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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 15:52
Ratafia T1

Après le mois des femmes sur K-BD, voici que se profile à l'horizon (pour le mois de juin) un thème bien plus viril et poilu, moussaillon : j'ai nommé les pirates !

Intrépides, hirsutes, bagarreurs, parfois violents, parfois poètes, toujours imprévisibles, les "frères de la côte" seront les invités du site aux portes de l'été (eux qui fréquentent plus souvent celles du Léthé, hé hé).

Histoire de faire bonne figure, et surtout de casser quelques idées reçues, commençons par Ratafia, atypique série née en 2005 de la plume de Nicolas POTHIER, du crayon de Frédérik SALSEDO et du pinceau de Greg SALSEDO.

L'originalité de ce titre ? Disons que si vous avez toujours rêvé de voir des pirates danser en tutu sur du Mozart au clair de lune, rejeter à l'eau les trésors qu'ils mettent à jour, et enchaîner des calembours comme d'autres les crises de scorbut, cette série est faite pour vous !

Capitaine, capable de remporter une partie de kilo de merde grâce à un carré d'as (ce qui est tout à fait possible !) vient de toucher le gros lot : une beau gros bateau plein de voiles et de pirates. Ces derniers, fort étonnés de le voir embarquer sans un mot et prendre la mer à la force de ses seuls petits se rallient à lui lorsqu'il leur montre les neuf belles cartes au trésor qu'il a gagnées en même temps que le vaisseau. Enfin, huit, vu que la neuvième ne veut pas sortir de la bouteille dans laquelle elle a été soigneusement rangée.

Quelques minutes suffisent à Capitaine pour prendre ses marques à bord (et non ses barques à mort, roh, ne ricanez pas, l'album est lui aussi truffé de jeux de mots foireux !) et s'adonner à ses passions : la lecture, la peinture, la sculpture... Bref, l'art !

"Moussaillons, réfléchissez ! Abandonnons ces trésors ! Et nous serons enfin débarrassés de tout ce qui muselle notre créativité !"

Discours quelque peu surprenant pour Romuald, le second, qui, comme tout pirate qui se respecte, aspire aux pillages et à la fortune.

Qu'il se rassure, Capitaine, aussi farfelu soit-il, a parfaitement conscience que ses hommes sont épris d'aventure, de grand air, et surtout de coffres à déterrer. Il fait donc mettre le cap vers les bonnes destinations. Une fois qu'on sera allé récupérer sa femme, évidemment.

Mais la route n'est pas de tout repos, car le moindre îlot peut abriter les terribles Dos Fixes, le moindre tas d'or (des fous ?) peut être gardé par un amateur d'art et de tutus désoeuvré, et Charles, ancien propriétaire du bateau, n'entend pas laisser son détrousseur lui échapper.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour composer un sea movie étonnant : les personnages sont imprévisibles, les rencontres plutôt inattendues, et l'humour sous-tend le récit d'un bout (canier) à l'autre.

En arrosant le plat souvent réchauffé de la piraterie avec une bonne rasade de ratafia mais surtout d'humour absurde, Nicolas POTHIER a su renouveler le genre comme Marine (héroïne au long cours qui fit les riches heures du Journal de Mickey) à son époque. Gags visuels et jeux de mots ("Aïe, des pirates de l'Eire !") s'enchaînent avec fluidité, et le caractère quelque peu insaisissable de Capitaine permet au scénariste toutes les loufoqueries. Ce tome 1 n'est toutefois pas aussi virtuose et bien dosé en humour et aventure que De Cape et de Crocs (autre écrin à de bien beaux pirates), mais il fait mouche malgré tout.

Graphiquement, le duo SALSEDO, qui semble avoir lorgné à la fois du côté du dessin animé et des albums jeunesse, offre à l'histoire un trait rond et des couleurs légèrement patinées qui baignent décors et personnages dans une ambiance à la fois authentique et qui ne saurait se prendre au sérieux.

Le trait est dynamique, les personnages expressifs en diable, et leurs mimiques souvent comiques. On pourra peut-être regretter des couleurs parfois un peu sombres. Ainsi ne peut-on apprécier à sa juste valeur le ballet mozartien à fleur d'eau.

Ratafia fait partie des belles découvertes de ces derniers mois en matière de BD "jeunesse", ou faussement jeunesse, d'ailleurs (le Royaume, dont il sera bientôt question ici, est du même acabit) tant l'humour et les dialogues s'adressent à un public plutôt adulte. Comme quoi, comme en matière de piraterie, l'habit ne fait pas toujours le moine !

Suite de gags plutôt qu'aventure au long souffle, la série compte déjà 5 tomes. Je suis curieux d'en découvrir les suivants, à la fois pour profiter de nouvelles brassées de jeux de mots approximatifs (dont je raffole, vous vous en doutiez), de situations improbables, et d'un dessin très agréable.

Que demander de plus ?

Champi à l'abordage.

Ratafia T1
Ratafia T1
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