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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 22:02

on parle de rideaux de pluie

comme de rideaux de perles

que se passe-t-il au-delà

la montagne existe-t-elle

 

on est mouillé à l'intérieur

on nage en soi, si l'on se noie

peut-être verra-t-on la mer

la trouble mer qu'on porte

    en soi

 

Jean-Claude PIROTTE

Et Anselm KIEFER pour le To be Titled, o, ci-dessous.

 

Que d'eaux
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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 12:06
Mais en fait, demain ce n'est pas qu'un adverbe

Que ferons-nous demain ?

Si le temps est rond comme tout le monde le dit et bleu comme une orange je vais me retrouver gambadant dans l'herbe folle

Si je me cherche

Si j'en ai envie

Si je cours vite

Car le temps presse

Si je ne crains pas le soleil qui se lève

Si je reste en équilibre sur ce fameux fil de soie

Ignorant les tempêtes

Si je renonce au coucher de la terre et aux cieux qui s'embrasent

Demain est riche en si

Les mots du père (Jean Louis) vibrent avec les images et les couleurs du fils (Johan) dans cette exploration d'un simple mot qui, du haut de ses une lettre de plus que la main, nous conduit de case en case et de jour en jour à croiser saisons, rencontres, haut, bas, souris, dragons, lucioles, étoiles, esprits et mots.

"Demain même quand j'étais petit ça existait déjà..."

Au creux de la poésie, une piste de jeu à inventer les mots, les images, les demains. Comme une invitation.

La famille TROÏANOWSKI n'en finit pas d'être généreuse avec ceux qui se baignent sous les pluies d'étoiles...

Mais en fait, demain ce n'est pas qu'un adverbe
Mais en fait, demain ce n'est pas qu'un adverbe
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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:03

L'heure mauve

La dame-jeanne au bout du quai

repose cul sec dans son pull à losanges

Quarante miettes de pain se partagent

la cale de halage

Sur sa chaise en toile

le vieux écoute

Le bogue qui gobe

une bulle d'oxygène

L'hirondelle couturière qui taille

le soir en satin

Entendre enfin

avec l'acuité d'un homme

qu'aucun brouillard n'enveloppe

Sur ses genoux cassés

il pose deux mains fortes d'une joie contenue

sous le voile de l'oisiveté

Tout est en place

Le sol compañero

Les mimosas divisionnistes sur la colline

Les bâtons de ski pour demain encore

venir à bout des cent quatre-vingts marches

Que n'ai-je

pense-t-il

trois coeurs comme la pieuvre ?

Le garçon se redresse

auréolé d'une couronne d'anchois

A l'entour

une douce euphorie distille ce que la pudeur

ne dira jamais qu'avec des silences

Ami

reste tout contre

Qui sait

si demain nous sépare

Dans l'échancrure des falaises

l'heure mauve tamponne

le ciel d'orange mouillé

Anse posée

au revers du monde

Anse aimée

Que les garde-côtes soient les bienvenus :

captureront-ils

les troupeaux de saupes qui broutent

les rogatons d'oursins par un mètre de fond ?

Méjean

Laurent GIRERD

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 09:19
Chacun porte son ciel

Jacques

Au début j'étais un ballon bleu.

Et puis, je l'ai crevé à cause de l'oeil de ma soeur.

A moins que ce ne soit à cause de tous ces yeux qui m'ont dit du mal

Et ont piqué dans mon hélium pour que je redescende sur terre.

C'est dommage, j'aurais pu rester rond et léger,

Aimer le monde par en-dessous, envoyer des messages et vivre heureux,

Pacsé avec le vent, détaché du fil du temps.

A la place, j'ai construit des angles et des portes,

J'ai tourné le dos à mon ouragan, j'ai plombé mes chaussons d'opinions

Et j'ai tiré sur tout ce qui louche.

J'ai fait ma vie, j'ai fait le grand debout qui marche.

J'ai fait les liens et les attaches, j'ai fait le monde en aller-retour,

Des photomatons de mes rides qui courent.

Et piqué un peu dans des héliums, j'avoue.

C'est dommage parce que je suis sûr que j'ai encore du bleu derrière mon oeil.

Un bleu feutre, un peu sale, comme un oeil d'enfant

Gribouillé au-dessus d'une maison de travers,

Observé par un soleil bardé de traits.

Comme j'en suis sûr, j'attends le retour des fous dans ma tête,

Une brigade de ballons sans idées, comme des bulles de rêves,

Des audaces volantes sans attentes.

Et pour être sûr de ne pas trop attendre, je fais le solennel et je plante.

Ici dans mon jardin secret, ma graine d'Alzheimer.

Plus tard, attaché mais fou comme un enfant,

Je volerai dans mon ventre, j'aimerai le monde sans mémoire,

J'enverrai des mensonges et vivrai heureux, pacsé avec maman,

Détaché de mon fil et de mon vieux tempérament.

Regonflé à bloc, hors du temps.

Théa ROJZMAN, Chacun porte son ciel.

Chacun porte son ciel
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 18:14

Poèmes de terrever laine

 

trois mailles à l'endroit

trois mailles à l'envers

ainsi tricote-t-on

un pull au ver

 

 

Le couverture ne nous trompait pas :  Olivier DOUZOU et  Anouk RICARD nous proposent de les accompagner au pays de la poésie qui joue sur les mots et les vers.

 

Déclinés sous toutes leurs coutures, les petits asticots tantôt modelés, tantôt dessinés, tantôt bricolés, racontent le temps qu'il fait, le temps qui passe, et grignotent les pages et les conventions pour mieux nous surprendre, même si certains jeux de mots sont un peu attendus.

 

L'inventivité d'Olivier DOUZOU est toutefois toujours au rendez-vous, et Anouk RICARD y répond à merveille par ses trouvailles visuelles.

 

Bon, un dernier (ver, bien sûr) pour la route :

 

palindrome

 

un rêve de ver nu

c'est par exemple

d'être habillé de la tête aux pieds

comme un homme

mais c'est le monde à l'envers

pour un ver d'être vêtu

 

un rêve de ver nu

c'est un palindrome

 

 

Petite touche philosophico-entomologique pour finir :

"L'égalité, la seule égalité en ce monde, l'égalité devant l'asticot."

Jean-Henri FABRE.

 

Une nouvelle petite merveille peaufinée par les éditions du Rouergue.

On en redemande !

 

Champi véreux ! (c'est de saison)

 


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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:03

Modigliani---nu-assis.jpg

Et les verres étaient vides

Et la bouteille brisée

Et le lit était grand ouvert

Et la porte fermée

Et toutes les étoiles de verre

Du bonheur et de la beauté

Resplendissaient dans la poussière

De la chambre mal balayée

Et j'étais ivre mort

Et j'étais feu de joie

Et toi ivre vivante

Toute nue dans mes bras.

 

Jacques PREVERT

(et merci à MODIGLIANI pour son modèle, que je lui avais déjà emprunté...)


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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 23:32

"7 Fév 10 - David et GoliathQuelques mots blessés

Tombés du nid de mon esprit volage

Quelques mots chutés

Glissés sur le marbre de ton silence

Quelques mots éteints

Au creux de tes mains par ta voix muette

Quelques mots passés

Et vite oubliés dans la vallée de ton regard

Quelques mots qui crient

Perdus dans la nuit de ton abandon

Quelques mots courbés

Sur la terre remuée du soir qui tombe

Quels mots enfin

Disparus au loin derrière ton vent de sable

Quelques mots qui durent

Pierres dans ma chaussure pour boiter sans fin

Quelques mots gravés

Au creux de mon pied souvenir qui blesse

Quelques mots saignant

A travers les champs après la moisson

Quelques mots qui flottent

Perdus dans ma haute et brumeuse ivresse

Quelques mots qui tuent

Plus de retenue avant celui

de la

fin"

 

A. B.

Ca faisait longtemps !

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 23:46
"La chambre est veuve
Chacun pour soi"

Guillaume APOLLINAIRE, Hôtels.
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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 01:54


"On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
A ce que prédit la tzigane."




Guillaume APOLLINAIRE
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 23:13
La ville sérieuse avec ses girouettes
Sur le chaos figé du toit de ses maisons
Ressemble au coeur figé, mais divers, du poète
Avec les tournoiements stridents des déraisons.

O ville comme un coeur tu es déraisonnable.
Contre ma paume j'ai senti les battements
De la ville et du coeur : de la ville imprenable
Et de mon coeur surpris de vie, énormément.
Guillaume APOLLINAIRE
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