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  • : La Tanière du Champi
  • : La Tanière du Champi se veut un lieu où l'on se sent bien pour lire (surtout des BD !), discuter, jouer... Au gré des humeurs, lectures, heures de jeu, j'essaierai de vous faire découvrir tout ce qui se cache sur les étagères poussiéreuses de ce petit mo
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Cases dans le vent

Vous n'êtes pas sans savoir que, depuis quelques mois, je rédige des biographies d'auteurs de BD pour des l'encyclopédie en ligne des Editions Larousse.

Afin de vous permettre de retrouver plus rapidement l'ensemble de mes contributions, je vais essayer de les lister ici dans l'ordre de leur parution.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos avis !

Champi à tout vent

David B. - Edgar .P. JACOBS - Bob de MOOR - Benoît PEETERS - François SCHUITEN - René GOSCINNY - Astérix - Manu LARCENET - HERMANN - Robert CRUMB - Osamu TEZUKA  - Jean-Pierre GIBRAT -





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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 23:38

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

 

"J'ai le sentiment que, moins [William Shakespeare] en dit, plus c'est beau. Savez-vous qu'elle est sa phrase que j'admire le plus ? "Le jour radieux décline et nous entrons dans les ténèbres."

J'aurais aimé connaître ces mots le jour où j'ai regardé les avions allemands atterir les uns après les autres, et leurs navires déverser des soldats jusque dans notre port ! Je n'arrêtais pas de me répéter : "Maudits soient-ils, maudits soient-ils." Je crois que penser au "jour radieux décline,et nous entrons dans les ténèbres" m'aurait un peu consolé. Je me serais senti mieux préparer pour affronter la situation ; au lieu de quoi mon coeur s'est liquéfié."

 

Eben Ramsey, in Mary Ann SHAFFER & Annie BARROW, Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 22:56

Table ronde 12 septembre

 

Petit compte-rendu de la table ronde que j'ai eu la chance d'animer le 28 août 2011 durant le Festival de BD de Solliès-Ville, autour du livre  12 septembre, l'Amérique d'après, recueil d'interviews, de textes et de bandes dessinées réalisés par des artistes français et étasuniens pour faire le bilan sur l'état des Etats-Unis dix ans après les attentats du 11 septembre 2001, et pour porter un regard sur les Etats-Unis et le monde de demain.

 

De droite à gauche : Claude ARDID, grand reporter, Joe SACCO (Palestine, Journal d'un défaitiste, Gaza 1956), Françoise MOULY (co-fondatrice de Raw, directrice artistique du New Yorker) et Art SPIEGELMAN (co-fondateur de Raw, Maus, A l'ombre des tours mortes).

 

 

Joe SACCO, le public de Solliès-Ville ne vous connaît pas encore : pourriez-vous nous parler de votre parcours ?

 

JS :

Je fais de la BD-journalisme sans m'être jamais vraiment interrogé sur cette appellation.

En fait, une fois mes études de journalisme terminées, je n'ai pas trouvé de travail. J'ai alors décidé de faire carrière dans la bande dessinée, car c'était mon hobby.

Je suis parti au Proche et au Moyen Orient pour y faire de la BD, mais je me suis aperçu que je m'y comportais comme un journaliste, et cela a influencé mon travail d'auteur.

En effet, il faut du temps pour faire une BD, et ce temps nécessaire est un plus pour le métier de journaliste, qui s'effectue en général dans l'urgence.

De plus, la BD permet de plonger le lecteur dans un autre monde : pas seulement dans le présent, mais également dans le passé. Et, par le dessin, le lecteur entre directement dans l'univers proposé.

 

 

A quand remonte votre première rencontre à tous les trois ? S'est-elle faite autour de votre revue Raw ?

 

AS :

Raw, que j'ai créé avec Françoise, a surtout été la conséquence de mon amour pour elle. Cette revue indépendante m'a permis de découvrir la BD européenne, que je ne connaissais pas du tout.

Le monde de la BD européenne a beaucoup changé à la fin des années 70.

Au Etats-Unis, la BD underground avait changé la règle du jeu, avec des auteurs comme Robert CRUMB notamment : il n'était plus nécessaire de réaliser des aventures, de penser aux jeunes lecteurs.

A cette époque, les jeunes auteurs européens étaient déjà très nombreux : en découvrant les comics underground, ils leur ont donné une grande visibilité dans la presse grand public européenne, alors qu'aux Etats-Unis, leur diffusion restait confidentielle.

Les auteurs européens faisaient également preuve d'un plus grand professionnalisme.

Jacques TARDI, Joost SWARTE, étaient des dessinateurs très différents l'un de l'autre et ils n'hésitaient pas à faire de nouvelles expérimentations.

Editer de tels auteurs dans les pages de Raw a permis à des jeunes comme Joe SACCO de leur montrer quelles nouvelles ouvertures étaient possibles en BD.

 

JS :

J'étais très intimidé par ce que je voyais dans les pages de Raw, mais j'y voyais également de nombreuses opportunités, de nouvelles possibilités.

Mon style graphique était toutefois plus proche de ce qu'on pouvait trouver dans le magazine Weirdo, édité par CRUMB, où l'on retrouvait ses BD.

A cette époque, de nombreux dessinateurs, dont je faisais partie, ont cherché une sorte de juste milieu entre Raw et Weirdo.

J'ai été très influencé par les auteurs européens découverts dans Raw, notamment par leur grand sens du design. Si l'on trouve beaucoup d'architectures dans mes dessins, c'est parce que me suis inspiré de cette tendance de la BD européenne.

 

 

Joe, à travers vos BD, Art, à travers vos illustrations pour le New Yorker, et Françoise, en tant que directrice artistique du New Yorker, quel rapport à l'actualité entretenez-vous à travers vos travaux ?

 

AS :

Le monde me connaît surtout pour Maus.

Ensuite, on m'interpelle en général sur mon rapport avec la politique. Or je ne peux pas parler de politique à travers mes dessins car je suis très très lent pour travailler.

Mon travail avec Françoise pour le New Yorker m'a permis de devenir rédacteur. Mais je n'aime pas les rédacteurs ! Sauf Françoise...

 

FM :

Le New Yorker est à contre-courant de tout le reste de la presse étasunienne, car il propose des dessins et non des photos en couverture. Par le dessin, nous voulons proposer un point de vue personnel, un commentaire d'auteur subjectif sur l'actualité, la société.

Le reste de la presse se bat à coups de grosses sommes pour faire la chasse à LA photo qui permettra de dépasser les autres.

Au New Yorker, nous demandons une idée à un artiste, loin du scoop, de l'instantané, de la vitesse à laquelle internet nous contraint de plus en plus.

Le New Yorker a une tradition longue de 87 ans : il offre ainsi un grand recul sur la société. Chaque auteur doit penser que chaque dessin doit pouvoir être vu dans le futur sans perdre de sa force, sans être trop dépendant d'un contexte précis et éphémère. Les couvertures du New Yorker sont un extraordinaire travail de portraits de mœurs.

 

JS :

En travaillant sur Palestine, je me suis rendu compte que même si l'actualité changeait, au fil des années, la structure historique restait en définitive la même, pour chaque épisode relatif au conflit au Proche Orient.

 

AS :

Il y a une grande différence entre Joe et moi : Joe a une psychologie mieux ajustée, et il porte sur le monde le regard d'un journaliste professionnel.

Moi, je suis un narcissique concerné par l'immédiateté, mais mon monde immédiat, ce sont mes parents, survivants d'Auschwitz.

Puis il y a eu l'une des mes premières couvertures du New Yorker : le baiser. Ce baiser n'a jamais existé : c'est une invention. Je suis parti du symbole du magazine, un homme portant un chapeau haut de forme, qui m'a conduit à dessiner un Juif, qui m'a conduit à dessiner ce baiser entre un Juif et une Afro-amércaine, avec tout le trouble qu'il peut susciter.

Le New Yorker était un journal sérieux, gentil, donc cette image était choquante pour son lectorat, comme une piqûre d'amphétamine. Je pense avoir introduit un changement dans l'ADN du New Yorker.

 

 

Dans le livre 12 septembre, l'Amérique d'après, il est question des attentats contre les Twin Towers et de leurs conséquences. Comment avez-vous vécu l'événement ?

 

AS :

L'interview que j'ai donnée pour le livre a eu lieu il y a longtemps. Je ne m'en souviens plus, et de toute façon je ne veux plus en parler. Je ne veux plus parler du 11 septembre. C'est une rhétorique de la guerre. Et je ne trouve pas que l'anniversaire des dix ans que l'on veut célébrer cette année soit intéressant.

 

FM :

Art a créé A l'ombre des tours mortes comme un aide-mémoire à la désorientation provoquée par les attentats. Mais au final, depuis, rien n'a changé. Art a voulu utiliser la BD, qui est un genre structurellement très organisé, pour mettre en scène le désordre.

Les planches de A l'ombre... n'ont pu être publiée aux Etats-Unis, car personne ne voulait d'une œuvre aussi percutante, et qui n'apportait aucune réponse.

Après le 11 septembre, le gouvernement étasunien a multiplié la propagande : Art l'a mis en avant dans sa BD, au risque de représailles...

 

AS :

Je suis entré dans une sorte d'exil intérieur, car il y avait beaucoup de censure et d'auto-censure aux Etats-Unis après les attentats.

Ce sont des journaux européens, dont le Courrier International, qui ont permis la publication de mes planches.

J'ai essayé de me faire l'ambassadeur de la voix de la raison.

Je voudrais maintenant faire une page en avance sur le prochain désastre à venir.

On m'a commandé une page pour célébrer les dix ans de l'attentat. J'ai représenté les deux tours sous les traits … de George W. BUSH et Barak OBAMA.

 

 

12 septembre, l'Amérique d'après, vous permet de donner votre vision de l'avenir de votre pays et du monde. Quelle est-elle ?

 

JS :

Dans un premier temps, j'ai voulu faire pour ce livre un essai exposant ce que je pensais des Etats-Unis et de leur avenir dans les cinq ans. Mais je me suis rendu compte que je me prenais trop au sérieux, et je ne voulais pas passer pour un con pompeux. J'ai donc finalement décidé de faire quelque chose de plus drôle.

Aldoux HUXLEY (Le meilleur des mondes) et George ORWELL (1984) sont mes auteurs favoris. Tout deux ont imaginé un futur ; j'ai repris leur approche, mais sur un mode humoristique. On y retrouve toutefois mes véritables sentiments sur l'Amérique d'aujourd'hui.

Pour cette BD, je me suis contenté de projeter un peu plus loin dans l'avenir ce que j'observe déjà aujourd'hui, en l'exagérant.

Ce que je vois aujourd'hui, c'est qu'en Europe comme aux Etats-Unis, les élites tirent et tireront toujours leur épingle du jeu, même si le reste du monde sombre dans le cannibalisme.

Le gouvernement que j'imagine est toujours un gouvernement, mais il sert uniquement une élite. Avant, le gouvernement faisait des choses pour le peuple, mais cela s'érode.

Avant, les Etasuniens regardaient l'Europe comme un modèle social. Aujourd'hui, on voit que vous, Européens, êtes en train de tout perdre.

Si, dans ma vision, le gouvernement est devenu « l'Etaprise », c'est parce que je ne me fais plus d'illusions.

 

AS :

Joe a évoqué ORWELL, qui a imaginé un avenir de plus en plus probable.

Pour moi, le futur est une grosse botte qui écrase les visages humains. C'est pour ça que j'ai donné dans le livre une vision pessimiste.

En Europe, ça va mieux, pour l'instant.

 

FM :

Quand on vit à New York, il ne faut pas s'attarder sur la nostalgie. C'est une ville en développement permanent, il ne faut pas passer trop de temps à pleurer.

Dans son interview, Art déplore ce que notre quartier de New York est devenu. Notre fille vit dans un autre quartier, elle a quitté Manhattan au profit de Brooklyn, elle y mène une vie excitante.

D'une manière générale, le fait qu'il n'y ait pas aux Etats-Unis de prise en charge par l'Etat pousse peut-être les gens à faire davantage preuve d'inventivité, de combativité.

Je me dis que le futur sera, a minima, intéressant.

 

JS :

Je suis totalement pessimiste en ce qui concerne le futur.

Ironiquement, c'est l'élection d'OBAMA qui a été la goutte de trop.

Rien n'a changé.

Je ne sais plus...

 

AS :

Les Etats-Unis aujourd'hui, c'est Rome à la fin de son règne.

L'Europe est comme les colonies de Rome à l'époque : la décadence la touchera plus tard.

 

 

Un grand merci à vous !

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:35

equinoxe-logo-web-.jpg

 

Mieux vaut tard que jamais, un petit mot pour vous dire que notre association Equinoxe sera à la Médiathèque de Marignane (rue Figueres) ce samedi 17 septembre 2011 !

 

Au programme :

 

11h-12h : Les mille et un visages du manga - Histoire d'un genre (conférence)

14h-17h : Atelier manga, co-animé avec IB.

 

Si vous êtes dans le coin et que vous avez envie d'Orient...

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:12
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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 14:00

Victoire---Couverture.jpgPrésentée il y a quelques temps pour une des cessions de notre Raging Bulle mensuel, Victoire, de  Greg BROADMORE, est une oeuvre hybride, mêlant textes, illustrations et bande dessinée.

Elle est surtout la porte d'entrée à l'univers déjanté de l'auteur néo-zélandais.

 

En effet, au-delà de la petite quarantaine de pages - vendues fort cher, au demeurant... Un papier aussi épais était-il nécessaire ? Peut-être, pour supporter la lourdeur - assumée ! - du message asséné au fil des pages par les propagandistes du  Dr Grordbort - se trouve un riche site internet plein de belles images, de rédactionnels qui ne se prennent pas au sérieux et, si vous êtes sages, de petits courts (sic) métrages d'animation particulièrement succulents.

 

Bien sûr, il ne faut pas être allergique au deuxième degré - voire plus... - et ne pas voir dans cet oeni (objet édité etc...) une véritable apologie pro-militaire, pro-colonialiste, raciste et violente. Bien au contraire : en mettant en scène le stupide Lord Cokswain - qui inonde si bien la jolie couverture que voilà de son arme à peine phallique, soulignant triomphalement ses autres attributs virils, à savoir la moustache et la pipe (re-sic) - BROADMORE illustre parfaitement le slogan When science meets violence qui accueille les visiteurs de son site.

Le Dr Grordbort est en effet un scientifique génial qui a su mettre au point un merveilleux arsenal de mort permettant de faire régner la paix - par la terreur et la désintégration - aussi bien contre les ennemis de l'intérieur - dont les robots ne sont pas les moindres - que de l'extérieur - habitants de la Lune, de Vénus, ou du moindre bout de caillou sur lequel une fusée terrienne serait en mesure de se poser.

 

Dialogues ampoulés, propogante éhontée, postures et expressions exagérése, textes particulièrement enlevés, à la Victoire - Extraitgloire de la science qui frappe et de la botte qui martèle, rien n'est épargné aux lecteurs pour faire les louanges de ce système avant-gardiste auquel nous avons un peu goûté il y a quelques siècles déjà... et auquel nous goûtons en fait toujours depuis, même si l'habillage a parfois changé - un costume trois pièces passe toujours mieux qu'un treillis, et un attaché-case qu'un fusil-mitrailleur.

 

Bref, cette joyeuse caricature, à la réalisation de laquelle BROADMORE a dû consacrer beaucoup d'énergie mais pour laquelle il a sans doute pris beaucoup de plaisir - je vous laisse le partager à travers certaines jolies formules, et certains détails au coin des images - est une belle et détournée manière de nous rappeler combien les humains et leurs dirigeants ont souvent été guidés par la bêtise crasse et le sentiment de supériorité.

 

Vivement que les premiers extra-terrestres débarquent pour être sûrs que, depuis les premiers colons (Christophe n'ayant été ni le premier, ni le dernier), notre bonne vieille espèce humain n'a pas changé ses habitudes en la matière.

 

Pourvu que ce ne soit pas un mal inter-planétaire !

 

Champimages qui ne se prennent pas au sérieux, mais qui grincent quand même...

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 23:21
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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 18:09

Nausicaa T1 - CouvertureEt si je profitais de la "récente" (2009, déjà...) réédition de Nausicaä, d' Hayao MIYAZAKI, pour vous en parler un peu ? Ca sera en plus l'occasion de continuer à mettre ma Tanière à l'heure japonaise, histoire de vous préparer à notre mois d'octobre sur K-BD.

 

MIYAZAKI est avant tout connu pour ses longs métrages d'animation et ses séries animées : Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, le Voyage de Chihiro, ou bien Heidi - et oui, il se cachait déjà derrière ce fameux dessin animé de notre enfance ! - lui ont assuré un succès grandissant au fil des ans, depuis les années 70, et lui ont permis de décrocher deux distinctions cinématrographiques internationales : l'Ours d'or à Berlin en 2003, et le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2005. Belle brochette de prestigieux animaux pour ce grand amoureux de la nature.

 

Pourtant, avant de se lancer dans l'animation, MIYAZAKI tenta d'abord de percer dans le manga. Mais la légende raconte qu'il aurait finalement brûlé ses premiers travaux, qu'il jugeait trop proches de ceux de TEZUKA.

 

Pourtant, en 1982, il reprend ses pinceaux - et tous les autres outils nécessaires, je suppose ! - pour entamer une longue saga en manga : Nausicaä de la Vallée du vent. La raison ? Nausicaä devrait être un long métrage d'animation, mais les financeurs ne veulent pas confier à un auteur dont ce serait la première oeuvre complète - scénario et réalisation de long métrage - une histoire directement écrite pour le grand écran, sans passer par la case manga - ce qui reste l'itinéraire traditionnel pour presque toutes les oeuvres dessinées au Japon.

Ni une ni deux, MIYAZAKI retrouve ses amours de jeunesse - l'encre et le papier - et livre par épisodes, comme il se doit, le premier tome des aventures de sa courageuse héroïne.

Dès 1983 (ou 1984, les dates divergent en fonction des sources), Nausicaä voit le jour dans les salles obscures, mais MIYAZAKI continuera d'en réaliser les aventures de papier jusqu'en 1995. Les lecteurs français n'auront alors à attendre que cinq petites années - ne ricanez pas, c'est peu, au vu du rythme de certaines traductions !! - pour voir Glénat publier en sept tomes l'unique manga du maître.

 

Oeuvre fondatrice et donc fondamentale, Nausicaä de la Vallée du vent porte en germe (ah ah) la plupart des thèmes de prédilection de MIYAZAKI : le guerre et la recherche désespérée de la paix, le rapport voire l'affrontement entre l'humanité et la nature, et un personnage féminin fort et courageux.

Fille du roi de la Vallée du vent, Nausicaä, pilote hors-pair, passe beaucoup de temps aux abords et dans la Mer de la décomposition, immense et profonde forêt qui ne cesse de s'étendre, et qui est protégée par les énormes, massifs et cuirassés Ômus. A l'écoute de cette nature devenue mortelle pour les humains, car elle dégage des spores qui envahissent les voies respiratoires, elle cherche à percer les secrets de cette agressivité pour ramener la paix entre les siens et leur environnement.

Mais la guerre fait rage, et l'Empire Tolmèque entend bien recruter, comme les anciens accords le stipulent, le "gunship" de la Vallée du vent, un petit et rapide aéronef que seul le souverain en titre peut piloter.

L'Empire aimerait également mettre la main sur un petit objet que la princesse de Péjite, une cité historiquement alliée, leur a soustrait. Ce petit objet aurait-il un rapport avec les vastes chantiers de fouille que les Tolmèques dirigent un peu partout pour retrouver les secrets de l'ancien temps ? Secrets qui pourraient avoir un rapport avec la catastrophe écologique qui a frappé le monde, et qui pourraient expliquer pourquoi la technologie semble avoir fait un bon en arrière...

 

Complexe, vous avez dit complexe ?

Complet plutôt, je crois. Et vous avez près de 900 pages pour y voir plus clair !

Avec une grande clarté scénaristique, MIYAZAKI met en place un univers à la géopolitique fouillée, avec ses guerres, ses alliances, ses rivalités, et surtout ses secrets. Frolant parfois le manichéisme, il met en place des civilisations bien définies, très riches, et fait évoluer leurs interactions avec brio et précision.

Loin de lui toutefois l'apologie de la violence et des champs de bataille : la mort n'est jamais belle sous ses pinceaux, et son héroïne recherche avant tout la paix. Mais, dans un univers aussi agressif - les humains entre eux, mais également contre la nature, et vice-versa - il est difficile de parvenir à la paix sans coup férir. D'autant plus que Nausicaä, bien que de la Vallée du vent, a un tempérament de feu : volontiers explosive face à l'injustice et aux militaires, elle devra apprendre la modération et la réflexion pour mener à bien son peuple, et surtout prendre la suite de son père mourant.

 

Graphiquement, MIYAZAKI semble presque avoir travaillé au crayon plutôt qu'à l'encre : les contours sont flous, les hachures nombreuses, nimbant personnages et décors d'une sorte de brume que les lavis sépia renforcent.

Au visage pointu et déterminé de son héroïne répondent les mines bonhommes des femmes du village, et les barbes fournies de son père, des techniciens, ou de maître Yupa, aventurier de retour parmi les siens. Cette pilosité des anciens n'est pas sans rappeler un certain "Oncle Moustache" élaboré dès ses premiers travaux par un certain TEZUKA !

En amoureux fou de la nature qu'il est, l'auteur nous livre de magnifique scènes forestières, majestueuses, fourmillant de détails végétaux et animaux - les insectes occupant le devant de la scène.

Passionné d'animation, il orchestre les nombreuses scènes d'action, de poursuite, de combat, avec un magistral sens du rythme et de la dynamique : peu de temps morts aux côtés de Nausicaä !

 

Vous l'aurez compris, même si elle peut parfois sembler graphiquement un peu inaboutie, cette série est indispensable pour qui souhaite découvrir les ferments des centres d'intérêts majeurs de MIYAZAKI.

De plus, en offrant un univers à la fois familier et surprenant, et surtout en développant une intrigue à l'échelle d'un monde entier, portée par la densité du nombre de pages, l'auteur peut donner la pleine mesure de son talent de conteur épique, en brossant ici une vaste saga digne de Dune, de Frank HERBERT, par exemple.

 

Laissez-vous porter par le vent de la Vallée, et accompagnez Nausicaä dans sa quête de connaissance et de paix. Vous ne serez pas déçus du voyage.

 

Champimages qui flottent, qui glissent, qui soufflent...

 

Nausicaa T1 - Extrait

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 17:46

Jenny HOLZER - Projections

 

Découvrez le site internet de Jenny HOLZER, tout en poèmes urbains aux quatre coins du monde...

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:32

Typographie

 

Découvrez le reste en cliquant sur l'image  (je vous laisse le plaisir de trouver où Dark Typor et ses amis se cachent sur le site).

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:26

Smell of booksMarre des e-books froids, impersonnels, grésillants, et surtout terriblement inodores ?

 

Qu'à cela ne tienne,  Smell of books a pensé à vous, et vous propose une large gamme de fragrance pour vous réconcilier avec le monde du plastique-verre-métal souvent désespérement insipide.

 

Quelques vaporisations - avec précaution -, un peu d'imagination, et le tour est joué !

 

Mais pourquoi personne n'y avait pensé avant...

 

De quoi réconcilier les rats de bibliothèque avec les nouvelles technologies.

 

Champi snif snif

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