai bien fait : Les derniers jours d'un immortel est une excellente BD !

Bon, c'est bien beau de le dire, mais encore faut-il le prouver...

 

Elijah est un des sages de la police philosphique.

Doté d'une phénoménale mémoire d'immortel, il voyage aux quatre coins de la galaxie pour résoudre des enquêtes ou des litiges diplomatiques, fort nombreux dans cet univers où des milliers d'espèces et de peuples différents cohabitent.

Lorsque les dossiers en cours sont trop nombreux, il fait appel à un de ses échos, qui lui permet d'être dans deux endroits à la fois. Pour le meilleur et pour le pire...

Et, justement, voilà que ce pire semble se profiler, à travers une affaire nécessitant de plonger au coeur de la mémoire de deux civilisations...

 

Avec Les derniers jours..., Fabien VEHLMANN , signe une histoire qui, comme bien souvent dans le genre, plonge dans la "science-fiction" en apparence la plus débridée pour éffleurer des questions profondément humaines et, de fait, d'actualité.

Fort de sa formation et de son histoire, Elijah cherche les voies de l'objectivité la plus totale, afin de comprendre au mieux les étranges cultures qu'il découvre. Mais plus il s'ouvre à l'univers, plus il semble tourner le dos à son passé, sa mémoire, aux siens ...

 

Gwen de BONNEVAL offre son crayon légèrement charbonneux et parfois nuancé de lavis à ce conte philosophique. En développant une esthétique dépouillée, presque minimaliste, il dessine un univers évoquant les futurs graphiques imaginés dans les années 50 et 60 - certains coupes de cheveux y font d'ailleurs résolument penser !

Cette simplicité permet d'accepter avec naturel l'étrange brassage interplanétaire brossé en toile de fond, et les innovations technologiques improbables et pourtant évidentes.

 

Loin des débauches d'effets spéciaux et des intrigues alambiquées, les deux auteurs nous offrent un récit finalement très universaliste et d'une indémodable pertinence.

Plaisir simple, plaisir rare.

Tout sauf évident.

 

Champimages essentielles.

 

Les derniers jours d'un immortel - Extrait

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 10:08

La Saison des flèches - CouvertureL'heure est décidément aux histoires improbables, ou en tout cas inhabituelles. Et donc rafraîchissantes.

Après Irène et ses mondes parallèles, voici Agnès, son mari, et leurs Indiens en boîte...

 

En effet, grâce à Mulligan's Tradition, une technique de réduction et de conservation des Indiens a été trouvée, au XIX°s.

Ainsi, chacun peut aujourd'hui avoir chez lui une petite famille apache ou iroquoise, pas toujours très causante, certes, mais en tout cas très humaine.

 

A grand renfort de pages de journal intime, de publicités, d'extraits de livres documentaires ou photographiques, Guillaume TROUILLARD et Samuel STENTO  déroulent pour nous cette fabuleuse histoire : la rencontre de deux familles - celle d'Agnès et celle de ... Gérald ! - et les conséquences spatiales et sociales qu'elle engendre.

Le tipee s'installe sur le lit, les bisons sont attirés par le long couloir, et les voisins commencent à se plaindre des fuites...

Quant au gouvernement, va-t-il encore accepter longtemps la présence de ces sans-papiers sur le sol national ?

 

A la fois chronique sociale, chevauchée fantastique, et conte poétique humaniste, la Saison des flèches se place sous le signe de la rencontre et du choc. En prenant le parti de la poésie plutôt que de la morale, dans un récit qui laisse toute sa place au silence, aux corps en mouvement ou en suspens, aux regards. Par-delà les barrières langagières.

 

Brandissant ses pinceaux comme une hache de guerre, Guillaume TROUILLARD - rencontré durant une séance de dédicaces à Contrebandes , et par ailleurs fondateur des Editions de la Cerise  - manie l'aquarelle mieux que le Grand Manitou, et passe du sépia des frises aux lavis des photos anciennes - ou en tout cas intemporelles - en passant par d'époustouflants paysages qui nous font regretter nos périphéries encombrées.

 

Merci aux auteurs pour ce moment hors des codes où sourires et amertume se disputent un espace résolument indéfinissable et incatalogable : celui de l'art.

 

Les planches originales de l'album sont exposées à Contrebandes jusqu'au 15 mai 2010.

Profitez-en, avant de vous plonger dans cet album incontournable.

 

Champimages kaléidoscopes

 

La Saison des flèches - extrait

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 09:48

Irène et les clochards - Couverture"Bonjour je m'appelle Irène.

Je suis étudiante à l'EHESS, j'ai 24 ans, et je travaille dans une librairie à mi-temps, depuis 2 ans, dans le dixième.

Je fais un peu de sport (du volley).

Et je fais partie d'une association de soutien aux femmes atteintes du cancer du sein."

 

Irène vit comme elle raconte.

Simplement. Lapidairement, même. Sans doute un peu mélancoliquement aussi. Et avec un étrange détachement qui la fait naviguer entre la réalité et un monde où la mort peut surgir à tout moment, qu'elle la donne ou la subisse.

 

Sorte de funambule, Irène laisse parfois le monde avancer autour d'elle sans qu'elle cherche vraiment à bouger, à lui échapper.

Comme prise dans une attente.

Comme prise au piège.

 

Alors elle se dit qu'elle pourrait faire une étude sur les clochards.

Alors elle achète un sabre.

Alors elle rencontre Naïma.

 

Avec leur style à la fois précis et dépouillé, Florent RUPPERT et Jérôme MULOT donnent vie à une Irène qui tient autant de l'humain que de la marionnette laissée à elle-même. Brossant un monde de détails qui nous rappelle nos coins de rue, le "duoteur(s)", par un jeu de visages à cache-chache établit depuis plusieurs albums, transforme le quotidien en étrangeté.

Tout devient possible, les repères se brouillent entre les différentes réalités, et nous ne savons finalement pas toujours si nous avons affaire ou non à la vérité, laquelle, de toute façon, s'adonne elle aussi et presque en permanence au cache-cache.

 

Entre le conte et la chronique, l'ailleurs et la détresse, comme un miroir à peine déformant de nos états d'âme.

 

Sans dire qu'il y a un peu d'Irène en chacun de nous, il y a sans doute un peu de chacun de nous en elle.

 

La pauvre...

 

Champimages qui vibrent

 

(Profitons-en au passage pour saluer la maison d'édition L'Association, qui fête ses 20 ans d'exigence et de qualité. Longue vie à eux et à leur radicalité bienvenue !).

 

Irène et les clochards - Extrait

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 09:38

Transmetropolitan T6 - Couverture"Une dernière fois". Le titre a le mérite d'être explicite.

 

Dernier tour de piste pour un des héros de BD les plus iconoclastes - et les plus pertinents ! - de ces dernières années.

 

Spider JERUSALEM sort les dents pour une ultime morsure, celle qui doit mettre à bas Le Sourire, chacun des deux ayant juré la perte de l'autre.

 

Warrent ELLIS, meilleur que jamais, double intrigue alambiquée et dialogues acérés d'une chute magistrale. De l'excellence jusqu'au bout.

Avec en prime un coup d'oeil lucide sur les rouages politico-économico-médiatiques de notre chère société. Toujours salutaire.

 

Darick ROBERTSON, l'homme du détail qui tue, laisse ses crayons à quelques invités pour une première partie atypique : un corpus d'articles de Spider JERUSALEM lui-même (excusez du peu !) illustrés par de magnifiques contributions pleine page des quelques uns des plus grands noms de la bd étasunienne et anglo-saxone : Eduardo RISSO, David MACK, Bill SIENKIEWICZ, Michael AVON OEMING, Brian Michael BENDIS... De bien belles cerises sur ce gâteau à la nitro.

 

 

Quand la ville brûle et que le pouvoir perd les pédales, y a-t-il encore un espoir ?

Et cet espoir est-il tranquillement assis sur ses toilettes ?

 

A vous de voir...

 

Champimages à la dynamite...

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 07:34

LogoramaImaginez un monde où les logos sont les rois : ils dessinent les architectures, les objets, et la population.

Couleurs criardes, formes alambiquées, ou au contraire d'une simplicité presque naturelle, impavides ou frénétiques, ils sont là, ils sont partout, ils font le monde, ils sont le monde...

 

Il ne s'agit toutefois pas (encore) de notre monde à nous - même si, au vu de certaines banlieues commerciales, on peut parfois en douter ! - mais de celui de Logorama, univers dérangé - et dérangeant... - imaginé (a priori sans autorisation !) par le trio H5 : François ARAUX, Hervé DE CRECY et Ludovic HOUPLAIN.

 

Un court métrage à retenir non pour sa célébration aux Oscars 2010, mais surtout pour sa forme (qu'on le veuille ou non, les logos ont souvent beaucoup de charme !) et pour son fond (que d'aucuns jugent toutefois discutable, le logo à outrance relevant autant de la dénonciation que de l'dolâtrie...).

 

Logorama dispose de son propre site internet, mais si vous souhaitez le voir en entier, il faudra passer par deux pages de YouTube (où il est en VF, d'ailleurs, avec des voix parfois... déroutantes, pour ne pas dire mal choisies !).

 

A vos marques...

 

Champiblicitaire.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 17:21

La Brigade Chimérique 4 - CouvertureEtrange sentiment... L'histoire (l'Histoire !) avance, s'étoffe, et le mystère s'épaissit...

 

Le Dr SEVERAC semble de mieux en mieux contrôler ce qui lui arrive, notamment grâce à Irène JOLIOT-CURIE. Le Nyctalope et l'Accélérateur sont à Moscou où ils espèrent trouver secours auprès de Nous Autres. Le gouvernement français envoie un agent très spécial en mission très secrète au coeur de Métropolis, pour essayer de déjouer les plans du Docteur Mabuse. La Brigade Chimérique plonge au coeur du CID pour en ramener un curieux prisonnier.

 

Et pourtant... Pourtant le pire semble à venir tant les forces en jeu voient croître leur nombre, leur puissance, leur cruauté, leur fourberie.

Le Dr SEVERAC souffre autant qu'il lutte, Nous Autres nourrit de sombres projets, Métropolis ressemble à une anti-chambre des enfers, et les horreurs tentaculaires ne sont jamais loin...

 

Quelle semble fragile, soudain, cette Brigade Chimérique si peu nombreuse face à une Europe toujours plus vaste, à une folie toujours grandissante, et à des ennemis toujours plus inattendus !

Qu'ils semblent désemparés, les Super-Héros éparpillés aux quatre coins d'un continent que leur échappe...

 

Et quel est cet étrange secret, cette obsession, qui gagne George SPAD plus sûrement qu'une fièvre et qui laisse entrevoir quelques clefs encore inaccessibles mais ô combien inquiétantes ?

 

Paris et Londres peuvent trembler, oui, car leur défenses semblent bien maigres.

Les griffes, les fleurs, les ailes et les os de l'improbable quatuor seront-ils de taille face à l'implacable marche du fer et de l'occulte ? Face à l'inexorable avancée des symboles anciens ?

Qui sait... Après tout, lui aussi voit son origine se perdre dans une certaine nuit des temps.

Nés de la boue, nés de la guerre surtout, les quatre guerriers en seront sans doute, de fait, les meilleurs adversaires...

 

Champimérique

 

La Brigade Chimérique 4 - Extrait

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 22:56

Paulin GAGNENon, non, vous ne rêvez pas : ce titre-là est bien celui d'un texte, et cette tête-ci est celle de son auteur, Paulin GAGNE, encore un écrivain génial, drôle, et méconnu, mort dans la misère plus que dans la célébrité.

 

L'ayant découvert grâce à l'érudite fraîcheur de Yves FREMION, pilier de Fluide Glacial, je ne peux que vous inviter à en lire des passages, en commençant par celui-ci :

 

"Allons, enfants de la carotte,
Le jour de gloire est arrivé,
Contre nous du blé qui marmotte
L’étendard sanglant est levé ;
Entendez-vous dans ces campagnes
Mugir ces moissonneurs soldats,
Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos carottes compagnes !"

 

Le reste est à lire ici, alors en avant !

 

Champi en décalage...

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