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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 17:45

le-canard-enchaine.jpg

 

Lorsqu'ils ont appris, jeudi dernier, qu'à Montreuil un lycéen de 16 ans venait de recevoir un tir de Flash-Ball dans l'oeil, les parents de Pierre ont eu un moment d'accablement. "Avec tout ce qu'on a fait..." Cela fait bientôt trois ans qu'à Nantes leurs fils a été victime du même drame et qu'il n'y voit quasiment plus d'un oeil. Trois ans qu'ils bataillent pour que le flic qui a tiré - ainsi que sa hiérarchie - soit poursuivi en justice (il passera bientôt en correctionnelle), trois ans qu'ils mènent une campagne d'information tous azimuts, conférence de presse, livre, blogs, "pour qu'au moins ça ne recommence plus". Et ça a recommencé. Et ils ont aussitôt pointé les ressemblances : dans les deux cas, il s'agit de très jeunes gens, Pierre avait 17 ans, Geoffrey en a 16. Dans les deux cas, c'etait lors de mouvement sociaux, manif contre la réforme de l'université il y a trois ans, contre la loi sur les retraites aujourd'hui. Dans les deux cas, les gamins ne faisaient pas vraiment dans l'ultraviolence : Pierre manifestait sur les pelouses du rectorat, Geoffrey poussait une poubelle dans la rue devant son lycée (certes ce n'est pas bien mais cela mérite-t-il de se retrouver un mois à l'hôpital avec de multiples fractures, nez, sinus, pommette gauche et oeil en danger ?). Dans les deux cas aussi, les préfets se sont empressés de prétendre que la blessure était légère...

 

C'est au milieu des années 90 que les services de police et de gendarmerie spécialisés dans les situations extrêmes comme le Raid ou le GIGN ont inauguré le Flash-Ball. En 2002, le ministre de l'Intérieur Sarkozy prône son usage massif : "Quand les policiers en sont équipés, les voyous ne viennent pas les chercher. Dire que la police doit rester républicaine, ce n'est pas la condamner à l'inefficacité" (Le Monde, 31/05/2002). Le Flash-Ball ne tue pas : il mutile à vie, il brise des vies, c'est vachement républicain. Et les flics choisissent bien leurs cibles : ce gros pistolet de super-cow-boy, ils ne le dégainent jamais contre les métallos, pêcheurs ou agriculteurs. Mais contre des jeunes, lycéens, étudiants, squatteurs. En plus de Geoffrey et de Pierre, il y a eu Joachim Gatti, l'an dernier, à Montreuil, Joan, à Toulouse, et ce jeune de 16 ans en 2006 à Clichy-sous-Bois. Combien en faudra-t-il ? Combien d'yeux perdus, de gamins à la vie foudroyée, de larmes, de cris de rage avant que soit interdit l'usage de cette arme ? Saisie entre autres par Dominique Voynet, maire de Montreuil, la Commission nationale de déontologie de la sécurité a pondu, après enquête, un avis, en février dernier, dans lequel elle dénonce "l'utilisation du Flash-Ball dans la cadre d'un rassemblement sur la voie publique" et son "degré de dangerosité totalement disproportionné". Autant pisser contre un commissariat. La preuve : après "l'incident" de jeudi dernier, le préfet de police Michel Gaudin a juste enjoint ses hommes d'employer le Flash-Ball "avec parcimonie et discernement, ce qui est difficile à apprécier lorsqu'on est face à de très jeunes gens".

 

Faut avoir l'oeil, chef !

 

Jean-Luc PORQUET, Le Canard Enchaîné, 20/10/2010

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 08:15

LAMY - Zèle de la justice

 

Romain LAMY pour Télérama.fr

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 23:41

le-canard-enchaine.jpg

 

"Il s'appelle Monsif Chabbour. Les flics l'ont cherché pendant des semaines. Ils le soupçonnent d'avoir été le complice du braqueur du casino d'Uriage, qu'ils ont tué cet été lors d'une fusillade dans la quartir de Villeneuve à Grenoble. Fin août, ils l'alpaguent enfin, l'interrogent, le juge d'instruction le met en examen pour "vol à main armée" et "tentative d'homicides volontaires". Mais le juge des libertés le remet en liberté.

Et aussitôt ça se déchaîne. "Acte de forfaiture !", hurlent les flics du syndicat Synergie. "Inadmissible, intolérable, scandaleux !", s'époumonent les flics du syndicat Alliance. Et le premier flic de France Hortefeux d'embrayer : il clame sa "très vive indignation". Et l'ancier premier flic de France Sarkozy d'en rajouter, cette décision du juge étant, dit-il, "difficilement compréhensible".

Petit problème : l'ancien premier flic de France est aujourd'hui président. En France, le Président est, dit la Constitution, garant de l'indépendance de la justice. Qu'il la critique, et on n'est plus en France. On est en Italie, sous Berlusconi, celui qui voit "des juges rouges" partout. Monsif Chabbour est-il innoncent ou coupable des faits qui lui sont reprochés ? On n'en sait fichtre rien. Le juge qui l'a remis en liberté affirme qu'il l'a fait "en son âme et conscience". Il a jugé, disent ses confrères (Le Monde, 4/9) qu'il y a "des charges dans le dossier mais pas d'éléments matériels, pas d'aveux et pas de témoins directs". Et ceux qui nous gouvernent n'ont pas à se mêler de cette décision. Ils n'ont pas à prendre le parti des flics contre la justice.

Partout sauf dans leur camp. Dès que la justice s'intéresse à un sarkozyste, metton au hasard le ministre à la triste figure Eric Woerth, alors là, on assiste au mouvement inverse : cet homme, cet honnête homme évidemment, cet ami, ce courageux réformateur du système de retraites est forcément innocent ! Et on voit même la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, le défendre publiquement bec et ongles. Dans une interview hallucinante à Paris Match (2/9), elle le répète : il n'a rien fait. "On a dit tout et n'importe quoi sur Eric Woerth (...). De quoi voudrait-on qu'il soit coupable ?"

Un procureur de la République et une président de tribunal correctionnel ont ouvert plusieurs enquêtes sur Woerth, et la garde des Sceaux nous explique que toute cette agitation est vaine. C'est plié : Woerth n'est pas seulement "présumé innocent", il est tout simplement innoncent. On en est là."

 

J.-L.P. Canard Enchaîné du 08/09/10

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 16:34

Mathias DURAND REYNALDO - Un couple présidentiel

 

"Le facétieux DURAND REYNALDO pastiche ici le portrait de Napoléon par DAVID, dans un style mi-pompier mi-tabloïd. Il y a Carla, Mickey, les Ray-Ban, la Princesse de Clèves et le Kärcher. Le jeune artiste, faute de galerie, a présenté son tableau à la sorite du dernier Salon du Livre, sous des regards amusés. Puis dans la cour du Louvre, les agents de sécurité lui ont demandé de déguerpir. Soit. Mais rue de Rivoli, quatre hommes surgis d'une voiture banalisée (des flics en civil ?) lui ont intimé l'ordre de remballer Napoléon le Petit, l'ont photographié au téléobjectif et surveillé jusqu'à son parking. La documentariste qui suivait l'artiste a, elle, été interdite de filmer. Circulez, y'a rien à voir."

 

Marie DARRIEUSSECQ pour  Beaux-Arts Magazine.

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 07:10
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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:43

OGM j'en veux pasQuestions à Gilles-Eric SERALINI, Président du CRIIGEN, Co-Directeur du Pôle Risques - CNRS - MRSH

 

Votre laboratoire indépendant vient pour la première fois de contre-expertiser des études réalisées par Monsanto qui avaient amené à l'autorisation de commercialisation de certaines plantes OGM. Qu'avez-vous constaté ?

 

Les maïs OGM sont mal évalués pour la santé publique. Ils ont été testés par la société Monsanto en général, mais seulement au maximum pendant trois mois, en ayant été donnés à consommer à des rats, ce qui n'est pas assez. Nous dénonçons les comités scientifiques qui ont accepté ces insuffisances. De plus, les analyes de sang n'étaient pas publiques ! Les contre-expertises réalisées par le CRIIGEN (www.criigen.org) ont montré que la consommation de maïs OGM révèle des signes de toxicité hépatique et rénale. Ces signes de toxicité observés pourraient être les prémices de pathologies chroniques, elles-mêmes non décelables au bout de quelques mois, comme des maladies cardiaques, des diabètes ou des cancers. Les effets du Maïs MON 863 ressemblent à mon avis à  un syndrome pré-diabétique pour les mâles. Les effets sont spécifiques au sexe et à la dose, comme pour beaucoup de cancers ou maladies hormonales. Pour le MON 810, les effets rénaux sont préoccupants aussi, mais autres, comme si chaque toxine insecticide contenue dans ces deux maïs avait des impacts différents. Pour le NK 603, maïs tolérant au Roundup, les effets cardiaques apparaissent, ce qui n'est pas normal en trois mois seulement. Comme ces aliments concernent des millions des gens et ne sont pas suivis dans la chaîne alimentaire, le risque sanitaire est grand de ne pas mieux les évaluer.

 

Quelles sont les mesures que vous préconisez aux autorités sanitaires en conséquence de ces découvertes ?

 

Tout d'abord, il n'est pas scientifique de dire qu'un produit qui n'a pas été testé, avec des analyses de sang, plus de trois mois sur des mammifères, est inoffensif, d'autant qu'il contient des résidus de pesticides nouveaux. Ensuite, il n'est pas normal de statuer sur des analyses qui restent confidentielles comme le font beaucoup de comités, à l'heure de la transparence et de la multiplication des maladies chroniques possiblement liées aux polluants dans notre société. Pour le moment, un moratoire français est prononcé pour le maïs MON 810.

Pour les autorités, nous préconisons la transparence sur toutes les études et les données brutes qui ont servi à autoriser tous les OGM. Il serait grave de continuer à les cacher, sous prétexte de répondre aux desiderata de secrets industriels injustifiés. C'est sur les méthodes de fabrication des OGM que pourrait, à la rigueur, reposer le secret, mais au grand jamais sur les données sanitaires et environnementales ! Les comités scientifiques, qui ont déjà été en faveur des OGM sur la base des mauvaises statistiques et des tests tronqués de Monsanto, doivent perdre leur crédibilité aux yeux des autorités. Puis la contre-expertise systématique et les tests à long terme (2 ans sur les rats de laboratoire) doivent devenir obligatoires.

 

S!lence n°377, mars 2010

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 19:58
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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 10:45
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:36

Alain GAUTHIER - Le train de la petite ceinture

 "Il est rarissime qu'une exposition soit annulée quelques jours à peine avant son ouverture. C'est ce qui est arrivé à "Pour adultes seulement", qui devait être présentée, à partir du 19 mai, à la Bibliothèque départementale de la Somme, à Amiens.

 

On aurait pu y voir, jusqu'au 19 juillet, une soixantaine de dessins, peintures et gravures - tous des originaux et la plupart inédits - réalisés par 26 artistes, connus pour leurs oeuvres destinées aux enfants, mais qui, cette fois, ont dessiné sur le thème de l'érotisme. Parmi les artistes, on trouve des pointures internationales comme Léo Kouper, Tomi Ungerer, André François, Jean Claverie, Nicole Claveloux, Alain Gauthier, Georges Lemoine...

 

Mais le sujet est délicat. On le doit à Janine Kotwica, agrégée de lettres, retraitée de l'éducation nationale et spécialiste de l'illustration pour la jeunesse et du dessin de presse. Son projet a été accepté, il y a plus d'un an, par Hervé Roberti, qui dirige la bibliothèque d'Amiens (ce dernier, partant à la retraite début septembre, n'a pas souhaité s'exprimer).

 

A la mi-février, une bonne partie des dessins sont montrés à David Andrieux, directeur du développement culturel au conseil général. Il était "enthousiaste", dit Janine Kotwica. Et pourtant, le 7 mai, cette dernière apprend par un mail signé David Andrieux que l'exposition ne se fera pas.

 

Car une quinzaine de jours avant l'exposition, demandant à voir les oeuvres de "Pour adultes seulement", le président du conseil général, Christian Manable (PS), s'affole et arrête tout. Deux oeuvres l'ont particulièrement choqué, dit-il : une peinture signée Alain Gauthier, que nous publions ici ; une gravure de Bruno Heitz, qui représente une femme nue à quatre pattes dans l'herbe posant pour un peintre assis sous un arbre, avec, sur sa planche à dessin, la tête de la Vache qui rit.

 

"Nous aurions dû réagir plus tôt. Il y a eu un dysfonctionnement interne, reconnaît Christian Manable. Mais ces deux oeuvres, au moins, heurtent mes valeurs de gauche. La modèle dans le pré donne une image dégradante de la femme, et celle qui a le sexe épilé est ambiguë par rapport à la représentation de l'enfance. Et puis des textes qui analysent les oeuvres sont également choquants." Il ajoute : "Je vais passer pour un facho, un pisse-vinaigre, un censeur, alors que ceux qui me connaissent savent que c'est absurde. Je ne vois aucun problème à ce que ces dessins et peintures figurent dans une galerie privée, mais pas dans un lieu du conseil général, avec de l'argent public."

Janine Kotwica n'en revient pas : "Je suis grand-mère, la toile de Gauthier figure dans mon salon, mes petits-enfants la voient tout le temps, et on me parle de pédophilie... C'est scandaleux, je ne vois aucune oeuvre qui pose problème. Surtout quand on sait ce que les enfants regardent à la télévision, sur des publicités !"


Elle était prête à retirer certaines oeuvres : "On ne me l'a même pas demandé. C'est un torpillage." Nous avons pu visualiser toutes les pièces retenues, figurant dans un catalogue prêt à être imprimé et qui ne le sera pas. De nombreux musées publics présentent des oeuvres bien plus osées.

 

Autre fait surprenant, cette bibliothèque d'Amiens n'est pas un lieu qui reçoit du public, encore moins des enfants. C'est une sorte de "grossiste" qui centralise des livres avant qu'ils ne soient déposés à la consultation dans des bibliobus et bibliothèques publiques. Mais Christian Manable note que l'exposition devait circuler comme outil pédagogique : "C'est inopportun pour les collégiens", dit-il. "Cette idée a été abandonnée", répond Janine Kotwica.

 

Ce projet est évalué à 10 000 euros (honoraires de Mme Kotwica, catalogue, affiche, cartes postales, promotion). C'est un rapport qualité-prix remarquable. C'était une aubaine pour un tel lieu d'accueillir cette exposition. C'est une belle opportunité pour un autre lieu, dans la Somme ou ailleurs, qui pourrait récupérer la mise."

 

Michel Guerrin
Article paru dans l'édition du 04/06/2010 du  Monde.fr
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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 19:52

LEFRED-THOURON - Marée noire et Israël

 

Tiré du Canard Enchaîné du 9 juin 2010

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